Quitter le temps d’un sort

phenicien

Dans un rivage où l’espoir se noie
Dans les yeux des enfants qui larmoient
Je me retrouve le temps d’un sort
Le temps d’un destin qu’on croirait mort

Je me réveille le temps d’une nuit
Je découvre en moi la peur, l’ennui
Et puis je m’endors le temps d’un jour
Où il serait meilleur d’être sourd

Le temps d’une ère, le temps d’un temps
Le temps d’une époque où l’on attend
Un espoir, une lueur, un signe
Un point blanc ou un point à la ligne

Je me perds le temps d’une saison
Je quitte ma chambre, ma maison
Je quitte mon pays originel
Comme un paria, comme un criminel

Je m’éclipse, je baisse les bras
Je déclare forfait mon combat
Le temps d’un sort, le temps d’une vie
J’abandonne à jamais mon pays

4 décembre 2009 par ishtar | Aucun commentaire »

A bon lecteur … salut ;)

Musset et SandDepuis plus d’un an, mon chéri qui se trouvait alors en France, me dédia le poème que Musset avait écrit à son amante Georges Sand sur son blog. Je lui répondis par un poème similaire. A bon lecteur, salut ;)

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d’un cœur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n’ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux
.” Musset.

Ma réponse :p :

Plutôt que de répéter les vers de Sand
Puisque Cette Nuit n’est pas une date probable
Mon amour, la réponse que tu demandes
Tu la liras ci-dessous, à la lumière de la précédente fable :

Je pense que ce poème fort séduisant
T’as bien amusé, Ah ce Musset !
Aime-t-il sans doute le jeu des propos plaisants
Beaucoup d’amour et de piquant, tu le sais
Et de volupté émanent de ce message
J’ai pensé t’écrire quelque chose de semblable
Ai-je cependant le droit de copier, est-ce sage ?
Une petite lune serait-elle capable
Folle comme elle l’est d’imiter un soleil ?
Envie de mots doux, envie de grandeur
De plaisirs fous dans le domaine de l’art
Toi, penses-tu que mes vers ont assez de valeur ?
Tu dois te dire, ces mots ne sont pas aussi rares
Me proposerais-tu quelque chose de meilleur ?
Manque plus que les vers de Baudelaire et Ronsard
Mon style serait ainsi de qualité supérieure
Amour et poésie ne seraient plus les fruits du hasard
“.  Marie-Josée.
Par Marie-Josée Rizkallah © 2009. Tous droits réservés.

29 novembre 2009 par ishtar | 1 commentaire »

Adha Moubarak

Quoi de mieux qu’une sagesse soufie à lire à l’occasion de l’Eid el-Kebir. J’en profite pour faire part de mes meilleurs voeux pour cette solennité, à tous mes amis et à  tous les lecteurs de ce blog.

“Un jour le Cheïkh Al Alawi fut interrompu dans sa Modhakara par le bruit insolite que faisait un fakir (disciple) en comptant les verres à thé:

- Tais-toi! pourquoi ce bruit? demande le Cheïkh.

- Sidi, je compte les verres et ils ne veulent pas se laisser compter.

- Comment ils ne veulent pas se laisser compter?

- Non, Cheïkh, voila je commence et je dis: un, donc ça va, ensuite, je dis: deux, c’est là que le bruit commence, car le verre me dit: je ne suis pas deux, je suis UN…Je ne m’arrête pas à lui, et je dis à un autre: trois, ah non, s’exclame le troisième: je ne suis pas trois, je suis UN…Je le saute encore, et je passe au quatrième qui me fait la même réflexion…Eh Cheïkh! je ne peux pas compter, ils hurlent tous: je suis UN. Voilà pourquoi tout ce bruit et je ne sais pas combien il y a de verres.

- Mon frère, dit le Cheïkh, si tu me l’avais dit, je serais venu écouter ta Modhakara, elle est plus profonde que la mienne.”

Cheïkh Adda BENTOUNES -heures de méditation-

in El Morchid N°31/23 Novembre 1949.


26 novembre 2009 par ishtar | 1 commentaire »

Fièvre Pluiviale

galerie-membre,goutte,photo-gouttes-eau-Cet après-midi, tous les symptômes d’une grippe se sont pointés en moi, et derrière mon bureau, j’ai donné la permission à mon corps de faire sien, – même involontairement – ces signes grippaux qui frappent à ma porte. Avec la pluie qui martelait à ma fenêtre, mon cumul de fatigue, mon besoin urgent de repos, mon envie de m’accorder – même alitée – un peu de farniente ou de moments de lecture paisibles, j’ai gribouillé le poème suivant, traduisant fidèlement – ou pas – ce que je ressentais en proie à une grippe, ô combien redoutée ces temps-ci :

Il pleut dans mon cœur, à fines gouttelettes
Ruisselant dans mon grand jardin intérieur
Une douce onde imprégnant mes pâquerettes
Comme une rosée aux premières lueurs

Il pleut sur mes sens comme au mois d’avril
Abreuvant mon terroir à légères gouttes
Une ondée à la fois paisible et virile
M’inonde, m’éreinte, me noie, me déroute

Une fine bruine humecte ma grève
Se perle sur mes branches et mon écorce
Fait couler en moi une étrange sève
Agitant mes déferlantes avec force

Les décors en moi se transmuent et paradent
Il pleut à verse, légèrement, sans cesse
Sur ma rive, mes palmiers et mes arcades
Dans mon corps, des tableaux saisonniers progressent.

Par Marie-Josée Rizkallah © 2009. Tous droits réservés.

18 novembre 2009 par ishtar | 6 commentaires »

Triste sort d’un soldat libanais, d’un pays en entier

Après la découverte du sort du soldat Johnny Nassif, après avoir vu sa mère le pleurer lors des funérailles, après avoir vu le visage des mères qui espèrent encore avoir des nouvelles de leurs fils, ma plume a écrit le poème suivant. Je conseille vivement le lecteur à cliquer ici pour lire le texte d’une certaine Carmen B. exprimant toute sa colère et expliquant clairement et objectivement le triste sort de ce jeune pleuré par sa mère.

Mon pays est gris, mon pays est sombre
Le spectre de la mort avec sa cape
D’horreur le couvre, de terreur le drape
Mon pays s’abat, tombe dans les vapes
Comme un vaisseau atteint au cœur qui sombre

Mon pays est éreinté, excédé
Le moissonneur de vie est sur son seuil
Amasse les vie, les trie, et les cueille
Transforme les demeures en cercueils
L’innocence et la paix sont décédées

Mon pauvre pays est méconnaissable
Il a perdu sa vie sous les décombres
La camarde y rôde et traine son ombre
Les réfugiés et les morts sont sans nombre
Mon pays subit un sort déplorable

Par Marie-Josée Rizkallah © 2009. Tous droits réservés.

16 novembre 2009 par ishtar | Aucun commentaire »

Et c’est … reparti !

85155_2Des fois, je me demande si ça vaut la peine d’écrire, même si écrire pour moi est un besoin.

Des fois, j’ai envie d’écrire toute une œuvre et de la brûler aussitôt terminée.

Je ne sais pas si, après avoir lu Jibran Khalil Jibran, Dostoïevsky, Hugo, Rimbaud, Ibn Khaldoun, Platon, Pascal, Origène, Omar Khayyam, Christian Bobin, Nabokov, Mahmoud Darwich, Paul Claudel, Nizar Kabbani, Marivaux, Stendhal, et tous ces grands noms, je peux amener quelque chose de nouveau dans le monde littéraire en griffonnant mes poèmes ou en rédigeant des articles ou des contes.

Je continue à m’émerveiller à la lecture des idées tracées par d’autres que moi.

Mais de mon côté, je sens que je passe par une phase de sècheresse.

Ou plutôt comme une éponge. Sèche de ma pensée, absorbant celle des autres. Je n’ai pas d’eau dans mon encrier. Je n’ai pas de sève sous mon écorce. Une siccité tellement forte que mon épiderme la traduit également. Aurai-je une aridité intellectuelle et qui me colle à la peau ?

14 novembre 2009 par ishtar | 3 commentaires »

La valeur intrinsèque est toujours intacte

Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 50 Euros. Il demande aux gens :

“Qui aimerait avoir ce billet ?”

Les mains commencent à se lever, alors il dit :

“Je vais donner ce billet de 50 Euros à l’un d’entre vous mais avant laissez-moi faire quelque chose avec.”

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :

“Est-ce que vous voulez toujours ce billet ?”

Les mains continuent à se lever.

“Bon, d’accord, mais que se passera-t-il si je fais cela.”

Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l’écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher. Ensuite il demande :
“Qui veut encore avoir ce billet ?”

Évidemment, les mains continuent de se lever !

“Mes amis, vous venez d’apprendre une leçon… Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n’a pas changé, il vaut toujours 50 Euros.”

“Alors pensez à vous, à votre vie. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissé, rejeté, souillé par les gens ou par les événements. Vous aurez l’impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n’aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment !

La valeur d’une personne ne tient pas à ce que l’on a fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte.”
(texte reçu par mail)

23 juin 2009 par ishtar | 3 commentaires »

Ce dimanche, le Liban vote-rat

Le Liban est submergé dans un océan de BATAILLES POLITIQUES. Des CONFERENCIERS passés maîtres dans l’art de la DIPLOMATIE, des MENTEURS qui ne savent que CALOMNIER. Des CONSERVATEURS, des HYPOCRITES, qui peupleront le parlement, ces petits-paons-du-parlement qui  gonfleront leurs comptes en banques, qui seront un jour MINISTRE, ou président s’ils ont la “gratification” d’être maronites. Que le meilleur gagne ! Et que le moins meilleur se fonde en FELICITATIONS.

Petit lexique à l’usage du lecteur, pour mieux comprendre mon texte explicatif de notre situation au Liban :

Bataille n. Manière de défaire avec les dents un nœud politique qui ne veut pas céder avec la langue.

Calomnier v. Attribuer malicieusement à quelqu’un les actions vicieuses que l’on n’a pas eu la tentation ou l’opportunité de commettre soi-même.

Conférencier n. Homme qui met sa main dans sa poche, sa langue dans votre oreille et sa foi dans votre patience.

Conservateur n. Politicien qui affectionne les maux existants, qu’il ne faut pas confondre avec le Libéral qui souhaite les remplacer par d’autres.

Diplomatie n. L’art patriotique de mentir pour son pays.

Félicitations n.p. Politesse de la jalousie.

Hypocrite n. Personne qui, professant des vertus qu’il ne respecte pas, rend évident l’avantage de sembler être ce qu’il dédaigne.

Menteur n. Personne qui pratique l’expression de la vérité avec une conscience assez lâche.

Ministre n. Personne qui agit avec un grand pouvoir et une faible responsabilité.

Politique n. Lutte d’intérêts déguisée en débat de grands principes. Conduite d’affaires publiques pour un avantage privé.

Définitions tirées du Dictionnaire du Diable, d’Ambroise BIERCE.

4 juin 2009 par ishtar | Aucun commentaire »

Marhaba !

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Marhaba chers lecteurs :)

J’ai reçu il y a quelques jours un mail circulant sur la toile, expliquant l’origine du mot Marhaba, qu’on entend souvent au Liban pour saluer.

De nature normalement curieuse, je me rappelle avoir voulu savoir dans mon enfance que veut dire ce mot, mais sans trouver de réponse. Ne sachant pas si ma trouvaille aujourd’hui est juste, mais j’ai pensé la partager sur ce blog :

Marhaba est d’origine araméenne, que les premiers chrétiens utilisaient pour se saluer.

Mar ou Mor veut dire Dieu en araméen, et haba veut dire Amour.

Ce qui veut dire que lorsqu’on dit Marhaba, on est en train de répéter en quelques sortes une parole évangélique et de dire à son interlocuteur que « Dieu est Amour ».

Un souhait aux Libanais dans cette période pré-électorale : en vous saluant, rappelez-vous du sens de ce mot, et pensez aux vertus de l’amour de l’autre, de la tolérance et de la paix, avant de continuer votre tirade ou votre discussion pour éviter de proférer de sales mot contrairement à ce beau salut que nous nous échangeons quotidiennement sans connaître son vrai sens.

28 mai 2009 par ishtar | 4 commentaires »

Hommage aux soldats libanais, 2 ans après les combats avec le Fatah Al-Islam à Nahr Bared

DSC01398ptitIl y a deux ans jour pour jour, vingt-sept soldats de l’Armée libanaise ont été étranglés dans leur sommeil, par des membres d’une organisation terroriste directement liée à Al-Qaïda désignée par le nom de Fatah Al-Islam.

Vingt-sept soldats assassinés par des extrémistes retranchés depuis un certain temps dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared à proximité de la cité portuaire de Tripoli au Nord Liban. Des islamistes radicaux qui germaient tels des champignons dans un camp qui a gagné en superficie et en démographie au fil des ans.

La menace d’un empire fondamentaliste guettait cette ville depuis quelques années. Un article paru dans la revue hebdomadaire libanaise Magazine, mettait en garde contre l’apparition d’un émirat islamiste à Tripoli, et de l’élection d’un émir chargé de diriger la section Liban du réseau terroriste (cf. « Un émir pour Al-Qaida originaire de Tripoli ? » in l’Hebdo Magazine, 10 novembre 2006, p. 12).

Quelques mois plus tard, un article de David Morgan, publié par l’agence de presse Reuters, parle d’aides financières privées pourvues par de richards arabes à des miliciens sunnites au Liban afin de semer la zizanie entre Sunnites et Chiites libanais (cf. MORGAN David, « Gulf Arabs boost aid to Sunni militants in Lebanon », in Reuters, 20 Mars 2007). Et il s’est avéré par la suite que la majorité des membres de ce groupuscule étaient des ressortissants saoudiens et palestiniens, ainsi que des syriens, des libanais, des jordaniens, des yéménites, et des irakiens, qui ont combattu les Américains en Irak. Bilan de ces opérations qui ont duré pendant plus de quatre mois : décès de plus de 170 soldats martyrs, tombés au champ d’honneur. 170 martyrs pleurés par leurs familles et par leurs collègues qui ont bataillé auprès d’eux mais qui ont eu la chance de survivre à ces combats fâcheux.

Les soldats libanais ont fait preuve de courage sans limite et de volonté spectaculaire. Avec un arsenal digne d’être exposé dans le musée militaire en raison de sa vétusté, et avec le génie des ingénieurs militaires qui ont doté les Hawker Hunter, hélicoptères « antiques », de missiles afin de poursuivre le combat contre les terroristes, les soldats ont mené une bataille dure et pénible, qu’ils ont payé cher par leur sang valeureux. Ils ont, pour la première fois, foulé à leurs pieds ces fameux accords du Caire qui empêchaient la grande muette libanaise de pénétrer les camps de réfugiés palestiniens, ces accords tabous qui ont été abrogés en 1987, information quasi inconnu par le grand publique. L’Armée libanais, qui avait besoin d’un appui militaire internationale, s’était vu offrir par les Américains des Hummers au lieu de munitions ou d’avions de chasse – chose que refusent catégoriquement nos voisins frontaliers.

Après l’épisode odieux de Nahr Bared, et avec la destruction complète du camp, la reconstruction du camp, pour la plupart des Libanais, n’était pas tellement acceptable. Comment construire du solide à des étrangers, ces mêmes étrangers qui partageaient leur quotidien avec les assassins des soldats libanais, et permettre que le sang de nos soldats soient foulé au pied par ces gens-là. C’est une honte. Et pour les Libanais, et pour les Palestiniens. La construction du camp a été chose facile : de l’argent en provenance de pays arabes a coulé à flot pour la reconstruction du camp. En mai 2009, un article du site officiel de l’ONU a indiqué que l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a reçu un don de 25 millions de dollars de l’Arabie saoudite pour la reconstruction du camp de Nahr el-Bared au du nord du Liban, don qualifié « d’une des plus importantes contributions jamais reçues par l’UNWRA » (cf. « L’UNRWA reçoit 25 millions de dollars pour un projet au nord du Liban », in Centre d’actualité de l’ONU, 5 mai 2009). L’article indique que la reconstruction du camp coûtera dans les 328 millions de dollars sur trois ans, somme qui aurait pu alimenter l’institution militaire libanaise. Il aurait été certainement meilleur de répartir ces familles dans les autres camps au Liban, et ne jamais permettre la reconstruction de ce camp, et le garder détruit, pour qu’il serve de leçon et que les combats qui y ont eu lieu ne soient plus jamais répétés.

A qui la faute ? A tout le monde. Aux Libanais en premier lieu, aux politiciens libanais, puis à tous ceux qui soutiennent les groupuscules terroristes. L’équipement de l’Armée du Liban est une urgence, parce que les camps palestiniens sont des bombes à retardement. La deuxième urgence est de désarmer ces individus à l’intérieur et à l’extérieur du camp, pour empêcher que la présence de ces gens – à qui les Libanais offrent une terre d’accueil « provisoire » en attendant leur retour en Palestine – ne crée d’autres catastrophes qui coûtera la vie à des dizaines de militaires valeureux, à des civils, ou à des hommes honnêtes et fidèles à leur patrie, comme le général François Hajj.

Enfin, à l’occasion du deuxième anniversaire du début des hostilités à Nahr el-Bared, espérons que le gouvernement puisse être assez conscient de la valeur du martyr de ces 170 hommes, et leur rende un hommage en donnant aux noms des rues et des quartiers du camp reconstruits les noms des martyrs de l’Armée libanaise, pour apprendre une bonne leçon à tous ceux qui ont, ne serait-ce qu’un instant, accepté la présence de terroristes au sein de leurs camps. Au 170 martyrs de l’Armée, paix à vos braves âmes.

22 mai 2009 par ishtar | Aucun commentaire »