France2 déclare Beyrouth, capitale mondiale de la chirurgie esthétique
Une candidate aux législatives de 2009 refaite jusqu'aux pointes des cheveux
Le journal de 20h00 sur France 2 ce soir propose un reportage sur la capitale mondiale de la chirurgie esthétique. Avec un brin de suspens, le présentateur a souligné que la capitale mondiale de la chirurgie esthétique n’est ni le Brésil, ni les Etats-Unis, mais bel et bien le Liban, avec une femme sur trois qui passe sous le bistouri.
Eh oui, la capitale mondiale du livre qui a accueilli cette année avec une campagne passive et plate les Jeux de la Francophonie, ne fait pas parler d’elle pour ses activités culturelles, mais c’est la chirurgie esthétique qui vole la vedette à la kyrielle d’évènements enrichissants mais passés sous silence.
La caméra de France 2 a fait sa première escale dans la clinique du Dr Saab, un chirurgien esthétique connu au pays des cèdres. Sa clinique est plutôt désignée au Liban par un Hôpital, et l’on peut apercevoir une imposante affiche blanc sur bleu, sur l’autoroute après Nahr el-Kalb, au Nord de Beyrouth, aussi imposante qu’une pancarte indiquant que Beyrouth est à 10km.
Une jeune libanaise à peine sortie de l’adolescence, portant clairement les marques d’une jeune orientale, non sans charme, débarque dans la clinique pour se refaire le nez « à l’occidentale », selon le reportage – alors qu’elle n’en a pas tellement besoin. Elle voulait également se gonfler les seins parce que son profil est un peu « plat ». Et elle l’aura, grâce aux mains du maître sculpteur, qui sait bien manier sa gouge et ses limes.
Une autre, en sirotant son café et en papotant avec une musulmane on ne peut plus orientale avec ses traits et plus occidentale que les occidentaux avec son foulard noué à la Catherine Deneuve, dit avoir besoin de passer par la chirurgie esthétique pour se trouver un mari, parce qu’il faut « souffrir pour être belle et pour plaire à un homme qui recherche une épouse ». Pathétique.
Et une autre jeune d’à peine 20 ans, vient chez le docteur Nassar pour avoir le même nez que Haifa, alors que sa bouille ne lui ressemble en rien, et que son nez lui va tellement bien à son visage, que le petit nez retroussée agrémentant convenablement le beau minois de la vedette, ne saurait se trouver au milieu de son visage d’un autre type. Sans oublier de citer les prêts bancaires accordés pour se faire remodeler une partie du corps, évalués à quelques milliers de dollars. A entendre cette information, on a tendance plutôt à en rire, mais le reportage affirme qu’il y a déjà eu 4000 prêts à des fins esthétiques et chirurgicales.
Bref, attirer l’attention dans ce pays en allant à l’extrême, on sait le faire. Que ce soit par la chirurgie esthétique, par les manifestations, par notre simplicité compliqués, par nos attentats, par nos martyrs, par nos résistances, etc. La femme libanaise gagne en canons de beauté plastique, mais perd de son charme originel. Haifa est une belle femme, mais allez dire aux Libanaises, femme au foyer, femme d’affaire, fonctionnaire, artiste, enseignante, amante, courtisane, et j’en passe, qu’elles ne pourront pas détrôner ce phénomène médiatique et esthétique au moyen de toutes les chirurgies du monde, aucun neurone ne pourrait répondre présent et comprendre ce fait. Elles pensent que ressembler à cette femme canon qui a réussi une carrière phénoménale, leur permettra de réussir aussi dans la vie, soit en se trouvant un bon parti, soit en trouvant un amant pour satisfaire l’égo et les vives langues des commères, mais surtout pour faire parler d’elle, quelle que soit la situation, parce que le show off, ou le « bling bling » selon le documentaire, c’est le premier commandement pour être Libanais du troisième millénaire.
Beaucoup de questions pointent après la vue de ce reportage. Ces femmes, en fin de compte, changent-elle parce que c’est ce qu’elles le désirent réellement, ou bien finissent-elles par le faire avec l’argent qu’elles n’ont pas pour plaire à cette société qu’elles n’aiment pas, et de laquelle elles désirent se démarquer en ressemblant à la gente féminine du ponant ? Y aura-t-il toujours une beauté naturelle libanaise ou la femme libanaise se réduira-t-elle à ce produit de consommation de l’Ouest, tant recherché par les richards du Golfe ? Où est le naturel authentique de ces femmes ? ou bien sont-elles au fond très factices et éprouvent l’envie de paraître naturelles ayant recours à ce qui est artificiel ? Finit-on par confirmer la grande parole de Chesterton : « Otez le surnaturel, il ne reste plus que ce qui n’est pas naturel. » ?
Par Marie-Josée R.
P.S. A ce sujet, lire également l’article de Frenchy en cliquant ici

Depuis plus d’un an, mon chéri qui se trouvait alors en France, me dédia le poème que Musset avait écrit à son amante Georges Sand sur son blog. Je lui répondis par un poème similaire. A bon lecteur, salut ;)
Cet après-midi, tous les symptômes d’une grippe se sont pointés en moi, et derrière mon bureau, j’ai donné la permission à mon corps de faire sien, – même involontairement – ces signes grippaux qui frappent à ma porte. Avec la pluie qui martelait à ma fenêtre, mon cumul de fatigue, mon besoin urgent de repos, mon envie de m’accorder – même alitée – un peu de farniente ou de moments de lecture paisibles, j’ai gribouillé le poème suivant, traduisant fidèlement – ou pas – ce que je ressentais en proie à une grippe, ô combien redoutée ces temps-ci :
Des fois, je me demande si ça vaut la peine d’écrire, même si écrire pour moi est un besoin.