Archive for novembre, 2009

A bon lecteur … salut ;)


2009
11.29

Musset et SandDepuis plus d’un an, mon chéri qui se trouvait alors en France, me dédia le poème que Musset avait écrit à son amante Georges Sand sur son blog. Je lui répondis par un poème similaire. A bon lecteur, salut ;)

« Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d’un cœur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n’ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux
. » Musset.

Ma réponse :p :

Plutôt que de répéter les vers de Sand
Puisque Cette Nuit n’est pas une date probable
Mon amour, la réponse que tu demandes
Tu la liras ci-dessous, à la lumière de la précédente fable :

« Je pense que ce poème fort séduisant
T’as bien amusé, Ah ce Musset !
Aime-t-il sans doute le jeu des propos plaisants
Beaucoup d’amour et de piquant, tu le sais
Et de volupté émanent de ce message
J’ai pensé t’écrire quelque chose de semblable
Ai-je cependant le droit de copier, est-ce sage ?
Une petite lune serait-elle capable
Folle comme elle l’est d’imiter un soleil ?
Envie de mots doux, envie de grandeur
De plaisirs fous dans le domaine de l’art
Toi, penses-tu que mes vers ont assez de valeur ?
Tu dois te dire, ces mots ne sont pas aussi rares
Me proposerais-tu quelque chose de meilleur ?
Manque plus que les vers de Baudelaire et Ronsard
Mon style serait ainsi de qualité supérieure
Amour et poésie ne seraient plus les fruits du hasard
« .  Marie-Josée.
Par Marie-Josée Rizkallah © 2009. Tous droits réservés.


Adha Moubarak


2009
11.26

Quoi de mieux qu’une sagesse soufie à lire à l’occasion de l’Eid el-Kebir. J’en profite pour faire part de mes meilleurs voeux pour cette solennité, à tous mes amis et à  tous les lecteurs de ce blog.

« Un jour le Cheïkh Al Alawi fut interrompu dans sa Modhakara par le bruit insolite que faisait un fakir (disciple) en comptant les verres à thé:

- Tais-toi! pourquoi ce bruit? demande le Cheïkh.

- Sidi, je compte les verres et ils ne veulent pas se laisser compter.

- Comment ils ne veulent pas se laisser compter?

- Non, Cheïkh, voila je commence et je dis: un, donc ça va, ensuite, je dis: deux, c’est là que le bruit commence, car le verre me dit: je ne suis pas deux, je suis UN…Je ne m’arrête pas à lui, et je dis à un autre: trois, ah non, s’exclame le troisième: je ne suis pas trois, je suis UN…Je le saute encore, et je passe au quatrième qui me fait la même réflexion…Eh Cheïkh! je ne peux pas compter, ils hurlent tous: je suis UN. Voilà pourquoi tout ce bruit et je ne sais pas combien il y a de verres.

- Mon frère, dit le Cheïkh, si tu me l’avais dit, je serais venu écouter ta Modhakara, elle est plus profonde que la mienne. »

Cheïkh Adda BENTOUNES -heures de méditation-

in El Morchid N°31/23 Novembre 1949.



Fièvre Pluiviale


2009
11.18

galerie-membre,goutte,photo-gouttes-eau-Cet après-midi, tous les symptômes d’une grippe se sont pointés en moi, et derrière mon bureau, j’ai donné la permission à mon corps de faire sien, – même involontairement – ces signes grippaux qui frappent à ma porte. Avec la pluie qui martelait à ma fenêtre, mon cumul de fatigue, mon besoin urgent de repos, mon envie de m’accorder – même alitée – un peu de farniente ou de moments de lecture paisibles, j’ai gribouillé le poème suivant, traduisant fidèlement – ou pas – ce que je ressentais en proie à une grippe, ô combien redoutée ces temps-ci :

Il pleut dans mon cœur, à fines gouttelettes
Ruisselant dans mon grand jardin intérieur
Une douce onde imprégnant mes pâquerettes
Comme une rosée aux premières lueurs

Il pleut sur mes sens comme au mois d’avril
Abreuvant mon terroir à légères gouttes
Une ondée à la fois paisible et virile
M’inonde, m’éreinte, me noie, me déroute

Une fine bruine humecte ma grève
Se perle sur mes branches et mon écorce
Fait couler en moi une étrange sève
Agitant mes déferlantes avec force

Les décors en moi se transmuent et paradent
Il pleut à verse, légèrement, sans cesse
Sur ma rive, mes palmiers et mes arcades
Dans mon corps, des tableaux saisonniers progressent.

Par Marie-Josée Rizkallah © 2009. Tous droits réservés.


Triste sort d’un soldat libanais, d’un pays en entier


2009
11.16

Après la découverte du sort du soldat Johnny Nassif, après avoir vu sa mère le pleurer lors des funérailles, après avoir vu le visage des mères qui espèrent encore avoir des nouvelles de leurs fils, ma plume a écrit le poème suivant. Il est suivi d’un texte où j’exprime toute ma colère et explique clairement et objectivement le triste sort de ce jeune pleuré par sa mère…

Mon pays est gris, mon pays est sombre
Le spectre de la mort avec sa cape
D’horreur le couvre, de terreur le drape
Mon pays s’abat, tombe dans les vapes
Comme un vaisseau atteint au cœur qui sombre

Mon pays est éreinté, excédé
Le moissonneur de vie est sur son seuil
Amasse les vie, les trie, et les cueille
Transforme les demeures en cercueils
L’innocence et la paix sont décédées

Mon pauvre pays est méconnaissable
Il a perdu sa vie sous les décombres
La camarde y rôde et traine son ombre
Les réfugiés et les morts sont sans nombre
Mon pays subit un sort déplorable

Par Marie-Josée Rizkallah © 2009. Tous droits réservés.

Disparus de la Guerre Libanaise : Le dossier de Johnny Nassif se referme fatalement; les mères libanaises attendent avec anxiété de connaitre le sort des leurs

Ce soir, je viens d’apprendre une nouvelle qui a eu sur moi l’effet d’une claque, qui m’a glacé mon sang, mes nerfs, mon cœur. Le sort de Johnny Nassif, un jeune soldat de 16 ans enrôlé dans l’Armée libanaise, disparu le 13 octobre 1990, vient d’être dévoilé.

Le corps de Johnny se trouvait dans une fosse commune au ministère de la Défense à Yarzé au Liban. Les tests ADN réalisés ont prouvé son identité…Ghazy Aad, le représentant de Solide, (Soutien aux Libanais détenus en exil) – une des rares figures libanaises qui jouit de toute ma déférence – a indiqué ce soir que le corps de Johnny a été transporté depuis la Syrie vers le ministère de la Défense libanaise bien après la triste date du 13 octobre 1990, appuyant son argument par les témoignages des ambulanciers qui avaient enterré les dépouilles en 1990 et qui affirmaient avoir enseveli 13 corps seulement, alors que les inspections faites en 2005 montrent qu’il existe un nombre beaucoup plus élevé que celui des années 1990. Cette nouvelle a été annoncée ce soir uniquement par l’OTV, les télés libanaises ayant toujours passé l’éponge sur le dossier des détenus libanais dans les geôles syriennes – personnellement je ne l’ai pas vu directement, parce que je ne suis pas fan des télévisions libanaises, mais je viens de l’apprendre par un coup de fil.

Le nom de Johnny et Violette Nassif a longtemps été étroitement lié à la cause des Libanais portés disparus depuis les années 1990. Le témoignage de cette dame m’a longtemps fait pleurer. Pleurer sur sa souffrance et celle de son fils. Pleurer sur le triste sort de ces soldats et de leurs familles qui ne vivent que dans l’espoir de revoir leurs fils ou filles.

Je ne veux même pas imaginer quelle est la réaction de Mme Nassif, qui depuis la disparition de son fils, n’a pas hésité une seule seconde à crier haut et fort sa volonté de revoir son fils, qui a fait de sa cause une cause nationale, malheureusement perçue par peu de personnes. Quelle affliction d’apprendre que son fils qui a subi les pire tortures pendant des années, est inhumé dans un ministère libanais ! Elle s’est souvent rendu à Yarzé, Violette, certainement. Elle ne savait pas que son fils y reposait – comme si le verbe « reposer » peut avoir un sens ici.

Quelle triste réalité de voir qu’un dossier aussi important que celui des Libanais portés disparus, est toujours en suspens. Quelle honte ! Quel déshonneur ! Quelle bassesse de la part de nos dirigeants !

Je n’oublierais jamais les funérailles d’Odette, décédée il y a moins d’un an, par un accident de voiture, alors qu’elle était sur son chemin pour atteindre la tente des mères à l’Escwa. J’y ai vu le Liban, avec son côté doux-amer. Des mères chrétiennes, chiites, sunnites, druzes, étaient là, aux funérailles d’une catholique, présentant le café comme si elles étaient ses sœurs ou ses cousines, comme il est d’usage lors des funérailles au Liban.

J’ai entendu une des mères me dire : « C’est ce qu’ils veulent, nous voir s’éteindre les unes après les autres pour que plus personne ne réclame nos enfants ».

Cette phrase a eu l’effet d’un poignard en plein dans mon cœur. Tout le monde s’en fout, tout le monde oublie. Comme si le chagrin d’une mère n’était pas grand-chose.

Et nos dirigeants continuent à s’empiffrer et à gonfler cupidement leurs comptes en banques. Je n’accuse pas la Syrie, elle était en guerre avec nous, et en temps de guerre, j’ai appris, que tout est permis, malencontreusement. Sans oublier que nos « chers » partis libanais n’ont pas été tendre eux non plus, non pas avec les Syriens, mais avec leurs propres frères ! J’accuse ces avortons qu’on a au pouvoir, qui se réjouissent tous maintenant d’avoir formé un gouvernement. Vous donnez des sièges sur les dépouilles de vos confrères ? Vous êtes contents, bande de cons ? J’en ai assez de vos saletés, vous qui nourrissez vos fortunes des corps de vos compatriotes, et qui désaltérez votre soif à coups de sang versé, passant rapidement l’éponge pour vous baigner dans vos marécages de corruption. J’en ai assez de vos discours fallacieux, de vos sourires abrutis et de vos regards maléfiques. Avec l’annonce d’une information pareille, mes seuls députés et représentants ce sont ces familles qui persévèrent dans leurs causes, qui vous implorent de leur dire la vérité sur le sort de leurs enfants, alors que c’est à vous de vous prosterner à leurs souliers et de vous enfouir sous terre embarrassés par votre impuissance et votre incompétence.

Je m’arrête là. Ne sachant conclure que par le fameux « j’irai cracher sur vos tombes » que j’adresse aux dirigeants du pays des cèdres, je préfère laisser la parole à Violette, qui raconte la disparition de son fils : (texte tiré de Solida.org)

« Mon fils, Johnny Salem NASSIF, né en 1974 à Beyrouth était soldat dans l’armée libanaise. Il a été enlevé le 13 octobre 1990 par l’Armée Syrienne, alors qu’il était sur le front de Daher El Wahech.

Pendant un an, les armées libanaises et syriennes ont nié sa présence dans une prison syrienne. Mais une personne de ma connaissance a reconnu mon fils dans le convoi de camions de prisonniers qui montait vers Damas.

Puis, en 1991, un communiqué du Ministère de la Défense a affirmé sa présence en Syrie et a diffusé une liste d’autres noms dans les casernes de l’Armée Libanaise.

Depuis, j’ai rencontré des dizaines de personnalités libano-syriennes dans le monde politique et militaire, dont entre autres, l’ancien ministre de la Défense libanais, Michel EL MUR, qui n’a pas pu m’aider pour voir mon fils Johnny dans une prison syrienne, ou même le faire transférer au Liban.

Suite à un laissez-passer obtenu par le Patriarche des Orthodoxes, j’ai pu obtenir un rendez-vous à Damas, avec le Commandant du Club des Officiers, Brahim EL BITTAR, qui après m’avoir affirmé sa présence dans une prison syrienne, s’est rétracté sur tout ce qu’il venait d’avancer…

Ensuite, j’ai pu grâce au directeur des prisons syriennes, Bassem EL TAEF, obtenir un rendez-vous avec un officier qui me montrera mon fils. Pendant que je lui parlais un de ses lieutenants a appelé mon fils Johnny NASSIF de sa cellule pour venir me voir. Mais dès qu’il a su qu’il a été arrêté le 13 octobre 1990, il a annulé la rencontre et a nié la présence de mon fils chez eux!

Car la présence des soldats libanais arrêtés le 13 octobre 1990 relève d’un cas particulier sachant qu’ils combattaient sous les ordres du Général Aoun. Ensuite pour preuve que cette date de l’histoire est un sujet tabou pour le gouvernement libanais, l’actuel ministre de la Défense, Mohsen DALLOUL, m’a textuellement dit que si mon fils était présent en Syrie, il ne pouvait rien pour lui. Ainsi que la Première Dame libanaise, Mona HRAOUI, qui suite à une conversation téléphonique, m’a dit que cette affaire l’agace et qu’elle baisse les bras.

Pour le moment mon fils Johnny NASSIF, âgé de 23 ans, est torturé depuis l’âge de 16 ans dans une prison syrienne (à Saydnaya), où il reçoit des pressions physiques et psychologiques depuis sept ans. » Violette Nassif.

Paix à ton âme, Johnny …
Par Marie-Josée Rizkallah © 2009. Tous droits réservés.

 


Et c'est … reparti !


2009
11.14

85155_2Des fois, je me demande si ça vaut la peine d’écrire, même si écrire pour moi est un besoin.

Des fois, j’ai envie d’écrire toute une œuvre et de la brûler aussitôt terminée.

Je ne sais pas si, après avoir lu Jibran Khalil Jibran, Dostoïevsky, Hugo, Rimbaud, Ibn Khaldoun, Platon, Pascal, Origène, Omar Khayyam, Christian Bobin, Nabokov, Mahmoud Darwich, Paul Claudel, Nizar Kabbani, Marivaux, Stendhal, et tous ces grands noms, je peux amener quelque chose de nouveau dans le monde littéraire en griffonnant mes poèmes ou en rédigeant des articles ou des contes.

Je continue à m’émerveiller à la lecture des idées tracées par d’autres que moi.

Mais de mon côté, je sens que je passe par une phase de sècheresse.

Ou plutôt comme une éponge. Sèche de ma pensée, absorbant celle des autres. Je n’ai pas d’eau dans mon encrier. Je n’ai pas de sève sous mon écorce. Une siccité tellement forte que mon épiderme la traduit également. Aurai-je une aridité intellectuelle et qui me colle à la peau ?



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