Archive for janvier, 2008

Lune, je t’envie ….


2008
01.22

Je lance un cri brûlant des tréfonds de mon âme

D’un cœur ardent assailli par les flammes

Ô Lune, toi qui gouvernes ce vaste monde

Lorsque tout baigne dans des ténèbres profondes

Lune, je t’envie, toi, marquise de la nuit

Tu es plus proche de lui que je ne le suis

Chaque soir tu le vois, chaque soir tu l’entends

Chaque nuit tu l’épies, chaque nuit tu le sens

Je t’envie, Lune, parce qu’il me manque trop

Il est au loin, très loin, et mon cœur est gros

Et toi, à chaque fois que le soleil se noie

Tu l’enlaces avec ta lueur qui chatoie

Lune, toi qui a toujours été une mère

Un de ces soirs, pense en diffusant ta lumière

A me faire plaisir en daignant lui transmettre

Une caresse, un baiser, un mot, une lettre

Qui lui fasse part de mes sens qui s’agitent

Parce que j’ai hâte de le voir au plus vite.


Ça rime à quoi


2008
01.14

Ça rime à quoi d’écrire des rimes
De dévoiler ses pensées intimes
Sous forme de vers dans un poème
Crier sa haine ou dire qu’on aime

Ça rime à quoi d’être militaire
De faire la paix avec des guerres
D’avoir des armes ou des missiles
De créer des conflits inutiles

Ça rime à quoi d’avoir de l’argent
De se payer la tête des gens
D’avoir de l’or, des actions, des sous
Et de vivre sens dessus dessous

Ça rime à quoi de vouloir savoir
Si Dieu existe, si l’on peut le voir
De suivre un livre, une religion
Dieu, les anges, Satan, ses légions

Ça rime vraiment à quoi d’être
De naître, de vivre et disparaître
D’être là, de dire qu’on existe
Se faire optimiste ou pessimiste

Ça rime à quoi de rimer après tout
D’avoir du contenu ou rien du tout
Puisqu’en fin de compte rien n’a un sens
Et je me demande pourquoi j’y pense …

Marie-Josée Rizkallah.©


(sans titre)


2008
01.03

Devant une assiette de salade mexicaine aussi appétissante que diététique, au son de mélodies latines avec la voix grave de Compay Segundo rappelant qu’en faisant la fête, les quatre cent coups et en fumant des cigares cubains épicées ou chocolatées – au goût de mon Frenchy – le sort a voulu qu’hier je me trouve en face de quelqu’un à qui je faisais part de mon amour pour le Liban confronté à l’incapacité de manifester mon attachement à ce dernier, et même à l’impossibilité d’appliquer pleinement mes devoirs moraux en tant que citoyenne.

Amour pour le Liban ? Mais quel Liban en fin de compte ? Y-a-t-il un Liban ou des Liban ? Existe-t-il toujours des personnes qui aiment ce pays et qui font quelque chose bénévolement rien que par amour pour la patrie ? Attachement à quoi ? A quelle terre, à quelle histoire, à quelle identité, à quel patrimoine ? Ils sont tellement nombreux que je me demande si ce pays vaut-il vraiment d’en être un, au lieu que d’être un espace internationale où se rencontre une vingtaine de tribus.

Amour, attachement, nationalisme, patriotisme, révolte … que de termes qui donnent la rage au ventre. Mon amour pour le Liban ? Une phrase affublée d’une touche poétique et vide de sens, de symbole, d’action.

La notion du Liban pour la plupart, c’est-à-dire le commun des mortels, est actuellement identique de la notion de Dieu. Ils admettent que tous les deux existent, ils les chantent et les louent lors de cérémonies officielles ou commémorations particulières, ils les maudissent lorsqu’ils ont des problèmes financiers ou relationnels et prennent des résolutions de s’en séparer pour de bon disant qu’ils n’en ont plus rien à foutre, ils les voient chacun d’une façon et fondent partis, courants, religions, sectes et coteries à la noix de cocos dont le seul but est l’établissement d’une république bananière dotée d’un appareil étatique corrompu à tous les échelons, foulant au pied et Dieu et le Liban.

Et ces soit disant Libanais, qui, dans un pays au bord de la dérive pour ne pas dire qu’il n’est pas encore chu, font fi de tout les dangers, vont se sustenter et se désaltérer dans les pubs, les restos et les boîtes de nuits, et faire la fête. Je ne critique pas, j’en fais partie, et ces pensées ont trotté dans mes esprits entre une tortilla et une gorgée de Pineaple Daiquiry. Santé, cheers, chin-chin, salud, salute, saude, ou keskoune !



Marie-Josée E. Rizkallah | Créez votre badge