Emotions devant le témoignage des ex-détenus libanais dans les prisons syriennes
juil 30, 2008 in Actualité, Coup de gueule, Coup de tête, News and politics
Des pieds en cotons, une rage au ventre, une boule dans la gorge, des yeux humides, et des oreilles qui ne veulent plus entendre, une tête qui refuse d’imaginer les atrocités que racontent ces hommes, ces Libanais. Ce n’est pas la première fois que je les entends, mais je n’arrive pas à concevoir ce cauchemar qu’ils ont pu subir, en encaissant d’innombrables coups, en endurant d’incommensurables tortures, en supportant mille et un supplices.
Au cours d’une émission télévisée animée par la journaliste May Chidiac et diffusée sur la chaîne locale LBCI, des ex-détenus des prisons syriennes ont rendu compte des durs épreuves qu’ils ont vécu, ou plutôt qui les ont tués mille fois au sein des geôles du régime syrien hantées par le spectre omniprésent de la mort, et des mères, des pères, des sœurs, des frères et des enfants de personnes portés disparues qui se trouvent probablement incarcérés en Syrie ont rendu témoignage de leurs drames quotidiens loin de leurs bien-aimés dont ils ignorent le sort. Si je dis probablement incarcérés, je ne mets en aucun cas en doute le témoignage de ces familles, mais j’espère qu’ils soient toujours captifs de ces prisons en dépit de la géhenne qu’ils doivent supporter pendant les longues et obscures journées, rien que pour pouvoir sortir de ces enfers un jour.
En parlant de cette libération qui se fait trop attendre, j’aimerai hurler aux visages de ces hommes politiques aberrants sans aucune exception, et leur demander comment peuvent-ils dormir le soir lorsqu’ils voient les afflictions de ces mères qui espèrent ne pas rendre l’âme avant de voir leurs fils libérés.
Pourquoi cette apathie, cette désinvolture, cette inapplication, cette insouciance, cette mollesse, et ce mépris face à cette cause humaine par excellence ?
Pourquoi cette cacade, cette couardise, cette lâcheté devant la grande cause de ces hommes injustement traités, et dont le pied vaut toute cette escouade de politicailleurs bons à caqueter, et qui préfèrent endormir la population avec de fausses promesses d’une meilleure vie au pays des cèdres, et qui ne se dérangent aucunement pour secouer la cause de ces héros qui ploient chaque jours sous les mains des sans-cœurs qui s’amusent à les violenter ?
Où sont les hommes, les vrais, les humains ? Où sont ceux qui se disent que leurs fils ou leur frère aurait pu faire partie de ces Libanais portés disparus ? Où est la conscience humaine ?
Ces dirigeants qui nous leurrent, qui nous dupent, qui se foutent de nos gueules, ont-ils un cœur - puisque de toute façon leur conscience et leur honneur ont rendu l’âme depuis qu’ils occupent leurs postes soi-disant publics ?
Réveillez-vous bon sang ! Ayez un atome de dignité et mettez-ce dossier à l’ordre du jour, et rendez justice à ses familles ! Hier encore, je disais que cet homme d’état est peut être meilleur que son collègue, mais aujourd’hui, à la vue de cette émission, à la vue de Ghazi Aad, à la vue de toutes ces mères aux yeux cernés et bouffis pour avoir trop pleuré et au regard dénué de toute lueur de bonheur portant les photos des fruits de leurs entrailles, et après avoir entendu les témoignages des hommes qui ont souffert plus qu’il n’en faut, je ne peux que mépriser tous ceux qui ont le pouvoir de changer quelque chose et qui se moquent de ce dossier.
Je ne peux que m’en vouloir pour ne pas avoir participé ne serait-ce qu’un jour au sit-in des mères, ces héroïnes, qui dorment sous les tentes devant l’Unesco depuis 2005.
Je ne peux que me poser des questions sur mon institution militaires qui a donné des coups avec les crosses de leurs fusils pour empêcher ces détenteurs de cause et de droits de manifester leur indignation en s’approchant du représentant du régime machiavélique qui enténèbre ce sujet brûlant et qui a visité sans gêne aucune le locataire de Baabda.
Je ne peux que me demander pourquoi les Libanais ne s’unissent pas autour de cette cause humanitaire pour permettre aux familles des ces hommes, tout comme celles de ceux qui ont été de retour des prisons ennemies israéliennes ont pu voir leurs enfants revenir vers eux, morts ou vivants, d’être informés du sort de leurs fils, et de leur accorder le droit de les revoir ou de leur offrir une inhumation décente et digne des héros qui le sont.
Au nom de l’humanité, Libanais et amis du Liban, de grâce, faites quelque chose !
