Sagesse d’un enfant dans un Liban en guerre
sept 21, 2007 in Actualité, Coup de cœur, Coup de gueule, Coup de tête, Evènements, News and politics, Religion
- Qu’est-ce qui nous arrive au Liban ?
- Les gens meurent.
- Pourquoi à ton avis les gens meurent ?
- Parce qu’il y a eu la guerre l’année dernière. La guerre est finie, mais il y a toujours une guerre mais que je ne comprends pas. La guerre ne finit pas au Liban.
- Pourquoi tu penses qu’il y a la guerre au Liban ?
- Parce que les gens ne s’aiment plus, ils mettent des obus partout
- Que penses-tu de nos hommes politiques ?
- Il y a des bons, et il y a des méchants.
- Qu’est-ce qu’on doit faire aux méchants ?
- On doit prier pour eux pour qu’ils deviennent bons.
- Et aux bons ?
- On doit leur prier encore plus pour qu’ils restent bons malgré la méchanceté des autres.
- Et tu penses que le Liban vivra en paix ou toujours dans la guerre ?
- Le Liban va triompher, parce que c’est mon pays. Et parce que Dieu est avec lui.
- Et comment pourra-t-il triompher ?
- Si les gens s’aiment et s’entraident
- Merci Charbel pour ton appel …
Voilà ce à quoi j’ai eu droit, après une journée au boulot, journée censée être endeuillée, par respect au martyr du député Antoine Ghanem et aux civils qui sont tombés avec lui. Mais peut-être, comme le disait Frenchy, “cette violence, la plus gratuite, la plus horrible qui devient fort malheureusement ordinaire”, n’a pas empêché les Libanais aujourd’hui de vaquer à leurs occupations quotidiennes.
Hier, rien que le nom évoqué du Liban, surtout en arabe, Lebnén, cette parcelle de ciel sur terre comme le chantait Wadih Safi, qui, fait une indigestion tellement elle a été arrosé du sang des martyrs qui y sont tombés par les mêmes mains fantômes maléfiques et sans pitié aucune, rien que le son Lebnén, me donnait un pincement au cœur et me faisait pleurer. Pleurer, verser mes larmes et sangloter comme une gosse, pas Pleurer pour faire poétique et dire que je suis triste.
Aujourd’hui, la rage toujours au cœur, les larmes incontinent prêtes à couler si quelqu’un me dit Haram Lebnén (Pauvre Liban), je rentrais chez moi, décontenancée, le moral patriotique dans les chaussettes. Même les radios ne se sont pas toutes mobilisées à mettre les symphonies classiques que j’adore normalement mais qui me tapent sur le système lorsqu’elles sont diffusées sur les ondes libanaises en signe de deuil (comme si le classique était synonyme de funèbre), pour revenir à la notion de violence banalisée. Mais en cherchant quelque chose de pertinent à entendre sur la radio que normalement je n’allume pas parce que je n’avais aucun cd ou k7 dans ma voiture, je suis tombée sur la voix angélique d’un petit garçon de 8 ans qui a appelé une certaine radio chrétienne (je l’ai compris par la suite) lors d’une émission consacrée aux enfants, et j’ai eu droit au dialogue que j’ai transmis ci-dessus. Et le garçon a clôt en disant : Je prierai ce soir à Jésus pour que la guerre entre nous finisse ….
Sans vouloir trop commenter, je me contente de dire que si les “méchants” deviennent bons et animent leurs pensées par les sagesses de cet enfant, et si tous les enfants sont éduqués de la même manière que celui-ci et qu’on leur octroie le droit de vivre dans ce pays, le Liban sera dans de meilleurs draps.
(Photo : Un enfant rendant hommage à l’armée le 4 septembre rentrée victorieuse de Nahr el-Bared.
Photo ©Libnanews.com)

