J’ai relu ce matin le livre du voyage de Bernard Werber… pour la énième fois !
Et en particulier le chapitre intitulé Lutte contre le système.
Tout un programme diriez-vous ! Lutter, encore lutter et puis contre quoi, contre qui ?
A lire les news d’hier on a envie de ne faire que ça.
Un ministre de l’énergie qui s’époumone en disant tricheurs pas payeurs !
Une énième rediffusion d’une conférence de dialogue (de sourds),
Une chasse aux sorcières avec des apprentis Mata Hari ou chevaliers d’Eon convaincus,
Un équilibre maintenu par la peur des armes de l’autre,
Une fuite en avant des spéculateurs et promoteurs immobiliers
Un patrimoine culturel qui se dégrade,
Un environnement qui perd son vert, des exploitants de carrières qui persévèrent,
Un Conseil Constitutionnel qui n’est plus consulté,
Des obsèques « populaires » pour un criminel de droit commun, « martyr » de sa propre cause,
……
A l’étranger :
On reparle de relance du dialogue direct entre israéliens et palestiniens sur fond de nucléaire iranien. Encore un sacré machin en préparation.
Quelle couleuvre fera-t-on avaler aux Arabes en général et aux dirigeants palestiniens en particulier pour s’aplatir devant l’imperturbable mais si dérangeante intransigeance de l’Etat hébreu.
On saupoudre quelques millions de dollars pour les 12 millions de déplacés pakistanais ; ce qui devrait faire environ 40 dollars par personne. Y a pas de quoi fouetter un chat mais suffisamment pour laisser le champ libre aux groupuscules (pas si petits que ca) islamistes qui vont distribuer des dons plus ciblés et surement assez pour engraisser les dirigeants corrompus et leurs sbires locaux.
….
Je reviens vers ma lutte contre le système.
Chez nous au Liban.
Avec le texte précité. Lisez-le.
Déjà ton troisième adversaire apparaît.
Il est cubique, titanesque, froid.
Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
C’est le système social dans lequel tu es inséré.
Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes.
Il y a celles de tes professeurs, de tes chefs hiérarchiques, des policiers, des militaires, des prêtres, des politiciens, des fonctionnaires, des médecins, qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.
C’est le Système.
Contre lui ton épée ne peut rien.
Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles : carnets de notes, P.V., formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé, feuilles d’impôts majorés pour cause de retard de paiement, formulaires de licenciement, déclarations de fin de droit au chômage, quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d’huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d’état civil datée de moins de deux mois…
Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe. Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés. Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
Certains sont affolés car la date limite est dépassée. D’autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
Certains essaient, quand c’est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.
Le Système approche.
Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n’as aucun choix ni aucun moyen de l’éviter.
Tu me demandes que faire.
Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.
La quoi ? LA RÉVOLUTION.
Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant : « Mort au Système. »
Je crains que tu ne te trompes.
En agissant ainsi, non seulement tu n’as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
Regarde, il vient de resserrer les colliers d’un cran en prétextant que c’est pour se défendre contre « ta » révolution.
Les enchaînés ne te remercient pas.
Avant, ils avaient encore un petit espoir d’élargir le métal en le tordant.
À cause de toi, c’est encore plus difficile.
Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?
Désolé, j’aurais dû t’avertir.
Le Système se nourrit de l’énergie de ses adversaires.
Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.
Tu t’es fait piéger !
Ne t’inquiète pas : tu n’es pas le premier.
Alors, que faire, se soumettre ?
Non.
Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.
Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre. Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.
Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
Cherche, explore, invente.
Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !
Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
Pose ton épée.
Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d’envie.
Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s’est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.
Invente.
Crée.
Propose autre chose.
Même si ça ne ressemble au début qu’à un château de sable, c’est la meilleure manière de t’attaquer à cet adversaire.
Sois ambitieux.
Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
Automatiquement le système ancien sera dépassé.
C’est parce que personne ne propose autre chose d’intéressant que le Système écrase les gens.
De nos jours, il y a d’un côté les forces de l’immobilisme qui veulent la continuité, et de l’autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l’immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
Méfie-toi de ces deux impasses.
Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l’avant.
Invente-la.
Ne t’attaque pas au Système, démode-le !
Allez, construis vite.
Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.
Regarde.
Non seulement le Système commence à se lézarder.
Mais c’est lui qui vient examiner ton travail.
Le Système t’encourage à continuer. C’est ça qui est incroyable.
Le Système n’est pas « méchant », il est dépassé.
Le Système est conscient de sa propre vétusté. Et il attendait depuis longtemps que quelqu’un comme toi ait le courage de proposer autre chose.
Les enchaînés commencent à discuter entre eux. Ils se disent qu’ils peuvent faire de même.
Soutiens-les.
Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives.
Ouf ! Tout un programme. Mais c’est le seul qui puisse marcher.
Pour ceux que cela intéresse, j’ai rejoins un petit groupe de personnes qui, conscientes des erreurs du passé qu’elles ont vécu, imprégnées de cette passion pour leur pays qui les a toujours animes et dégagées de cette incurable maladie qu’est l’égocentrisme et la cupidité de l’homo libanus politicus ou polichiciens dans mon langage de bloggeur, ont décidé de tenter quelque chose pour « aller de l’avant ».
Mon texte est aussi un appel à ceux d’entre vous tentés par l’aventure.
Ceux qui sont réellement dérangés par les immondices jetés dans la rues et ceux rapportes par les journaux.
Oups, j’oubliais. Vous êtes avocat et votre devoir de réserve vous oblige a rester dans l’ombre, vous êtes médecin et avez peur de perdre tel ou tel client de « l’autre bord », vous êtes employé et avez peur de vous faire remplacer par un patron trop aveugle par son bord politique, vous exercez ou non une profession, vous êtes politicien chevronne mais sincère ( J), vous êtes paysan du jurd (bien que les télécoms ne vous permettent peut-être pas de lire mon billet), vous avez du temps à consacrer à vos sorties et loisirs mondains, … alors vous m’intéressez.
Il s’agit d’échanger, de discuter, de proposer,… bref de faire comprendre au Système qu’il est dépassé.
Les hommes, dit le petit prince, ils s’enfournent dans les rapides,
mais ils ne savent plus ce qu’ils cherchent.
Alors ils s’agitent et tournent en rond…
Antoine de Saint-Exupéry.
A se lire, A se voir, A ne plus être le clou qui dépasse et attire naturellement le marteau
Jean K
La Nation Libanaise
http://www.lanationlibanaise.org
blog.libnanews.com/lanationlibanaise/
Lib le 15 mars 2011 à 21:19 Permalien
On va le publier demain à 7h du mat