Alors, c’était comment dimanche?

Inévitable question en ce lundi 14 mars. Question posée aussi bien dans les salons politiques, les salons de ces dames pour la première soubhiyeh de la semaine et surement dans les salons de coiffure (qui d’ailleurs prolifèrent dans la ville à une vitesse impressionnante (4 nouveaux dans ma rue en 6 mois).

Alors tu y étais ? Le « y » représentant pour les lecteurs peu impliqués dans la mouise libanaise la place des Martyrs rebaptisée place de la Liberté, cet immense espace plus ou moins vide de bâtiments (pour l’instant) permettant de concentrer une masse humaine variant selon les sources entre 70,000 et 700,000 personnes.

Y étais-tu donc ? (têtu que je suis) !

Je vous répondrais à la façon du reportage de DSK sur Canal+ … en fin d’article.

Mes voisins, amis, connaissances ont eu chacun une de ces 3 attitudes :
J’y étais pour mes enfants, pour moi, pour nos martyrs, pour le tribunal, pour la liberté, pour le rejet des armes,…
Bien sur que non ! Je ne vais pas aller acclamer des voyous, des voleurs, ils ont endetté le pays, ils ont fait main basse sur l’économie, la paralysie c’est eux, des collabos, libérons la Palestine….
Rien à cirer
Ce rassemblement, certes impressionnant au vu des erreurs de l’équipe qui a dirigé le pays depuis 2005, n’a rien apporté comme solutions. Elle a montré un fait : le pouvoir de mobilisation toujours présent (à grand renfort de locations de bus) de la partie dite du 14 mars.

Je dirais aussi que cette même place pourrait se retrouver noire (sans jeu de mots) de monde demain matin si un appel était lancé en ce sens par le camp du 8 mars. J’espère que non ! Ca me boufferait un autre week-end.

Match nul donc. Equipes renvoyées dos à dos. Le train-train quotidien de lamentations et des menaces va reprendre.

Les rien-a-cirer eux sont un peu fatalistes, un peu opportunistes, mais surtout très lassés des atermoiements de nos polichiciens.

Pour ma part je résumerais la journée de dimanche et la position actuelle du 14 mars par une phrase que Desproges aurait pu leur adresser :

Pour rester belle. Si vous avez les seins qui tombent, faîtes-vous refaire le nez, ça détourne l’attention.

A se voir, A se lire, A sortir des chapeaux autre chose que des discours creux.

Jean Khairallah

http://www.lanationlibanaise.org