Il m’arrive de lire les commentaires de mes compatriotes libanais , publiés dans l’ Orient Le Jour et j’ai remarqué que leurs réactions avaient toutes ou presque , leur citation inaugurale prise à un penseur étranger .
J’ai réagi alors , à ma façon !
S’EXPRIMER DANS UNE LANGUE ETRANGERE .
L’USAGE D’UNE LANGUE ETRANGERE POUR EXPRIMER NOS IDEES ET NOS EMOTIONS MONTRE A QUEL POINT LE LIBANAIS EST OUVERT AUX CIVILISATIONS ET AUX CULTURES . C’EST EN EFFET TOUT A SON HONNEUR , MAIS JE METTRAIS UN BEMOL :
À force d’ouvertures, attention aux courants d’air .
Tout vocabulaire est un contenant et son contenu ne devrait être autre que notre pensée profonde. Écrire en français, c’est soumettre notre contenu à un contenant qui ne reflète pas toujours le fond de notre pensée et de notre émotion qui se retrouvent de ce fait à « double fond » donc travesties et incomplètement exprimées. Le danger de mal nous comprendre se fait ressentir.
Lorsqu’on écrit en notre langue maternelle, on s’adresse à des lecteurs. On se sent dans notre environnement naturel .Manier une langue étrangère m’a toujours effrayé. La langue vous emporte avec une force torrentielle capable de vous faire chavirer à tout moment .
Lorsqu’on écrit dans une langue étrangère, on s’adresse à un lecteur devenu « spectateur » par un artifice, une théâtralité obligatoires qui se surajoutent. Le piège est de rajouter une scène à la scène. Dans une langue étrangère, nous serons toujours dans une voiture d’auto-école donc à double volant et le moniteur reprend parfois les commandes. C’est grave lorsqu’il s’agit de prendre les commandes de notre pensée .
Vous n’êtes pas sans remarquer que les réactions aux articles débutent souvent par une citation. Citation faite à l’origine par un étranger dans une langue étrangère. Le moniteur d’auto-école ! Comme si pour véhiculer notre propre pensée, il n’y avait aucune citation d’aucun penseur de notre culture !
Voilà, somme toute, une réflexion nature que j’ai aimé apporter. Pour vous en convaincre , lisez le même fait , rapporté à la fois dans « L’Orient le Jour » et dans « An Nahar » : L’impression n’est pas la même ! ( dans tous les sens du terme ! )
Cela étant, on ne peut que rendre hommage à cette diversité .