Lorsqu’à notre insu ou malgré nous , les ordinateurs nous proposent des plaisirs « irrésistibles » , la problématique débarque .
Jadis, nos cinq sens participaient de la biochimie du plaisir . Le plaisir était alors transmis au cerveau qui le stockait sous forme d’images vivantes , car vécues , enrichissant ainsi la mémoire d’un plaisir lui même déjà vécu .
Cette mémoire pouvait restaurer une part importante de ce plaisir , tellement la biochimie du souvenir était dense et diversifiée . Cinq sens obligent !
Les ordinateurs proposent tout au plus des images , des sons , ou des textes qui » font plaisir « . Ces plaisirs ont été partiellement vécus dans la mesure où ils étaient uniquement vus ou entendus .
Deux de nos cinq sens ont été mis à contribution et les trois autres exclus , mis au chômage par la technique .
Ces plaisirs à la charpente fragile sont stockés dans le cerveau sous forme « d’ image de l’image ! « Ceci est un comble .
Nous vivons ainsi une illusion du plaisir car la mémoire ne pourra au mieux que restituer le virtuel . Si la mémoire du vécu est » animée » , celle du vu et / ou entendu est » anémiée » , car elle n’est que succession de diapositives figées . Mortes nées . En ce sens elle est cimétière .
Un cimétière dans la tête !
L’informatique apparaît ainsi comme un dangeureux faussaire qui nous vole notre réél , en prend possession , en fait son otage , demande une rançon , touche la rançon , mais pour , au bout , ne nous restituer qu’un simulacre d’image du réél volé .
Beaucoup de personnes à travers le monde sont des aliénées véritables de l’écran de leur ordinateur .
Dans leur tête , elles ont déjà enterré leur entourage
Dans leur tête, ce vaste cimetière , elles ont enterré le monde !
Leur vie bouge d’image en image . Actuelle ou passée . Nouvelle ou consommée . Au fait ce sont des frustrées qui en vérité , attendent sans le savoir un « plaisir » qui ne viendra jamais ..
Même le virtuel a son Godot ..
