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• 20 avril 2010

Lorsqu’à notre insu ou malgré nous , les ordinateurs nous proposent des plaisirs « irrésistibles  » , la problématique débarque .

Jadis, nos cinq sens participaient de la biochimie du plaisir . Le plaisir était alors  transmis au cerveau qui le stockait  sous forme d’images vivantes , car vécues , enrichissant ainsi la mémoire  d’un plaisir lui même déjà vécu .

Cette mémoire pouvait restaurer une part importante de ce plaisir , tellement la biochimie du souvenir était dense et diversifiée . Cinq sens obligent !

Les ordinateurs  proposent tout au plus des images , des sons ,  ou des textes qui  » font plaisir «    . Ces plaisirs ont été partiellement vécus dans la mesure où ils étaient uniquement vus ou entendus .

Deux de nos cinq sens ont été mis à contribution et les trois autres  exclus ,  mis au chômage  par la technique .

Ces plaisirs à la charpente fragile sont stockés dans  le cerveau sous forme   «   d’ image de  l’image  !  «   Ceci est un comble .

Nous vivons ainsi une illusion du plaisir car la mémoire  ne pourra  au mieux que restituer le virtuel   .  Si la mémoire du vécu est  » animée   » , celle  du  vu  et / ou  entendu  est    » anémiée  » ,  car elle n’est que  succession de diapositives figées . Mortes nées . En ce sens elle est cimétière .

Un cimétière dans la tête !

L’informatique apparaît ainsi comme un dangeureux faussaire  qui nous vole notre réél  , en prend possession , en  fait  son otage , demande une rançon , touche la rançon , mais pour , au bout , ne nous restituer qu’un simulacre d’image du réél volé .

Beaucoup de personnes à travers le monde sont des aliénées véritables  de l’écran de leur ordinateur   .

Dans leur tête  , elles ont déjà enterré leur entourage

Dans leur tête, ce vaste cimetière , elles ont enterré le monde  !

Leur vie bouge d’image en image . Actuelle ou passée . Nouvelle ou consommée  . Au fait ce sont des frustrées qui en vérité , attendent sans le savoir un  «   plaisir   » qui ne viendra  jamais ..

Même le virtuel a son Godot  ..

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