L’Homme est mû par l’ennui . Il éprouve alors le besoin de changer . Changer , c’est nier .
Nier l’ennui. Il n’y a pas d’ennui . le « ça va bien » est au fait un « ça va mieux « .
L’homme cherche à se débarasser d’un phénomène dont il nie l’existence .
On change . On est prêt à changer de tout : de femme , de maîtresse , d’amis .
On change parfois même notre propre personnage .On change notre être , et on diversifie notre avoir . Voitures , bouquins , disques , gadgets, lieux de vacances , etc …
L’homme semble condamné à un chatiment certain .
Mais qu’a-t-il fait ? A -t-il mérité sa condamnation ?
Nous ignorerons toujours son crime .
Il doit être coupable d’exister . Il fait de son existence , l’objet de sa culpabilité .Au fait il a été condamné à ne jamais vraiment savoir ce qu’il veut . Il occupe alors son existence à savoir ce qu’il vaut , et par là même ce que cette existence vaut !
Il a faussé le débat dès le départ . Il sera et vivra toujours hors sujet .
L’homme s’ennuie , il change . Il fait tout cela dans une même dimension : l’Espace .
mais le Temps ?! qu’en est- il du temps ? Il ne pourra rien contre le temps .
L’homme est le mal aimé du temps qui l’achève à petites secousses .
L’ennui , le changement .
L’humanité planque l’ennui , sa maladie honteuse , et le maquille en progrès !
Le progrès ; nous y voilà !
Nous sommes condamnés au progrès , ou plutôt nous nous sommes condamnés au progrès .
Nous changeons à chaque fois un petit quelque chose à la nature ,et continuons à le faire avec une assiduité déconcertante .
Il y a de la perversion en nous . Nous cherchons à travers le soi disant progrès incessant, à arriver à un désordre ultime de la nature . Une sorte de dérèglement total et irréversible .
L’homme sait qu’il prépare une apocalypse de ses propres mains . Alors il a fait parler prophètes et religions : L’apocalypse qui se prépare ,est une promesse du ciel dit-il aux générations .
Au fait elle est oeuvre de la terre .
Le vrai artisan de la fin du monde n’est pas une quelconque divinité , mais bel et bien une humanité devenue quelconque .. JAMIL BERRY