Sixième jour
Pardonne-moi
Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. (Lc 23, 24)
Père, j’ai manqué à l’amour.
J’ai manqué de respect pour les autres, de générosité, de reconnaissance…
Je sais que pour toi nos fautes ne sont pas des fautes de « lèse-majesté ».
Ce qui te blesse, c’est le fait que par nos manquements à l’amour nous agissons contre notre propre bien.
Pour toi, ce qui compte, ce n’est pas ton honneur, mais uniquement le bonheur de tes enfants.
Père, combien je regrette de ne pas avoir écouté l’appel de ton amour!
Cependant, je ne peux demander ton pardon si moi-même je ne suis pas prêt à pardonner.
Mais mes sentiments négatifs sont toujours là…
Père, je sais que tu ne regardes pas nos sentiments, mais notre volonté. Si j’ai la volonté sincère de pardonner, j’ai pardonné.
Père, je veux pardonner à tous ceux qui m’ont fait du mal et prier pour eux.
Pardonne-moi aussi. Ta joie, c’est de pardonner.
Père, préserve-moi de juger les autres, de leur faire des reproches, d’être implacable, rancunier. Que je n’oublie jamais que Jésus a excusé même ceux qui l’ont crucifié.
Père, je te remercie de ton amour et je loue ta miséricorde infinie.
Notre Père…
Septième jour
Malgré la souffrance, croire à ton amour
Car nos épreuves du moment présent sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu’elles nous préparent. (2 Co 4, 17)
Père, quand il fait sombre dans mon âme, ne me laisse pas croire que tu n’es plus avec moi.
Quand je suis frappé d’une maladie ou soumis à une épreuve, ne me laisse pas croire que tu veux me punir.
Quand je suis tombé dans le péché ou que j’ai commis une faute grave, ne me laisse pas croire que tu m’en veux et que tu ne m’aimes plus.
N’est-ce pas justement à ces moments-là que tu m’es particulièrement proche?
Quand je me sens inutile et incapable, ne me laisse pas croire que je ne compte plus pour toi.
En effet, qu’est-ce qui est plus grand: travailler, réaliser des exploits ou accepter sa faiblesse, sa maladie, son incapacité?
Le plus grand exploit, c’est d’assumer sa souffrance, le plus grand acte, c’est d’aimer.
Qu’est-ce que Jésus, cloué sur la croix, a pu faire encore?
Rien qu’aimer et souffrir. Ce n’est pas toi qui as voulu cette atrocité, car tu es l’amour. Mais tu en as tiré le plus grand bien: Vie et salut pour le monde entier !
Victoire sur le péché et la mort! Gloire éternelle pour tous ceux qui ouvrent leur coeur à l’amour!
Père, je crois que tu es toute-puissance et amour.
Tu as tout créé pour le plus grand bien de tes enfants.
Tout est occasion d’aimer. Tu peux tirer le bien du mal.
C’est entre tes mains que je remets tout.
Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne!
Notre Père…
Huitième jour
Plus près de toi…
Si je passe au ravin de la mort, je ne crains aucun mal; car tu es avec moi…. (Ps 22/23, 4)
Père, le temps passe, je prends de l’âge, mes forces diminuent, je vais vers la mort…
Dois-je m’en attrister? — Non!
Tout instant qui passe me rapproche de toi… Même si l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur, tu le renouvelles de jour en jour par ton amour.
Cet amour ne vieillit pas et ne diminue pas; il est jeunesse éternelle, beauté, force et fraîcheur.
C’est pourquoi je peux continuer ma route d’un coeur joyeux et confiant.
Je n’ai rien à craindre, car ton amour m’est assuré.
De toi non plus, je n’ai rien à craindre.
Ta justice ne s’oppose pas à ta bonté.
Elle n’est pas une justice vindicative comme l’est souvent la nôtre, mais une justice qui rend juste.
Elle ne condamne pas, mais redresse.
Elle ne paie pas en retour, mais elle conduit sur le chemin du retour vers toi.
Ta justice est ta sainteté.
Et la sainteté consiste en l’amour.
Père, aide-moi à ne m’accrocher à rien, sinon à toi et à n’accorder de l’importance à rien, sinon à l’amour.
Fais que je sois toujours plus simple, plus généreux, plus reconnaissant, plus serein jusqu’à cette heure suprême de ma vie où je pourrai t’offrir tout sans réserve et retourner à toi !…
Notre Père…
Neuvième jour
Joie du ciel
Rendez grâce à Dieu le Père. Il vous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière, à l’héritage du peuple saint. (Col 1, 12)
Notre Père qui es aux cieux, qu’ils sont peu nombreux ceux qui se réjouissent d’aller au ciel !…
Le ciel ne semble plus guère intéresser les hommes — ou bien, au fond de leur coeur, s’intéressent-ils à autre chose qu’au ciel ?
Tout le monde recherche la paix, la joie, le bonheur.
Père, tu nous as créés pour la joie car tu es l’amour.
L’amour veut faire plaisir. Qu’est-ce qu’un père peut souhaiter de meilleur que de voir ses enfants heureux?
Dans la joie, tu nous ouvres ton coeur.
La jouissance des biens de cette terre nous fait goûter qui tu es : bonté, infinie bonté…
Le ciel a déjà commencé! Toutes les joies que tu nous donnes ici-bas sont un avant-goût du ciel.
Tous tes commandements sont des poteaux indicateurs pour le ciel.
Dès à présent, nous pouvons répandre autour de nous un «petit ciel » par notre amabilité et notre bonté, nous pouvons nous réjouir de la Très Sainte Trinité et de toutes les créatures et chanter les louanges de ta gloire.
Oh ! comme ce sera beau un jour dans le ciel ! Tu essuieras toute larme de nos yeux. Il n’y aura plus de mal. La mort n’existera plus. Une seule chose remplira notre coeur et le comblera de bonheur: l’amour…
Louange à toi, Père très bon, qui as fait de nous tes enfants.
Louange à ton Fils, joie du monde, dans lequel tu nous révèles ton vrai visage.
Louange à l’Esprit, jubilation de l’amour, dans lequel nous pouvons crier: Abba, Père bien-aimé!
Notre Père…