Marine Le Pen au Liban, désastre local, succès international

La visite de Marine Le Pen au Liban a été d’une part un désastre local mais également un succès à l’international. Bilan mitigé donc, avec une explication concernant la binationalité chère aux franco-libanais que nous n’aborderons pas ici.

Le coup d’éclat à Deir el Fatwa

Le coup d’éclat lors de sa visite à Deir el Fatwa, plus haute autorité sunnite au Liban a, en effet été l’occasion pour Marine Le Pen de refuser non pas de porter le Niqab (d’ailleurs qui est très rare au Liban) comme elle le prétendait mal un voile, disons le plus simple. Le piège posé par cet exercice de style était pourtant simple: Les autorités sunnites que cela soit au Liban ou ailleurs, ont toujours dénoncé la politique française concernant le port du voile.
La condition de l’incident lors de la rencontre était donc posée malgré les versions et les explications divergentes des 2 parties, d’un côté Marine Le Pen qui indique ne pas avoir obtenu de réponses quant à la possibilité de voir le dignitaire sans être voilé, chose démentie du côté du Mufti Deriane qui indique pourtant avoir répondu à cette question. Marine Le Pen pour sa défense indiquait que même lors de sa visite au Mufti d’Al Azhar considérée par certains comme étant la plus haute autorité sunnite, elle n’était effectivement pas voilée. Cependant, il aurait fallu lui dire que les autorités sunnites libanaises sont plutôt proches de celles, concurrentes, en Arabie Saoudite qu’en Egypte.

La candidate a l’élection présidentielle française de passage au Liban et leurs intérêts communs, bien involontairement, était de figer cet instant, d’une part pour le Mufti de la République pour montrer ou rappeler ses positions concernant le port du voile sur un plan interne et tenter par la médiatisation de l’affaire sur un plan international – ce qu’une certaine presse appelle un coup d’éclat – et d’autre part pour Marine Le Pen, c’était un moment de publicité rappelant à son électorat français ses positions sur la question alors que la France passe par une période de terrorisme islamique sunnite avec des radicaux parfois convertis locaux ou émigrés.

La Question Syrienne

Autre incident concernant la Syrie. Marine Le Pen a rappelé ses positions concernant le dirigeant syrien Bachar el Assad, une position de plus adoptée de manière réaliste par de nombreux pays comme on ne peut que le constater depuis la prise d’Alep: le régime syrien actuel est incontournable quoi qu’on en pense pour résoudre les problématiques d’une part de la guerre civile et d’autre part, pour contenir des menaces posées par ces organisations terroristes qui exportent leurs violences et leurs attentats jusqu’en Europe ou ailleurs. Cette position n’est évidemment pas partagée par certains partis et hommes libanais comme le dirigeant des Forces Libanaises, Samir Geagea.
Ce positionnement paradoxal entre d’un côté certains partis libanais et d’une part la nécessité aujourd’hui absolue pour la communauté internationale de régler le conflit syrien ne fait que raviver également le fossé profond au sein même de la sphère politique libanaise, contrairement aux usages qui veulent plutôt que les personnalités politiques en visite au Pays des Cèdres oeuvrent au rapprochement des différentes positions antagonistes.

Cependant le succès principal de la visite de Marine Le Pen est indéniablement d’avoir réussi à rencontrer un dirigeant chrétien d’un pays arabe et de faire médiatiquement parler d’elle et de débattre autour de son programme concernant le port des signes religieux ostentatoires et de faire connaitre son positionnement politique concernant une question d’actualité internationale, à savoir la Syrie.

Ces 2 objectifs ont été largement remplis lors de son séjour et cela au détriment des libanais eux-même, avec un rappel des conflits religieux entre communautés chrétiennes et musulmanes sur la question du voile comme on peut le constater au travers des réseaux sociaux où la question fait débat et d’autre part le conflit politique majeur, en premier lieu au sein même de la communauté chrétienne, de ces 10 dernières années, à savoir quelle attitude à adopter concernant le régime syrien. Ranimer ces plaies de passé toutes justes pansées avec la réconciliation entre Forces Libanaises et Courant Patriotique Libre, est une grossière erreur en d’autres termes.

6000 combattants de Daesh et d’Al Nosra originaires du Liban

Plus de 6000 combattants – dont des palestiniens – originaires du Liban auraient rejoint le groupe terroriste de Daesh et de Jabhat al cham (ex al Nosra), révèle un rapport du quotidien libanais arabophone Al Akbhar dans son édition en date de ce vendredi. 1 300 d’entre eux auraient été tués au cours de la guerre civile syrienne et irakienne.

Selon le quotidien, nombreux d’entre eux, âgés dans la trentaine, seraient partis sur les théâtres d’opération par l’Aéroport International de Beyrouth via la Turquie avec comme destination finale, Raqqa, la capitale du groupe Daesh. D’autres via des passages illégaux entre le Liban et la Syrie.

Un certain nombre des palestiniens qui se sont impliqués dans le conflit syrien seraient originaires d’Ein Helwe déjà connu pour héberger un certain nombre d’organisations islamiques radicales opposantes au Président Syrien Bachar el Assad. Ce camps serait d’ailleurs un point de transit important pour les combattants anti-régimes, selon le journal.

Pour rappel, la guerre civile syrienne ou révolution syrienne est un conflit armé en cours depuis 2011en Syrie.  De mars 2011 à septembre 2016, le conflit a fait autour de 400 000 à 500 000 morts d’après les estimations de diverses ONG. Parmi les belligérants, on trouve divers mouvements salafistes et wahabites parmi les rebelles.

Ainsi, l’Armée syrienne libre est le premier mouvement à mener la rébellion, mais il est supplanté en 2013 par des brigades islamistes sunnites, telles que Ahrar al-Cham ou Jaysh al-Islam. Les mouvements rebelles sont soutenus par les pays du Golfe et l’Occident, et particulièrement par l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et les États-Unis. Daesh est lui né de la scission entre Al Nosra et ceux qui se nommeront Etat Islamique. Ce dernier entre en guerre contre tous les autres belligérants et devient la cible d’une campagne de frappes aériennes effectuées par une coalition arabo-occidentale menée par les États-Unis.

Le régime syrien bénéficie quant à lui des renforts du Hezbollah Libanais et de brigades islamistes chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien militaire de l’Iran et de la Russie.

Par ailleurs, le Liban a accueilli sur son sol plus de 1.5 millions de réfugiés syriens dont un certain nombre d’entre eux serait impliqué dans des opérations terroristes. La localité libanaise d’Arsal, dans la Békaa Est a été notamment brièvement prise par les groupes terroristes Al Nosra et Daesh avant qu’ils ne se retirent dans le maquis, emmenant avec un un certain nombre de militaires libanais et de membre des forces de sécurité. Alors que ceux aux mains d’Al Nosra ont été libérés, on est toujours sans nouvelle des 9 militaires aux mains de l’organisation Daesh.

USA: Le Liban ne figurera pas parmi les pays dont les ressortissants seront interdits de séjour

MISE À JOUR 18h18: les autorités américaines démentent tout projet d’inclusion du Liban dans la liste des pays dont les ressortissants seront interdits de séjour aux USA.

Ce démenti intervient alors que le Département d’Etat américain a annoncé aujourd’hui la suspension du décret présidentiel interdisant l’accès aux USA des ressortissants de 7 pays dont la Syrie, la Libye, le Soudan, le Yémen, l’Iran et la Somalie.

Le Liban devait se trouver parmi les prochains pays dont les ressortissants sont interdits de séjour aux USA, annonce un site proche de Donald Trump citant certaines rumeurs circulant dans la capitale américaine.

Parmi les nouveaux pays également visés, l’Egypte, l’Afghanistan, la Colombie, le Pakistan, le Vénézuela, les Philippines. Ces pays s’ajouteraient donc à la liste déjà adoptée le 27 janvier dernier et comprenant la Syrie, la Libye, le Soudan, le Yémen, l’Iran et la Somalie, interdisant l’entrée de leurs ressortissants sur le sol américain pour une période de 90 jours. Selon certains sources, 60 000 visas auraient ainsi été annulés par le Département d’Etat. D’autres sources évoquent un nombre plus important, 100 000 visas à destination des USA auraient ainsi été remis en cause. Ces mesures ne concernant pas seulement les ressortissants de ces pays mais également les personnes possédant une double nationalité.

Cette décision a provoqué une vive polémique tant sur un plan interne aux USA avec notamment les dénonciations de la mesure tant de la part d’ONG, d’universités et d’entreprises dont de nombreux étudiants et employés se retrouvent coincés à l’étranger. Sur le plan international, les réactions ont étalement été vives.

Cette annonce intervient alors qu’un juge fédéral de Seattle a invalidé l’ordre présidentiel de Donald Trump. L’administration américaine a immédiatement annoncé vouloir déposé un recours à cette décision judiciaire alors que la compagnie aérienne Qatar Airways a annoncé le vol immédiat d’un avion ayant pour passagers des personnes interdites d’entrée aux USA la semaine dernière.

Le nouveau président Donald Trump a indiqué que cet embargo vise à protéger les Etats-Unis de menaces terroristes représentées par l’arrivée de personnes possédant ces nationalités sur le sol américain. Ces mesures ne concernent pas pour l’heure les détenteurs de passeports diplomatiques.

USA/Visa: Des syriens interdits de séjour et expulsés vers le Liban

Suite au durcissement des mesures d’entrée aux USA en raison d’un ordre présidentiel du Président Donald Trump, 6 ressortissants syriens dont des chrétiens ont été expulsés des USA vers le Liban.

Arrivés à l’aéroport international de Philadelphie, ces derniers parmi lesquels se trouvaient 3 enfants  se sont vus signifier l’interdiction de séjour sur le sol américain et ont été rapatriés vers leur destination de départ, l’Aéroport International de Beyrouth via Doha, d’où ils sont repartis vers la Syrie.

Donald Trump avait signé ce vendredi un ordre exécutif interdisant l’entrée aux USA à tous les ressortissants de 7 pays dont l’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Sudan, la Syrie et le Yémen. Cette mesure vise à interdire l’entrée de réfugiés pour 120 jours, à l’exception de la Syrie. Pour ce pays, le délai d’interdiction reste illimité.

 

Emoi parmi les réfugiés syriens présents au Liban

L’annonce de ces mesures avaient provoqués un vif émoi au sein de la communauté syrienne au Liban, pays qui héberge officiellement 1,5 millions de réfugiés qui ont fui la guerre civile, pour une population locale de 4 millions de personnes.

Les Etats-Unis s’étaient pourtant engagés par l’administration précédente du Président Barak Obama à accueillir entre 110 000 à 150 000 réfugiés syriens en 2017, contre seulement 18 000 installations depuis le début de la guerre civile en 2011.

Manifestations aux USA contre la décision de Donald Trump

Aux USA, suite à l’appel de plusieurs associations de défense des immigrés et réfugiés et de l’American Civil Liberties Union (ACLU), plusieurs manifestions ont eu lieu au sein même des aéroports et dans les grandes villes. Des perturbations ont été ainsi à déplorer aux départs de JFK où s’étaient rassemblés 2000 manifestants.

Un juge fédéral de Brooklyn, Ann Donnelly, a décidé d’un sursis d’urgence qui interdit momentanément l’expulsion des personnes arrivées dans des aéroports américains avec un visa valide et les autorise à entrer dans le pays, cette décision suspendant pour le moment la décision du Président Américain.

 

Le Liban, pays qui n’est pas le seul concerné

Par ailleurs, d’autres pays ont eu à déplorer le retour de ressortissants des 7 pays incriminés. La France a ainsi reçu 15 personnes interdites d’entrée aux USA, alors que l’Egypte de son côté a dû à déplorer le retour de 5 ressortissants irakiens et 1 ressortissant yéménite qui s’étaient embarqués à bord d’un vol d’Egyptair à destination du JF Kennedy Airport à New York. En Turquie, les billets d’avion vendus aux ressortissants des 7 pays incriminés sont tout simplement annulés, alors qu’en Hollande, la compagnie KML a tout simplement refusé de voir embarquer 7 ressortissants irakiens à destination des USA.

Liban: Ghazi Aad est décédé

C’est avec émotion qu’on apprend ce mercredi 16 novembre 2016, la mort de Ghazi Aad, fondateur en 1990 et porte-parole de ce mouvement précurseur qui vise à établir la vérité sur la disparition d’un nombre estimé de 17000 ressortissants libanais et étrangers durant la guerre civile de 1975 à 1990 et de la période qui a suivi.

Ghazi Aad était une personnalité époustouflante comme on en rencontre peu, qui ne laissait personne indifférente. Malgré sa paralysie et le fait de devoir se déplacer en fauteuil roulant, charismatique, il était souvent aux premiers rangs des manifestations concernant les disparus, notamment par sa présence quasi quotidienne à la place Riad el Solh pour soutenir les mères et les épouses des disparus au-delà de toute religion, de toute appartenance politique ou de leur nationalité.

Lors d’une conversation qui s’est tenue, il y a de cela plusieurs années, en face du bâtiment de l’ESCWA au Centre Ville de Beyrouth, en présence des mères des disparus, il regrettait que les hommes politiques libanais, dont une grande partie avait été impliquée dans la guerre civile puissent continuer à bloquer la recherche de la vérité sur ces disparitions. Il militait ainsi que les enquêtes puissent non seulement concerner les responsables étrangers mais également locaux tant libanais que ceux des camps palestiniens.

Sous son impulsion, Solide, avec d’autres associations et organisations, avait réussi, en dépit du voile concernant les disparus, à établir un certain nombre de contacts à l’étranger et notamment avec des institutions internationales dont les Nations Unis ou le CICR pour contourner le silence des institutions étatiques libanaises.

En 2012, une loi dont il était l’un des principaux instigateurs avait été adoptée par le gouvernement et le parlement libanais après plus de 30 ans d’attentes suite notamment aux pressions de la communauté internationales et en premier lieu de l’Union Européenne qui finançait le programme. Cette loi accordait ainsi aux familles le droit à connaitre la vérité sur la disparition de leurs proches. Un institut consacré aux recherches des disparus ainsi que d’une commission nationale devaient être ainsi créés, non pas pour que des vendettas puissent avoir lieu comme certains le craignaient mais pour permettre aux proches de faire leurs deuils.

Espérons qu’en dépit de sa disparition aujourd’hui, ce combat puisse se poursuive, que la vérité puisse un jour éclater aux yeux de tous et surtout que les familles puissent pouvoir enfin trouver la Paix.

Photo: Ghazi Aad et les mères des disparus, le 12 avril 2011. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés. 

Le Général Michel Aoun, une figure politique qui ne laisse pas indifférente

Elu 13ème Président de la République Libanaise depuis l’indépendance du Liban, à l’issue d’un 46ème tour de scrutin, ce 31 octobre 2016, adulé par les uns, haïs par d’autres, le Général Michel Aoun reste une personne dont le parcours politique est sujet à de nombreuses controverses.


Un élève officier brillant

aoun1Né dans une famille chrétienne maronite en février 1935 selon la biographie officielle, d’autres sources font plutôt elles d’une naissance le 30 septembre 1933 à Haret Hreik, banlieue sud de Beyrouth, le Général Michel Aoun fut très tôt promis à une brillante carrière militaire. Il s’engage en effet à l’Académie militaire comme officier cadet en 1955 pour être promu sous lieutenant en 1958, puis lieutenant en 1961. Il sera reçu pour des stages de formations complémentaires à l’École d’application d’artillerie de Chalons-sur-Marne, en France (1958-1959), puis à Fort Sill, dans l’Oklahoma aux États-Unis (en 1966) et à l’École supérieure de guerre, en France (1978-1980) alors que le Liban s’enfonçait dans un conflit fratricide depuis avril 1975.

Une carrière militaire lancée alors que le Liban était en guerre civile

Revenu au Liban en 1980, il sera rapidement nommé chef d’une brigade de l’Armée Libanaise en charge de la surveillance de la fameuse ligne verte, ligne de démarcation entre Beyrouth Est et Beyrouth Ouest. Promu Général de Brigade en 1982, il sera à la tête de la 8ème brigade tout juste constituée, corps d’élite multiconfessionel de l’Armée Libanaise.

C’est à sa tête qu’il surprendra en 1983 l’état major de l’Armée Libanaise qui conseillait au Président de la République d’alors, Amine Gemayel de quitter le Palais Présidentiel de Baabda, lors de la guerre de la montagne, en défendant la localité stratégique de Souk el Gharb face à des forces supérieures en nombre constituées par le PSP et différentes milices musulmanes soutenues par l’Armée Syrienne.

Ce fait d’arme lui permettra d’obtenir le rang de Lieutenant Général et deviendra le commandant de l’Armée Libanaise en 1984.

Une nomination au poste de Premier Ministre au moment le plus critique de la guerre civile

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Le Général Michel Aoun sera nommé Premier Ministre le 22 septembre 1988, à 15 minutes de l’expiration du  mandat du Président de la République Amine Gemayel. Ce dernier mettra en avant le respect du Pacte National et l’absence de chef d’état maronite afin de permettre la nomination transitoire d’un maronite à la tête de l’Etat, la constitution libanaise stipulant que le chef du conseil est alors Président par Intérim de la République Libanaise.

Face au refus des personnalités politiques ou de juges de premier plan à la participation à un cabinet d’union national en vue de préparer des élections présidentielles, le Général Michel Aoun formera alors un cabinet militaire dont les membres de la communauté musulmane seront poussés à la démission par le régime syrien de Hafez el Assad. Le cabinet précédent du premier ministre Salim Hoss refusera également de se considérer démissionnaire, provoquant une cession des autorités publiques entre régions sous contrôle de l’Armée Libanaise du Général Michel Aoun, principalement constituées d’une partie du Metn, du Kesrouan et du caza de Byblos ainsi que de la partie Est de la capitale, régions dites libres ou contrôlées par « la Légitimité » pour reprendre les termes usités à l’époque et celles occupées par l’Armée Syrienne.

Face à l’Armée Syrienne, l’Armée Libanaise ne pourra remporter une victoire militaire mais dispose tout de même de 40% des effectifs de l’institution militaire et de l’essentiel des armes lourdes. Le Général Michel Aoun peut également compter sur l’appui de la milice des Forces Libanaises de Samir Geagea et des appuis politiques du « Parti national libéral » et de son chef Dany Chamoun, du « Parti des Druzes Libres » et son dirigeant Farid Hamadé.

Décidant d’élargir l’autorité de l’état notamment en contrôlant les ports de la région, le Général Michel Aoun décidera en février 1989 de la prise du Port de Beyrouth aux Forces Libanaises. Ces derniers, face à la perte d’une des principales sources de financement, décideront de s’opposer à l’Armée Libanaise. Ainsi débutera un conflit fratricide entre Samir Geagea et Michel Aoun.

Le Général Michel Aoun, en dépit d’une tentative d’assassinat le 14 février 1989, décide de poursuivre cette politique de mise sous tutelle des ports illégaux le long des côtes libanaises en créant en Mars 1989, un centre de contrôle du trafic maritime. Ces derniers, aux mains des milices pro-syriennes décideront de bombarder en représailles les zones sous contrôle de l’Armée Libanaise et notamment le Palais de Baabda, siège du gouvernement provisoire du Général Aoun.

La Guerre de Libération et le chemin de l’exil

Débutera alors un sanglant bras de fer entre le Général Michel Aoun qui déclarera le 14 Mars 1989, la Guerre de Libération contre l’occupation syrienne et les différentes milices libanaises d’alors, soutenues par Damas et dont il sera l’un des plus farouches opposants.

Réunis à Taëf en dépit de la décision de dissolution d’un Parlement élu en 1972 et dont le mandat n’a été de cesse renouvelé en raison des évènements, une partie des députés libanais adoptent un accord qui institutionnalise le confessionalisme jusque là non écrit du système libanais en limitant les prérogatives présidentielles et en acceptant la présence de l’Armée Syrienne sur le territoire du Pays des Cèdres. Le Général Aoun dénoncera cet accord dit de Taëf mais ne sera pas soutenu dans sa démarche par la communauté internationale, plus occupée à gérer le dossier du conflit irakien. Les Pays de la Coalition contre Saddam Hussein auraient ainsi fermé les yeux sur le rôle de la Syrie au Liban contre une participation de Damas contre l’Irak.

0101_aoun2Il trouvera cependant un soutien inconditionnel d’une grande partie de la population des zones qu’il contrôle avec une manifestation d’une ampleur inégalée durant tous les évènements de la guerre civile, le 24 octobre 1989.

Après l’élection le 5 novembre 1989 de René Moawad à la tête de l’Etat et son assassinat le 22 novembre, dit-on en raison de son refus au recours à la violence, sera élu Elias Hraoui qui désignera le Général Emile Lahoud comme, officiellement, commandant de l’Armée Libanais. Le Général Aoun, qui avait déjà rejeté les accords de Taëf refusera toute légitimité à ces derniers. Il devra alors faire face aux assauts simultanées des Forces Libanaises, des milices pro-syriennes, des troupes sous commandement du Général Emile Lahoud et des unités des troupes syriennes soutenues par leur aviation, le 13 octobre 1990. Négociant son retrait et cherchant à obtenir la vie sauve à ses hommes, il se réfugiera à l’ambassade de France d’où il annoncera sa reddition. La prise sous contrôle des zones dites libres sera toutefois marquée par des massacres de militaires pro-aounistes notamment à Dahr al-Wahsh ou une unité de 200 hommes de l’Armée Libanaise s’était illustrée face à l’Armée Syrienne qui avait perdu sur ce front 500 soldats les jours précédents. De nombreux militaires libanais seront ainsi froidement assassinés en dépit d’assurances obtenues par le Général Emile Lahoud à ce que ne soit pas menées d’actes de vengeances à l’encontre du personnel militaire.

Il sera exfiltré 10 mois plus tard par la DGSE, dit-on contre l’assurance de renoncer à toute activité politique.

Cependant, son action politique se prolongera avec la constitution d’un courant politique, le Courant Patriotique Libre dès 1992, qui n’aura de cesse de dénoncer le rôle et les ingérences syriennes au Liban et qui réclamera le retrait des troupes syriennes stationnées au Pays des Cèdres.

Débutera alors la mise du Liban, mise sous double coupe réglée et tutelle, politique et militaire pour la Syrie et économique pour l’Arabie Saoudite via leurs hommes de lige respectifs.

Un Retour Triomphal au Liban

En dépit d’une assurance de Rafic Hariri alors premier Ministre en janvier 1999 de ne pas être arrêté à son retour au Liban, Michel Aoun poursuivra son exil en France jusqu’en 2005.

Suite à l’adoption par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la résolution 1559 en septembre 2004, résolution exigeant le retrait des troupes syriennes hors du Liban et de l’assassinat, le 14 février 2005 de l’ancien premier Ministre Rafic Hariri, de larges manifestations ont alors lieu au Liban. Ainsi débute ce qu’on a, alors, appelé la Révolution des Cèdres. Damas sera accusé de cet assassinat. Les pressions exercées tant localement qu’au niveau international aboutira au retrait des troupes syriennes le 29 avril 2005, à la sortie de prison de Samir Geagea et au retour du Général Aoun au Liban qui avait alors déclaré n’avoir aucun doute sur l’implication de Damas dans cet acte terroriste.

Revenu au bout de 15 exil, le 7 mai 2005, un de ses premiers gestes sera de rencontrer son adversaire historique au sein de la communauté chrétienne, Samir Geagea. Les élections parlementaires de 2005 conduiront à ce que certains nommeront un véritable Tsunami politique. Les listes soutenues par son mouvement et comprenant notamment le parti arménien du Tashnaq obtiendront le vote de prêt de 70% de la communauté chrétienne et 21 députés. En dépit de cette représentativité, il sera mis à l’écart du gouvernement de Fouad Saniora et alors que son mouvement désormais appelé Bloc du Changement et de la Réforme sera le seul présent au sein de l’opposition, le Hezbollah et Amal y participant. Il placera son action politique contre la corruption représentée par ceux qui avant collaboraient avec l’occupant syrien avant de retourner opportunément leurs vestes.

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En février 2006, le CPL signera un accord d’entente avec le mouvement chiite Hezbollah, redistribuant ainsi les cartes de la scène politique, lui permettant de se relancer alors qu’il était précédemment isolé. Précédemment catalogué comme faisant parti du 14 Mars, puis considéré comme indépendant, certains experts catalogueront alors le CPL comme faisant partie de la coalition dite du 8 Mars ou figurent en bonne place les partis libanais pro syriens. Le Général Michel Aoun se fera alors accusé par ses adversaires politiques de retournement de veste. Il rétorquera à ceux-ci que le Mémorandum d’entente avec le Hezbollah vise, entre autre, à discuter avec le mouvement chiite de son désarment, de la protection du Liban vis-à-vis notamment des menaces israéliennes et de permettre l’établissement de discussions avec la Syrie en vue d’une normalisation des relations entre les 2 pays.

Candidat à la succession d’Emile Lahoud, le Général Michel Aoun sera contraint de voter en faveur du commandant de l’Armée Libanaise, le Général Michel Sleiman qui sera élu président de la République le 25 mai 2008 suite à la médiation du Qatar et en présence de son émir, le cheikh Hamad ben Khalifa. Cet état du Golfe prend alors contrepied l’influence de l’Arabie Saoudite et des accords de Taëf via les accords de Doha.

Une participation aux gouvernements, sous le sceau d’une crise politique

Participant à un premier gouvernement présidé par Fouad Saniora en 2008, le Courant Patriotique Libre obtiendra le 7 mai 2009, 19 sièges en son propre nom. Il obtiendra alors 5 ministres dont celui de vice-président du Conseil attribué au Général Abou Jamra, au sein du cabinet qui lui succèdera et qui sera présidé par le fil de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri, Saad Hariri.

Marqué par de nombreuses crises en son sein, ce cabinet finira par être démissionnaire le 12 janvier 2011, suite à l’annonce par le Ministre de l’Energie et des ressources hydrauliques, par ailleurs gendre du Général Aoun, Gébran Bassil, de la démission des ministres de l’opposition. Elle reproche au Premier Ministre Saad Hariri de ne pas annoncer la cessation de la coopération des autorités libanaises avec le Tribunal International en charge de juger les personnes suspectées d’être impliquées dans l’assassinat de son père, Rafic Hariri, alors que ce dernier allait accuser des membres supposés du Hezbollah de cet acte terroriste.

Un gouvernement présidé par Nagib Mikati sans la présence du 14 Mars sera constitué avec notamment la présence de 6 ministres du CPL et 11 ministres proches de lui.

Un nouveau champ de bataille, la Loi Electorale

A l’issue de l’échec de l’organisation d’un nouveau scrutin législatif normalement prévu en mai 2013, le CPL n’aura de cesse que de dénoncer le mode de scrutin marginalisant selon lui la communauté chrétienne. Le CPL sera le seul parti à s’opposer au fait que le Parlement en place décidera alors de reporter les élections prévues pour septembre 2014 puis à juin 2017. Il s’opposera également au Premier Ministre Tamam Salam au sujet des prérogatives du Premier Ministre, estimant que seul le Conseil des Ministres est apte à recevoir les prérogatives normalement dévolues à la Présidence de la République en l’absence de Président de la République et non le Président du Conseil. Il exigera également un rééquilibrage des mécanismes de décision des autorités publiques en faveur de la communauté chrétienne.

Par ailleurs, la coalition Amal-CPL-Hezbollah boycottera les différents scrutins présidentiels, provoquant un défaut de quorum et cela en raison de l’absence d’un accord concernant le nom d’un candidat.

L’alliance surprise avec les Forces Libanaises

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Coup de théâtre sur la scène politique. Après la décision de l’ancien premier ministre de soutenir la candidature de Sleiman Franjieh pourtant membre du courant dit du 8 Mars, le dirigeant des Forces Libanaises a décidé de soutenir celle du Général Michel Aoun à l’issue d’une réunion avec ce dernier, tout en poursuivant sa mésentente avec le Hezbollah. Il s’agit d’un tournant historique au sein de la communauté chrétienne ou les 2 adversaires scellent une alliance électorale basées sur un Mémorandum d’Entente de 10 points dont l’acceptation par le CPL des accords de Taëf, la nécessité de disjoindre le dossier syrien du dossier libanais, le respect des résolutions internationales concernant le Liban et la nécessaire mise en place d’une nouvelle loi électorale.

Le Hezbollah, quant à lui poursuivra son alliance avec le CPL et réaffirmera son soutien à la candidate du Général Aoun.

Face à l’impossibilité de poursuivre son soutien à Sleiman Franjieh, alors que s’accumulent les déboires financiers de ses sociétés notamment en Arabie Saoudite et débordé par des courants plus extrémistes personnifiés par le Ministre de la Justice démissionnaire Achraf Rifi au sein de la communauté sunnite, Saad Hariri finira par se rallier au Général Aoun le 20 octobre 2016, annonçant son intention de voter à sa faveur et cela afin, selon les rumeurs actuelles, d’obtenir le poste de Premier Ministre.

Les défis à venir du Président Michel Aoun

Le Général Michel Aoun, qui sera probablement élu ce lundi 13ème Président de la République Libanaise, devra faire face à de nombreux défis que traverse le Pays des Cèdres, tant de nature politique, économique que sécuritaire.


Les défis politiques

Les défis d’une cohabitation qui s’avère être difficile et contre-nature

La décision de soutenir la candidature du Général Michel Aoun par l’ancien Premier Ministre Saad Hariri serait assortie à la condition de le voir être renommé Premier Ministre en exercice. Cette décision s’avère plutôt être celle d’une cohabitation à venir plutôt que d’une coopération renforcée. Nul doute que de nombreuses crises politiques surviendraient pour plusieurs raisons. On peut notamment citer:

  1. le dossier syrien et l’implication tant de combattants du Hezbollah aux côtés du régime syrien que de combattants sunnites contre le régime syrien
  2. La mise en cause de responsables du Courant du Futur dans différents dossiers de corruption dont le Général Aoun réclame l’ouverture depuis de nombreuses années. On peut penser aux dossiers des télécommunications, de la gestion des ordures, de la gestion des appels d’offres publics en général, etc…
  3. le dossier du tribunal international en charge de juger l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri. Ce dernier accuse sur la base d’un jugement non pas basé sur des preuves mais un jugement circonstanciel, le Hezbollah d’une part et le régime syrien d’autre part d’y être impliqué.

Une loi électorale qui doit toujours être mise en place

Le débat des années précédentes sur le choix d’une nouvelle loi électorale plus égalitaire vis-à-vis de la communauté chrétienne ne se fera pas sans heurts avec les résistances tant du Courant du Futur qui risque d’y perdre ses parlementaires chrétiens élus par les sunnites, notamment dans la capitale Beyrouth que le mouvement Amal, déjà insatisfait d’avoir perdu ses députés chrétiens dans la région chiite de Nabatiyeh.

Une élection dans un environnement moins consensuel que ses prédécesseurs

L’élection du Général Michel Aoun n’intervient pas, contrairement à ses prédécesseurs, dans un environnement d’entente et de consensus nationaux, comme en témoignent les nombreuses déclarations des opposants à son élection tant du côté de la rue sunnite, actuellement personnifiée par le Ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi et désormais principal opposant en son sein à l’ancien Premier Ministre Saad Hariri qu’au sein de la communauté chiite avec la césure entre mouvement Amal également opposé à cette élection et mettant en avant des risques d’abrogation des accords de Taëf et même de recours à la violence et Hezbollah soutenant au contraire la candidature du Général Michel Aoun.

Face à ce risque, le Courant du Futur et le Hezbollah ont décidé dans un communiqué conjoint de poursuivre leur communication afin d’apaiser la tension entre les 2 communautés sunnites et chiites. Cependant, le Président de la Chambre, Nabih Berry aurait déjà signifié son refus via son proche, le Ministre des Finances,  Ali Hassan Khalil, de rencontrer le dirigeant du Courant du Futur Saad Hariri afin de protester contre sa mise à l’écart dans l’accord entre ce dernier et Michel Aoun.  Ali Hassan Khalil  aurait également indiqué que le Mouvement Amal pourrait ne pas faciliter la formation du prochain gouvernement, voir même de le boycotter, augurant la poursuite de la crise politique dans un avenir proche en dépit de cette élection.

En dépit d’une union toute relative de la rue chrétienne, les communautés sunnites et chiites sont donc divisées et partagées, augurant de tensions politiques à venir.

L’un des premiers défis annoncés est la mise en place d’une nouvelle lois électorale plus juste envers la communauté chrétienne, jusque là marginalisée par le processus des élection législatives. Ce chantier augure de nombreuses tensions avec les dirigeants des factions politiques sunnites et chiites qui, jusqu’à présent, désignaient presque un certain nombre de députés chrétiens dans les régions qu’ils contrôlent et notamment dans la capitale, au Nord ou au Sud du Liban. Le Général Michel Aoun souhaiterait ainsi que des électeurs chrétiens élisent des députés chrétiens.

La communauté chiite partagée entre appuyer ou désapprouver la candidature du Général Aoun

Le Président de la Chambre Nabih Berry a déjà fait part de ses inquiétudes et le risque de voir son rôle à la tête du parlement être remis en cause. Il estime que cet accord entre chrétiens et sunnites pour le partage du pouvoir comme évoqués par le rappel du Pacte National de 1943  pourrait marginaliser la communauté chiite. Il aurait cependant tempéré ses propos dans un communiqué publié suite à la visite du dirigeant du CPL ce 21 octobre, estimant que les désaccords concernant la nomination à la Présidence de la République ne remettent pas en cause l’amitié entre les 2 hommes.

De son côté, le Hezbollah largement engagé dans le conflit syrien a réitéré son refus de voir la communauté chiite être divisée tout en rappelant son soutien à la candidature du Général Michel Aoun, en raison « de l’intérêt général de la Nation ».

La communauté sunnite également plus divisée que jamais

Parrain du Courant du Futur, l’Arabie Saoudite a, à de nombreuses reprises, marqué son opposition à l’élection du Général Michel Aoun à la Présidence de la République en raison de son alliance avec le Hezbollah chiite et de ses bonnes relations avec l’Iran et le régime syrien de Bachar el Assad dans un contexte de guerre civile en Syrie et au Yémen entre les 2 axes.

Certaines sources ont déjà indiqué la désapprobation de Riyad quant à l’appui à la candidature du Général Aoun de la part de l’ancien premier ministre Saad Hariri déjà en difficulté pour ses affaires sur place. Certains opposants à Saad Hariri pourraient ainsi envisager de profiter de l’affaiblissement de son influence en Arabie Saoudite pour tenter de prendre sa place.

Le Ministre démissionnaire de la Justice Achraf Rifi aurait ainsi déclaré à l’issue de la conférence de presse annonçant le soutien de Saad Hariri à la candidature du Général Michel Aoun, son refus à ce que le Liban soit soumis « au projet iranien ». Le fossé entre les 2 hommes s’élargi ainsi.
L’Ancien Premier Ministre Nagib Mikati a également mis en garde contre « la nouvelle aventure de Saad Hariri », espérant que celle-ci ne dégrade pas encore les tensions entre les différentes communautés religieuses.
L’ancien Premier Ministre Fouad Saniora aurait également marqué son refus de voter en faveur du Général Michel Aoun lors du 46 scrutin qui a eu lieu ce 31 octobre.

Les défis économiques

La présence de plus en plus pesante des réfugiés syriens

En raison déjà de la présence de plus de 1,1 millions de réfugiés syriens au Liban suite à la guerre civile dans leur pays, les infrastructures libanaises croulent sous une tension jamais vue auparavant. Il s’agira donc de trouver une solution à cette présence et d’améliorer les structures tant financières qu’infrastructurelles comme la distribution de l’eau et de l’électricité toujours rationnées depuis la fin du conflit civil de 1975 à 1990.

Ralentissement de la croissance et risque de dévaluation de la Livre Libanaise

Le ralentissement de la croissance, voir la baisse de la demande pour l’immobilier et le recul des entrées générées par le secteur touristique sont d’autant de risques économiques à l’avenir.

L’augmentation des salaires décidées par les gouvernements précédents impactent également négativement les finances de l’état déjà accaparées par une importante dette publique alors que nombreux spécialistes évoquent une possible dévaluation de la Livre Libanaise en 2017 ou 2018.

Les risques de bras de fer

La remise en cause du secret bancaire tout juste adoptée en catimini par le Parlement Libanais le 19 octobre 2016, au cours d’une session parlementaire exceptionnelle pourrait également provoquer quelques remous. Cette décision était pourtant attendue alors que les banques libanaises étaient soumises à un certain nombre de menaces de sanctions économiques via l’adoption par l’administration américaine à l’encontre des établissements bancaires coopérant avec le Hezbollah. Sans nul doute, de nouveaux bras de fer pourraient avoir lieu tant en local qu’avec la nouvelle administration américaine à venir.

Une politique économique qui reste à formuler

L’adoption d’un budget tout d’abord, chose qui n’a pas été effectuée depuis 2005 devrait être une des principales priorités du prochain gouvernement.

La mise en place d’une politique économique à venir avec la diminution des budgets des pays arabes en raison de la diminution des ressources pétrolières locales est également à prévoir avec un rééquilibrage des principaux partenaires économiques pour le Liban. La Banque du Liban semble déjà avoir pris les devants en invitant les entreprises libanaises à participer à l’ouverture du marché iranien, lors de la levée des sanctions contre Téhéran.

Enfin la mise sur pied de l’exploitation des ressources pétrolières probables dans les zones économiques maritimes appartenant au Liban pourrait être l’occasion de nouveaux désaccords concernant le partage des revenus qui seraient ainsi générés.

 Les défis sécuritaires

Les autorités libanaises ont démantelé ces dernières années de nombreuses cellules terroristes qui espéraient provoquer une dissension communautaire entre les différentes composantes religieuses libanaises et ainsi provoquer, non pas une guerre civile mais des troubles à l’ordre civil. Ainsi, le groupe terroriste Daesh et Al Nosra ont d’abord visé la banlieue Sud de Beyrouth, fief du Hezbollah puis le groupe Daesh s’en est également pris au village chrétien de Qaa dans la Békaa.

Nul doute que le recul et les défaites de Daesh en Irak et en Syrie pourrait provoquer un reflux de ses combattants originaires du Liban et des régions limitrophes. On assiste déjà d’ailleurs à l’arrestation en coopération avec les autorités palestiniennes locales dans les camps d’un certain nombre de cadres de ce groupe terroriste. Ces derniers seront probablement tentés de poursuivre leurs basses oeuvres au Pays des Cèdres en essayant de déstabiliser l’équilibre politique déjà précaire établi ces dernières années.

Autre défi et non des moindres, le renforcement des capacités de l’Armée Libanaise alors que l’Arabie Saoudite a déjà annulé sa fameuse donation de 3 milliards de dollars. Le Liban devra donc trouver les fonds nécessaires par lui-même alors que les difficultés économiques s’annoncent déjà insurmontables.

Il y a dix ans : Le désarmement du Hezbollah, un défi pour le Liban

Au lendemain du conflit de juillet à septembre 2006, beaucoup voyaient le Hezbollah comme affaibli. Les 10 années qui se sont depuis écoulées, ont démontrée que le mouvement chiite s’en est plutôt sorti renforcé.

Retour sur une analyse en date de septembre 2006 publiée sur Libnanews.com. 


Après que le conflit actuel se soit terminé, il est nécessaire de faire un nouvel inventaire de la situation, de voir quels sont les nouveaux défis que va traverser le Liban et comment répondre justement à ces défis.

Le 1er constat est que le Hezbollah est comme on pouvait s’y attendre le grand gagnant de la situation post conflit.

Il était prévisible depuis le début du conflit que le Hezbollah ne pouvait être défait militairement. On ne peut défaire une milice qui jouit du soutien populaire d’une large partie de sa population. Pour rappel, le Hezbollah a représenté l’année dernière 15.8 % des suffrages lors des élections législatives de 2005, et il est le 1er parti politique de la 1ère minorité libanaise, la population chiite (soit un peu plus de 30% de la population libanaise)

Politiquement tout d’abord, le Hezbollah devient le parti de référence sur lequel les autres partis politiques libanais sont quasiment obligés de s’aligner. On a déjà bien vu le 1er ministre Saniora, durant le conflit, faire l’apologie du parti chiite, lui qui pourtant est pro-américain et dont la famille politique est proche de la France.

La proposition de reconstruction des domiciles détruits par le conflit actuel de la part du Hezbollah va encore une fois renforcer le soutien populaire de cette population à cette organisation.

Militairement, l’armée israélienne, au bout de 31 jours de conflit, a du aligner plus de 30 000 soldats pour faire face officiellement aux 2 000 hommes mobilisés par le Hezbollah. Au dernier jour du conflit encore plus de 250 roquettes de type Katioucha ont été tirées sur le nord d’Israël, rappelant à l’Etat hébreu que ses structures militaires sont quasiment intactes.

Le début du retrait israélien, commencé bien avant le déploiement de l’armée libanaise et de la force multinationale, laisse à penser que Tsahal a failli dans sa mission de prises de positions stratégiques au Sud Liban. Pire encore, les fortes pertes militaires israéliennes face à une milice démontrent l’incapacité d’une armée de type traditionnel à traiter le problème que pose une guérilla soutenue par la population locale à l’image de ce qui se passe en Irak.

Il faut ici rappeler que, d’après des estimations faites par des services de renseignement occidentaux, le Hezbollah compterait 600 miliciens à temps plein, 2000 miliciens mobilisables à tout moment et de 60 000 à 90 000 personnes mobilisables qui ont plus ou moins subi dans le passé un entrainement militaire.

Cependant, la nouvelle résolution 1701 demande le retrait du Hezbollah au-delà du fleuve Litani dans un 1er temps et rappelle la mise en application de la résolution 1559 qui précise que les milices encore existantes au Liban doivent être désarmées.

Sur un plan interne encore, malgré que la stratégie militaire israélienne visait toutes les régions qu’elles soient chrétiennes, musulmanes, une union nationale dans le malheur s’est créée, la solidarité inter-communautaire a prouvé que la notion même de peuple libanais existe.

Cette vision de la situation volontairement simplifiée démontre aujourd’hui toutes les difficultés que va traverser le Liban et l’on voit bien justement le défi futur pour désarmer le Hezbollah, le principal défi étant de ne pas tomber dans le piège qui consisterait à nous pousser vers une nouvelle guerre civile.

A court terme, le désarmement du Hezbollah ne peut se faire qu’avec l’accord politique de celui-ci. Il semble que le principe de celui-ci ne peut être acquis, spécialement depuis les déclarations de la ministre des affaires étrangères israélienne, Livni pour ne pas la nommer, posant une nouvelle condition bien après le vote de la résolution 1701, acceptant non plus le désarmement du Hezbollah mais demandant tout simplement son démantèlement.

Il s’agissait me semble-t-il de retrancher le Hezbollah dans le déni de cette résolution qui était auparavant acceptée par celui-ci et ainsi augmenter les difficultés auxquelles fait face le gouvernement libanais.

Si le désarmement se fait par la force, tout d’abord les résultats ne sont pas surs, Tsahal a bien compris qu’une offensive terrestre sur le Liban lui coûterait cher en terme de vies humaines. Les projections des pertes israéliennes, d’après certains analystes militaires, auraient été de 400 hommes rien que pour occuper le sud Liban. Aucune armée qu’elle soit libanaise ou internationale n’a la puissance de l’armée israélienne dans la région. Elles n’auront donc pas la capacité à agir pour désarmer le Hezbollah, peut-être du moins à pouvoir contrôler leur théâtre d’opération.

De même, il n’est pas souhaitable que l’armée libanaise use de la force contre une partie de la population libanaise. Les risques de plonger le pays dans une guerre civile serait trop grand. L’armée Libanaise ne peut agir que pour prévenir une guerre civile et non pas comme élément déclencheur d’une guerre civile.

La solution pour désarmer le Hezbollah ne peut-être que dans un moyen ou long terme.

On peut, je pense obtenir le retrait des hommes du Hezbollah au-delà du Litani comme spécifié par la résolution 1701, on se doit de remettre en branle le processus politique de dialogue pour diminuer les tensions communautaires qui pourraient resurgir.

L’Etat libanais dont les finances sont déjà mal en point se doit de prouver aux populations touchées par le conflit qu’il existe une alternative au Hezbollah.

Les services sociaux de l’état doivent entrer en concurrence avec ceux du Hezbollah.

L’armée libanaise doit pouvoir défendre la mère patrie aux yeux de la population chiite.

On aura donc bien compris, que cela prendra du temps, mais il faut pour désarmer le Hezbollah prouver que l’Etat peut exister. Il faut vendre aux populations du Sud Liban, la notion d’Etat de droit, d’Etat-justice, d’Etat-protecteur.

Aux yeux de ces populations, l’Etat les a abandonnés depuis la fin des années 60, depuis les accords du Caire, depuis la création du Fatah land, puis ensuite l’occupation israélienne du sud Liban. Le Hezbollah s’est en fait substitué à l’Etat libanais parce que l’Etat libanais a cessé d’exister. L’existence du Hezbollah est avant tout, on l’aura compris le symptôme de la démission de l’Etat des années durant. On ne peut pas demander au Hezbollah de se désarmer sans répondre aux attentes des populations abandonnées par l’Etat depuis temps d’années.

Il faut obliger le Hezbollah de se retrancher comme un parti purement politique et non plus militaire et seul le fait de rogner l’appui populaire dont il jouit peut y arriver.

Cela a déjà certes mal commencé, comme je l’ai déjà dis plus haut, le Hezbollah se propose de reconstruire les domiciles détruits, d’offrir les meubles de ces maisons et en attendant de donner 1 an de loyer.

A défaut d’accord politique pour parvenir au désarmement du Hezbollah, il faut donc désormais adopter une politique, dans un 1er temps, qui diminue les risques de partition civile et la guerre qui en découlerait et dans un deuxième temps construire une politique dont l’objectif serait au moyen voir au long terme pour renforcer l’Etat libanais et obtenir la remise des armes d’une manière pacifique.

On aura donc compris qu’il faut construire l’Etat pour désarmer le Hezbollah.

Malheureusement, cette crise nous a largement prouvé que les hommes politiques libanais manquent d’une vision au long terme. Accepter le Hezbollah l’année dernière au sein du gouvernement a permis aux israéliens d’avoir une excuse pour tous nous attaquer. Cela était prévisible. Il semble que déjà l’union nationale de la crise s’effrite aujourd’hui et malheureusement leur vision généralement à court terme et orientée vers leur intérêt privé ne leur permet pas justement de promouvoir une politique au long terme.

Liban: Poussée démographique fulgurante des réfugiés syriens et difficultés économiques

Selon un rapport publié en novembre 2014 par Médecins Sans Frontières (MSF), 27% des femmes issues des réfugiés syriens présents au Liban sont soit enceintes, soit ont donné naissances au cours des 12 derniers mois. Le rapport précise que les deux tiers de ces naissances ne sont pas planifiées.

Petit rappel, pour une population de 4,7 millions d’habitants, le Liban compte 1,5 millions de réfugiés, soit le ratio le plus important au Monde si on inclus également la présence de plus de 400 000 réfugiés palestiniens. Un calcul vite fait indique donc que le Liban dénombrerait près de 200 000 naissances d’enfants issus des familles de réfugiés syriens annuellement.

En 2015, les auteurs d’une étude publiée estimaient que la présence et l’aide internationale aux réfugiés syriens aurait permis d’augmenter de 1%, le PIB du Pays des Cèdres. Cependant, cette augmentation se ferait de la population locale et les effets de l’aide internationale se sont depuis inversés avec la diminution des fonds disponibles aux foyers de réfugiés.

De nombreux secteurs économiques ont été touchés par la crise syrienne, comme le secteur bancaire ou le secteur touristique affecté par l’absence flagrante cette année des touristes arabes qui constituaient jusqu’à présent la principale clientèle. La montée des touristes occidentaux n’a été que partielle puisque de nombreuses entrées comptabilisées à l’Aéroport International de Beyrouth étaient en fait des ressortissants libanais porteurs d’un passeport étranger. Ainsi le taux de croissance du secteur touristique a été faible et son apport au PIB a été pour autant réduit affectant ainsi les rentrées fiscales des autorités libanaises

Face à ses difficultés économiques sectorielles, de nombreux patrons ont choisi de remplacer leurs employés locaux par des réfugiés d’origine syrienne aux rémunérations moindres. Pour beaucoup ainsi, la présence de ces réfugiés devient un fardeau. Ainsi les réfugiés syriens sont accusés d’avoir fait perdre leur emploi aux Libanais, en raison d’un salaire deux fois moins élevés mais également l’absence d’obligation – en dépit des régulations locales – à contribuer aux prestations sociales. Le Ministre du Travail Sejaan Azzi, avait ainsi précisé que le taux du chômage avait atteint un taux de 25%, le 8 avril dernier, mettant en cause la présence de ces derniers.

A cela, s’ajoutent également les pressions économiques provoquées par la présence de ces foyers de réfugiés. La production électrique, déjà déficitaire, est ainsi mise encore plus sous pression, le coût des loyers ou des produits de première nécessité augmentent également.

Dans la rue, 71% des enfants sont déjà d’origine syrienne
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Une étude effectuée par le Bureau International du Travail (BIT) et publiée en février 2016 avait révélé que 71% des enfants des rues étaient d’origine syrienne. 61% de ces enfants sur le nombre total étaient également arrivés au Liban durant la période du conflit civil syrien, soit à partir de 2011.

L’échec des valeurs européennes

L’Europe ou du moins une partie de l’Europe réagit en croyant véhiculer des valeurs qu’elle croit universelle, concernant non seulement la religion mais également le caractère socio-économique de sa civilisation. Mais elle se trompe lourdement et on en tire aujourd’hui les conséquences au travers de nombreuses crises existentielles.

L’échec de la démocratie au Moyen-Orient, l’incompréhension que l’Islam n’est pas seulement une religion comme le Christianisme mais également un système politique et économique, l’échec dans un jugement avec des préjugés de la société américaine qui est plutôt en fin de compte conservatrice sur un certain nombre de valeurs comme le démontre le phénomène Trump aux USA et la remise en cause notable du droit à l’avortement, la non-compréhension que la notion des droits de l’homme n’est pas universelle et entre en conflit entre le caractère individualiste ou collectif de sociétés comme en Asie ou une vie peut en fin de compte être sacrifiée pour le bien commun, des échecs accumulés qui finissent donc par miner la construction européenne, comme en témoigne l’éloignement de la Grande Bretagne et son BREXIT.

La Turquie, aujourd’hui également, s’éloigne de l’Europe suite à l’échec du coup d’état démontre en fin de compte d’une manière encore plus cruelle que l’Europe n’est pas un modèle assez attractif pour juguler et menacer la décision d’Erdogan de rétablir la peine de Mort et de réintégrer un modèle islamique en contravention avec son histoire et son héritage des 70 dernières années kémalistes  que l’Armée Turque devait pourtant garantir.

Des conflits européens, Ex-Yougoslavie d’abord entre modèles de pseudo-coexistence entre Serbes et Bosniaque, entre orthodoxes et musulmans kosovars ont démontré que le modèle européen est aussi limité et que les gouvernants européens n’ont rien compris. Le temps est au conflit entre civilisations et entre valeurs et dans ce cas de figure, le modèle européen n’existe plus puisqu’on arrive au temps des interrogations quand d’autres sont déjà au moment des certitudes.

Les soubresauts que connait actuellement le Monde ne sont peut être que le reflet d’une remise en cause par beaucoup de sociétés de ces valeurs que l’Europe croyait sienne et qu’elle a tenté d’exporter à travers le Monde et qui ont débouché sur de graves crises existentielles. Démocratie, Droits de l’Homme, Liberté d’Opinion, etc… autant de valeurs qui aujourd’hui sont combattus par d’autres comme en témoignent les assauts des terroristes en France.

Evoquant le terrorisme et la France, le terrorisme aujourd’hui est certes global mais l’Europe en est aujourd’hui la première victime parce qu’elle a accepté de nombreuses dérogations. Au lieu de se construire, elle a donné des dérogations à la Grande-Bretagne et on a au final abouti au BREXIT. De même, elle a accepté, outre la Grande-Bretagne, d’autres chevaux de Troie et même devait accepter la Turquie. Le concept d’immigration et d’amalgame de certains de ses membres ont marché un certain temps quand il était intra-européen mais du moment ou il a également concerné des populations aux valeurs sociales et religieuses trop différentes, ceux ci ont eu un malaise face à ces valeurs européennes que certains trouvaient inacceptables notamment au niveau des droits des individus et du conflit entre une religion qui est également un système politique et le système des valeurs et politiques en rigueur en Europe.

La question aujourd’hui est ce qui peut, peut-être, sauver l’Europe et évitez encore cette dérive? Cette opération e sauvetage doit avant-tout être une remise en question, notamment pour la France d’un principe de laïcité qui lui est cher mais qui est unique en fin de compte en Europe. Les Pays de l’Est sont restés religieux en dépit de leur appartenance à la sphère communiste durant bien années. La France est la première visée par la vague terroriste parce qu’elle est le pays malade de l’Union Européenne, notamment par la perte de ses valeurs historiques. Ils attaquent la France non pas par ce qu’elle est laïque mais qu’elle a toujours été la fille ainée de l’Eglise ou du moins comme elle le parait toujours à leurs yeux.

Nul tabou à ce sujet. Il est important de discuter de toutes les alternatives qui peuvent être sur la table afin de provoquer un véritable débat mais aussi des décisions doivent être prises et elles sont graves. Il faut parfois se faire violence et couper un doigt pour sauver un bras.

Faut-il remettre en cause le droit du sol au profit du droit du sang? Une nationalité se mérite même quand on né avec cette nationalité. C’est un devoir et non un droit. Certains déjà ont renié leurs propres nationalités et pourtant en Europe, on discute encore du sexe des Anges.

Evoquant l’expérience libanaise, on fini par noter d’inquiétantes similarités. On est à la veille non pas d’une guerre civile mais de conflits localisés et le Pays des Cèdres est un modèle à ne pas suivre.

Le Liban était occidental dans son histoire comme appartenant à la sphère levantine et non un pays arabe jusque dans les années 50 avant d’avoir été emporté par le conflit israélo-arabe et d’avoir été obligé de choisir le camps de l’arabité. Face aux tensions résultants de la remise en cause du caractère occidentalisé d’une grande partie de sa population d’alors et cela dès 1958, il en résultera la guerre civile de 1975. Le principe de coexistence n’est donc pas à suivre. Au nom des compromis, on fini par la paralysie comme aujourd’hui au mieux et au conflit au pire entre les différentes communautés. Peut-être que les Libanais peuvent alors faire profiter de leur expérience les Français afin d’éviter le pire, il convient de leur dire que vivre ensemble n’est pas une idée à suivre mais vivre l’un à coté de l’autre avec ses différences régionales peut-être une solution à considérer.

La France doit à l’avenir faire des choix qui vont s’avérer être cruciaux pour l’Europe et durs voir même inacceptables pour certains aujourd’hui mais qui constitueront peut-être sa seule et unique chance. Et ces tabous doivent tomber pour arriver à un résultat tangible.