6000 combattants de Daesh et d’Al Nosra originaires du Liban

Plus de 6000 combattants – dont des palestiniens – originaires du Liban auraient rejoint le groupe terroriste de Daesh et de Jabhat al cham (ex al Nosra), révèle un rapport du quotidien libanais arabophone Al Akbhar dans son édition en date de ce vendredi. 1 300 d’entre eux auraient été tués au cours de la guerre civile syrienne et irakienne.

Selon le quotidien, nombreux d’entre eux, âgés dans la trentaine, seraient partis sur les théâtres d’opération par l’Aéroport International de Beyrouth via la Turquie avec comme destination finale, Raqqa, la capitale du groupe Daesh. D’autres via des passages illégaux entre le Liban et la Syrie.

Un certain nombre des palestiniens qui se sont impliqués dans le conflit syrien seraient originaires d’Ein Helwe déjà connu pour héberger un certain nombre d’organisations islamiques radicales opposantes au Président Syrien Bachar el Assad. Ce camps serait d’ailleurs un point de transit important pour les combattants anti-régimes, selon le journal.

Pour rappel, la guerre civile syrienne ou révolution syrienne est un conflit armé en cours depuis 2011en Syrie.  De mars 2011 à septembre 2016, le conflit a fait autour de 400 000 à 500 000 morts d’après les estimations de diverses ONG. Parmi les belligérants, on trouve divers mouvements salafistes et wahabites parmi les rebelles.

Ainsi, l’Armée syrienne libre est le premier mouvement à mener la rébellion, mais il est supplanté en 2013 par des brigades islamistes sunnites, telles que Ahrar al-Cham ou Jaysh al-Islam. Les mouvements rebelles sont soutenus par les pays du Golfe et l’Occident, et particulièrement par l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et les États-Unis. Daesh est lui né de la scission entre Al Nosra et ceux qui se nommeront Etat Islamique. Ce dernier entre en guerre contre tous les autres belligérants et devient la cible d’une campagne de frappes aériennes effectuées par une coalition arabo-occidentale menée par les États-Unis.

Le régime syrien bénéficie quant à lui des renforts du Hezbollah Libanais et de brigades islamistes chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien militaire de l’Iran et de la Russie.

Par ailleurs, le Liban a accueilli sur son sol plus de 1.5 millions de réfugiés syriens dont un certain nombre d’entre eux serait impliqué dans des opérations terroristes. La localité libanaise d’Arsal, dans la Békaa Est a été notamment brièvement prise par les groupes terroristes Al Nosra et Daesh avant qu’ils ne se retirent dans le maquis, emmenant avec un un certain nombre de militaires libanais et de membre des forces de sécurité. Alors que ceux aux mains d’Al Nosra ont été libérés, on est toujours sans nouvelle des 9 militaires aux mains de l’organisation Daesh.

Liban: Ghazi Aad est décédé

C’est avec émotion qu’on apprend ce mercredi 16 novembre 2016, la mort de Ghazi Aad, fondateur en 1990 et porte-parole de ce mouvement précurseur qui vise à établir la vérité sur la disparition d’un nombre estimé de 17000 ressortissants libanais et étrangers durant la guerre civile de 1975 à 1990 et de la période qui a suivi.

Ghazi Aad était une personnalité époustouflante comme on en rencontre peu, qui ne laissait personne indifférente. Malgré sa paralysie et le fait de devoir se déplacer en fauteuil roulant, charismatique, il était souvent aux premiers rangs des manifestations concernant les disparus, notamment par sa présence quasi quotidienne à la place Riad el Solh pour soutenir les mères et les épouses des disparus au-delà de toute religion, de toute appartenance politique ou de leur nationalité.

Lors d’une conversation qui s’est tenue, il y a de cela plusieurs années, en face du bâtiment de l’ESCWA au Centre Ville de Beyrouth, en présence des mères des disparus, il regrettait que les hommes politiques libanais, dont une grande partie avait été impliquée dans la guerre civile puissent continuer à bloquer la recherche de la vérité sur ces disparitions. Il militait ainsi que les enquêtes puissent non seulement concerner les responsables étrangers mais également locaux tant libanais que ceux des camps palestiniens.

Sous son impulsion, Solide, avec d’autres associations et organisations, avait réussi, en dépit du voile concernant les disparus, à établir un certain nombre de contacts à l’étranger et notamment avec des institutions internationales dont les Nations Unis ou le CICR pour contourner le silence des institutions étatiques libanaises.

En 2012, une loi dont il était l’un des principaux instigateurs avait été adoptée par le gouvernement et le parlement libanais après plus de 30 ans d’attentes suite notamment aux pressions de la communauté internationales et en premier lieu de l’Union Européenne qui finançait le programme. Cette loi accordait ainsi aux familles le droit à connaitre la vérité sur la disparition de leurs proches. Un institut consacré aux recherches des disparus ainsi que d’une commission nationale devaient être ainsi créés, non pas pour que des vendettas puissent avoir lieu comme certains le craignaient mais pour permettre aux proches de faire leurs deuils.

Espérons qu’en dépit de sa disparition aujourd’hui, ce combat puisse se poursuive, que la vérité puisse un jour éclater aux yeux de tous et surtout que les familles puissent pouvoir enfin trouver la Paix.

Photo: Ghazi Aad et les mères des disparus, le 12 avril 2011. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés. 

Juillet 2016, 10 ans après, une perspective réaliste

10 années ont passé… 10 années après un conflit que personne n’attendait. On était encore dans l’euphorie de l’année 2005, rempli de l’espoir que le Liban, enfin progresserait vers un Monde Meilleur, vers un Etat de Droit, un Etat tout simplement.

10 ans ont été gâchés en fin de compte. On pouvait s’attendre à ce que le dialogue politique devient l’arène de l’insulte, que les camps opposés s’invectivent. Cela participe en fin de compte au concept démocratique de pays tels que le nôtre.

Les erreurs ont été depuis nombreuses et on ne fait qu’en réaliser aujourd’hui la portée, et ce malgré les nombreux coups de semonces des années précédentes. À la fracture politicienne en 2 camps, 14 et 8 Mars, aujourd’hui, répond le dialogue et l’ouverture, avec d’un côté ce dialogue entre Al Moustakbal et le Hezbollah et de l’autre celui de la main tendue entre le CPL et les Forces Libanaises et cela en dépit des différences politiques voir, fort malheureusement dans un système tel que le nôtre communautaire.

Il n’en a évidemment pas toujours été ainsi. L’écho des armes nous ont fait, à plusieurs reprises, plonger au bord de l’abîme de la guerre fratricide, mais à chaque fois, le libanais à une habitude et fini par relever la tête hors de l’eau. On se souviendra de la guerre de juillet et août 2006, marquée en dépit de tout, par une solidarité inter-libanaise en dépit des différences politiques habituelles. On se souviendra également des évènements du fameux 7 mai, marqué par l’ouverture du dialogue entre les partis politiques et aboutissant aux fameux accords de Doha, sous la tutelle du Qatar. On se souviendra de Nahr Bared et de l’héroïsme de l’Armée Libanaise, confrontée avec peu de moyens, déjà aux barbares d’une organisation fondamentaliste qui ressemble étrangement à ce qu’on appelle aujourd’hui communément Daesh. On se souviendra des soubresauts sécuritaires entre Tripoli et notamment Jabal Moshen et Bab Tabbaneh et où aujourd’hui règnent entre les 2 quartiers une paisible coexistence. S’il n’y avait pas eu des morts, on finirait par dire qu’à quelque chose, malheur est bon … du moins au final.

10 ans, depuis le conflit de 2006 ont passé. 10 ans d’une leçon qu’on pourrait qualifier de formidables puisqu’on a finalement appris qu’on se doit, en dépit de tout, vivre ensemble, au-delà de la politique qui nous désuni. Il est cependant dommage qu’on ne puisse comprendre ces leçons qu’à travers le conflit et non le dialogue préalable au conflit.

Mais au-delà de l’aspect d’une leçon de réalisme politique, le système, lui, reste grippé. Les accords de Doha ont permis l’élection en 2007 d’un nouveau Président de la République. Aujourd’hui, le désaccord entre les grands parrains, à savoir l’Arabie Saoudite et l’Iran, bloque à nouveau l’élection d’un nouveau locataire du Palais de Baabda. Plus encore, notre système politique semble donc ne pas être représentatif de la volonté populaire mais dépendante du bon-vouloir de puissances étrangères qui règlent sur notre sol, leurs différents. Plus encore comme du temps des moments où le conflit israélo-arabe était exacerbé, le Liban est l’arène d’un combat qui n’est pas le sien. Face hier au face à face entre idéologies sionistes et nationalistes arabes, aujourd’hui, le conflit religieux entre sunnites et chiites menace notre région et plus particulièrement les pays comme le notre ou ses 2 communautés hier coexistaient et aujourd’hui se trouvent être dans 2 camps opposés, l’un iranien et l’autre saoudien et notamment au travers, pour changer de leurs implications réciproques sur le théâtre syrien.

Le pouvoir lui, reste silencieux, miné par ses propres faiblesses. La faute revient au défaut de réforme de ce système politique au profit d’une libanisation de nos représentants. L’impossibilité d’un processus de réforme pour former un pouvoir exécutif politiquement cohérent et non d’une pseudo-entente nationale où l’autre organe de pouvoir, le Parlement se trouve être démuni de son rôle primordial de débat entre majorité et opposition constitue un problème majeur. L’émergence de mouvements dits de la société civile n’est pas une cause de désordre comme certains laissent le faire croire depuis les manifestations de l’été 2015 mais un symptôme qui démontre que ce mal, désormais provoque un malaise généralisé.

La réponse politique n’a été qu’une nouvelle fois décevante, refusant de voir que le problème dépasse le plan stricte de la problématique des ordures, du manque d’électricité ou du manque de sécurité. La sphère politique refuse de se remettre elle-même en cause et au-delà d’elle, celle des grands parrains étrangers. Corruption, défaut de gérance des affaires publiques, conflit d’intérêts multiples, scandales Sukleen ou Ogero pour ne nommer qu’eux. Ils ne nous ont rien épargné en 10 ans et cela au mépris de nos portefeuilles et même de notre santé aujourd’hui.

La population n’en a pas marre de la politique mais elle exprime un certain raz-le-bol de la manière avec laquelle le débat politique se trouve être monopolisé au détriment de la majorité devenue depuis ces différents incidents, silencieuse. Mais peut-être que pour résoudre ce dilemme, fort malheureusement, 10 années supplémentaires seraient nécessaires, le temps qu’une nouvelle génération prenne sa place.

De la naissance du Liban à travers les accords de Sykes Picot

Il y a 100 ans exactement, la France et la Grande Bretagne signaient les accords de Sykes Picot, qu’on entend largement aujourd’hui être critiqués à tord ou à raison. Mais l’essentiel est que ces accords ont permis à l’état du Grand Liban de naitre, sinon on n’aurait été qu’une province d’un Royaume Arabe.

De nombreuses infractions ont eu lieu à l’encontre du Liban dans le cadre de ses accords. Les frontières libanaises avec la Palestine telles que dessinées en 1916 nous donnait accès au Lac de Tibériade jusqu’à la ville de Haifa. En 1922, les frontières libanaises avec la Palestine remonteront vers le haut via l’accord Poncet Newcombe. En 1932 enfin, la plaine de Houla sera accordée aux britanniques sans l’accord des autorités libanaises de l’époque.

Les gens parlent, critiquent, causent, souvent sans en connaitre l’essentiel qui est l’aspect historique de la chose et les conséquences actuelles de conflit ont des causes évidemment plus profondes que ce qu’on peut lire ici ou là.

On peut multiplier l’analyse des conséquences des accords de Sykes Picot mais concernant le Liban, l’erreur a été probablement commise après souvent par les libanais eux-même. On peut citer le manque d’homogénéité de la population en terme communautaire, la mise en place d’un système communautaire parce que le système séculier pourtant proposé par les autorités du mandat était refusé sous le prétexte fallacieux d’un refus de l’athéisme comme si l’athéisme a grand chose à voir avec la notion d’état. Il fallait au contraire ne pas mélanger la religion avec l’état.

On peut citer le fait que peut être comme le soulignaient les experts français de l’époque, un petit Liban plus homogène en terme de population, d’origine etc… aurait été préférable à un Grand Liban, mettant déjà en garde contre un conflit civil comme ceux qu’on aura en 1958 ou à partir de 1975 à 1990. On a encore à nouveau entendu ce genre d’arguments durant la guerre civile d’ailleurs de 1975 avec de nombreuses versions de ce « petit Liban » allant parfois de Naqoura à Amchit, de Beyrouth à Halate etc… Il ne convient pas ici de les détailler.

Il nous faut faire une lecture critique de notre Histoire contemporaine, sans empreinte d’un quelconque intérêt, faire violence à nos opinions personnelles et voir que peut-être effectivement, les libanais portent une grande responsabilité dans les évènements qui ont suivi.
Il est également temps de faire son autocritique et de cesser d’encenser ceux qui nous ont conduit ici, à savoir les autorités religieuses dont le patriarche d’alors, le Mufti etc… et les hommes politiques, ces Zaims dont on a toujours les héritiers aujourd’hui qui pensent nous dirigé par le bout du nez. Il ont fait passer leur intérêts déjà à l’époque avant celui de l’intérêt général et d’une vision d’avenir assurée à toutes et à tous au lieu de leur propre vision personnelle. 

L’ancien Ambassadeur de France au Liban, Denis Pietton s’est éteint

L'ancien Ambassadeur de France au Liban de 2009 à 2012, Denis Pietton, lors d'une conférence donnée le 20 mai 2012. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

L’ancien Ambassadeur de France au Liban de 2009 à 2012, Denis Pietton, lors d’une conférence donnée le 20 mai 2012. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

L’ancien Ambassadeur de France au Liban, Denis Pietton, s’est éteint hier des suites d’une longue maladie. Représentant de la France au Liban de 2009 à 2012, fortement apprécié des libanais pour sa franchise, il a partagé ses peines, avec le décès de son épouse Marla, américaine d’origine cubaine, lors du crash du vol 409 d’Ethiopian Airways à son départ de Beyrouth, le 25 janvier 2010 et ses joies, notamment avec son mariage avec notre compatriote Najwa Bassil.

L’émotion est grande face à cette perte pour les Libanais. Plus qu’un représentant de la France au Liban, Denis Pietton était devenu un ami du Pays des Cèdres, comme en témoignent les nombreux commentaires déposés en hommage sur sa page personnelle du réseau social Facebook. Un lien particulier, exceptionnel et rare, s’était créé avec lui, une personnalité d’une générosité sans pareille.

Né le 11 juin 1956 et diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Paris et de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Denis Pietton s’était fait connaitre dans la région en devenant le directeur-adjoint du cabinet du ministre des Affaires étrangères de 1997 à 1999 avant d’être nommé Consul Général à Jérusalem, en Israël, en 1999 peu de temps avant le début de la seconde Intifada. Il était alors chargé de la représentation auprès des Palestiniens. Sa grande franchise et ses prises de positions lui ont valu une grande amitié au Moyen-Orient quitte à bousculer les positions traditionnelles de la France dans cette région.

Après sa mission au Liban, il fut le directeur de cabinet du nouveau ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en mai 2012 avant de devenir en juillet 2013 Ambassadeur de France au Brésil, puis de prendre la tête de l’Institut Français depuis juillet 2015 à l’issue de son élection par le conseil d’administration de cette institution phare de la culture Française dans le Monde.

François el Bacha

Orages dans le Levant

Le temps s’assombri au dessus du Moyen Orient, et il ne s’agit pas des premières pluies levantines auxquelles je fais allusion mais du bras de fer entre Palestiniens et Israéliens pour la reconnaissance d’un état Palestinien devant le Conseil de Sécurité de l’ONU. A l’heure ou j’écris ses quelques lignes, il ne fait aucun doute que cette tentative sera vouée à l’échec en raison de l’utilisation du véto américain et cela aura – sans nul doute – des conséquences fâcheuses pour l’ensemble de la région. Lire la suite

Rien ne va plus entre Raï et Sarkozy

Vous vous souvenez de la polémique suite aux propos du Patriarche Maronite Béchara Rahi au Président de la République Française Nicolas Sarkozy, faisant état d’une certaine inquiétude suite à une possible arrivée au pouvoir des Frères
Musulmans en cas de chute du régime actuel syrien?

« si le régime politique change en Syrie, et les sunnites domineront le pouvoir alors ils seront en alliance avec les sunnites au Liban, ce qui conduira à l’aggravation de la crise entre les sunnites et les chiites ».

Cette polémique avait provoqué un tollé des milieux de l’ancienne majorité et notamment du Courant du Futur accusant le prélat maronite d’inciter à la haine sectaire. Ses propos avaient provoqué également l’ire de pays occidentaux dont la France voir même de l’administration américaine qui souhaite reporter le voyage de Béchara Boutros Rahi aux USA en guise de punition. Aujourd’hui même, alors que l’ambassadeur de France Denis Pietton avait exprimé le regret que le patriarche maronite ait exprimé ses mots et indiqué vouloir se rendre à Bkerké pour obtenir une explication, Béchara Boutros Rahi a fait part de son exigence de voir le diplomate s’excuser publiquement, il doit y avoir la un nouveau développement dont on n’a toujours pas connaissance.

Cependant, certaines sources bien informées indiquent que les paroles du patriarche maronite interviennent dans un certain contexte que peu de sources ont relayées, ce dernier ayant demandé au Président Français d’intervenir contre une possible implantation des réfugiés palestiniens au Liban, alors que l’autorité palestinienne demandera prochainement la reconnaissance de leur état auprès de l’ONU. Nicolas Sarkozy aurait alors demandé au prélat maronite de faciliter l’implantation palestinienne au Liban, poursuivant que la France protège actuellement non pas des populations ou des communautés mais des personnes -sous-entendant Saad Hariri peut-être ou ses alliés?.

Cette situation explique l’argumentation développée par les autorités maronites faisant état de propos sortis de leur contexte et nous éclaire d’un jour nouveau par rapport aux enjeux actuels en cours dans la région. Il s’agit, ni plus ni moins, que d’une mise à jour du plan Kissinger, faisant craindre même à certaines personnes, un possible conflit local ou même régional d’ici la fin de l’année.

Menaces?

Un mail que j’ai reçu hier, alors que le ton monte entre pays qui soutiennent la reconnaissance d’un état palestinien à l’Onu, le 22 septembre prochain et notamment l’Espagne et le ministre des AF israéliens Lieberman. On dirait qu’on s’achemine vers un nouveau conflit dans la région.
Chacun semble fourbir ses armes, certains comme le démontre ce mail, semblent vouloir refaire l’Histoire – à leur avantage – Judée et Samarie n’étant pas vraiment occupés par les palestiniens mais par les israéliens puisque « Tsahal » s’y trouve déployée.

S’agit-il d’un appel à une mobilisation « militaire »? Pourrait-il y avoir un conflit? Est-ce un hoax?

Ouvrons ce débat donc, vous êtes libre de le commenter dans un esprit courtois

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Ce billet ayant été rédigé depuis un téléphone portable, je vous serais gré de me pardonner des quelques fautes d’orthographe.

Liban, une histoire d’eau, de pétrole et de gaz

Se rendant dans l’ancienne citée phénicienne de Tyr au début des années 70, mes proches ont lié conversation avec un habitant sur les richesses libanaises. Ce dernier avait alors déclaré qu’heureusement que les autorités libanaises n’ont pas « découvert » de pétrole, alors même que le Liban était entouré par celles au large de Haifa en Israël et de Lattaquié en Syrie, empêchant ainsi nos 2 voisins d’envahir le Pays des Cèdres. L’Histoire a démontré le contraire, la guerre civile de 1975 à 1990 en est le cruel exemple.

Au cours des années 90, à l’occasion d’une réception, le sujet a encore été abordé avec, cette fois-ci, un haut fonctionnaire libanais à la retraite, qui fut en charge de différents dossiers d’ordre économique. Il nous confirmait ainsi la découverte de pétrole sur le territoire libanais et notamment dans la Békaa et au Sud Liban, découverte rapidement cachée au public pour les raisons géostratégiques sus-mentionnées. Le Liban pouvait ainsi posséder jusqu’à 600 millions de barils de pétrole. Les plans des découvertes libanaises des années 60 ont disparu durant la guerre civile, vraisembablement emportées par les belligérants, il serait intéressant de savoir de quels belligérants il s’agit, est-ce que ces documents ont disparu comme tant d’autres durant l’invasion israélienne de 1982, avant cette invasion ou après. Aigri par les erreurs faites selon lui dans ses années, il aurait aimé que le Liban exploite ces ressources, afin de réduire les différentes fractures sociales, afin de renforcer les institutions de l’état et notamment l’institution militaire et peut-être, aurait-on à ce moment là, évité la guerre civile, selon lui. Lire la suite

Révolutions Arabes, ce qu’il faut en penser.

« La guerre ne se gagne pas sans l’Égypte, la Paix ne se fait pas sans la Syrie », c’est par cet adage que l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger résumait la situation au Moyen Orient, et par lequel, il faut comprendre l’embarras des Pays Occidentaux face à la réalité actuelle en Syrie, en proie, comme nous le savons tous, à des troubles internes faisant suite au soulèvement de certains pays arabes. Il faut donc recadrer et comprendre les motifs et les différences entre la Syrie d’une part, et ces mêmes pays arabes, à savoir la Tunisie, l’Égypte, la Libye et Bahreïn, pour ne pas évoquer le cas du Yémen également.

Le soulèvement tunisien a été précurseur dans la démonstration que des foules peuvent se rebeller avec succès face à un dictateur, à savoir Ben Ali. La Révolution du Jasmin a été un succès en raison surtout de son inefficacité à être corrélée à d’autres impératifs régionaux. Il s’agit en effet d’un pays du Magreb et non du Machreq ou du Golfe Persique qui sont des régions autrement plus « stratégiques », en raison d’une part de la proximité des Pays Arabes entourant Israël (cas de l’Égypte ou de la Syrie) et d’autre part, en raison de la proximité avec les approvisionnements pétroliers (Bahreïn ou Yémen) dont dépendent les pays occidentaux. Lire la suite