De l’adoption du Budget de l’Etat à la Privatisation de l’EDL

On évoque beaucoup des projets de privatisation y compris de l’EDL. Un certain parti politique met même ce facteur comme condition préalable à son vote en faveur du budget de l’Etat. Il convient cependant de savoir que les projets de privatisations précédents achoppaient et étaient même contraire aux intérêts des consommateurs:
En effet, ces projets visaient à faire une privatisation par région de la distribution de courant électrique par des companies uniques et non d’une privatisation « étalée », c’est à dire production et distribution. En d’autres termes, le consommateurs aurait été dans l’obligation d’entretenir une mafia organisée et non désorganisée comme c’est le cas pour celle des générateurs et probablement profitable pour certains intérêts proches de certains partis politiques et d’autre par, le coût principal de l’EDL, à savoir tout simplement l’achat de fuel pour alimenter la production pour un montant de 2 milliards de dollars annuellement, était toujours à la charge de l’Etat.
Les projets de privatisation tels que planifiés jusqu’à présent étaient donc nocifs à l’intérêt public, qu’on se le tienne pour dire.

Constat Sévère du FMI vis à vis du Liban, un plaidoyer en faveur de réformes structurelles rapides.

Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

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Dans un communiqué concluant sa mission qui s’est déroulée au Liban entre le 29 avril et le 12 mai, le Fond Monétaire International (FMI) a estimé que l’inertie politique et la présence continue de réfugiés sur son sol ainsi que les nouveaux défis menacent la résilience économique libanaise. Selon l’organisation internationale, les autorités locales doivent aller delà de l’attente de la baisse des coûts des matières premières et entreprendre une véritable politique économique et une baisse de la dette publique via des réformes structurelles notamment dans le secteur de production d’électrique permettant à moyen et à long terme la création d’emplois.

Un constat alarmiste

Selon le FMI, en dépit d’une stabilisation du nombre de réfugiés syriens au Liban qui représente désormais 25% de la population totale du Pays des Cèdres, l’impact de ces derniers continue à peser lourd sur les finances publiques, notamment avec un impact négatif sur l’emplois et la hausse de pauvreté. Le FMI recommence le recours à une aide internationale, constatant que la communauté internationale n’a jusqu’à présent pas respecté ses promesses.

Le FMI constate également l’absence de perspective de croissance économique qui n’a atteint que 2% en 2014. Les projections de croissance font état de perspective similaire pour 2015, et cela en dépit de la baisse du prix du pétrole. L’institution internationale estime que la situation aurait été dégradée en l’absence de cette baisse, les secteurs clés de l’économie libanaise, comme le secteur touristique et de l’immobilier étant fortement en recul pour 2015.

Constat également négatif au niveau des rentrées financières au Liban, avec le recul des dépôts effectués par la diaspora libanaise en 2014 et 2015. Le FMI appelle donc à la mise en place d’une politique économique permettant la restauration de la confiance des investisseurs et cela avec le soutien de la communauté internationale.

Des recommandations pour relancer la croissance économique

La stratégie proposée par le FMI consiste déjà à surmonter la paralysie politique actuelle, afin de préserver le modèle économique, la stabilité macroéconomique et la cohésion sociale. Cette stratégie repose également par la mise en place immédiate d’ajustements fiscaux afin de favoriser le retour de la croissance et l’appel à la communauté internationale pour financer les besoins des réfugiés syriens présents en territoire libanais.
Selon le rapport, le report de la mise en place d »un ajustement fiscal serait risqué en raison de la baisse des dépôts de la diaspora, couteux en raison de la hausse attendue des taux d’intérêts et injuste en raison d’un certain favoritisme pour les détenteurs de la dette publique.
Le FMI appelle donc à une augmentation progressive des taxes afin de mieux partager le cout de la dette. Ainsi, de nouvelles taxes devraient être crées notamment sur les transactions immobilières ou les gains des sociétés. L’organisation appelle également à l’annulation de l’exemption de la TVA sur le diesel et une augmentation générale de 1% de la TVA
Concernant une hausse des salaires des fonctionnaires, le FMI appelle à une rémunération basée sur la productivité.
Constatant l’absence de tout budget public depuis 10 ans, le Fond Monétaire International appelle à l’approbation du budget 2015 comme signe fort de volonté politique et transparence avant de saluer le rôle de la Banque du Liban et d’appeler à la normalisation de son action au niveau économique entre les banques et l’état et l’arrêt des opérations « quasi-fiscales » en faveur de l’état.

Plaidoyer pour des réformes

L’objectif de ces réformes est de favoriser la croissance économique permettant de stabiliser la situation sociale à long terme. Avec ses réformes structurelles, l’état devrait également appliquer une politique favorisant la production électrique. Constatant les lourdes pertes de l’Electricité du Liban et son impact négatif tant sur les finances publiques que sur la distribution au public, le FMI appelle à une augmentation des capacités de production, au recours au gaz naturel, à l’amélioration de la distribution et à l’augmentation des tarifs sans attendre.

Cette croissance économique devrait également permettre le retour d’une main d’oeuvre qualifiée au Liban qui part actuellement à l’étranger à la recherche d’opportunités économique. Ainsi, le Pays des Cèdres devrait permettre le développement de nouveaux secteurs économique à haut rendement ainsi qu’une compétitivité accrue du secteur publique.

Enfin, de meilleures études statistique devraient également être mises en place afin de facilité la prise de décisions économiques, de mettre en place une meilleure transparence financière et de mesurer l’impact des politiques mises en place. Le FMI dénonce le retard dans la publication des statistiques publiques et le manque de coopération et de coordination entre les différentes institutions publiques.

François el Bacha

 

Pollution en baisse de 80% à Zouk selon le Ministère de l’Energie

Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

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Le ministère de l’Energie et des Ressources Hydrauliques a indiqué, au cours d’une conférence de presse, que la pollution engendrée par la centrale électrique de Zouk Mosbeh est en baisse de 80% depuis l’installation d’un système de filtrage en 2012.

S’exprimant en compagnie du directeur général de l’EDL Kamel Hayek, le ministre de l’Energie, Arthur Nazarian, a tenu à rassurer les habitants de la région du Kesrouan suite à de nombreuses plaintes, ces derniers demandant notamment la fermeture de cette centrale électrique ou son transfert dans une autre région. Les autorités libanais ont également indiqué vouloir mettre en oeuvre un plan de réduction des pollutions engendrées par les autres unités de production au travers le territoire libanais. Ainsi, la centrale de Zouk et de Jiyeh pourraient être dotées de nouvelles unités de production mixtes pouvant fonctionner au gaz naturel, et de rappeler que la centrale de Zouk se situe dans une zone industrielle en 1956 et a déjà été réhabilitée en 1983.

Le directeur général de l’EDL, Kamel Hayek s’est interrogé sur l’extension des zones résidentielles au sein de cette zone industrielle avant d’indiquer que ses services surveillent deux fois par semaine les taux de pollution. Il a conclu en s’interrogeant sur le timing de cette campagne contre l’établissement public.

Liban: Miracle, de l’Electricité 24h sur 24 mais à Zahlé uniquement

La ville de Zahlé, Crédit Photo: WikipediaMiracle à Zahlé et dans les villages environnants, dans la plaine de la Békaa, 50 000 foyers libanais jouissent désormais de l’électricité publique 24h sur 24, suite à la prise en charge par une entreprise locale, l’Electricité de Zahlé (EDZ) de la fourniture du précieux courant.

Cette particularité s’explique par le fait que l’EDZ, fondée dans les années 1920 et qui dispose déjà des moyens de distribution de l’électricité publique depuis 1964, a mis en place des moyens de compenser les coupures électriques imposées par l’EDL par ses propres moyens de production qu’elle avait du mettre en veille en 1970. A l’époque, il fut décidé d’obliger les concessions tels que l’EDZ à distribuer de l’EDL en raison des surplus de production. Depuis l’EDZ a décidé de réhabiliter ses moyens de production dont une centrale hydroélectrique située sur le cours de la rivière de Berdawni et d’une autre centrale, les 2 infrastructures ayant été endommagées durant la guerre civile libanaise. L’entreprise compte également installer des moyens de production provisoires toujours pour compenser le déficit dû par le rationnement de l’EDL.

Ainsi, dès que le courant public de l’EDL est coupé, quasi immédiatement, il est rétabli par les moyens de l’EDZ,, alors que les consommateurs ne payent également que la consommation réelle et non un tarif unique imposé comme cela est généralement le cas avec les générateurs privés.

L’une des particularités de l’EDZ est de collecter jusqu’à 99% des factures dans la région dans laquelle elle opère contre seulement 60% sur un plan national pour l’EDL. Son réseau de distribution est également doté de dernières technologies, comme un détecteur de coupure électrique, lui permettant de gérer quasi instantanément les pannes et aux tentatives de vols d’électricité auxquelles elle pourrait être confrontée. Cette gérance et la quasi absence de coupure électrique permet non seulement à ses consommateurs d’économiser le cout imposé par les opérateurs de production et de distribution d’électricité privés mais aussi de permettre aux industries de se développer dans la région à bas cout.

Liban: Diminution des déficits publics à 21,83% pour les 9 premiers mois de 2014

Le siège de l'EDL, crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Le siège de l’EDL, crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Le ministère des finances a indiqué que les déficits publics ont été réduits de 31,89% à 21,93% pour les 9 premiers mois de l’année 2014 par rapport à la période comparable de 2013, selon les dernières statistiques publiées, en raison d’une augmentation des revenus publics.

Bémol à cette amélioration, les dépenses publiques ont poursuivi leur hausse, s’établissant désormais à 10520 billiards de Livres Libanaises, soit 7,79% de hausse par rapport à la période comparable de 2013. Les revenus de l’état n’ont augmenté que de 5,65% durant la même période. L’amélioration du déficit est surtout lié à une diminution du cout de la dette publique accompagnée à une diminution également des subventions liées à l’EDL.

Le ministre des finances, Ali Hassan Khalil a d’ailleurs estimé s’attendre à une poursuite de cette baisse en raison de la diminution des prix du pétrole, l’un des principaux postes de dépense des finances publiques étant liée aux subventions à la production d’électricité de l’EDL.

Alf Mabrouk (2ème partie)

La centrale électrique Camille Chamoun, datant des années 1950 et devant normalement bientôt être démantelée ... sauf que le Liban manque délectricité.

La centrale électrique Camille Chamoun, datant des années 1950 et devant normalement bientôt être démantelée ... sauf que le Liban manque d'électricité.

Le cas de l’EDL (Electricité du Liban) est symbolique de la gabegie du secteur public libanais.

Profitable et principale source de revenue de l’Etat libanais jusqu’à la moitié des années 80, cette institution publique est en pleine déliquescence en raison de l’incapacité des différents gouvernements qui se sont succédés depuis les années 90 à la gérer correctement avec tout d’abord la corruption institutionnalisée et l’interaction d’hommes politiques verreux voulant placer leurs hommes. Lire la suite