6000 combattants de Daesh et d’Al Nosra originaires du Liban

Plus de 6000 combattants – dont des palestiniens – originaires du Liban auraient rejoint le groupe terroriste de Daesh et de Jabhat al cham (ex al Nosra), révèle un rapport du quotidien libanais arabophone Al Akbhar dans son édition en date de ce vendredi. 1 300 d’entre eux auraient été tués au cours de la guerre civile syrienne et irakienne.

Selon le quotidien, nombreux d’entre eux, âgés dans la trentaine, seraient partis sur les théâtres d’opération par l’Aéroport International de Beyrouth via la Turquie avec comme destination finale, Raqqa, la capitale du groupe Daesh. D’autres via des passages illégaux entre le Liban et la Syrie.

Un certain nombre des palestiniens qui se sont impliqués dans le conflit syrien seraient originaires d’Ein Helwe déjà connu pour héberger un certain nombre d’organisations islamiques radicales opposantes au Président Syrien Bachar el Assad. Ce camps serait d’ailleurs un point de transit important pour les combattants anti-régimes, selon le journal.

Pour rappel, la guerre civile syrienne ou révolution syrienne est un conflit armé en cours depuis 2011en Syrie.  De mars 2011 à septembre 2016, le conflit a fait autour de 400 000 à 500 000 morts d’après les estimations de diverses ONG. Parmi les belligérants, on trouve divers mouvements salafistes et wahabites parmi les rebelles.

Ainsi, l’Armée syrienne libre est le premier mouvement à mener la rébellion, mais il est supplanté en 2013 par des brigades islamistes sunnites, telles que Ahrar al-Cham ou Jaysh al-Islam. Les mouvements rebelles sont soutenus par les pays du Golfe et l’Occident, et particulièrement par l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et les États-Unis. Daesh est lui né de la scission entre Al Nosra et ceux qui se nommeront Etat Islamique. Ce dernier entre en guerre contre tous les autres belligérants et devient la cible d’une campagne de frappes aériennes effectuées par une coalition arabo-occidentale menée par les États-Unis.

Le régime syrien bénéficie quant à lui des renforts du Hezbollah Libanais et de brigades islamistes chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien militaire de l’Iran et de la Russie.

Par ailleurs, le Liban a accueilli sur son sol plus de 1.5 millions de réfugiés syriens dont un certain nombre d’entre eux serait impliqué dans des opérations terroristes. La localité libanaise d’Arsal, dans la Békaa Est a été notamment brièvement prise par les groupes terroristes Al Nosra et Daesh avant qu’ils ne se retirent dans le maquis, emmenant avec un un certain nombre de militaires libanais et de membre des forces de sécurité. Alors que ceux aux mains d’Al Nosra ont été libérés, on est toujours sans nouvelle des 9 militaires aux mains de l’organisation Daesh.

Un hommage à l’Armée Libanaise

Ce Mercredi, nous portons hommage aux unités de l’Armée Libanaise et à celles de la Défense Civile qui, chaque jour, sauvent des vies au Pays des Cèdres, en dépit de la pauvreté des moyens qui leur sont mis à disposition et des risques posés à la leur.

Incendies, attentats, accidents de la route, accidents de la vie, souvent et même presque à chaque fois, ils sont là, présents pour porter secours à nous autres, civils, et cela pour des salaires de misère …

Combattant généralement ces incendies de forêts de nature volontaire ou involontaire qui dévastent le Pays, les pilotes de ces hélicoptères de l’Armée Libanaise démontrent leur courage de braver les vents contraires et les flammes.

Ces Hommes, ici combattent l’incendie qui s’éteint de Bkerké, siège patriarcale à la vallée d’Ain el-Rihaneh  difficile d’accès aux équipements usuels de la Défense Civile, localité des hauteurs du Kesrouan, au Nord de la Capitale, Beyrouth. Cette vallée est connue pour héberger un des derniers sentiers intéressants de la région propice à la redécouverte de la nature. Il s’agit donc un endroit exceptionnel malheureusement ravagé aujourd’hui suite à un incendie qu’on dit provoqué par l’action de l’Homme.

Il faut noter qu’en ce mois de novembre, il fait encore sec, augmentant ainsi les risques que ces forêts de pins parasols ou autres pins d’Alep s’enflamment. Le comportement dangereux de certains est donc à mettre en cause. Devenons responsables.

François Hollande au Liban, 3 petits tours et puis s’en va

Le Président Français a passé 2 jours de visite d’Etat au Liban, à la rencontre des dirigeants libanais et de la communauté française installée au Liban.

Contrairement à ses prédécesseurs, il n’est pas allé à la rencontre de la population libanaise, cela pour des raisons évidentes de sécurité mais les libanais en auraient eu des choses à dire à propos de l’état de leur pays et de leurs hommes politiques plus polichinelles qu’autre chose.

Le système libanais que le chef de l’Etat Français salue, pour son fonctionnement communautaire, les libanais en souffrent également, puisque ce système a transformé une démocratie en dictature parlementaire et une mafia toute bonne à dilapider l’argent public pour ses propres intérêts.

La population libanaise souffre déjà de l’incompétence et de la corruption de la classe politique locale, celle-là même dont il est allé à la rencontre pour évoquer différents dossiers au lieu d’aller à la rencontre des gens. Il est allé discuter de la crise des migrants selon la vision française, « il faut les aider à ce que les réfugiés syriens restent au Liban ». Mais le Liban n’en peut plus.

La France en coopération avec l’Arabie Saoudite devait fournir l’Armée Libanaise en équipements capables de faire face aux menaces terroristes. L’institution militaire libanaise est confronté quasi-quotidiennement au harcèlement de groupes djihadistes aux frontières nord et nord-est et notamment à Aarsal. Le besoin à améliorer ses capacités opérationnelles est évident et le Liban ne peut assumer financièrement cette charge puisqu’en quasi-faillite financière. L’annulation de la donation saoudienne de 3 milliards de dollars est un véritable coup de poignard de Riyad alors qu’on craint à Beyrouth, qu’à l’exemple des groupes qui se sont développés au sein des camps palestiniens et qui nous ont entrainé dans la guerre civile, les réfugiés syriens actuels ne se transforment à l’avenir en véritable 5ème colonne nous entrainant dans un nouveau conflit. Il suffit de demander à chaque Libanais dans la rue.

Une aide réduite étalée sur les 3 prochaines années, de 100 millions d’Euro seulement. La France par ailleurs accueillera 2000 réfugiés sur 3 ans alors que le Liban en compte officiellement 1,1 millions à rajouter aux 400 000 Palestiniens présents depuis 1948 et officieusement beaucoup plus pour une population de 4 millions d’habitants. Les annonces faites par François Hollande n’ont pas été à la hauteur d’une solidarité réelle de la France envers le Liban et non pas constitué une surprise.

La situation sécuritaire est exécrable en dépit de l’immense talent des services de l’état à démanteler quotidiennement des réseaux terroristes et la liste pourrait être longue. Comme si cela ne suffisait pas, les infrastructures économiques sont également exsangues à commencer par les pressions exercées sur les services de l’état, l’électricité, le système de santé, le système éducateur qui sont dépassés. Certaines localités libanaises accueillent plus de réfugiés syriens qu’ils n’ont d’habitants libanais. Certaines écoles libanaises ont plus d’élèves syriens que de libanais. Une personne de confiance m’a affirmé qu’une institution internationale enregistrait 400 naissances d’enfants syriens par jour au Liban.

François Hollande salue la générosité des Libanais. Mais le Liban a déjà payé cher sa générosité par son histoire. La plus belle fille du Monde ne peut donner que ce qu’elle a. Le Liban aujourd’hui est totalement dépassé et son système politique admirable selon le Président Français ne peut gérer les crises qu’il a déjà affronté et qu’il ne tardera pas à affronter à l’avenir. Nous avons besoin de réformes politiques, nous avons besoin d’Hommes capables et non de marionnettes, nous avons besoin d’Hommes intègres et non des mafieux au pouvoir, nous avons besoin de soutiens économiques, militaires et financiers, choses qu’on nous a jamais accordé, nous avons besoin d’une communauté internationale compréhensive et non d’une communauté qui s’ingère dans nos affaires internes.

Et François Hollande qui ne semble pas avoir de réponses à ces demandes.

Arabie Saoudite/Liban: Arrêt des transferts financiers

Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

Selon le journal Al Joumhouria, l’Arabie Saoudite aurait décidé d’un nouveau train de mesures contre le Liban, avec l’arrêt des transferts financiers entre le Royaume et le Pays des Cèdres.

Cependant, le journal indique que ces transferts restent possibles en ce qui concerne les individus et les entreprises après que ces derniers aient fournis des documents démontrant l’approbation de « leurs parrains saoudiens ». Cependant, Al Joumhouria indique qu’en pratique, ces demandes se révèlent impossibles à mettre en oeuvre. Selon le quotidien arabophone, les banques libanaises auraient déjà informées leurs filiales de l’arrêt de ces transferts.

Cette mesure qui serait pour le moment officieuse fait suite aux différentes représailles de Riyad à l’encontre de Beyrouth, avec notamment l’annulation des 2 prêts pour un montant de 4 milliards de dollars d’aide à l’Armée Libanaise.

L’Arabie Saoudite et les Pays du Conseil du Golfe ont adopté une série de mesure contre le Liban, considérant que ce dernier est sous la tutelle du Hezbollah  suite au refus de Beyrouth de voter en faveur d’une motion de la Ligue Arabe considérant le mouvement chiite comme organisation terroriste.

En février, la banque Saoudienne NCB plus connue sous le nom de Banque Al Ahli avait déjà annoncé la fermeture de ses 2 agences au Liban.

Bien qu’aucune banque libanaise ne soit présente en Arabie Saoudite, nombreuses sont celles qui possèdent des banques correspondantes locales. Ces mesures, si elles sont toutefois confirmées, pourraient moins impactées le Liban que ce que disent les informations qui circulent, puisque selon un rapport publié par la Banque Mondiale en 2015, seuls 14,7% des rentrées financières du Pays des Cèdres proviendraient de la Péninsule Arabique (contre 64,5% selon certaines sources locales). Cet écart serait expliqué par des raisons politiques et non économiques.

Cependant, un impact plus important aurait lieu sur le marché de l’immobilier ou en 2011, jusqu’à 56% des biens vendus l’auraient été à des ressortissants saoudiens (avec 30% pour eux seuls) ou des Pays du Golfe.

 

Immobilier: Chute des prix alors que les ressortissants arabes désertent Beyrouth

Le Centre ville de Beyrouth vu du ciel. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Le Centre ville de Beyrouth vu du ciel. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Selon un article publié par le quotidien anglophone libanais The Daily Star citant des sources proches d’agents locaux, le marché de l’immobilier serait touché par un mouvement de retrait de la clientèle saoudiennes et des pays du Golfe, notamment au niveau du centre-ville de la capitale libanaise Beyrouth.

L’article indique que certains des ressortissants de ces pays tentent actuellement de se défaire de leurs biens locaux au risque de perdre de 30 % jusqu’à 40% de leur investissant initial. La même source note cependant que la majorité d’entre eux préfèrent toutefois attendre une embellie en attendant de pouvoir réinvestir leur capitaux dans d’autres pays dont la Turquie.

Cette information intervient alors que les tensions politiques entre le Liban et les pays de la péninsule arabique sont importantes suite à la décision de l’Arabie Saoudite d’annuler son aide à l’Armée Libanaise, prétextant une main mise du mouvement chiite Hezbollah sur l’institution militaire.

Cependant, le marché de l’immobilier libanais reste, depuis de nombreuses années, impacté par des risques de bulle immobilière en raison d’un nombre important d’unités invendues. Dès 2013, certaines études indiquaient que plus de 10 milliards de biens restaient sur le marché sans que des acheteurs aient manifesté un intérêt quelconque. En cause notamment, les prix trop importants des appartements alors que le pouvoir d’achat des acteurs locaux restait en deçà de la possibilité d’acheter ces biens.

Cela avait motivé la Banque Centrale du Liban à lancer en 2013 un programme massif de soutien au secteur de l’immobilier: 5 milliards de dollars dont 2 milliards destinés aux possibles acheteurs et 3 milliards aux professionnels du secteur. Une chute des prix de 10% à 20% avait cependant été constatée au niveau des prix en dépit de ce plan.

 

Liban: Signature du Contrat concernant la fourniture de blindés

Sherpa Light, crédit photo: Volvo Renault Truck Defense

Sherpa Light, crédit photo: Volvo Renault Truck Defense

Après une longue période de gestation en raison d’un réexamen approfondi effectué par les autorités saoudiennes, le contrat concernant la fourniture à l’armée libanaise de 200 véhicules blindés de type VAB Mark 3 et Sherpa a enfin été signé par Volvo Renault Trucks Défense et la société en charge de l’exécution du contrat, ODAS.

Les 2  signataires n’ont cependant pas précisé le nombre de véhicules qui seront livrés à l’institution militaire libanaise.

Le VAB Mark 3 est un engin blindé de 20 tonnes avec une protection améliorée STANAG niveau 4, offre en outre un haut niveau de survivabilité à son équipage en cas d’explosion d’une mine ou d’un missile antichar. Ces véhicules sont également équipés d’une tourelle de Nexter. 7 fantassins peuvent y être embarqués.

Pour l’heure, il n’y a pas de précision quant à la version du véhicule blindé Sherpa qui sera destinée au Liban.

Un contrat en retard d’execution

Pour rappel, les autorités saoudiennes avaient accordé une donation de 3 milliards de dollars en 2013 afin de renforcer l’Armée Libanaise face aux menaces notamment djihadistes auxquelles elle était opposée.

Après une première livraison de 48 missiles antichar Milan à l’armée libanaise en avril 2015, le programme Donas a pris du retard, les autorités saoudiennes ayant souhaité en rediscuter certains volets. Certaines sources évoquaient différents facteurs dont le fait que le Royaume Saoudien souhaitait influencer les résultats des élections présidentielles libanaises. D’autres sources faisaient part de luttes d’influences concernant les programmes d’achat d’armes entre membres proches de l’ancien souverain Abdallah et du nouveau Roi.

Une deuxième livraison devrait ainsi intervenir au printemps 2016. Elle devrait concerner des équipements de communication.

Sur les 3 milliards de dollars, 2,1 milliards sont consacrés à l’achat de matériel et 900 millions à l’entretien et prévoit la formation de centaines d’officiers et soldats libanais pendant sept ans. Parmi les autres équipements attendus, des canons de type Caesar, des hélicoptères Gazelle ainsi que des hélicoptères de transport ainsi que 3 patrouilleurs équipés du système Simbad-RC de MBDA.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, avait estimé que la fourniture de ses armes intervenait alors que «Le Liban est soumis à une pression sans précédent de Daech et du Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) et qui fait du contrôle des frontières un enjeu vital pour sa sécurité». Quelques mois auparavant, les 2 groupes terroristes avaient pris le contrôle de la ville libanaise d’Aarsal, située au Nord Est de la frontière avec la Syrie. Ils avaient alors kidnappés une 20ène de soldats et de membres des forces de sécurité libanaises. On est encore actuellement sans nouvelle de 9 d’entre eux qui seraient aux mains de Daech. Egalement à travers cette aide à l’armée libanaise, l’Arabie saoudite entend faire contrepoids à la milice armée du Hezbollah alors que les relations entre les 2 états sont très dégradées.

Pour une union sacrée face à Daech

charles-de-gaulle

On apprend ce matin que le Charles De Gaulle sera déployé au large du Liban et de la Syrie au lieu du Golfe Persique et cette nouvelle préfigure peut être un changement radical de la politique étrangère française concernant la Syrie et la mise en place une alliance globale contre le groupe terroriste Daech, comme le demandent nombreux en France, tant au niveau de la classe politique aussi bien de droite ou de gauche que parmi la population, cette grande coalition qu’appelait à former hier le Président Français François Hollande devant le Congrès exceptionnellement réuni à Versailles. La France a été frappée au coeur de sa capitale, Paris, la Russie a également été blessée dans sa chair et vient de confirmer aujourd’hui que l’avion du Sinaï a été victime d’un attentat à la bombe, la Syrie subit ces terroristes depuis de nombreuses années, l’Irak également.

Cela amène à plusieurs scénarios possibles dans l’optique des opérations de représailles contre Daech suite aux attentats ayant visés Paris ce vendredi 13 novembre et qui ont fait 129 morts, alors que du coté russe, Poutine annonce une intensification des frappes par les bombardiers basés à Latakieh contre cette même organisation.

  •  un possible passage par la Turquie des avions de combats, chose improbable, il s’agit du chemin le plus long, hors le déploiement en zone méditerranéenne intervient justement pour raccourcir les distances;
  • une possible confrontation avec les Russes déployés à Latakieh ou avec les Syriens. Ce scénario est aujourd’hui également improbable;
  • un possible retournement d’alliance et une coopération avec les russes et les syriens contre Daech comme le réclame de nombreux hommes politiques français de droite comme Francois Fillon et de gauche comme Mélanchon. Ce scénario semble être le plus probable à l’heure actuelle et la venue du vaisseau amiral de la Royale semble confirmer ce retournement d’alliance qui devient globale contre ce terrorisme. 

Le Liban connait le régime syrien et en a souffert, certes, mais il connait également ce que peuvent endurer les minorités dont il a toujours été le refuge dans la région. Il y a pire que le régime syrien, il s’agit du fondamentalisme religieux, déjà coupable des différents massacres qui ont jalonné l’Histoire du Moyen-Orient. On se souviendra des massacres de 1861, de la 1ère guerre mondiale ou le tiers de la population libanaise est morte, alors que les arméniens et les minorités religieuses chrétiennes disparaissaient dans les déserts syriens, etc… Oui pire que le régime syrien existe et les libanais le savent bien. Non le régime syrien n’a pas favorisé Daech, ce monstre appelé « Daech » trouve ses racines dans une perspective historique plus ancienne que le régime syrien dont l’affaiblissement mais également les guerres occidentales contre l’Irak ou l’échec de la paix entre Palestinien et Israélien ont favorisé l’essor comme un cancer.

Ces pseudo-spécialistes qui réfutent cette vision de la région ne sont donc pas sans savoir que de nombreuses erreurs ont été commises, aussi bien en Syrie qu’en Occident dans la manière de gérer le dossier du Moyen-Orient. Ils démontrent cette mauvaise foi et dévoilent les intérêts dont ils faisaient écho, celui de l’instabilité et de la guerre.

Il fallait favoriser une transition démocratique et non la guerre et cette transition ne pouvait être qu’à long terme en coopération avec le régime actuel pour ne pas recommencer cette même erreur commise en Irak, cette erreur qui a favorisé l’essor de Daech. Ce qui n’admettent pas cette perspective historique n’ont rien compris même quand ils s’intitulent en Europe ou ailleurs, spécialistes de la région. Ce n’est pas en étant de passage qu’on s’imprègne de la complexité du Moyen-Orient.

Toujours est-il que le Liban également endeuillé par l’attaque ce jeudi 12 novembre de sa banlieue Sud par cette même organisation terroriste devrait proposer la mise à disposition de ses bases militaires dont ses bases aériennes. Cette proposition, en cas de coopération avec les russes et les syriens ne devrait pas engendrée un veto de partis libanais, puisque le Hezbollah est également une cible des terroristes de Daech. La preuve en est d’autant plus forte que l’attentat de Bourj Barajneh a été un rare témoignage d’une quasi-unanimité de la population qui n’était  plus chiite, sunnite ou chrétienne mais libanaise, dénonçant à l’unisson l’acte terroriste. C’est cette union nationale qui nous a tant de fois fait défaut que nous nous devons de cultiver aujourd’hui pour bâtir une Nation.

Déjà avant les 2 attentats terroristes, on évoquait la mode à disposition de la base de Hamat située à proximité de Batroun et ou devait être basée une partie des équipements militaires de fabrication française destinés à l’Armée Libanaise. On pourrait aussi en profiter pour remettre à niveau avec l’aide française, les installations de Riyak et de Kleyat. Un autre avantage par rapport à cette coopération, les unités de l’armée française pourraient mener avec l’accord du gouvernement libanais des opérations pour libérer nos militaires enlevés par ces sauvages et leurs alliés et sécuriser nos frontières. Ils en ont les moyens et nous cette volonté.

C’est l’heure de l’union sacrée qui doit prévaloir contre ces barbares, ces Attila des temps modernes qui pratiquent la destruction de la civilisation et la politique de la terre brûlée et tous les moyens sont bons pour s’en débarrasser. Le reste, les polémiques inutiles à l’heure actuelle, peuvent attendre. 

François el Bacha

Beyrouth-Paris, un deuil partagé…

Scènes de guerre à Paris, l’Armée est dans la rue, elle patrouille, traque des terroristes. Paris ressemble désormais à Beyrouth, douleurs pour nous binationaux ou amoureux des deux pays, le dernier havre de notre sécurité se voit touché dans son cœur. Le Moyen-Orient se trouve pourtant à 3000 kilomètres de là mais aujourd’hui, il est si proche. Les mêmes scènes, les mêmes causes aboutissent aux mêmes effets, l’odeur de la poudre, le deuil. A un jour d’écart, Beyrouth Jeudi, Paris Vendredi, mes deux nations de sang sont en deuil. Interloqué et hébété à l’annonce de ces nouvelles.

En effet, étrange idée que de voir son refuge à son tour touché, personne en fin de compte n’est à l’abri du pire, le Monde est devenu global, hyper connecté, la terreur aussi… la solidarité également comme on peut le constater sur les réseaux sociaux, où s’affichent les images de divers monuments qui revêtent les couleurs françaises. Quand je vais en France, c’est pour me déconnecter du stress libanais, j’évite même de fréquenter la communauté libanaise parisienne mis à part quelques amis très proches que j’informe de ma venue. Aujourd’hui, ce refuge saigne. On est hébété de l’apprendre, on ne sait pas penser, on a l’impression d’être dans un anachronisme ou encore pas bien réveillé.

Ils visaient des gens innocents, qui ne sont en aucune manière liés aux conflits, aux idéologies. Ils visaient à instituer la terreur, à empêcher les gens de vivre. Ils visaient des passants, des clients de restaurants, des spectateurs d’un concert ou d’un match de football, ils visaient des gens qui vivent leurs vies. Ils visaient le partage, le bonheur d’être ensemble ou simplement de vivre, chose qu’on connait bien à Beyrouth

Une image saisissante est de voir, les spectateurs du match de foot, Français et Allemands, à qui on a, à peine, communiqué la nouvelle de l’attentat, entonner ensemble la Marseillaise.

Parce que c’est cela l’objectif au final de ces terroristes qui ont choisi de semer la mort et de se donner la mort. Nuire au bonheur quelqu’il soit. La signature de cet acte de kamikazes est connue, il s’agit de celle de l’Etat Islamique, plus communément appelée Daech, une organisation dénuée d’Humanité et qui se clame d’une religion, qui efface sur son passage, la vie normale et même l’identité culturelle comme le prouvent les destructions des monuments historiques à l’instar de ceux de Palmyre en Syrie.

Etrangement, on m’avait fait part, cette semaine, d’une hausse des mesures de sécurité, notamment au niveau des aéroports, comme si les autorités françaises n’excluaient pas des attaques. Funeste présage aujourd’hui confirmé. Il circulait même dans les médias des scénarios d’attaques possibles comme celui qu’on a connu alors que les autorités françaises minimisaient les actes terroristes en parlant de loup solitaires, de personnes déficientes mentalement, en dépit des témoignages nombreux qui contredisaient ces thèses. Il fallait taire la vérité qu’une organisation terroriste dont l’idéologie et basé sur une doctrine religieuse exportée par des « amis de la France », à savoir la doctrine Wahhabite et Salafiste sponsorisée par l’Arabie Saoudite et le Qatar entre autre, nos soit disants alliés qui soutiennent Daech en Syrie, hier directement mais aujourd’hui indirectement, soit coupable de ces crimes.

C’était presque inviter les terroristes en herbe justement à les commettre. Peut-être d’inviter également la population à la vigilance aurait pu amoindrir le bilan lourd de ces attaques avec plus de 140 morts et ces nombreuses victimes.

Plus de 500 djihadistes français en Syrie et combien d’autres encore ou de retour en France? On discutait du sexe des anges au niveau du ministère de la Justice pour savoir s’il fallait, oui ou non, les retenir en France, les interner à leur retour de Syrie et ainsi de suite. Il semblerait que l’intérêt supérieur de la Nation, celui de prévenir de tels actes, lui, n’a pas été retenu comme la priorité principale.

Les attentats de Beyrouth ont été marqués par une rare solidarité à quelques exceptions prêts, que cela soit au niveau de la classe politique d’habitude prompte à s’entredéchirer ou au niveau de la société civile. Il n’y avait plus de chiites, premières victimes, de sunnites, de chrétiens mais il y avait des libanais. Les victimes n’avaient plus de religion mais étaient reconnues comme victimes d’un acte ignoble, et d’ailleurs aucun libanais ne s’est associé à cet acte, puisque les kamikazes étaient syriens et palestiniens. Il s’agissait à la fois d’un signe encourageant mais également l’aveux que le reste, ce qui pourrait advenir pourrait être encore pire. Daech est aux portes du Liban, Daech est dans notre territoire, Daech gangrène certaines de nos zones, Daech retient des militaires libanais, notamment à Aarsal. Et la France refuse de nous donner les armes pourtant financées par l’Arabie Saoudite pour nous défendre.

Comment gérer ce stress qu’on connait bien au Liban. Certains ont choisi une forme de résistance, à continuer à vivre normalement, à ne pas avoir peur, d’autres ont choisi le déni, l’indifférence, enfin d’autres ont opté pour le repli ou l’exil. A plusieurs reprises, des proches ont été meurtris par la guerre jusqu’à dans leurs chairs, à plusieurs reprises, on a échappé de peu à des attaques. Passer à un jour près, à quelques heures près de l’explosion d’une bombe faisait parti du quotidien ici encore il y a peu.

Lors de mon dernier séjour en France, une personne proche m’avait invité à revenir m’y installer, prétextant que de toute façon tout allait mal au Liban, un non pays qu’il fallait à tout prix quitter. C’était également mal me connaitre, la bataille contre le terrorisme commence pour moi personnellement au Liban. Il ne s’agit plus de fuir, il s’agit de faire face à ce destin et à combattre ces menaces, chacun à sa manière, parfois par la normalité de la vie même.

La France était mon havre, ma zone de repli tactique avant de m’attaquer à nouveau au quotidien tel qu’on le connait au Liban. Il semblerait que cette zone de repli tactique soit désormais compromise. Plus rien ne peut être pareil… C’est un peu ce que cherchaient à commettre au final ces individus malades. Pour autant, faudrait-il que je change cette habitude?

Certainement que le fait de ne pas choisir de diffuser, en France, les images crues qu’on a l’habitude de voir sur les écrans libanais, ces images d’intestins, de têtes coupées, de reins, d’organes humains éparpillés sur les trottoirs après chaque attaque est bénéfique. Elle amoindrie le choc psychologique collectif pour des personnes qui n’y seraient pas habituées. Sommes-nous pour autant habitués à la terreur au Liban? Cette question n’a pas de réponse au final, cela fait 40 ans que cela dure ici, on nait avec, on vit avec, on meurt parfois avec. Et aujourd’hui cette question n’aura pas de réponse en France, parce que cette terreur est désormais mondiale.

François el Bacha

Le Liban aurait finalisé l’achat de 6 avions d’attaque au sol

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Le Liban aurait finalisé l’achat de 6 avions d’attaque au sol de type A-29 Tucano, en marge du Dubai Air Show, indique la compagnie brésilienne Embraer Defense System ce lundi.

Le contrat signé comprendrait également un soutien logistique et l’entraînement du personnel au sol et des pilotes de l’Armée Libanaise. Les avions destinés au Liban seraient équipés de pylônes pouvant emporter des munitions de précision ou non guidées dont des bombes à guidage laser SMKB de conception brésilienne ou des GBU-49 de fabrication américaine, ainsi que de divers dispositifs de contremesures électroniques. La livraison devrait intervenir avant le 31 juillet 2019. Ils rejoindraient alors les 3 derniers Hawker Hunters toujours en opération au sein de l’Armée Libanaise et entreraient en opération depuis la base de Hamat qui est actuellement en réfection.

Selon Embraer Defense System, l’avion de type A-29 Tucano est un avion à turbopropulseur conçu pour l’attaque légère, la lutte anti-guérilla et les missions de formation des pilotes, intégrant avionique et systèmes d’armes modernes et peut opérer depuis des terrains sommairement aménagés. Sa vitesse maximale atteindrait 593 km à l’heure pour un rayon d’action de 4820 km et un plafond de 10 670 mètres.

Cette vente sera financée par les autorités américaines suite à l’approbation en juin dernier d’un programme d’aide à l’Armée Libanaise pour un montant de 462 millions de dollars. Le montant de la transaction pour les 6 avions d’attaque n’a pas été pour l’heure précisé. Il pourrait cependant avoisiner les 12 millions de dollars par unité.

Cette aide intervient alors que les groupes terroristes de Daech ne sont plus qu’à 35 km des frontières libanaises et que l’institution militaire est confrontée à la présence de cellules terroristes notamment au niveau de la localité d’Arsal au Nord Est du Pays des Cèdres. Coopérant avec le groupe Al Nosra proche d’Al Qaida, ces derniers avaient brièvement pris le contrôle de la localité en Aout 2014 avant de se retirer suite à l’intervention de l’Armée Libanaise. Selon certaines informations, ces derniers planifiaient des attaques contre des localités chiites et chrétiennes de la Békaa afin d’élargir le conflit syrien et de provoquer un conflit d’ordre confessionnel au Liban.

Par ailleurs, le contrat d’armement franco-saoudien pour un montant de 3 milliards, également destiné à l’armée libanaise, pourrait être prochainement réactivé. Ce dernier comprends la livraison de matériels militaires dont des hélicoptères de combats et de transport, des véhicules blindés et des canons Caesar.

 

 

Une commémoration du 13 octobre loin des polémiques.

Aujourd’hui on commémore, oui on commémore, une bataille perdue qui a donné la victoire 15 ans après. C’est en effet les événements tragiques qui ont abouti à la chute des régions libanaises libres qui ont posé la problématique de l’occupation syrienne et la permanence du refus de la population face à cette occupation.

La guerre civile ne s’est pas arrêtée un 13 octobre 1990, sauf sur les calendriers officiels. Elle s’est poursuivie et elle se poursuit d’ailleurs toujours aujourd’hui, et ne fait pas partie de l’Histoire puisque nombreuses familles recherchent encore ce qui est advenu de leurs disparus, quelles que furent les idéologies ou les causes pour lesquelles ils se sont battus ou alors qu’ils étaient présents au mauvais endroit, au mauvais moment.

On a beau accuser les uns ou les autres de tords. Les plus mauvaises critiques sont celles qui enlèvent le contexte et qui jugent présentement la situation d’un point de vue épidermique, par haine de personnes et non pas par analyse des situations en oubliant l’Histoire. Il est vrai qu’on n’a pas d’Histoire commune pour avoir une grille de lecture commune. Il est vrai que jusqu’à aujourd’hui, le Liban n’est pas une Nation mais des Nations, d’où les multiples interprétations au détriment même de la Vérité factuelle qu’on a tant de mal à apprécier, tant parfois on en est loin. 

Lors des événements et des manifestations des années 1988 à 1990, la frontière communautaire avait été une première fois transcendée, chose qu’on a retrouvé depuis un 14 Mars 2005, et même actuellement dans les manifestations des collectifs civils rejetant l’ensemble de la classe politique. Une expérience bien personnelle, pour la première fois, en tant que binational : j’étais fier de ma nationalité libanaise. Ce sentiment a disparu par la suite jusqu’en 2005. Pour la première fois, le Liban était une nation et non des communautés qui s’entre-déchiraient en raison de luttes pour d’autres. On ne peut oublier cela. On ne peut qu’en être fier.

Que certains divergent vers certains intérêts ou convergent vers d’autres intérêts, il s’agit simplement de politique. Quand on essaye d’isoler un parti, il s’allie à d’autres partis, c’est une résultante normale de la physique des particules politiques, de ces électrons libres qui gênent parfois. Ils auraient fait de même. Après la chose politique n’a pas de morale. Certains recherchent une morale ; c’est manquer de réalisme quant à ce choix de carrière.

On accuse aujourd’hui certains d’être à l’origine de tous les maux du Pays. La polémique est négatrice de la grandeur due à la commémoration de ceux qui sont tombés ce jour-là. C’est oublier une nouvelle fois l’historique, le contexte passé et présent et c’est aussi oublier les situations à venir. C’est oublier que ceux soutenus par ces mêmes personnes étaient elles-mêmes au pouvoir, et en ont abusé, elles aussi, collaborant même avec ceux et celles qu’elles maudissent aujourd’hui. Il était non pas de l’intérêt du pays mais de leurs propres intérêts parfois financiers même. La chair et faible, la tentation quand on est aux affaires est grande. Mais ce sont des accusations partisanes et en aucun cas œcuméniques comme le réclame pourtant cette journée si particulière. 

En ce jour, les personnes voulant s’engager dans de nouvelles polémiques, sur « qui était où », ou « qui faisait quoi » à l’époque ou « qui fait quoi aujourd’hui » manquent de dignité. Un jour de commémoration n’est pas l’occasion de discussions partisanes stériles. Il suffit alors de leur rétorquer « où étiez vous ce jour-là et où étaient les gens que vous souteniez et/ou que vous soutenez aujourd’hui. Ils seraient bien mal en point de répondre et ainsi la polémique qu’ils tentent de créer sera dégonflée. Il convient de faire taire les polémiques sans en entreprendre de nouvelles par respect à la mémoire des personnes tombées.

Leur sacrifice n’as pas été vain. Bien au contraire. A la lutte armée, a succédé la lutte pacifique qui a abouti au départ des forces syriennes un 26 avril 2005. La liberté d’opinion en dépit des pressions à la faire taire s’est révélée donc être plus forte que celles des armes. Au 13 octobre 1990, chaque jour, la lutte pour la liberté du Liban se poursuivait en dépit de la collaboration de certains, ceux-la même qui brandissent certains principes qu’ils ont longtemps reniés. Les hommes peuvent changer mais les principes demeurent. Il s’agit aujourd’hui aussi de commémorer ces principes inaliénables qui sont la fondation d’une nation, ces principes qui rassemblent le peuple bien au-delà de la fracture politique avec laquelle on essaye de nous diviser. 

Paix non seulement aux âmes des martyrs de ce jour du 13 octobre 1990 mais aussi à tous les martyrs morts pour le Liban Libre.

Par François el Bacha