Le Voyeurisme Moribond d’Istanbul

Le massacre à l’aube de la Nouvelle Année n’a évidemment laissé personne indifférent. Outre 3 de nos compatriotes libanais morts à Istanbul, on dénombre également 39 morts de différentes nationalités, Françaises, Saoudiennes, Irakiennes, et ainsi de suite. Le Monde donc est en deuil.

Mais le massacre d’Istanbul n’a pas fait que des victimes en Turquie, il a évidemment touché dans les chairs des familles endeuillées. Le respect à ces derniers et leurs douleurs se doivent d’être sanctifiés.
Comme à nos habitudes, nous n’avons pas été à la hauteur des évènements. Les images des victimes circulent sur Whatsapp, les chaînes de télévision locales ont l’indécence de pénétrer les chambres d’hôpitaux où les proches des victimes tentent faire face au choc de l’annonce de la mort de leurs bien-aimés enfants et proches.
Certains tranchent des gorges avec des couteaux et des sabres, d’autres avec des micros et des plumes:
Le respect aux victimes n’existe pas. L’indécence d’un certain voyeurisme moribond est présent, pour tenter d’assouvir certains de nos sentiments. Ce n’est pas ainsi que l’on puisse s’apitoyer ni montrer de la compassion ou même de la solidarité. On ne fait que révéler la monstruosité de notre société qui finira bien par oublier le lendemain même.
Il y a des différences à faire. D’un côté certaines personnes partagent ces photos sur différents supports, réseaux sociaux etc… pensant bien faire. C’est un manque d’éthique face à l’Horreur. Ils n’ont pas reçu l’éducation nécessaire afin de bien peser le poids de leurs actions.
De l’autre côté, les médias eux sont totalement responsables de leurs actes et profitent du laisser-aller des autorités de tutelle au nom d’une sacro-sainte protection de la liberté de la presse dont ils abusent. Il ne s’agit plus d’informer dans le cas présent mais de faire de l’audimat avec l’Horreur et d’assouvir le voyeurisme de leurs téléspectateurs.
Mais à force d’en voir quotidiennement, les téléspectateurs et les lecteurs s’habituent à cette dose de violence quotidienne et ne se mobilisent plus face l’injustice. On devient indifférent à la douleur à force de l’avoir. Cette culture du Maaléchi dont nous souffrons aujourd’hui a été ainsi construite avec leurs actes complices.
Un peu de pudeur donc, un peu d’éthique se doit d’être imposé. A défaut de pouvoir s’autocensurer eux-mêmes, un comité devrait donc établir les normes de ce qui peut être montré et de ce qui doit être caché au public, qu’il soit interne aux diffusions ou externe, imposé par l’Etat et la loi. Un tel projet existait par le passé, il est resté, malheureusement lettres mortes alors que beaucoup de pays ont mis en place les cadres légaux nécessaires le cas échéant. Des pays qui se réclament être plus civilisés que le nôtre. Nous avons encore tant à apprendre d’eux…
Capture d’écran du site de la boite de nuit Reina ou s’est déroulé le massacre du Nouvel An. 

L’image du Samedi: St Charbel, Saint Patron du Liban

St Charbel, de son vrai nom Youssef Anton Makhlouf, fils Antoun Zaarour Makhlouf et de Birgitta Chidiac est né à Békaa Kafra sur les hauteurs du Liban Nord, le 8 mai 1828. Prêtre et moine-ermite libanais de Ordre Libanais Maronite, il est devenu Saint Patron du Liban.

Enfant déjà, il était connu pour s’isoler dans une grotte afin de prier et suivra ses 2 oncles ermites au Monastère de St Antoine Qozhaya, située à proximité de la vallée Sainte de Qadisha et qu’on a précédemment visité. Il choisira en 1851, tout juste alors âgé de 23 ans, de poursuivre une carrière religieuse en se réfugiant au Monastère Notre Dame de Maifouk. Un an plus tard, rejoindra le Monastère de St Maron à Annaya.

Prononçant ses voeux le 1er novembre 1853, Youssef Anton Makhlouf choisira le nom de Charbel. Il sera ordonné prêtre en 1859 après des études théologiques et avec l’assentiment de ses supérieurs, deviendra moine-ermite en 1875 en rejoignant l’ermitage isolé des Saints-Pierre-et-Paul situé à proximité du Monastère d’Annaya.

Il décèdera le jour de Noël 1898 à l’issue d’une agonie de 8 jours. Dès sa mort, les miracles entoura sa dépouille mortelle se multiplieront, avec notamment une exsudation sanguine. À la mise en terre, des lumières entoureront sa tombe. Au bout de 45 jours, les autorités religieuses de l’époque décideront d’exhumer le corps de St Charbel. Il est retrouvé intact, sans aucune trace d’une quelconque décomposition. La dépouille sera replacée dans un cercueil lui même se trouvant au sein de la Chapelle du Monastère. Dès lors, un constant exsudat sanguin apparaitra.

Dès 1927, Rome s’emparera du dossier de St Charbel et ordonnera une nouvelle exhumation. A l’issue de cette procédure, le pape Pie XI déclarera Charbel Vénérable Serviteur de Dieu et autorisera l’ouverture de son procès de béatification.

Une nouvelle exhumation en 1950 révèlera une nouvelle fois que le corps de St Charbel ne représente aucune trace d’une quelconque décomposition. A l’exposition du corps de St Charbel, les libanais tant Chrétiens que Musulmans répondront en masse à la cérémonie religieuse présidée par le Patriarche Maronite d’alors. Les miracles se multiplieront également dans le Monde entier.

St Charbel sera béatifié en 1965 au terme d’un procès qui aura duré 40 ans, et sera canonisé en 1977 par le Pape Paul VI. Il est célébré le 24 juillet dans le Monde et le 24 décembre au Liban.

Liban: Ghazi Aad est décédé

C’est avec émotion qu’on apprend ce mercredi 16 novembre 2016, la mort de Ghazi Aad, fondateur en 1990 et porte-parole de ce mouvement précurseur qui vise à établir la vérité sur la disparition d’un nombre estimé de 17000 ressortissants libanais et étrangers durant la guerre civile de 1975 à 1990 et de la période qui a suivi.

Ghazi Aad était une personnalité époustouflante comme on en rencontre peu, qui ne laissait personne indifférente. Malgré sa paralysie et le fait de devoir se déplacer en fauteuil roulant, charismatique, il était souvent aux premiers rangs des manifestations concernant les disparus, notamment par sa présence quasi quotidienne à la place Riad el Solh pour soutenir les mères et les épouses des disparus au-delà de toute religion, de toute appartenance politique ou de leur nationalité.

Lors d’une conversation qui s’est tenue, il y a de cela plusieurs années, en face du bâtiment de l’ESCWA au Centre Ville de Beyrouth, en présence des mères des disparus, il regrettait que les hommes politiques libanais, dont une grande partie avait été impliquée dans la guerre civile puissent continuer à bloquer la recherche de la vérité sur ces disparitions. Il militait ainsi que les enquêtes puissent non seulement concerner les responsables étrangers mais également locaux tant libanais que ceux des camps palestiniens.

Sous son impulsion, Solide, avec d’autres associations et organisations, avait réussi, en dépit du voile concernant les disparus, à établir un certain nombre de contacts à l’étranger et notamment avec des institutions internationales dont les Nations Unis ou le CICR pour contourner le silence des institutions étatiques libanaises.

En 2012, une loi dont il était l’un des principaux instigateurs avait été adoptée par le gouvernement et le parlement libanais après plus de 30 ans d’attentes suite notamment aux pressions de la communauté internationales et en premier lieu de l’Union Européenne qui finançait le programme. Cette loi accordait ainsi aux familles le droit à connaitre la vérité sur la disparition de leurs proches. Un institut consacré aux recherches des disparus ainsi que d’une commission nationale devaient être ainsi créés, non pas pour que des vendettas puissent avoir lieu comme certains le craignaient mais pour permettre aux proches de faire leurs deuils.

Espérons qu’en dépit de sa disparition aujourd’hui, ce combat puisse se poursuive, que la vérité puisse un jour éclater aux yeux de tous et surtout que les familles puissent pouvoir enfin trouver la Paix.

Photo: Ghazi Aad et les mères des disparus, le 12 avril 2011. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés. 

USA: Une leçon de démocratie

Donald Trump est devenu le 45ème Président des USA en dépit d’un échec pourtant annoncé par beaucoup et notamment par les fameux instituts de sondage.

Les premières images d’une Hillary Clinton sont une leçon de démocratie et de l’acceptation de la défaite, elle pour qui la victoire semblait être promise. Prenons en acte également au Liban où notre système n’est en fin de compte pas si démocratique que cela et où certains n’acceptent pas leur défaite lors des différentes élections législatives. En d’autres termes, ce qui prévaut au final n’est pas de gagner le vote de députés ou de Grands Electeurs mais de gagner cette volonté populaire et Donald Trump a gagné non seulement le vote des Grands Electeurs mais aussi de cette volonté populaire puisqu’il reste le candidat qui a recueilli sur le plan national le plus grand nombre de suffrages avec 48% en sa faveur contre 47% allant à sa rivale qui doit en être bien malheureuse.

Ce résultat démocratique doit être aujourd’hui respecté quelles que soient les opinions des uns ou des autres. Le peuple américain a fait son choix et le prochain président a suffisamment de dossiers déjà sur son bureau, crise au Moyen Orient, crise en Ukraine, et d’autres difficultés qu’il serait fastidieux d’énoncer.

En dépit d’une campagne électorale exécrable marquée par de nombreuses polémiques de toute part, Donald Trump a donc fini par le remporter et il aura aussi le champs-libre: avec une chambre des représentants et du sénat à majorité républicaine, le système lui parait acquis, à lui qui se voyait opposé de toute part de nombreuses personnes et notamment dans son propre parti.

L’échec pour l’establishment

L’échec d’Hillary Clinton est d’autant plus cruel pour elle qu’elle était soutenue par une grande partie de l’establishment local tant des instances dirigeantes du Parti Démocrate que de celui de Wall Street qui la préféraient à Bernie Sanders. Ce dernier aurait l’emporter déjà durant la primaire démocrate. On ne pouvait comprendre qu’autant d’états lui acquis lors des primaires pour ensuite perdre face à une Hillary Clinton sûre d’elle. Ce déni était devenu d’autant plus flagrant que les plus hautes instances démocrates ont été dans l’obligation de démissionner après que certains courriels sur leurs implications et leur soutien à la candidate Clinton aient été révélés. Les dès étaient donc pipés.

Bernie devait l’emporter par la volonté des électeurs démocrates mais devait perdre pour l’establishment, lui qui se prononçait notamment en faveur d’une sécurité sociale ou à l’éducation supérieure gratuite aux USA. L’impensable.
Dans l’optique d’une confrontation avec Donald Trump, nul doute que les résultats de l’élection présidentielle auraient été tout autre et qu’il aurait peut-être gagné puisque répondant mieux à des inspirations populaires conflictuelles avec celles de cet establishment.

Face à Donald Trump qu’on disait sexiste, raciste, l’échec est d’autant plus important. Il convient aussi d’en comprendre les causes qui sont donc avant tout celles d’un rejet de cet establishment qui laissé les citoyens américains.

Hillary Clinton n’était pas l’enfant de coeur que la presse se plaisait à décrire. Mettons de côté ses fameux courriels et tenons-nous en à les déclarations publiques de cette dernière. La semaine dernière encore, elle se prononçait pour abattre les avions russes au-dessus de la Syrie. Une ancienne secrétaire d’état aux affaires étrangères et candidate aux élections présidentielles se prononçant pour un acte de guerre contre une puissance disposant de l’arme atomique est irresponsable. Rappelons également que dans les fameux courriers révélés par Wikileaks, la candidate démocrate et ancienne secrétaire d’état aux affaires étrangères, s’interrogeait sur la possibilité de « droner », gentil mot pour dire assassiner », Julian Assange réfugié dans une ambassade à Londres, pays allié, ne faisait de doute sur son caractère belliqueux.

Même si le citoyen américain lambda a une profonde méconnaissance des enjeux mondiaux, nous constatons ici que le niveau d’Hillary Clinton en fin de compte n’était pas en reste.

On agite ici ou là les propos de Donald Trump mais Hillary Clinton ne valait guère ou plutôt « guerre » mieux.

Cela rappelle à cet establishment qu’une élection ne se gagne pas à la faveur des sondages mais par le vote populaire. Ce n’est pas en faisant peur aux électeurs qu’on remporte une élection mais en faisant au contraire appel à des sentiments plus profonds. Celui de la Justice et des réponses aux problématiques socio-économiques que les populations vivent quotidiennement.

Une leçon pour le Liban ?

La similarité avec le Liban peut se faire. Outre l’exemple de l’acceptation de l’échec politique donné par Hillary Clinton qui félicite Donald Trump, ce qui n’est généralement pas notre cas, on a du mal à accepter que l’adversaire politique tant haï puisse gagner des élections, notre système politique en fin de compte reste contrôlé par un establishment politico-financier qui fait la pluie et le beau temps sinon le mauvais temps.

En dépit de tous les problèmes socio-économiques et politiques, ils restent en place qu’ils soient Zaims, Président ou chefs de partis voire chefs d’entreprises. Ils préfèrent que les jeunes s’expatrient plutôt que d’accorder leur chance et de démontrer leurs compétences souvent plus importante que les leurs. Ce n’est pas une élection qui change la donne au Pays des Cèdres.

Cette élection de Donald Trump doit leur rappeler que la légitimité vient du Peuple et non de cette pseudo-mafia. Espérons que désormais, ils en prennent acte et agiront en conséquence, qu’ils laisseront la possibilité à l’expression populaire comme ce qu’ont démontré les mobilisations en faveur du mouvement Tol2et Rihetkoum ou Beirut Madinati. Faute de quoi d’autres mesures plus fâcheuses s’imposeront d’elles-mêmes.

Ne me méprenez pas, les révolutions ne sont pas dans mon style. Il ne s’agit que d’un dernier recours face au refus de partager le pouvoir. Certaines sont salvatrices et d’autres constituent un remède pire que le mal qui nous ronge. L’intelligence est au contraire d’en prendre acte et d’agir en conséquence pour sauvegarder la Démocratie.

Sur un tout autre volet, les premières déclarations du 45ème Président des Etats-Unis d’Amérique en faveur de la résolution non pas par le conflit mais par le dialogue des crises peuvent paraitre optimistes aujourd’hui, notamment sur le volet qui nous concerne, à savoir la crise syrienne et yéménite dont on paye ici même au Liban le prix d’une manière indirecte, ou plus loin, ukrainienne. Ce n’est pas par le conflit comme ce que souhaitait Hillary Clinton que le Monde ira mieux, chose dont beaucoup ont fait l’impasse pour des raisons idéologiques ou par ignorance tout simplement parce que ces propos n’ont pas été rapporté. Il ne fallait pas faire peur d’Hillary Clinton mais agiter la menace Trump selon cet establishment.

Le Monde, certes, ne sera pas meilleur avec Donald Trump à la tête de sa première puissance, mais peut-être avons-nous encore échappé au pire.

Un hommage à l’Armée Libanaise

Ce Mercredi, nous portons hommage aux unités de l’Armée Libanaise et à celles de la Défense Civile qui, chaque jour, sauvent des vies au Pays des Cèdres, en dépit de la pauvreté des moyens qui leur sont mis à disposition et des risques posés à la leur.

Incendies, attentats, accidents de la route, accidents de la vie, souvent et même presque à chaque fois, ils sont là, présents pour porter secours à nous autres, civils, et cela pour des salaires de misère …

Combattant généralement ces incendies de forêts de nature volontaire ou involontaire qui dévastent le Pays, les pilotes de ces hélicoptères de l’Armée Libanaise démontrent leur courage de braver les vents contraires et les flammes.

Ces Hommes, ici combattent l’incendie qui s’éteint de Bkerké, siège patriarcale à la vallée d’Ain el-Rihaneh  difficile d’accès aux équipements usuels de la Défense Civile, localité des hauteurs du Kesrouan, au Nord de la Capitale, Beyrouth. Cette vallée est connue pour héberger un des derniers sentiers intéressants de la région propice à la redécouverte de la nature. Il s’agit donc un endroit exceptionnel malheureusement ravagé aujourd’hui suite à un incendie qu’on dit provoqué par l’action de l’Homme.

Il faut noter qu’en ce mois de novembre, il fait encore sec, augmentant ainsi les risques que ces forêts de pins parasols ou autres pins d’Alep s’enflamment. Le comportement dangereux de certains est donc à mettre en cause. Devenons responsables.

Steve Wozniak au Liban: une leçon d’Histoire aux Startups Locales

Steve Wozniak, légende de la Silicon Valley, co-fondateur d’Apple, créateur de l’Apple II était de passage au Liban dans le cadre de la conférence BDL Accelerate qui s’est tenu au Forum de Beyrouth.

Débutant par un discours sur son parcours depuis ses débuts et de sa relation avec son père ingénieur qui l’a poussé à s’intéresser à l’ingénierie et à l’électronique alors tout juste balbutiante, Steve Wozniak a raconté comment il a conçu son premier micro-ordinateur, alors que les composants nécessaires étaient hors de prix. Il évoquera également les débuts de la Silicon Valley et les conditions favorables qui ont abouti à son évolution vers un centre de technologie de pointe accessible au public.

Depuis les transistors aux puces électroniques, Steve Wozniak encore écolier note avoir inventé un ordinateur sur le papier avant de passer à l’étape de la réalisation pratique.

A ses débuts de sa carrière chez Hewlett Packard, Steve Wozniak proposera par 3 fois de commercialiser un ordinateur personnel et par 3 fois également cette société refusera, société aux produits destinés aux ingénieurs contrairement à Apple qui plutôt orientée vers le Grand Public. C’est ainsi que naitra Apple ou plutôt, ce sera la première naissance d’Apple avec Steve Jobs qu’il aidera en dehors de ses horaires de travail.

Le Liban, la prochaine Silicon Valley?

Répondant à une question sur la possibilité à ce que le Liban devienne la prochaine Silicon Valley, Steve Wozniak évoquera les conditions favorable à la mise en place d’un tel projet à savoir le fait d’avoir de bonnes écoles et des talents sur place dans un concept d’idées et de produits novateurs.

Steve Wozniak note également les difficultés à accéder à l’internet au Liban avec l’impossibilité à télécharger notamment certaines Applications dont le téléchargement est restraint. Heureusement pour lui, il possède depuis son domicile américain un VPN (Virtual Private Network) privé.

Concernant sa carrière, il indique avoir intégré Apple comme ingénieur, la compagnie d’ailleurs lui donnant toujours un salaire, mais jamais avec l’objectif de la diriger. Les fonds qui lui ont été accordés par Apple ont été donnés à des Musées ou à des fondations. Il a indiqué avoir même été en quasi-banqueroute après plusieurs divorces, il y a 5 ans et refuse de se considérer comme un investisseur mais comme un spectateur des progrès technologiques.

Un avenir aux Applications et aux objets connectés intelligents

Concernant les tendances actuelles, Steve Wozniak a noté qu’Apple est une compagnie dont l’objectif est de répondre à l’attente de sa clientèle, contrairement à IBM, Microsoft ou Google qui mettent en place des intelligences artificielles. Cela permettra ainsi selon Wozniak la mise en place de toute une nouvelle industrie et notamment les voitures connectées ou Apple pourrait devenir un acteur majeur dans le système embarqué.

Il note également que les produits offerts par l’entreprise à la Pomme n’ont connu le succès qu’en s’ouvrant et non ayant fermé leur système: Apple était ainsi moribond et ne représentait qu’un pourcentage infime des ventes d’ordinateurs avant l’invention de l’iPod dont le système d’achat de musique sera offert aussi bien à la plateforme Mac que Windows. Cette ouverture a permis non seulement de sauver l’entreprise qui ne disposait plus que de 500 millions de dollars de liquidité pour 200 millions de dollars de dettes alors que certains évoquaient sa liquidation.

la vidéo de la conférence de Steve Wozniak 

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=TR6zbrZtJ_g]

Saad Hariri, l’héritier de Rafic

Le nouveau Président de la République Libanaise, le Général Michel Aoun a nommé l’ancien Premier Ministre Saad Hariri comme étant le nouveau Premier Ministre, conformément aux accords électoraux ayant abouti à son élection comme Chef d’Etat. Il devrait former rapidement son gouvernement, indique-t-on de source officieuse.


Saad Hariri est né le 18 avril 1970 et est le second fils de Rafic Hariri et de Nida Boustani, sa première épouse, de nationalité irakienne. Marié à une syrienne sunnite issue d’une famille riche et prestigieuse, il a 3 enfants, Houssam, né en 1999, Loulwa, née en 2001 et Abdoulaziz né en 2005.

Sa fortune personnelle, en dépit des difficultés financières actuelles, est estimée par le magazine financier américain Forbes à plus de 2 milliards de dollars.

L’Homme d’affaire

Dirigeant de la société Saudi Oger, Saad Hariri y fera ses premières armes dès 1994. Il dirigera également Oger Telecom et Omnia Holding et est membre du conseil d’administration d’Oger International Entreprise de Travaux Internationaux. Il possède d’ailleurs enfin la nationalité saoudienne.

L’héritier politique de Rafic Hariri

Fils de Rafic Hariri, Saad Hariri s’est impliqué dans la vie politique suite à l’assassinat de son père dans les circonstance qu’on connait, le 14 février 2005. Il prendra alors la tête du Parti du Courant du Futur fondé par son père, fort du soutien des connaissances internationales de ce dernier et s’alliera avec les Forces Libanaises de Samir Geagea et le dirigeant druze Walid Joumblatt pour gagner les élections législatives de 2005. Il est l’un des dirigeants essentiel de la coalition dite du 14 Mars.

Succédant à Fouad Saniora, proche collaborateur de Rafic Hariri, à la tête de du Gouvernement Libanais, le 27 juin 2009, sous le mandat du Président Michel Sleiman, 86 députés s’étant déclarés à sa faveur, sa première tentative de former un gouvernement sera voué par un échec. Il sera cependant reconduit comme première ministre par le Parlement suite à un vote de confiance, le 16 septembre 2009 et formera un gouvernement d’Union Nationale.

Ce gouvernement tombera le 12 janvier 2011 en raison de la démission de plus d’un tiers de ses membres, conformément à la constitution libanaise suite à une polémique sur la mise en examen de membres du Hezbollah par le Tribunal International en charge de juger les personnes suspectées d’être impliquées dans l’assassinat de son Père Rafic Hariri. Il était alors en séjour à Washington ou il a rencontré le Président Américain Barack Obama quelques minutes avant l’annonce de la démission de ses collaborateurs au sein du gouvernement.

Ses opposants l’accuseront également d’aligner la politique libanaise sur les positions de l’Arabie Saoudite y compris dans le bras de fer opposant le Royaume à l’Iran et cela n’ira pas sans conséquences sur la scène locale. D’autres enfin l’accuseront de passer l’essentiel de son temps à l’étranger au lieu de résider au Pays des Cèdres et d’en gérer les affaires publiques.

Son rival sunnite Nagib Mikati lui succèdera alors.

L’exil après la démission

Saad Hariri s’exilera suite à cette démission, reprenant la gérance de Saudi Oger affecté par de nombreuses difficultés financières. Ces difficultés toucheront également d’autres branches des affaires de la famille Hariri notamment en Liban, un certain nombre de ses employés n’étant pas payés plusieurs mois. Ces difficultés se poursuivent jusqu’à ce jour.

L’ancien Roi Abdallah d’Arabie lui avait accordé en 2014 la gérance de la donation de 3 milliards de dollars en vue d’équiper l’Armée Libanaise et d’un milliards de dollars en faveur des Forces de Sécurité confrontées au débordement de la guerre civile syrienne au Liban et à la présence de combattants d’Al Nosra et de Daesh notamment dans la localité sunnite d’Aarsal située dans la Békaa Est. Cette donation sera remise en cause par son successeur, le Roi Salman officiellement en raison de l’influence grandissante du mouvement Hezbollah au sein des institutions libanaises. D’autres sources évoqueront une perte d’influence de Saad Hariri auprès de la Cour Saoudienne, lui-même également confronté dans ses affaires par des retards du Royaume dans le payement d’arriérés pour un montant de 8 milliards de dollars sur de nombreux chantiers dont il avait la charge.

Absent et affaibli sur la scène internationale par la perte d’influence auprès de l’Arabie Saoudite, ses adversaires sur la scène politique sunnite libanaise dont certains qui étaient considérés auparavant comme faisant parti de ses proches, en profiteront pour tenter de réduire son influence.  Le Ministre démissionnaire de la Justice Ashraf Rifi, ancien commandant des Forces de Sécurité Intérieure, le critiquera durement suite aux discussions entamées par le Courant du Futur et le mouvement chiite Hezbollah depuis le début de 2016 et par le choix d’abord du député Sleiman Franjieh puis du rival chrétien Michel Aoun à la Présidence de la République en octobre 2016, tous 2 membres de la coalition dite du 8 Mars, ses opposants politiques.

Ces discussions visaient à diminuer les tensions sectaires au Liban. Ses détracteurs lui reprocheront alors de faire le jeu de l’Iran au Liban, Saad Hariri mettant quant à lui en avant son rôle modérateur nécessaire dans la crise politique locale et régionale et la nécessité faire baisser les tensions accrues avec l’implication de plusieurs partis à la fois en faveur et contre le régime syrien de Bachar el Assad qui est pourtant son adversaire, puisque accusé d’être le commanditaire de l’assasinat de son père et dont il souhaitait la chute.

Saad Hariri a été nommé par ailleurs en 2007, chevalier de la Légion d’Honneur par le Président de la République Jacques Chirac

Le Général Michel Aoun, une figure politique qui ne laisse pas indifférente

Elu 13ème Président de la République Libanaise depuis l’indépendance du Liban, à l’issue d’un 46ème tour de scrutin, ce 31 octobre 2016, adulé par les uns, haïs par d’autres, le Général Michel Aoun reste une personne dont le parcours politique est sujet à de nombreuses controverses.


Un élève officier brillant

aoun1Né dans une famille chrétienne maronite en février 1935 selon la biographie officielle, d’autres sources font plutôt elles d’une naissance le 30 septembre 1933 à Haret Hreik, banlieue sud de Beyrouth, le Général Michel Aoun fut très tôt promis à une brillante carrière militaire. Il s’engage en effet à l’Académie militaire comme officier cadet en 1955 pour être promu sous lieutenant en 1958, puis lieutenant en 1961. Il sera reçu pour des stages de formations complémentaires à l’École d’application d’artillerie de Chalons-sur-Marne, en France (1958-1959), puis à Fort Sill, dans l’Oklahoma aux États-Unis (en 1966) et à l’École supérieure de guerre, en France (1978-1980) alors que le Liban s’enfonçait dans un conflit fratricide depuis avril 1975.

Une carrière militaire lancée alors que le Liban était en guerre civile

Revenu au Liban en 1980, il sera rapidement nommé chef d’une brigade de l’Armée Libanaise en charge de la surveillance de la fameuse ligne verte, ligne de démarcation entre Beyrouth Est et Beyrouth Ouest. Promu Général de Brigade en 1982, il sera à la tête de la 8ème brigade tout juste constituée, corps d’élite multiconfessionel de l’Armée Libanaise.

C’est à sa tête qu’il surprendra en 1983 l’état major de l’Armée Libanaise qui conseillait au Président de la République d’alors, Amine Gemayel de quitter le Palais Présidentiel de Baabda, lors de la guerre de la montagne, en défendant la localité stratégique de Souk el Gharb face à des forces supérieures en nombre constituées par le PSP et différentes milices musulmanes soutenues par l’Armée Syrienne.

Ce fait d’arme lui permettra d’obtenir le rang de Lieutenant Général et deviendra le commandant de l’Armée Libanaise en 1984.

Une nomination au poste de Premier Ministre au moment le plus critique de la guerre civile

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Le Général Michel Aoun sera nommé Premier Ministre le 22 septembre 1988, à 15 minutes de l’expiration du  mandat du Président de la République Amine Gemayel. Ce dernier mettra en avant le respect du Pacte National et l’absence de chef d’état maronite afin de permettre la nomination transitoire d’un maronite à la tête de l’Etat, la constitution libanaise stipulant que le chef du conseil est alors Président par Intérim de la République Libanaise.

Face au refus des personnalités politiques ou de juges de premier plan à la participation à un cabinet d’union national en vue de préparer des élections présidentielles, le Général Michel Aoun formera alors un cabinet militaire dont les membres de la communauté musulmane seront poussés à la démission par le régime syrien de Hafez el Assad. Le cabinet précédent du premier ministre Salim Hoss refusera également de se considérer démissionnaire, provoquant une cession des autorités publiques entre régions sous contrôle de l’Armée Libanaise du Général Michel Aoun, principalement constituées d’une partie du Metn, du Kesrouan et du caza de Byblos ainsi que de la partie Est de la capitale, régions dites libres ou contrôlées par « la Légitimité » pour reprendre les termes usités à l’époque et celles occupées par l’Armée Syrienne.

Face à l’Armée Syrienne, l’Armée Libanaise ne pourra remporter une victoire militaire mais dispose tout de même de 40% des effectifs de l’institution militaire et de l’essentiel des armes lourdes. Le Général Michel Aoun peut également compter sur l’appui de la milice des Forces Libanaises de Samir Geagea et des appuis politiques du « Parti national libéral » et de son chef Dany Chamoun, du « Parti des Druzes Libres » et son dirigeant Farid Hamadé.

Décidant d’élargir l’autorité de l’état notamment en contrôlant les ports de la région, le Général Michel Aoun décidera en février 1989 de la prise du Port de Beyrouth aux Forces Libanaises. Ces derniers, face à la perte d’une des principales sources de financement, décideront de s’opposer à l’Armée Libanaise. Ainsi débutera un conflit fratricide entre Samir Geagea et Michel Aoun.

Le Général Michel Aoun, en dépit d’une tentative d’assassinat le 14 février 1989, décide de poursuivre cette politique de mise sous tutelle des ports illégaux le long des côtes libanaises en créant en Mars 1989, un centre de contrôle du trafic maritime. Ces derniers, aux mains des milices pro-syriennes décideront de bombarder en représailles les zones sous contrôle de l’Armée Libanaise et notamment le Palais de Baabda, siège du gouvernement provisoire du Général Aoun.

La Guerre de Libération et le chemin de l’exil

Débutera alors un sanglant bras de fer entre le Général Michel Aoun qui déclarera le 14 Mars 1989, la Guerre de Libération contre l’occupation syrienne et les différentes milices libanaises d’alors, soutenues par Damas et dont il sera l’un des plus farouches opposants.

Réunis à Taëf en dépit de la décision de dissolution d’un Parlement élu en 1972 et dont le mandat n’a été de cesse renouvelé en raison des évènements, une partie des députés libanais adoptent un accord qui institutionnalise le confessionalisme jusque là non écrit du système libanais en limitant les prérogatives présidentielles et en acceptant la présence de l’Armée Syrienne sur le territoire du Pays des Cèdres. Le Général Aoun dénoncera cet accord dit de Taëf mais ne sera pas soutenu dans sa démarche par la communauté internationale, plus occupée à gérer le dossier du conflit irakien. Les Pays de la Coalition contre Saddam Hussein auraient ainsi fermé les yeux sur le rôle de la Syrie au Liban contre une participation de Damas contre l’Irak.

0101_aoun2Il trouvera cependant un soutien inconditionnel d’une grande partie de la population des zones qu’il contrôle avec une manifestation d’une ampleur inégalée durant tous les évènements de la guerre civile, le 24 octobre 1989.

Après l’élection le 5 novembre 1989 de René Moawad à la tête de l’Etat et son assassinat le 22 novembre, dit-on en raison de son refus au recours à la violence, sera élu Elias Hraoui qui désignera le Général Emile Lahoud comme, officiellement, commandant de l’Armée Libanais. Le Général Aoun, qui avait déjà rejeté les accords de Taëf refusera toute légitimité à ces derniers. Il devra alors faire face aux assauts simultanées des Forces Libanaises, des milices pro-syriennes, des troupes sous commandement du Général Emile Lahoud et des unités des troupes syriennes soutenues par leur aviation, le 13 octobre 1990. Négociant son retrait et cherchant à obtenir la vie sauve à ses hommes, il se réfugiera à l’ambassade de France d’où il annoncera sa reddition. La prise sous contrôle des zones dites libres sera toutefois marquée par des massacres de militaires pro-aounistes notamment à Dahr al-Wahsh ou une unité de 200 hommes de l’Armée Libanaise s’était illustrée face à l’Armée Syrienne qui avait perdu sur ce front 500 soldats les jours précédents. De nombreux militaires libanais seront ainsi froidement assassinés en dépit d’assurances obtenues par le Général Emile Lahoud à ce que ne soit pas menées d’actes de vengeances à l’encontre du personnel militaire.

Il sera exfiltré 10 mois plus tard par la DGSE, dit-on contre l’assurance de renoncer à toute activité politique.

Cependant, son action politique se prolongera avec la constitution d’un courant politique, le Courant Patriotique Libre dès 1992, qui n’aura de cesse de dénoncer le rôle et les ingérences syriennes au Liban et qui réclamera le retrait des troupes syriennes stationnées au Pays des Cèdres.

Débutera alors la mise du Liban, mise sous double coupe réglée et tutelle, politique et militaire pour la Syrie et économique pour l’Arabie Saoudite via leurs hommes de lige respectifs.

Un Retour Triomphal au Liban

En dépit d’une assurance de Rafic Hariri alors premier Ministre en janvier 1999 de ne pas être arrêté à son retour au Liban, Michel Aoun poursuivra son exil en France jusqu’en 2005.

Suite à l’adoption par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la résolution 1559 en septembre 2004, résolution exigeant le retrait des troupes syriennes hors du Liban et de l’assassinat, le 14 février 2005 de l’ancien premier Ministre Rafic Hariri, de larges manifestations ont alors lieu au Liban. Ainsi débute ce qu’on a, alors, appelé la Révolution des Cèdres. Damas sera accusé de cet assassinat. Les pressions exercées tant localement qu’au niveau international aboutira au retrait des troupes syriennes le 29 avril 2005, à la sortie de prison de Samir Geagea et au retour du Général Aoun au Liban qui avait alors déclaré n’avoir aucun doute sur l’implication de Damas dans cet acte terroriste.

Revenu au bout de 15 exil, le 7 mai 2005, un de ses premiers gestes sera de rencontrer son adversaire historique au sein de la communauté chrétienne, Samir Geagea. Les élections parlementaires de 2005 conduiront à ce que certains nommeront un véritable Tsunami politique. Les listes soutenues par son mouvement et comprenant notamment le parti arménien du Tashnaq obtiendront le vote de prêt de 70% de la communauté chrétienne et 21 députés. En dépit de cette représentativité, il sera mis à l’écart du gouvernement de Fouad Saniora et alors que son mouvement désormais appelé Bloc du Changement et de la Réforme sera le seul présent au sein de l’opposition, le Hezbollah et Amal y participant. Il placera son action politique contre la corruption représentée par ceux qui avant collaboraient avec l’occupant syrien avant de retourner opportunément leurs vestes.

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En février 2006, le CPL signera un accord d’entente avec le mouvement chiite Hezbollah, redistribuant ainsi les cartes de la scène politique, lui permettant de se relancer alors qu’il était précédemment isolé. Précédemment catalogué comme faisant parti du 14 Mars, puis considéré comme indépendant, certains experts catalogueront alors le CPL comme faisant partie de la coalition dite du 8 Mars ou figurent en bonne place les partis libanais pro syriens. Le Général Michel Aoun se fera alors accusé par ses adversaires politiques de retournement de veste. Il rétorquera à ceux-ci que le Mémorandum d’entente avec le Hezbollah vise, entre autre, à discuter avec le mouvement chiite de son désarment, de la protection du Liban vis-à-vis notamment des menaces israéliennes et de permettre l’établissement de discussions avec la Syrie en vue d’une normalisation des relations entre les 2 pays.

Candidat à la succession d’Emile Lahoud, le Général Michel Aoun sera contraint de voter en faveur du commandant de l’Armée Libanaise, le Général Michel Sleiman qui sera élu président de la République le 25 mai 2008 suite à la médiation du Qatar et en présence de son émir, le cheikh Hamad ben Khalifa. Cet état du Golfe prend alors contrepied l’influence de l’Arabie Saoudite et des accords de Taëf via les accords de Doha.

Une participation aux gouvernements, sous le sceau d’une crise politique

Participant à un premier gouvernement présidé par Fouad Saniora en 2008, le Courant Patriotique Libre obtiendra le 7 mai 2009, 19 sièges en son propre nom. Il obtiendra alors 5 ministres dont celui de vice-président du Conseil attribué au Général Abou Jamra, au sein du cabinet qui lui succèdera et qui sera présidé par le fil de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri, Saad Hariri.

Marqué par de nombreuses crises en son sein, ce cabinet finira par être démissionnaire le 12 janvier 2011, suite à l’annonce par le Ministre de l’Energie et des ressources hydrauliques, par ailleurs gendre du Général Aoun, Gébran Bassil, de la démission des ministres de l’opposition. Elle reproche au Premier Ministre Saad Hariri de ne pas annoncer la cessation de la coopération des autorités libanaises avec le Tribunal International en charge de juger les personnes suspectées d’être impliquées dans l’assassinat de son père, Rafic Hariri, alors que ce dernier allait accuser des membres supposés du Hezbollah de cet acte terroriste.

Un gouvernement présidé par Nagib Mikati sans la présence du 14 Mars sera constitué avec notamment la présence de 6 ministres du CPL et 11 ministres proches de lui.

Un nouveau champ de bataille, la Loi Electorale

A l’issue de l’échec de l’organisation d’un nouveau scrutin législatif normalement prévu en mai 2013, le CPL n’aura de cesse que de dénoncer le mode de scrutin marginalisant selon lui la communauté chrétienne. Le CPL sera le seul parti à s’opposer au fait que le Parlement en place décidera alors de reporter les élections prévues pour septembre 2014 puis à juin 2017. Il s’opposera également au Premier Ministre Tamam Salam au sujet des prérogatives du Premier Ministre, estimant que seul le Conseil des Ministres est apte à recevoir les prérogatives normalement dévolues à la Présidence de la République en l’absence de Président de la République et non le Président du Conseil. Il exigera également un rééquilibrage des mécanismes de décision des autorités publiques en faveur de la communauté chrétienne.

Par ailleurs, la coalition Amal-CPL-Hezbollah boycottera les différents scrutins présidentiels, provoquant un défaut de quorum et cela en raison de l’absence d’un accord concernant le nom d’un candidat.

L’alliance surprise avec les Forces Libanaises

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Coup de théâtre sur la scène politique. Après la décision de l’ancien premier ministre de soutenir la candidature de Sleiman Franjieh pourtant membre du courant dit du 8 Mars, le dirigeant des Forces Libanaises a décidé de soutenir celle du Général Michel Aoun à l’issue d’une réunion avec ce dernier, tout en poursuivant sa mésentente avec le Hezbollah. Il s’agit d’un tournant historique au sein de la communauté chrétienne ou les 2 adversaires scellent une alliance électorale basées sur un Mémorandum d’Entente de 10 points dont l’acceptation par le CPL des accords de Taëf, la nécessité de disjoindre le dossier syrien du dossier libanais, le respect des résolutions internationales concernant le Liban et la nécessaire mise en place d’une nouvelle loi électorale.

Le Hezbollah, quant à lui poursuivra son alliance avec le CPL et réaffirmera son soutien à la candidate du Général Aoun.

Face à l’impossibilité de poursuivre son soutien à Sleiman Franjieh, alors que s’accumulent les déboires financiers de ses sociétés notamment en Arabie Saoudite et débordé par des courants plus extrémistes personnifiés par le Ministre de la Justice démissionnaire Achraf Rifi au sein de la communauté sunnite, Saad Hariri finira par se rallier au Général Aoun le 20 octobre 2016, annonçant son intention de voter à sa faveur et cela afin, selon les rumeurs actuelles, d’obtenir le poste de Premier Ministre.

Les défis à venir du Président Michel Aoun

Le Général Michel Aoun, qui sera probablement élu ce lundi 13ème Président de la République Libanaise, devra faire face à de nombreux défis que traverse le Pays des Cèdres, tant de nature politique, économique que sécuritaire.


Les défis politiques

Les défis d’une cohabitation qui s’avère être difficile et contre-nature

La décision de soutenir la candidature du Général Michel Aoun par l’ancien Premier Ministre Saad Hariri serait assortie à la condition de le voir être renommé Premier Ministre en exercice. Cette décision s’avère plutôt être celle d’une cohabitation à venir plutôt que d’une coopération renforcée. Nul doute que de nombreuses crises politiques surviendraient pour plusieurs raisons. On peut notamment citer:

  1. le dossier syrien et l’implication tant de combattants du Hezbollah aux côtés du régime syrien que de combattants sunnites contre le régime syrien
  2. La mise en cause de responsables du Courant du Futur dans différents dossiers de corruption dont le Général Aoun réclame l’ouverture depuis de nombreuses années. On peut penser aux dossiers des télécommunications, de la gestion des ordures, de la gestion des appels d’offres publics en général, etc…
  3. le dossier du tribunal international en charge de juger l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri. Ce dernier accuse sur la base d’un jugement non pas basé sur des preuves mais un jugement circonstanciel, le Hezbollah d’une part et le régime syrien d’autre part d’y être impliqué.

Une loi électorale qui doit toujours être mise en place

Le débat des années précédentes sur le choix d’une nouvelle loi électorale plus égalitaire vis-à-vis de la communauté chrétienne ne se fera pas sans heurts avec les résistances tant du Courant du Futur qui risque d’y perdre ses parlementaires chrétiens élus par les sunnites, notamment dans la capitale Beyrouth que le mouvement Amal, déjà insatisfait d’avoir perdu ses députés chrétiens dans la région chiite de Nabatiyeh.

Une élection dans un environnement moins consensuel que ses prédécesseurs

L’élection du Général Michel Aoun n’intervient pas, contrairement à ses prédécesseurs, dans un environnement d’entente et de consensus nationaux, comme en témoignent les nombreuses déclarations des opposants à son élection tant du côté de la rue sunnite, actuellement personnifiée par le Ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi et désormais principal opposant en son sein à l’ancien Premier Ministre Saad Hariri qu’au sein de la communauté chiite avec la césure entre mouvement Amal également opposé à cette élection et mettant en avant des risques d’abrogation des accords de Taëf et même de recours à la violence et Hezbollah soutenant au contraire la candidature du Général Michel Aoun.

Face à ce risque, le Courant du Futur et le Hezbollah ont décidé dans un communiqué conjoint de poursuivre leur communication afin d’apaiser la tension entre les 2 communautés sunnites et chiites. Cependant, le Président de la Chambre, Nabih Berry aurait déjà signifié son refus via son proche, le Ministre des Finances,  Ali Hassan Khalil, de rencontrer le dirigeant du Courant du Futur Saad Hariri afin de protester contre sa mise à l’écart dans l’accord entre ce dernier et Michel Aoun.  Ali Hassan Khalil  aurait également indiqué que le Mouvement Amal pourrait ne pas faciliter la formation du prochain gouvernement, voir même de le boycotter, augurant la poursuite de la crise politique dans un avenir proche en dépit de cette élection.

En dépit d’une union toute relative de la rue chrétienne, les communautés sunnites et chiites sont donc divisées et partagées, augurant de tensions politiques à venir.

L’un des premiers défis annoncés est la mise en place d’une nouvelle lois électorale plus juste envers la communauté chrétienne, jusque là marginalisée par le processus des élection législatives. Ce chantier augure de nombreuses tensions avec les dirigeants des factions politiques sunnites et chiites qui, jusqu’à présent, désignaient presque un certain nombre de députés chrétiens dans les régions qu’ils contrôlent et notamment dans la capitale, au Nord ou au Sud du Liban. Le Général Michel Aoun souhaiterait ainsi que des électeurs chrétiens élisent des députés chrétiens.

La communauté chiite partagée entre appuyer ou désapprouver la candidature du Général Aoun

Le Président de la Chambre Nabih Berry a déjà fait part de ses inquiétudes et le risque de voir son rôle à la tête du parlement être remis en cause. Il estime que cet accord entre chrétiens et sunnites pour le partage du pouvoir comme évoqués par le rappel du Pacte National de 1943  pourrait marginaliser la communauté chiite. Il aurait cependant tempéré ses propos dans un communiqué publié suite à la visite du dirigeant du CPL ce 21 octobre, estimant que les désaccords concernant la nomination à la Présidence de la République ne remettent pas en cause l’amitié entre les 2 hommes.

De son côté, le Hezbollah largement engagé dans le conflit syrien a réitéré son refus de voir la communauté chiite être divisée tout en rappelant son soutien à la candidature du Général Michel Aoun, en raison « de l’intérêt général de la Nation ».

La communauté sunnite également plus divisée que jamais

Parrain du Courant du Futur, l’Arabie Saoudite a, à de nombreuses reprises, marqué son opposition à l’élection du Général Michel Aoun à la Présidence de la République en raison de son alliance avec le Hezbollah chiite et de ses bonnes relations avec l’Iran et le régime syrien de Bachar el Assad dans un contexte de guerre civile en Syrie et au Yémen entre les 2 axes.

Certaines sources ont déjà indiqué la désapprobation de Riyad quant à l’appui à la candidature du Général Aoun de la part de l’ancien premier ministre Saad Hariri déjà en difficulté pour ses affaires sur place. Certains opposants à Saad Hariri pourraient ainsi envisager de profiter de l’affaiblissement de son influence en Arabie Saoudite pour tenter de prendre sa place.

Le Ministre démissionnaire de la Justice Achraf Rifi aurait ainsi déclaré à l’issue de la conférence de presse annonçant le soutien de Saad Hariri à la candidature du Général Michel Aoun, son refus à ce que le Liban soit soumis « au projet iranien ». Le fossé entre les 2 hommes s’élargi ainsi.
L’Ancien Premier Ministre Nagib Mikati a également mis en garde contre « la nouvelle aventure de Saad Hariri », espérant que celle-ci ne dégrade pas encore les tensions entre les différentes communautés religieuses.
L’ancien Premier Ministre Fouad Saniora aurait également marqué son refus de voter en faveur du Général Michel Aoun lors du 46 scrutin qui a eu lieu ce 31 octobre.

Les défis économiques

La présence de plus en plus pesante des réfugiés syriens

En raison déjà de la présence de plus de 1,1 millions de réfugiés syriens au Liban suite à la guerre civile dans leur pays, les infrastructures libanaises croulent sous une tension jamais vue auparavant. Il s’agira donc de trouver une solution à cette présence et d’améliorer les structures tant financières qu’infrastructurelles comme la distribution de l’eau et de l’électricité toujours rationnées depuis la fin du conflit civil de 1975 à 1990.

Ralentissement de la croissance et risque de dévaluation de la Livre Libanaise

Le ralentissement de la croissance, voir la baisse de la demande pour l’immobilier et le recul des entrées générées par le secteur touristique sont d’autant de risques économiques à l’avenir.

L’augmentation des salaires décidées par les gouvernements précédents impactent également négativement les finances de l’état déjà accaparées par une importante dette publique alors que nombreux spécialistes évoquent une possible dévaluation de la Livre Libanaise en 2017 ou 2018.

Les risques de bras de fer

La remise en cause du secret bancaire tout juste adoptée en catimini par le Parlement Libanais le 19 octobre 2016, au cours d’une session parlementaire exceptionnelle pourrait également provoquer quelques remous. Cette décision était pourtant attendue alors que les banques libanaises étaient soumises à un certain nombre de menaces de sanctions économiques via l’adoption par l’administration américaine à l’encontre des établissements bancaires coopérant avec le Hezbollah. Sans nul doute, de nouveaux bras de fer pourraient avoir lieu tant en local qu’avec la nouvelle administration américaine à venir.

Une politique économique qui reste à formuler

L’adoption d’un budget tout d’abord, chose qui n’a pas été effectuée depuis 2005 devrait être une des principales priorités du prochain gouvernement.

La mise en place d’une politique économique à venir avec la diminution des budgets des pays arabes en raison de la diminution des ressources pétrolières locales est également à prévoir avec un rééquilibrage des principaux partenaires économiques pour le Liban. La Banque du Liban semble déjà avoir pris les devants en invitant les entreprises libanaises à participer à l’ouverture du marché iranien, lors de la levée des sanctions contre Téhéran.

Enfin la mise sur pied de l’exploitation des ressources pétrolières probables dans les zones économiques maritimes appartenant au Liban pourrait être l’occasion de nouveaux désaccords concernant le partage des revenus qui seraient ainsi générés.

 Les défis sécuritaires

Les autorités libanaises ont démantelé ces dernières années de nombreuses cellules terroristes qui espéraient provoquer une dissension communautaire entre les différentes composantes religieuses libanaises et ainsi provoquer, non pas une guerre civile mais des troubles à l’ordre civil. Ainsi, le groupe terroriste Daesh et Al Nosra ont d’abord visé la banlieue Sud de Beyrouth, fief du Hezbollah puis le groupe Daesh s’en est également pris au village chrétien de Qaa dans la Békaa.

Nul doute que le recul et les défaites de Daesh en Irak et en Syrie pourrait provoquer un reflux de ses combattants originaires du Liban et des régions limitrophes. On assiste déjà d’ailleurs à l’arrestation en coopération avec les autorités palestiniennes locales dans les camps d’un certain nombre de cadres de ce groupe terroriste. Ces derniers seront probablement tentés de poursuivre leurs basses oeuvres au Pays des Cèdres en essayant de déstabiliser l’équilibre politique déjà précaire établi ces dernières années.

Autre défi et non des moindres, le renforcement des capacités de l’Armée Libanaise alors que l’Arabie Saoudite a déjà annulé sa fameuse donation de 3 milliards de dollars. Le Liban devra donc trouver les fonds nécessaires par lui-même alors que les difficultés économiques s’annoncent déjà insurmontables.

Un trésor encore à découvrir: Les statuettes cultuelles de Mithra originaires de Sidon

Parmi les autres trésors du Louvre originaires du Liban, les statuettes cultuelles de Mithra qui se se trouvent dans un petit recoin.

Le Mithraeum de Sidon aurait été découvert par Edmond Durighello, antiquaire de son état en 1887 sans toutefois en révéler son emplacement exact et qui demeure jusqu’à aujourd’hui inconnu. Ce sanctuaire aurait été sauvé par les adorateurs de Mithra qui auraient scellé la grotte dans lequel il se trouvait. Certaines sources indiquent que cette cavité se trouverait dans les fondations de l’Archevêché Grec-Catholique de la localité.

Edmond Durighello aurait cependant emporté un groupe de statues en marbre datées de 389 après Jésus-Christ. Amenées à Paris en 1892, ces sculptures désormais appelées « collection Péretié » feront d’abord partie des collections du Comte Louis de Boisgelin avant d’être transmises par donation au Musée du Louvre en 1967.

On trouvera ainsi un Génie mithriaque porteur de torche , Hécateion, déesse d’Asie mineure associée à Mithra en raison de son omnipotence sur le monde souterrain, ainsi que Mithra lui même sacrifiant un taureau, dont le sacrifice serait à l’origine de la vie, le sang de l’animal fertilisant la terre.

Mithra, dieu iranien est à l’origine d’un culte monothéiste antérieur au Christianisme qui se serait propagé dans l’Empire Romain en ayant la faveur des soldats romains. Son culte connaitra son apogée au IIIème siècle avant de faire l’objet de persécutions vers le IVème siècle après Jésus-Christ, ce qui correspond quelque peu aux dates du groupe statuaire se trouvant à Saïda, en raison de la concurrence que cette religion causait au Christianisme, plus populaire. L’Empereur Théodose publiera en 391 un décret ordonnant la destruction systématique des sanctuaires.

Culte à mystère, les fidèles devaient subir une initiation pour être acceptés et portaient des grades précis. Les femmes étaient, elles, exclues des Mystères de Mithra. De nombreux points communs avec le Christianisme sont à noter, dont un banquet rituel composé d’eau et de pain, similaire donc à l’Eucharistie.

Les sanctuaires étaient généralement installés à l’intérieur de grottes naturelles ou dans des temples construits sous forme de grotte. Cela faisait allusion à la naissance de Mithra lui-même, né d’une roche selon les légendes.