Marine Le Pen au Liban, désastre local, succès international

La visite de Marine Le Pen au Liban a été d’une part un désastre local mais également un succès à l’international. Bilan mitigé donc, avec une explication concernant la binationalité chère aux franco-libanais que nous n’aborderons pas ici.

Le coup d’éclat à Deir el Fatwa

Le coup d’éclat lors de sa visite à Deir el Fatwa, plus haute autorité sunnite au Liban a, en effet été l’occasion pour Marine Le Pen de refuser non pas de porter le Niqab (d’ailleurs qui est très rare au Liban) comme elle le prétendait mal un voile, disons le plus simple. Le piège posé par cet exercice de style était pourtant simple: Les autorités sunnites que cela soit au Liban ou ailleurs, ont toujours dénoncé la politique française concernant le port du voile.
La condition de l’incident lors de la rencontre était donc posée malgré les versions et les explications divergentes des 2 parties, d’un côté Marine Le Pen qui indique ne pas avoir obtenu de réponses quant à la possibilité de voir le dignitaire sans être voilé, chose démentie du côté du Mufti Deriane qui indique pourtant avoir répondu à cette question. Marine Le Pen pour sa défense indiquait que même lors de sa visite au Mufti d’Al Azhar considérée par certains comme étant la plus haute autorité sunnite, elle n’était effectivement pas voilée. Cependant, il aurait fallu lui dire que les autorités sunnites libanaises sont plutôt proches de celles, concurrentes, en Arabie Saoudite qu’en Egypte.

La candidate a l’élection présidentielle française de passage au Liban et leurs intérêts communs, bien involontairement, était de figer cet instant, d’une part pour le Mufti de la République pour montrer ou rappeler ses positions concernant le port du voile sur un plan interne et tenter par la médiatisation de l’affaire sur un plan international – ce qu’une certaine presse appelle un coup d’éclat – et d’autre part pour Marine Le Pen, c’était un moment de publicité rappelant à son électorat français ses positions sur la question alors que la France passe par une période de terrorisme islamique sunnite avec des radicaux parfois convertis locaux ou émigrés.

La Question Syrienne

Autre incident concernant la Syrie. Marine Le Pen a rappelé ses positions concernant le dirigeant syrien Bachar el Assad, une position de plus adoptée de manière réaliste par de nombreux pays comme on ne peut que le constater depuis la prise d’Alep: le régime syrien actuel est incontournable quoi qu’on en pense pour résoudre les problématiques d’une part de la guerre civile et d’autre part, pour contenir des menaces posées par ces organisations terroristes qui exportent leurs violences et leurs attentats jusqu’en Europe ou ailleurs. Cette position n’est évidemment pas partagée par certains partis et hommes libanais comme le dirigeant des Forces Libanaises, Samir Geagea.
Ce positionnement paradoxal entre d’un côté certains partis libanais et d’une part la nécessité aujourd’hui absolue pour la communauté internationale de régler le conflit syrien ne fait que raviver également le fossé profond au sein même de la sphère politique libanaise, contrairement aux usages qui veulent plutôt que les personnalités politiques en visite au Pays des Cèdres oeuvrent au rapprochement des différentes positions antagonistes.

Cependant le succès principal de la visite de Marine Le Pen est indéniablement d’avoir réussi à rencontrer un dirigeant chrétien d’un pays arabe et de faire médiatiquement parler d’elle et de débattre autour de son programme concernant le port des signes religieux ostentatoires et de faire connaitre son positionnement politique concernant une question d’actualité internationale, à savoir la Syrie.

Ces 2 objectifs ont été largement remplis lors de son séjour et cela au détriment des libanais eux-même, avec un rappel des conflits religieux entre communautés chrétiennes et musulmanes sur la question du voile comme on peut le constater au travers des réseaux sociaux où la question fait débat et d’autre part le conflit politique majeur, en premier lieu au sein même de la communauté chrétienne, de ces 10 dernières années, à savoir quelle attitude à adopter concernant le régime syrien. Ranimer ces plaies de passé toutes justes pansées avec la réconciliation entre Forces Libanaises et Courant Patriotique Libre, est une grossière erreur en d’autres termes.

Présidentielle Française: La Binationalité en question

Concernant la polémique actuelle sur la question de la double nationalité Franco-Libanaise du programme de la candidate à la Présidence de la République Française, Marine Le Pen, actuellement en déplacement au Liban et qui souhaite la retirer aux Binationaux, il est vrai que la France a accordé trop facilement cette dernière à de nombreuses personnes et non seulement à des libanais mais à d’autres étrangers.

Cependant, on ne corrige pas une erreur en commettant une autre erreur qui est le retrait de cette nationalité aux binationaux dont certains sont plus « français » et fiers d’être français que les Français eux-mêmes.

La nationalité est une chose qu’on mérite et non qu’on reçoit. Le débat doit plutôt se faire sur cette base de services rendus à la France et à son rayonnement dans la région et ailleurs. Certains l’ont également par le sang. Ces paramètres doivent entrer dans le cadre de la nationalité et non le contraire.

Il est inadmissible aujourd’hui de la retirer à ceux qui ont oeuvré pour la France d’une manière ou d’une autre alors que d’autres personnes l’ont reçu sans même participer au maintien de l’influence française – il y en a même qui ne parlent pas français comme on ne peut que le constater en faisant la queue dans les services de l’Ambassade locale et toutefois sont les premiers à demander l’aide parfois financière de la Métropole – que cela soit dans leur pays d’origine comme le Liban ou dans la région.

La France doit considérer déjà un ensemble de paramètres nouveaux dans l’obtention de la nationalité, droit du sang, services rendus à la France, mettre un stop aux aides financières automatiques, arrêter le regroupement familial … voila plutôt quelques pistes à étudier au lieu du retrait bête et stupide de la nationalité aux binationaux.
Le débat doit être ouvert à ce niveau et non ailleurs.

Quand les autorités libanaises prétendent ne pas connaitre les régulations internationales

Suite à la polémique concernant la présence d’oiseaux à proximité de l’Aéroport International de Beyrouth en raison de la présence d’une décharge, celle de Costa Brava pour ne pas la nommer et de leur élimination par des chasseurs appelés à la rescousse, il convient de voir les pratiques des différents pays auxquels on se réfère généralement au Liban.

Certains citent un article concernant New York – On se penserait presque à l’excellente chanson éponyme de Liza Minnelli – qui aurait éliminé 70 000 volatiles en 10 ans depuis 2009 en raison des menaces causées à ses installations aéroportuaires puisqu’ils en ont non pas une mais plusieurs. A une différence près, ils ont construit des aéroports dans des zones marécageuses et non une décharge à côté d’un aéroport. Il s’agit donc avant tout que les gouvernants et que leurs supporteurs assument l’erreur commise en plaçant une déchèterie à proximité immédiate de ce genre d’installations.

Pour cela, un tour auprès des instances internationales et de certains services techniques à l’aviation civile Français et Américains s’impose également.

Ainsi, face au risque aviaire, tel qu’on le nomme, outre un durcissement des standards d’élaboration des avions en France, on apprend que la mise en place de décharges publiques est strictement régulé sans plus de détails.  Il est plutôt d’usage de réguler et même d’éliminer les environnements propices à la présence de volatile au lieu de mettre en place une décharge.

Plus intéressant encore est un document des autorités américaines dont voici le lien, où on peut lire plusieurs points qui intéressent directement tant le concitoyen libanais que le voyageur fréquent à destination du Liban.

Les autorités de tutelles libanaises devraient donc apprendre de ce document en date de 2007, donc bien antérieur à la mise en place de cette politique kamikaze, que les risques posés par la présence d’une décharge sont totalement incompatibles avec le fonctionnement d’une installation aéroportuaire.

Aux Etats-Unis, la présence de zones qui attirent des espèces mettant en danger la sécurité des vols est interdite à 5 miles de distance des aéroport. Plus encore, la mise en place de décharges est actuellement spécifiquement prohibée à part en Alaska sur un rayon de 6 miles soit 10 kilomètres. Pour rappel, la décharge de Costa Brava a été décidée en 2015 sur les abords même de l’aéroport international de Beyrouth et cela donc contrairement aux régulations qui ont actuellement court dans de nombreux pays.

Les décharges existantes avant le 15 avril 2001 suite à l’adoption de ces règles sont également renforcées. Ainsi, les autorités américaines recommandent l’interdiction de l’extension des aéroports. Les propriétaires et opérateurs de ces décharges sont également soumis à un ensemble de régulations plus strictes concernant le fonctionnement de ces dernières. Il convient ainsi de leurs parts de démontrer que ces déchèteries ne posent pas de danger au fonctionnement aéroportuaire et non le contraire.  Ces dernières devant être également totalement hermétiques et de ne pas entreposer de matériaux pouvant attirer des espèces pouvant nuire aux avions que cela soit des oiseaux ou des rongeurs par exemple.

Les opérations de compostages sont permises jusqu’à 1,200 pieds de distance des installations aéroportuaires à certaines conditions comme le fait qu’elles n’attirent pas ces mêmes animaux. Les opérations de recyclage de déchets non organiques comme le verre, le papier ou l’aluminum sont permis par ces régulations.

A la lecture de ces rapports, on comprend donc que les autorités libanaises sont les premières responsables de la mise en danger de nos concitoyens qui prennent l’avion depuis l’aéroport international de Beyrouth et non ces volatiles. Il convenait plutôt de s’inspirer des meilleurs pratiques internationales au lieu d’innover dans le pire.

La faute revient évidemment aux prédécesseurs des ministres actuels qui ont décidé de la mise en place de cette décharge aux abords de l’aéroport mais il convient également de souligner la responsabilité des autorités publiques actuelles, ministre de l’environnement, ministre des transports, conseil des ministres qui ne remettent pas en cause le plan précédent, qui constitue une absurdité et une mise en danger des voyageurs à destination ou au départ de Beyrouth.

Il convient donc aux autorités libanaises de procéder à la fermeture de tout infrastructure contraire aux règles de fonctionnement des installations aéroportuaires comme la décharge de Costa Brava et non de s’entêter dans un bras de fer dans lequel tout le monde reste perdant, mais surtout de comprendre pourquoi par une commission d’enquête de désigner les personnes responsables de ce gâchis, social et économique.

Il convient également d’appeler les companies aériennes internationales à boycotter les installations libanaises tant que les bonnes pratiques ne sont pas mises en place. Ce n’est pas en éliminant les mouettes qu’on élimine la cause de leur présence. Elles seront de plus en plus nombreuses tant qu’on n’éliminera pas la décharge dite de Costa Brava. Et plus encore, cela démontre le manque de visibilité de nos gouvernants pour l’avenir. Ils doivent travailler et oeuvrer en faveur de l’intérêt général en conformité avec les intérêts sanitaires, sociaux et économiques et non à leurs détriments.

« L’erreur est humaine, l’entêtement est diabolique »

On ne corrige pas une erreur en commentant une autre erreur. Dès que la décision de construire une décharge à côté de l’aéroport avait été prise, j’exprimais publiquement mes craintes à ce que les mouettes ou d’autres types d’animaux soient attirés et puissent nuire à la sécurité aérienne.

Les responsabilités existent dans l’erreur commise par la décision d’installer une décharge à côté d’un aéroport international, le seul du Pays, une erreur existe dans le fait aujourd’hui de tirer sur des oiseaux.
Que cela soient les mouettes ou des rats qui rongent les circuits hydrauliques ou des cables des avions, tirer et les éliminer n’est pas crédible, il faut plutôt éliminer les causes de leur présence en nombre accru, c’est à dire la décharge elle-même.
Les responsables de l’époque avaient pris une mauvaise décision, tout comme aujourd’hui les responsables actuels prennent une mauvaise décision en décidant de poursuivre la construction de cette décharge et en assassinant ces oiseaux. Ils auraient dû plutôt agir de manière décisionnaire comme en suspendant les vols des avions en attente de la décision d’annulation.
Dès l’époque, la décision de suspendre les vols en direction ou depuis l’Aéroport International de Beyrouth aurait du être prise par les responsables de la sureté aérienne et les responsables des companies aériennes locales – on accuse notamment l’un d’entre eux d’avoir fait ramener ces chasseurs chargés l’éliminer les mouettes – et internationales pour protester contre les risques posés par la décision des autorités libanaises.
Dès l’époque, le Ministre du Transport d’alors aurait dû intervenir pour rappeler les conséquences de cette décision. Dès l’époque, cette décision de mise en place de cette déchèterie aurait dû être suspendue. Seuls quelques courageux s’exprimaient alors et mettaient en évidence non seulement les risques mais allaient manifester sur place. Ils n’étaient pas écouter, les autres s’en foutaient, trop heureux de voir une pseudo-fin à la crise des ordures alors que ce n’était qu’un prologue. Manque de vision à long terme pour la plupart des gens. Donner leur le peu qui suffit à les satisfaire, ils réclameront plus un état de droit et un état respectueux de ses concitoyens.
Costa Brava est une chose, la décharge de Bourj Hammoud en est une autre qui provoquera également des problèmes sanitaires notamment par rapport à l’importation de matières alimentaires au Port de Beyrouth ou encore des problèmes de santé publique à la population de la capitale.
Les mouettes à l’AIB, ce n’est que la première étape des catastrophes à venir liées à la mise en place de ces 2 décharges – on paye toujours le prix de celle de Bourj Hammoud mise en place dans les années 90 et fermée jusqu’à l’année dernière – si des décisions courageuses ne sont pas prises dans les mois ou les années qui viennent.
Le Liban est pourtant signataire de traités internationaux qui interdisent les pratiques décidées par les autorités précédentes comme le fait de jeter à la mer des poubelles, les autorités actuelles n’étant en fin de compte pas meilleurs en n’ayant pas décidé de sursoir à ces décisions, de les geler afin de pouvoir dans un premier temps les réexaminer et les annuler ensuite. Il ne fait guère de doute que les organisations internationales vont se rappeler au bon souvenir de nos pseudo-gestionnaire d’un avenir mis en parenthèse dans les mois et les années à venir en regard à ces accords. Les organisations locales de défense de l’environnement ne sont pas meilleurs, c’est la course au Spotlight, qui passe le mieux ou le plus longtemps devant les chaines de télévision alors que les solutions, elles, ne sont pas locales mais internationale.
Une commission d’enquête qu’elle soit judiciaire ou parlementaire, voir les 2 mêmes, devrait être ouverte pour savoir et connaitre pourquoi on en est arriver là, comment on a pu commettre erreur après erreur, malgré les explications des spécialistes et malgré même le sens-commun et le bon sens. Corruption? Manque d’intelligence, Imbécilité même, les causes peuvent être multiples mais il convient de les comprendre pour ne plus recommencer contrairement à nos habitudes bien locales de recommencer encore et encore, ces erreurs. 
Errare humanum est, perseverare diabolicum.

USA: Une leçon de démocratie

Donald Trump est devenu le 45ème Président des USA en dépit d’un échec pourtant annoncé par beaucoup et notamment par les fameux instituts de sondage.

Les premières images d’une Hillary Clinton sont une leçon de démocratie et de l’acceptation de la défaite, elle pour qui la victoire semblait être promise. Prenons en acte également au Liban où notre système n’est en fin de compte pas si démocratique que cela et où certains n’acceptent pas leur défaite lors des différentes élections législatives. En d’autres termes, ce qui prévaut au final n’est pas de gagner le vote de députés ou de Grands Electeurs mais de gagner cette volonté populaire et Donald Trump a gagné non seulement le vote des Grands Electeurs mais aussi de cette volonté populaire puisqu’il reste le candidat qui a recueilli sur le plan national le plus grand nombre de suffrages avec 48% en sa faveur contre 47% allant à sa rivale qui doit en être bien malheureuse.

Ce résultat démocratique doit être aujourd’hui respecté quelles que soient les opinions des uns ou des autres. Le peuple américain a fait son choix et le prochain président a suffisamment de dossiers déjà sur son bureau, crise au Moyen Orient, crise en Ukraine, et d’autres difficultés qu’il serait fastidieux d’énoncer.

En dépit d’une campagne électorale exécrable marquée par de nombreuses polémiques de toute part, Donald Trump a donc fini par le remporter et il aura aussi le champs-libre: avec une chambre des représentants et du sénat à majorité républicaine, le système lui parait acquis, à lui qui se voyait opposé de toute part de nombreuses personnes et notamment dans son propre parti.

L’échec pour l’establishment

L’échec d’Hillary Clinton est d’autant plus cruel pour elle qu’elle était soutenue par une grande partie de l’establishment local tant des instances dirigeantes du Parti Démocrate que de celui de Wall Street qui la préféraient à Bernie Sanders. Ce dernier aurait l’emporter déjà durant la primaire démocrate. On ne pouvait comprendre qu’autant d’états lui acquis lors des primaires pour ensuite perdre face à une Hillary Clinton sûre d’elle. Ce déni était devenu d’autant plus flagrant que les plus hautes instances démocrates ont été dans l’obligation de démissionner après que certains courriels sur leurs implications et leur soutien à la candidate Clinton aient été révélés. Les dès étaient donc pipés.

Bernie devait l’emporter par la volonté des électeurs démocrates mais devait perdre pour l’establishment, lui qui se prononçait notamment en faveur d’une sécurité sociale ou à l’éducation supérieure gratuite aux USA. L’impensable.
Dans l’optique d’une confrontation avec Donald Trump, nul doute que les résultats de l’élection présidentielle auraient été tout autre et qu’il aurait peut-être gagné puisque répondant mieux à des inspirations populaires conflictuelles avec celles de cet establishment.

Face à Donald Trump qu’on disait sexiste, raciste, l’échec est d’autant plus important. Il convient aussi d’en comprendre les causes qui sont donc avant tout celles d’un rejet de cet establishment qui laissé les citoyens américains.

Hillary Clinton n’était pas l’enfant de coeur que la presse se plaisait à décrire. Mettons de côté ses fameux courriels et tenons-nous en à les déclarations publiques de cette dernière. La semaine dernière encore, elle se prononçait pour abattre les avions russes au-dessus de la Syrie. Une ancienne secrétaire d’état aux affaires étrangères et candidate aux élections présidentielles se prononçant pour un acte de guerre contre une puissance disposant de l’arme atomique est irresponsable. Rappelons également que dans les fameux courriers révélés par Wikileaks, la candidate démocrate et ancienne secrétaire d’état aux affaires étrangères, s’interrogeait sur la possibilité de « droner », gentil mot pour dire assassiner », Julian Assange réfugié dans une ambassade à Londres, pays allié, ne faisait de doute sur son caractère belliqueux.

Même si le citoyen américain lambda a une profonde méconnaissance des enjeux mondiaux, nous constatons ici que le niveau d’Hillary Clinton en fin de compte n’était pas en reste.

On agite ici ou là les propos de Donald Trump mais Hillary Clinton ne valait guère ou plutôt « guerre » mieux.

Cela rappelle à cet establishment qu’une élection ne se gagne pas à la faveur des sondages mais par le vote populaire. Ce n’est pas en faisant peur aux électeurs qu’on remporte une élection mais en faisant au contraire appel à des sentiments plus profonds. Celui de la Justice et des réponses aux problématiques socio-économiques que les populations vivent quotidiennement.

Une leçon pour le Liban ?

La similarité avec le Liban peut se faire. Outre l’exemple de l’acceptation de l’échec politique donné par Hillary Clinton qui félicite Donald Trump, ce qui n’est généralement pas notre cas, on a du mal à accepter que l’adversaire politique tant haï puisse gagner des élections, notre système politique en fin de compte reste contrôlé par un establishment politico-financier qui fait la pluie et le beau temps sinon le mauvais temps.

En dépit de tous les problèmes socio-économiques et politiques, ils restent en place qu’ils soient Zaims, Président ou chefs de partis voire chefs d’entreprises. Ils préfèrent que les jeunes s’expatrient plutôt que d’accorder leur chance et de démontrer leurs compétences souvent plus importante que les leurs. Ce n’est pas une élection qui change la donne au Pays des Cèdres.

Cette élection de Donald Trump doit leur rappeler que la légitimité vient du Peuple et non de cette pseudo-mafia. Espérons que désormais, ils en prennent acte et agiront en conséquence, qu’ils laisseront la possibilité à l’expression populaire comme ce qu’ont démontré les mobilisations en faveur du mouvement Tol2et Rihetkoum ou Beirut Madinati. Faute de quoi d’autres mesures plus fâcheuses s’imposeront d’elles-mêmes.

Ne me méprenez pas, les révolutions ne sont pas dans mon style. Il ne s’agit que d’un dernier recours face au refus de partager le pouvoir. Certaines sont salvatrices et d’autres constituent un remède pire que le mal qui nous ronge. L’intelligence est au contraire d’en prendre acte et d’agir en conséquence pour sauvegarder la Démocratie.

Sur un tout autre volet, les premières déclarations du 45ème Président des Etats-Unis d’Amérique en faveur de la résolution non pas par le conflit mais par le dialogue des crises peuvent paraitre optimistes aujourd’hui, notamment sur le volet qui nous concerne, à savoir la crise syrienne et yéménite dont on paye ici même au Liban le prix d’une manière indirecte, ou plus loin, ukrainienne. Ce n’est pas par le conflit comme ce que souhaitait Hillary Clinton que le Monde ira mieux, chose dont beaucoup ont fait l’impasse pour des raisons idéologiques ou par ignorance tout simplement parce que ces propos n’ont pas été rapporté. Il ne fallait pas faire peur d’Hillary Clinton mais agiter la menace Trump selon cet establishment.

Le Monde, certes, ne sera pas meilleur avec Donald Trump à la tête de sa première puissance, mais peut-être avons-nous encore échappé au pire.

L’échec des valeurs européennes

L’Europe ou du moins une partie de l’Europe réagit en croyant véhiculer des valeurs qu’elle croit universelle, concernant non seulement la religion mais également le caractère socio-économique de sa civilisation. Mais elle se trompe lourdement et on en tire aujourd’hui les conséquences au travers de nombreuses crises existentielles.

L’échec de la démocratie au Moyen-Orient, l’incompréhension que l’Islam n’est pas seulement une religion comme le Christianisme mais également un système politique et économique, l’échec dans un jugement avec des préjugés de la société américaine qui est plutôt en fin de compte conservatrice sur un certain nombre de valeurs comme le démontre le phénomène Trump aux USA et la remise en cause notable du droit à l’avortement, la non-compréhension que la notion des droits de l’homme n’est pas universelle et entre en conflit entre le caractère individualiste ou collectif de sociétés comme en Asie ou une vie peut en fin de compte être sacrifiée pour le bien commun, des échecs accumulés qui finissent donc par miner la construction européenne, comme en témoigne l’éloignement de la Grande Bretagne et son BREXIT.

La Turquie, aujourd’hui également, s’éloigne de l’Europe suite à l’échec du coup d’état démontre en fin de compte d’une manière encore plus cruelle que l’Europe n’est pas un modèle assez attractif pour juguler et menacer la décision d’Erdogan de rétablir la peine de Mort et de réintégrer un modèle islamique en contravention avec son histoire et son héritage des 70 dernières années kémalistes  que l’Armée Turque devait pourtant garantir.

Des conflits européens, Ex-Yougoslavie d’abord entre modèles de pseudo-coexistence entre Serbes et Bosniaque, entre orthodoxes et musulmans kosovars ont démontré que le modèle européen est aussi limité et que les gouvernants européens n’ont rien compris. Le temps est au conflit entre civilisations et entre valeurs et dans ce cas de figure, le modèle européen n’existe plus puisqu’on arrive au temps des interrogations quand d’autres sont déjà au moment des certitudes.

Les soubresauts que connait actuellement le Monde ne sont peut être que le reflet d’une remise en cause par beaucoup de sociétés de ces valeurs que l’Europe croyait sienne et qu’elle a tenté d’exporter à travers le Monde et qui ont débouché sur de graves crises existentielles. Démocratie, Droits de l’Homme, Liberté d’Opinion, etc… autant de valeurs qui aujourd’hui sont combattus par d’autres comme en témoignent les assauts des terroristes en France.

Evoquant le terrorisme et la France, le terrorisme aujourd’hui est certes global mais l’Europe en est aujourd’hui la première victime parce qu’elle a accepté de nombreuses dérogations. Au lieu de se construire, elle a donné des dérogations à la Grande-Bretagne et on a au final abouti au BREXIT. De même, elle a accepté, outre la Grande-Bretagne, d’autres chevaux de Troie et même devait accepter la Turquie. Le concept d’immigration et d’amalgame de certains de ses membres ont marché un certain temps quand il était intra-européen mais du moment ou il a également concerné des populations aux valeurs sociales et religieuses trop différentes, ceux ci ont eu un malaise face à ces valeurs européennes que certains trouvaient inacceptables notamment au niveau des droits des individus et du conflit entre une religion qui est également un système politique et le système des valeurs et politiques en rigueur en Europe.

La question aujourd’hui est ce qui peut, peut-être, sauver l’Europe et évitez encore cette dérive? Cette opération e sauvetage doit avant-tout être une remise en question, notamment pour la France d’un principe de laïcité qui lui est cher mais qui est unique en fin de compte en Europe. Les Pays de l’Est sont restés religieux en dépit de leur appartenance à la sphère communiste durant bien années. La France est la première visée par la vague terroriste parce qu’elle est le pays malade de l’Union Européenne, notamment par la perte de ses valeurs historiques. Ils attaquent la France non pas par ce qu’elle est laïque mais qu’elle a toujours été la fille ainée de l’Eglise ou du moins comme elle le parait toujours à leurs yeux.

Nul tabou à ce sujet. Il est important de discuter de toutes les alternatives qui peuvent être sur la table afin de provoquer un véritable débat mais aussi des décisions doivent être prises et elles sont graves. Il faut parfois se faire violence et couper un doigt pour sauver un bras.

Faut-il remettre en cause le droit du sol au profit du droit du sang? Une nationalité se mérite même quand on né avec cette nationalité. C’est un devoir et non un droit. Certains déjà ont renié leurs propres nationalités et pourtant en Europe, on discute encore du sexe des Anges.

Evoquant l’expérience libanaise, on fini par noter d’inquiétantes similarités. On est à la veille non pas d’une guerre civile mais de conflits localisés et le Pays des Cèdres est un modèle à ne pas suivre.

Le Liban était occidental dans son histoire comme appartenant à la sphère levantine et non un pays arabe jusque dans les années 50 avant d’avoir été emporté par le conflit israélo-arabe et d’avoir été obligé de choisir le camps de l’arabité. Face aux tensions résultants de la remise en cause du caractère occidentalisé d’une grande partie de sa population d’alors et cela dès 1958, il en résultera la guerre civile de 1975. Le principe de coexistence n’est donc pas à suivre. Au nom des compromis, on fini par la paralysie comme aujourd’hui au mieux et au conflit au pire entre les différentes communautés. Peut-être que les Libanais peuvent alors faire profiter de leur expérience les Français afin d’éviter le pire, il convient de leur dire que vivre ensemble n’est pas une idée à suivre mais vivre l’un à coté de l’autre avec ses différences régionales peut-être une solution à considérer.

La France doit à l’avenir faire des choix qui vont s’avérer être cruciaux pour l’Europe et durs voir même inacceptables pour certains aujourd’hui mais qui constitueront peut-être sa seule et unique chance. Et ces tabous doivent tomber pour arriver à un résultat tangible.

Image des victimes: Une polémique qui ne devrait pas en être une

La polémique concernant le traitement de l’information est relativement intéressante… Grosso modo, les médias français et notamment TF1 et France2 sont accusés de faire ce que les médias Libanais font depuis des années sans aucun grief: montrer des victimes … A une différence prêt, les médias français l’ont fait en direct et non en montrant des images en boucle.

En France, beaucoup s’interrogent sur le devoir fait de répercuter des contenus violents présents sur les sites ou les réseaux sociaux comme ce qu’indique cet article du Figaro. Grosso modo, on pourrait presqu’en conclure qu’il est possible de publier des photos de victimes décapitées par Daesh en Syrie mais il n’est pas possible de publier un contenu audio ou vidéo voir une photographie d’une victime d’attentat en France. On en est loin encore de ces questions au Pays des Cèdres ou la violence, elle, est pratiquement institutionnalisée d’où une notion de débat nécessaire concernant cette problématique.

Cela implique plusieurs thème à cette réflexion qui vont de la place des pratiques des médias traditionnels à la place désormais confirmée des nouveaux médias issus des réseaux sociaux.

Les Médias dits traditionnels dépassés

 D’un côté, on ne peut pas contrôler un direct, ce qui arrive arrivera sur les lieux des attentats. Ils arrivent, les journalistes sous l’impact de l’urgence et ne savent pas à quoi s’attendre d’autant plus que beaucoup n’ont pas d’expérience de zones de combat ou de guerre et encore moins de zone d’attentat que cela soit à Paris ou à Nice. Les difficultés dans une telle configuration sont évidentes et leur faire porter le chapeau dans un tel scénario tient à la mauvaise fois.
De l’autre coté, il n’est pas évidemment souhaitable de montrer des victimes, je pense particulièrement au cas au Liban, de l’assassinat d’un homme politique dont on passait des images quand sa dépouille arrivait à l’hôpital. Dans ce cas précis, le contrôle est et doit être possible.
 
Enfin, l’une des dernières réflexions qu’on pourrait avoir concerne le fait d’avoir ou non une information aseptisée ou il n’est nulle question de choquer pour provoquer l’effroi, le choc, ou autre. Certains prétendent que montrer les dépouilles, ne pas aseptiser l’information reviendrait dans le cas du traitement de l’information pour faire le jeu des terroristes, comme par exemple pour instituer la peur. D’un autre côté, ne pas montrer les détails, aseptiser l’information revient à traiter cette dernière, dans le cadre d’un attentat, ce qui est déjà horrible, tout comme un fait banal, divers puisque les gens ne pourraient à ce moment là plus s’en indigner ou s’en révolter.
 
Les limites donc de l’information, le côté éthique de la chose ne sont pas aussi simples en fin de compte. Il revient donc aux médias et aux chaines de télévision en particulier de marcher comme des funambules sur une corde assez longue et de ne pouvoir que recevoir critiques sur critiques, où de ne pas en faire assez ou de trop en faire, toujours au prétexte de la déontologie. On peut toujours aussi porter des jugements d’apriori après.
Peut-être que la meilleure solution en fin de compte est un retour au caractère humaniste de chaque journaliste sur place qui seul sera juge pour savoir s’il faut, oui ou non montrer les victimes selon le contexte donné. Mais l’essentiel sera toujours de s’indigner face à l’horreur et non de prétendre à diminuer la portée du carnage dont ils sont les témoins et les premières personnes généralement en ligne comme les forces de l’ordre et les secours sanitaires.

Médias 1.0 contre Médias sociaux

L’une des autres difficultés et même l’une des principales difficultés est le contrôle des réseaux sociaux. Beaucoup de personnes sur les lieux des attentats partageaient déjà les vidéos et l’information au sujet de l’attentat de Nice, puisque c’est désormais ce qu’il faut dire avant même les médias dits traditionnels. Déjà par le passé, la mort de Ben Laden, leader d’Al Qaida, avait été annoncée sur Twitter avant les médias dits 1.0. L’application #Periscope aurait été ainsi la première à répercuter l’information selon laquelle un camion fonçait sur la foule à Nice.

Une course à la vitesse a désormais lieu entre structures traditionnelles qui ont certes essayé de se moderniser en ayant recours aux réseaux sociaux et ces derniers mais face à un évènement de grande ampleur comme un attentat, apparaissent leurs limites. Ils ne peuvent plus autant suivre, avoir aussi de caméra à l’égal du nombre de smartphones que les individus présents sur les lieux des incidents. Ils deviennent suiveurs ou dans l’obligation de publier des informations issues des réseaux sociaux qui peuvent ne pas être exemptées de désinformation comme ce qu’on a vu durant l’attentat de Nice quand la chaine de télévision LCI évoquait une possible prise d’otage suite à un tweet alors que cela n’était pas le cas.

Cependant, la répercussion d’une information brute, d’images de victimes et autres ne doit également pas faire oublier les limites qui existent également du côté des médias sociaux, à savoir que nul ne peut s’instituer comme analyse sans l’être. Les personnes impliquées et répercutant une information peuvent ainsi ne pas capables de distinguer le vrai du faux et il existe de nombreux exemples notamment sur Facebook ou une information tronquée et fausse circule sous forme de ce qu’on appelle communément Hoax. Un spécialiste, lui, prendra le temps d’analyser l’information, de la vérifier, de vérifier l’image ou le support audio/vidéo afin d’en confirmer la véracité.

Toute la difficulté entre médias sociaux et médias traditionnels est donc que les gens ne font plus tellement la différence entre les 2 et ne prennent pas la peine d’analyser et prendre le temps de la réflexion. Ils répercutent l’information sans l’aspect analytique ce qui implique une grande possibilité de mauvaise interprétation de l’information.

Durant des années, on estimait que l’information doit être brute pour ne pas être subjective. Ceci est sans nul doute vrai. Mais à force de vouloir une information trop brute, on en oublie également le contexte particulier d’un évènement comme ayant pour cause un autre évènement. Il convient alors aussi d’équilibrer une information brute répercutée en premier par une analyse secondaire et cela doit être le rôle des médias dits traditionnels, rôle qu’ils ont du mal à revendiquer en pensant ainsi être relégués au 2ème plan.

Beyrouth, une des plus belles villes du Monde pour les touristes

Comme d’habitude, on aime flatter nos égos. C’est donc de manière virale qu’on apprendra que le magazine spécialisé Travel and Leisure aurait choisi Beyrouth comme l’une des destinations de choix dans le Monde – plus précisément, la capitale figure au 12ème rang mondial – et la première ville arabe à figurer sur la fameuse liste, cette année du mois et cela juste d’un cran en-deça de la ville éternelle, à savoir Rome.

Beyrouth se trouve ainsi confrontée à la concurrence de Florence, Kyoto, Barcelone et on passera sur le reste. Le magazine en question justifie son choix par le rebond de la capitale libanaise à l’issue de la guerre civile qui s’est pourtant achevée en 1990. Pas de quoi pavoiser en fin de compte … 26 ans après. Travel and Leisure cite de même l’architecture exceptionnelle de Beyrouth, mélangeant modernisme et architecture ottomane. Un petit rappel tout de même s’impose. Architecture Ottomane? Les Libanais voudraient savoir où ces derniers en ont trouvé des masses puisque des 1600 immeubles historiques à l’issue de la même guerre civile, il n’en demeure plus que 200 de manière officieuse. De même et enfin, la publication note la présence de Musées d’Art Contemporain. Hmmmmm, ok donc publicité pour une célèbre enseigne de la capitale dont le propriétaire vient d’inaugurer cette année un musée privé peut-être.

C’est à ce moment-là qu’on comprend le choix de Beyrouth puisque les paramètres de l’enquête prennent en compte, outre, normalement les sites historiques, la culture, la cuisine mais également le shopping. Mesdames, venez-donc à Beyrouth, vos petits-amis, maris ou même Papa vous gâteront ?

Certes Beyrouth demeure belle, mais pour ceux qui y résident, Beyrouth est infernale. Venir en touriste ne permet pas d’apprécier correctement la réalité sociale et économique d’une ville devenue trop chère pour la plupart de ses habitants et malade par de nombreux manques. Aurait-on déjà oublié la crise des ordures? Que dire des embouteillages quotidiens? Que constater face aux réseaux sanitaires pour ne pas dire des égouts qui sont sous-dimensionnés par rapport aux tours qui poussent comme des champignons dans certains quartiers? N’évoquons même pas la pollution. Cocorico, le Liban figure également parmi les pays ou les maladies liées à la pollution, cancer et autre, ont un des taux les plus élevés au Monde, selon le Ministère de la Santé dans une récente étude.

Aujourd’hui les tendances du tourisme est à ce qu’on appelle l’immersion au sein de la population locale et non plus au tourisme de luxe. Le Liban avait fait le choix d’un tourisme de masse avec comme segment visé, les Pays Arabes. Si Travel and Leisure et ses personnes participant à cette enquête avaient choisi d’être immergés, le résultat, sans nul doute, aurait été tout autre.

Outre le fait que le placement du Pays des Cèdres dans un cadre régional difficile, en pleine confrontation que cela soit avec le conflit israélo-arabe et on commémore ce mois-ci le 10ème anniversaire de la guerre de 2006, ou encore le conflit plus récent en Syrie qui nous a apporté notre lot de peine avec l’arrestation quasi quotidienne par l’Armée Libanaise de terroristes de Daesh ou d’Al Nosra.

Peut-être alors que le constat est beaucoup plus cruel. Beyrouth est décidément une ville martyre à l’image de ces statuts de la place éponyme. Oui parmi les critères pris en compte, figure en bonne place le caractère amical de la population locale. Nous sommes donc tellement hospitalier qu’on n’arrive donc même pas dire non à toute la misère du Monde, quitte à finir par faire couler notre propre pays … et en fin de compte, c’est prendre les libanais pour des dilettants, c’est à dire des personnes qui ne suivent que les impulsions de leurs plaisirs, de leurs goûts, et qui ont arrêté de se battre pour rendre leur propre pays meilleur.

De Beyrouth à Nice: le partage de la douleur

Choc au réveil de ce matin, l’horreur, 80 morts puis 84 morts, à Nice en France. Il est ô combien dur de se lever après l’annonce d’une telle horreur. On a envie d’y voir un cauchemar et de vouloir se recoucher avant de réaliser qu’il s’agit de la réalité.

Hier, dans son discours du 14 Juillet, jour de Fête Nationale, le Président Français François Hollande se félicitait notamment sur le volet sécuritaire. L’Euro s’est bien passé, la Fête Nationale s’est bien déroulée. On s’attendait à l’allègement prochain de l’état d’urgence adopté suite aux attentats du 13 novembre 2015 et qui avaient déjà endeuillé la France.

Un cinglant démenti aux lettres sanglantes aujourd’hui que rien ne va plus vient de parvenir aux oreilles des Français. Un Kamikaze, un tunisien naturalisé Français, ce qui n’est pas sans rappeler les autres kamikazes qui ont déjà frappé la métropole, ou encore ces pseudos français qui commettent quotidiennement des attentats en Syrie, ou encore qui envisageaient encore il y a 2 ans de frapper le Liban comme en témoignait à l’époque l’arrestation d’un franco-comorien à Hamra, coeur même de Beyrouth.

Ces gens là utilisent un passeport et pourtant rejettent la notion d’appartenance à une Nation. Dans un tel cas, on ne peut pas parler de Français, ni même de Tunisien etc… puisqu’ils ne croient pas à la notion de vivre ensemble et donc d’accepter les différences. Ils ne croient pas aux différences mais à l’homogénéisation de la société vers une société religieuse et fondamentaliste. Leur seule croyance est celle d’un djihad contre tous ceux qui s’opposent à leur vision étriquée. 

L’heure est grave, un certain amalgame peut évidemment se faire, mais l’heure doit être aussi au recueil pour la mémoire des victimes. Cependant, les prochaines heures doivent être également celles de la prise de décisions courageuses comme le fait de devoir se débarrasser de ces terroristes partout dans le Monde. Nos pensées vont évidemment aux Parisiens depuis le 13 novembre, aux Niçois aujourd’hui, mais également aux Africains, aux Syriens, aux Libanais et à tant d’autres quotidiennement confrontés à ce genre de terrorisme. Ils cherchent à instituer la peur mais nous manquons, nous, de solidarité déjà entre nous.

Nous croyons que lutter contre ces terroristes, c’est poursuivre la fête alors que lutter c’est avant tout de combattre ces terroristes où qu’ils soient. Ils exportent leur horreur sur nos sols parce que nous faillions à aller les combattre sur leur théâtre d’opération. C’est cela la faute des pays occidentaux. Soyons clair, le Front, c’est la Libye, c’est la Syrie et c’est aussi combattre les pays alliés des terroristes ou par lesquels ils passent avec ou non la coopération de ces états comme la Turquie avec qui pourtant la France se déclarait être solidaire. 

Ne me méprenez pas. Il ne s’agit pas de prendre les armes et de combattre mais d’être vigilant et de soutenir les forces de sécurité partout où elles sont confrontées à ces individus et mes pensées se tournent dans ce cadre à l’Armée Libanaise qui manque cruellement de moyens parce que l’Arabie Saoudite a unilatéralement décidé d’arrêter son programme d’aide qu’elle avait pourtant décidé en concertation avec la France. Alors qu’il convient avant tout de renforcer les états… on choisi donc de les affaiblir. 

Il est clair que ces individus obéissent à un mot d’ordre même s’ils sont des loups solitaires. Daesh appelait à frapper tous les pays qui lui sont opposés par n’importe quel moyen, armes lourdes, comme à Paris, armes blanches comme dans le cas de l’assassinat toujours en France d’un policier et de sa campagne, véhicules comme aujourd’hui.

Le Liban aussi connait un changement du motus operandis de ces terroristes. Au lieu de s’en prendre comme avant à la communauté chiite, ils s’en prennent aux chrétiens parce qu’ils sont chrétiens, tout comme ils s’en prennent à la France, le jour du 14 Juillet, date symbolique. Ils évoluent à la fois dans leur mode opératoire mais également dans leurs cibles. Ils cherchent à semer la division et pour eux, contrairement pour nous, tous les coups sont permis, y compris à s’attaquer aux civils. Quelle aurait été notre réaction si au lieu des feux d’artifices de Nice, ceux de Jounieh qui ont également eu lieu hier aient été les cibles? Aurions-nous été aussi solidaires dans le Monde? Ou encore aussi dilettants au prétexte qu’on aime la vie?

La Culture de l’impunité commence quand on ne s’indigne plus du malheur des autres. Et tant bien même qu’on s’indigne, il s’agit aussi de prendre des décisions et non de faire des déclarations des regrets ou déclarer son horreur. La Culture de l’impunité se poursuit par l’absence de solidarité mais aussi par le manque de soutien aux autres. C’est ainsi qu’aujourd’hui les Libanais doivent être solidaires des Français tout comme on peut s’attendre à ce que les Français soient solidaires des Libanais, des Syriens et de tout peuple qui souffre. Et Nous sommes Solidaires de votre souffrance en connaissance de cause. Nous subissons ce terrorisme depuis bien des années. Il es temps pour la France de dépasser des tabous

Nous sommes donc bien placés pour le savoir, parce que le Liban et la Syrie et aujourd’hui la France qui est endeuillée sont désormais aujourd’hui en première ligne dans cette guerre.

Juillet 2016, 10 ans après, une perspective réaliste

10 années ont passé… 10 années après un conflit que personne n’attendait. On était encore dans l’euphorie de l’année 2005, rempli de l’espoir que le Liban, enfin progresserait vers un Monde Meilleur, vers un Etat de Droit, un Etat tout simplement.

10 ans ont été gâchés en fin de compte. On pouvait s’attendre à ce que le dialogue politique devient l’arène de l’insulte, que les camps opposés s’invectivent. Cela participe en fin de compte au concept démocratique de pays tels que le nôtre.

Les erreurs ont été depuis nombreuses et on ne fait qu’en réaliser aujourd’hui la portée, et ce malgré les nombreux coups de semonces des années précédentes. À la fracture politicienne en 2 camps, 14 et 8 Mars, aujourd’hui, répond le dialogue et l’ouverture, avec d’un côté ce dialogue entre Al Moustakbal et le Hezbollah et de l’autre celui de la main tendue entre le CPL et les Forces Libanaises et cela en dépit des différences politiques voir, fort malheureusement dans un système tel que le nôtre communautaire.

Il n’en a évidemment pas toujours été ainsi. L’écho des armes nous ont fait, à plusieurs reprises, plonger au bord de l’abîme de la guerre fratricide, mais à chaque fois, le libanais à une habitude et fini par relever la tête hors de l’eau. On se souviendra de la guerre de juillet et août 2006, marquée en dépit de tout, par une solidarité inter-libanaise en dépit des différences politiques habituelles. On se souviendra également des évènements du fameux 7 mai, marqué par l’ouverture du dialogue entre les partis politiques et aboutissant aux fameux accords de Doha, sous la tutelle du Qatar. On se souviendra de Nahr Bared et de l’héroïsme de l’Armée Libanaise, confrontée avec peu de moyens, déjà aux barbares d’une organisation fondamentaliste qui ressemble étrangement à ce qu’on appelle aujourd’hui communément Daesh. On se souviendra des soubresauts sécuritaires entre Tripoli et notamment Jabal Moshen et Bab Tabbaneh et où aujourd’hui règnent entre les 2 quartiers une paisible coexistence. S’il n’y avait pas eu des morts, on finirait par dire qu’à quelque chose, malheur est bon … du moins au final.

10 ans, depuis le conflit de 2006 ont passé. 10 ans d’une leçon qu’on pourrait qualifier de formidables puisqu’on a finalement appris qu’on se doit, en dépit de tout, vivre ensemble, au-delà de la politique qui nous désuni. Il est cependant dommage qu’on ne puisse comprendre ces leçons qu’à travers le conflit et non le dialogue préalable au conflit.

Mais au-delà de l’aspect d’une leçon de réalisme politique, le système, lui, reste grippé. Les accords de Doha ont permis l’élection en 2007 d’un nouveau Président de la République. Aujourd’hui, le désaccord entre les grands parrains, à savoir l’Arabie Saoudite et l’Iran, bloque à nouveau l’élection d’un nouveau locataire du Palais de Baabda. Plus encore, notre système politique semble donc ne pas être représentatif de la volonté populaire mais dépendante du bon-vouloir de puissances étrangères qui règlent sur notre sol, leurs différents. Plus encore comme du temps des moments où le conflit israélo-arabe était exacerbé, le Liban est l’arène d’un combat qui n’est pas le sien. Face hier au face à face entre idéologies sionistes et nationalistes arabes, aujourd’hui, le conflit religieux entre sunnites et chiites menace notre région et plus particulièrement les pays comme le notre ou ses 2 communautés hier coexistaient et aujourd’hui se trouvent être dans 2 camps opposés, l’un iranien et l’autre saoudien et notamment au travers, pour changer de leurs implications réciproques sur le théâtre syrien.

Le pouvoir lui, reste silencieux, miné par ses propres faiblesses. La faute revient au défaut de réforme de ce système politique au profit d’une libanisation de nos représentants. L’impossibilité d’un processus de réforme pour former un pouvoir exécutif politiquement cohérent et non d’une pseudo-entente nationale où l’autre organe de pouvoir, le Parlement se trouve être démuni de son rôle primordial de débat entre majorité et opposition constitue un problème majeur. L’émergence de mouvements dits de la société civile n’est pas une cause de désordre comme certains laissent le faire croire depuis les manifestations de l’été 2015 mais un symptôme qui démontre que ce mal, désormais provoque un malaise généralisé.

La réponse politique n’a été qu’une nouvelle fois décevante, refusant de voir que le problème dépasse le plan stricte de la problématique des ordures, du manque d’électricité ou du manque de sécurité. La sphère politique refuse de se remettre elle-même en cause et au-delà d’elle, celle des grands parrains étrangers. Corruption, défaut de gérance des affaires publiques, conflit d’intérêts multiples, scandales Sukleen ou Ogero pour ne nommer qu’eux. Ils ne nous ont rien épargné en 10 ans et cela au mépris de nos portefeuilles et même de notre santé aujourd’hui.

La population n’en a pas marre de la politique mais elle exprime un certain raz-le-bol de la manière avec laquelle le débat politique se trouve être monopolisé au détriment de la majorité devenue depuis ces différents incidents, silencieuse. Mais peut-être que pour résoudre ce dilemme, fort malheureusement, 10 années supplémentaires seraient nécessaires, le temps qu’une nouvelle génération prenne sa place.