USA/Visa: Des syriens interdits de séjour et expulsés vers le Liban

Suite au durcissement des mesures d’entrée aux USA en raison d’un ordre présidentiel du Président Donald Trump, 6 ressortissants syriens dont des chrétiens ont été expulsés des USA vers le Liban.

Arrivés à l’aéroport international de Philadelphie, ces derniers parmi lesquels se trouvaient 3 enfants  se sont vus signifier l’interdiction de séjour sur le sol américain et ont été rapatriés vers leur destination de départ, l’Aéroport International de Beyrouth via Doha, d’où ils sont repartis vers la Syrie.

Donald Trump avait signé ce vendredi un ordre exécutif interdisant l’entrée aux USA à tous les ressortissants de 7 pays dont l’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Sudan, la Syrie et le Yémen. Cette mesure vise à interdire l’entrée de réfugiés pour 120 jours, à l’exception de la Syrie. Pour ce pays, le délai d’interdiction reste illimité.

 

Emoi parmi les réfugiés syriens présents au Liban

L’annonce de ces mesures avaient provoqués un vif émoi au sein de la communauté syrienne au Liban, pays qui héberge officiellement 1,5 millions de réfugiés qui ont fui la guerre civile, pour une population locale de 4 millions de personnes.

Les Etats-Unis s’étaient pourtant engagés par l’administration précédente du Président Barak Obama à accueillir entre 110 000 à 150 000 réfugiés syriens en 2017, contre seulement 18 000 installations depuis le début de la guerre civile en 2011.

Manifestations aux USA contre la décision de Donald Trump

Aux USA, suite à l’appel de plusieurs associations de défense des immigrés et réfugiés et de l’American Civil Liberties Union (ACLU), plusieurs manifestions ont eu lieu au sein même des aéroports et dans les grandes villes. Des perturbations ont été ainsi à déplorer aux départs de JFK où s’étaient rassemblés 2000 manifestants.

Un juge fédéral de Brooklyn, Ann Donnelly, a décidé d’un sursis d’urgence qui interdit momentanément l’expulsion des personnes arrivées dans des aéroports américains avec un visa valide et les autorise à entrer dans le pays, cette décision suspendant pour le moment la décision du Président Américain.

 

Le Liban, pays qui n’est pas le seul concerné

Par ailleurs, d’autres pays ont eu à déplorer le retour de ressortissants des 7 pays incriminés. La France a ainsi reçu 15 personnes interdites d’entrée aux USA, alors que l’Egypte de son côté a dû à déplorer le retour de 5 ressortissants irakiens et 1 ressortissant yéménite qui s’étaient embarqués à bord d’un vol d’Egyptair à destination du JF Kennedy Airport à New York. En Turquie, les billets d’avion vendus aux ressortissants des 7 pays incriminés sont tout simplement annulés, alors qu’en Hollande, la compagnie KML a tout simplement refusé de voir embarquer 7 ressortissants irakiens à destination des USA.

De Beyrouth à Nice: le partage de la douleur

Choc au réveil de ce matin, l’horreur, 80 morts puis 84 morts, à Nice en France. Il est ô combien dur de se lever après l’annonce d’une telle horreur. On a envie d’y voir un cauchemar et de vouloir se recoucher avant de réaliser qu’il s’agit de la réalité.

Hier, dans son discours du 14 Juillet, jour de Fête Nationale, le Président Français François Hollande se félicitait notamment sur le volet sécuritaire. L’Euro s’est bien passé, la Fête Nationale s’est bien déroulée. On s’attendait à l’allègement prochain de l’état d’urgence adopté suite aux attentats du 13 novembre 2015 et qui avaient déjà endeuillé la France.

Un cinglant démenti aux lettres sanglantes aujourd’hui que rien ne va plus vient de parvenir aux oreilles des Français. Un Kamikaze, un tunisien naturalisé Français, ce qui n’est pas sans rappeler les autres kamikazes qui ont déjà frappé la métropole, ou encore ces pseudos français qui commettent quotidiennement des attentats en Syrie, ou encore qui envisageaient encore il y a 2 ans de frapper le Liban comme en témoignait à l’époque l’arrestation d’un franco-comorien à Hamra, coeur même de Beyrouth.

Ces gens là utilisent un passeport et pourtant rejettent la notion d’appartenance à une Nation. Dans un tel cas, on ne peut pas parler de Français, ni même de Tunisien etc… puisqu’ils ne croient pas à la notion de vivre ensemble et donc d’accepter les différences. Ils ne croient pas aux différences mais à l’homogénéisation de la société vers une société religieuse et fondamentaliste. Leur seule croyance est celle d’un djihad contre tous ceux qui s’opposent à leur vision étriquée. 

L’heure est grave, un certain amalgame peut évidemment se faire, mais l’heure doit être aussi au recueil pour la mémoire des victimes. Cependant, les prochaines heures doivent être également celles de la prise de décisions courageuses comme le fait de devoir se débarrasser de ces terroristes partout dans le Monde. Nos pensées vont évidemment aux Parisiens depuis le 13 novembre, aux Niçois aujourd’hui, mais également aux Africains, aux Syriens, aux Libanais et à tant d’autres quotidiennement confrontés à ce genre de terrorisme. Ils cherchent à instituer la peur mais nous manquons, nous, de solidarité déjà entre nous.

Nous croyons que lutter contre ces terroristes, c’est poursuivre la fête alors que lutter c’est avant tout de combattre ces terroristes où qu’ils soient. Ils exportent leur horreur sur nos sols parce que nous faillions à aller les combattre sur leur théâtre d’opération. C’est cela la faute des pays occidentaux. Soyons clair, le Front, c’est la Libye, c’est la Syrie et c’est aussi combattre les pays alliés des terroristes ou par lesquels ils passent avec ou non la coopération de ces états comme la Turquie avec qui pourtant la France se déclarait être solidaire. 

Ne me méprenez pas. Il ne s’agit pas de prendre les armes et de combattre mais d’être vigilant et de soutenir les forces de sécurité partout où elles sont confrontées à ces individus et mes pensées se tournent dans ce cadre à l’Armée Libanaise qui manque cruellement de moyens parce que l’Arabie Saoudite a unilatéralement décidé d’arrêter son programme d’aide qu’elle avait pourtant décidé en concertation avec la France. Alors qu’il convient avant tout de renforcer les états… on choisi donc de les affaiblir. 

Il est clair que ces individus obéissent à un mot d’ordre même s’ils sont des loups solitaires. Daesh appelait à frapper tous les pays qui lui sont opposés par n’importe quel moyen, armes lourdes, comme à Paris, armes blanches comme dans le cas de l’assassinat toujours en France d’un policier et de sa campagne, véhicules comme aujourd’hui.

Le Liban aussi connait un changement du motus operandis de ces terroristes. Au lieu de s’en prendre comme avant à la communauté chiite, ils s’en prennent aux chrétiens parce qu’ils sont chrétiens, tout comme ils s’en prennent à la France, le jour du 14 Juillet, date symbolique. Ils évoluent à la fois dans leur mode opératoire mais également dans leurs cibles. Ils cherchent à semer la division et pour eux, contrairement pour nous, tous les coups sont permis, y compris à s’attaquer aux civils. Quelle aurait été notre réaction si au lieu des feux d’artifices de Nice, ceux de Jounieh qui ont également eu lieu hier aient été les cibles? Aurions-nous été aussi solidaires dans le Monde? Ou encore aussi dilettants au prétexte qu’on aime la vie?

La Culture de l’impunité commence quand on ne s’indigne plus du malheur des autres. Et tant bien même qu’on s’indigne, il s’agit aussi de prendre des décisions et non de faire des déclarations des regrets ou déclarer son horreur. La Culture de l’impunité se poursuit par l’absence de solidarité mais aussi par le manque de soutien aux autres. C’est ainsi qu’aujourd’hui les Libanais doivent être solidaires des Français tout comme on peut s’attendre à ce que les Français soient solidaires des Libanais, des Syriens et de tout peuple qui souffre. Et Nous sommes Solidaires de votre souffrance en connaissance de cause. Nous subissons ce terrorisme depuis bien des années. Il es temps pour la France de dépasser des tabous

Nous sommes donc bien placés pour le savoir, parce que le Liban et la Syrie et aujourd’hui la France qui est endeuillée sont désormais aujourd’hui en première ligne dans cette guerre.

Dialogues Citoyens, un pugilat en faveur de Léa Salamé face à François Hollande

Quelques nouvelles de Léa Salamé dont la prestation face au Président de la République François Hollande dans le cadre de l’émission Dialogues Citoyens a été largement commentée en France.

Une polémique avait vu le jour suite au choix de la chroniqueuse Franco-Libanaise au détriment de la responsable du service politique de France2, Nathalie Saint-Criqc, un choix assumé par Michel Field, « parce que Léa est virevoltante et sexy », a indiqué le quotidien « Le Canard Enchainé ». Ce choix s’est révélé être judicieux puisque Léa Salamé n’a, en fin de compte, laissé aucun téléspectateur indifférent mais dans un autre registre comme les différents messages postés sur les réseaux sociaux le prouvent.

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Le passage le plus marquant de l’émission concernait la crise des migrants qui secoue actuellement l’Europe et plus spécifiquement la question la question des relations franco-allemandes. Léa Salamé interpellait le président sur des déclarations critiques du Premier Ministre Manuel Valls envers la politique d’accueil des migrants par l’Allemagne.

« Vous imaginez qu’un ministre allemand vienne en France critiquer votre politique? » a d’abord lancé Léa Salamé. Face à elle, François Hollande a rétorqué: « Sur les migrants, avec madame Merkel, nous avons une position identique ». « C’est une plaisanterie? », s’est étranglé Léa Salamé.

Certains la trouvent insolente face au chef de l’état.

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D’autres estiment, à juste titre, qu’il faille justement adopter une telle attitude plus professionnelle. Un journaliste se doit de déranger. 

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Fille de l’ancien ministre de la culture Ghassan Salamé, actuellement candidat à la Présidence de l’UNESCO, Léa Salamé est née en 1979 à Beyrouth. Elle revendique ouvertement ses origines libanaises et arméniennes de par sa mère et a été naturalisée française dès l’âge de 10 ans. Stagiaire auprès de La Chaine Parlementaire, Léa Salamé est rapidement passée sur France24 tout juste crée en 2006, puis Itélé de 2010 à 2012, avant d’imposer ses marques sur le paysage audiovisuel français.

Avion russe abattu: les intentions cachées de la Turquie

Un avion russe de type Su 34 en Syrie. Source Image: Wikipedia.

Un avion russe de type Su 34 en Syrie. Source Image: Wikipedia.

Beyrouth, Liban – L’avion russe de type Sukkoi 24 russe abattu par la Turquie est évidemment à la une de nombreux journaux. Un pilote est mort, alors que l’autre, apprend-on aujourd’hui via l’Ambassadeur Russe à Paris, a été exfiltré par l’Armée Syrienne alors que Moscou envisage désormais de renforcer encore plus sa présence en Syrie, notamment avec l’envoi de système antiaériens S-400 Triumph – une première en opération de combat en dehors de la Russie - qui couvre une zone d’un rayon de 600 km. Cela évidemment compliquera tant le survol de la zone par les chasseurs des pays occidentaux que mettra les avions turcs en mauvaise posture dans la zone. 


Une information cependant dont on parle peu et qu’on découvre dans les colonnes du journal Le Figaro:

«En accord avec les règles d’engagement, les autorités turques ont mis en garde de manière répétée un avion non identifié qui se trouvait à 15 kilomètres ou moins de la frontière», confie une source officielle turque.

C’est donc au niveau du territoire syrien lui-même que les forces turques ont mis en garde le bombardier SU24 russe et après avoir passé 15s en territoire turc sur une petite portion, qu’ils l’ont abattu. Ils n’attendaient que cela.

CUkdnCuW4AAxX9LHier déjà, la carte radar publiée par le régime turc était quelque peu problématique. On peut y voir le chasseur bombardier russe effectivement loger la frontière, et pénétrer sur une petite portion comme un isthme à l’intérieur du territoire turc. Evidemment, les chasseur F16 Turcs, eux arrivent à faire du surplace au niveau de la frontière syrienne et n’y pénètrent pas selon cette carte, alors que Moscou accuse Ankara d’avoir poursuivi et fait abattre l’avion russe en territoire syrien. La carte publiée par la Turquie semble lui donner raison sur ce point, alors que l’épave du Su24 se trouve à 4km à l’intérieur des frontières syriennes.

Ce genre d’incident arrive souvent et pour autant, il n’entraine généralement pas de destruction de l’appareil par les systèmes antiaériens. Il s’agit donc d’un geste volontaire commis par Ankara, un message à faire, un message plus politique que territorial ou militaire. Il ne pouvait évidemment menacer la sécurité turque.

Capture d’écran de la vidéo du Ministère Russe de la Défense. En gris, la frontière qui est très peu lisible.

Capture d’écran de la vidéo du Ministère Russe de la Défense. En gris, la frontière qui est très peu lisible.

Cependant, du côté russe, a été publiée par le Ministère de la Défense, une autre vidéo, dont on parle que peu en occident et dans laquelle, nous pouvons constater que le Su 24 n’a pas pénétré le territoire turc mais a effectué un crochet au niveau de l’isthme problématique au niveau duquel les turcs accusent le chasseur bombarder russe d’avoir pénétré.

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Cette zone, correspondante à l’ancienne République du Hatay est également remise sur la scène. Il s’agit d’une province à l’origine syrienne, peuplée par 65% d’arabes principalement alaouites, la même communauté que le Président Syrien Bachar el Assad et échangée en 1938 par la puissance mandataire, la France contre la non-implication turque dans le conflit de la 2ème guerre mondiale et cela en violation du Mandat Français qui stipulait que Paris devait garantir l’intégrité territoriale. Bien que pacifiques, Damas a toujours revendiqué le retour de cette province.

Du coté syrien, des rebelles soutenus militairement par Ankara combattent les forces du régime syrien et cela est évidemment une autre violation territoriale turque et cela sans même évoquer le soutien turc direct ou indirect à l’organisation Daech: achat de pétrole des zones du conflit et exportation vers la Turquie avec la présence notable de nombreux camions citernes turcs sur place qui ont été détruits par l’aviation russe, le passage de nombreux combattants de Daech vers ou depuis la zone occupée via la Turquie, etc… Le rôle d’Ankara est ambiguë et évidemment Erdogan préfère la poursuite d’un conflit qui lui est en fin de compte favorable que son règlement.

La destruction de l’avion russe par Ankara dévoile ainsi les principaux outils actuels mis en place par Erdogan pour favoriser la chute de Bachar el Assad suite à l’entrée directe de la Russie dans le conflit. Erdogan avait été quelque peu mis à l’écart depuis l’intervention de Moscou sur le théâtre syrien ou il était un partenaire essentiel, ce qu’il n’est plus depuis. Ses positions diplomatiques se sont largement effritées, d’un coté par la perte d’influence

Il s’agirait pour lui de:

  • remettre  mise en place la question d’une non-flying zone qui est l’arlésienne du Président Turc;
  • de refuser une coalition large suite aux attentats qui ont visé l’Airbus Russe dans le Sinaï ou encore la Paris le 15 novembre dernier, contre l’organisation terroriste Daech dans laquelle semblait s’inscrire tant la France que la Russie et qui avait des chances d’aboutir selon les informations précédents l’incident. Cette partie de sa stratégie semble aujourd’hui porter ses fruits après les déclarations du Président Français François Hollande qui s’est aligné sur les positions américaines à l’occasion de sa visite aux USA ce mardi 24 novembre.

La Non-Flying zone, pour reprendre le terme anglican, est illégale au niveau du droit international puisqu’il s’agit d’une mesure unilatérale turque et non d’une décision de l’ONU et aussi une violation flagrante de la souveraineté syrienne.

Ce nouvel évènement n’est également pas sans rappeler qu’Ankara a toujours oeuvré en faveur de l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne dans le Nord de la Syrie, un peu à l’exemple de celle établie par l’ONU en Libye et qui a permis à la coalition franco-britannique alliée à des rebelles locaux fortement fondamentalistes de renverser Mouammar Kadhafi. Il s’agit là, notamment d’une des raisons qui ont fait que le régime turc a lâché les migrants vers les côtes européennes, amenant à la crise homonyme.

Cette opération qu’on ne souligne pas assez est à l’origine de l’intervention directe russe en Syrie, il y avait alors urgence pour Moscou d’intervenir auprès de Damas puisque l’Union Européenne, aidée de l’OTAN, sur demande ou plutôt sur exigence turque, souhaitait établir une zone d’exclusion aérienne dans le Nord de la Syrie malgré un probable véto russe au Conseil de Sécurité. C’est enfin parmi ces migrants que l’organisation terroriste Daech a infiltré des kamikazes dont certains seront à l’origine des attentats à Paris. La responsabilité d’Ankara est engagée et pourtant l’Union Européenne ne réagit pas à ces tentatives de manipulation de sa politique dans le conflit syrien dont elle fait l’objet.

Et l’Union Européenne, elle, en est toujours dupe.

François el Bacha