6000 combattants de Daesh et d’Al Nosra originaires du Liban

Plus de 6000 combattants – dont des palestiniens – originaires du Liban auraient rejoint le groupe terroriste de Daesh et de Jabhat al cham (ex al Nosra), révèle un rapport du quotidien libanais arabophone Al Akbhar dans son édition en date de ce vendredi. 1 300 d’entre eux auraient été tués au cours de la guerre civile syrienne et irakienne.

Selon le quotidien, nombreux d’entre eux, âgés dans la trentaine, seraient partis sur les théâtres d’opération par l’Aéroport International de Beyrouth via la Turquie avec comme destination finale, Raqqa, la capitale du groupe Daesh. D’autres via des passages illégaux entre le Liban et la Syrie.

Un certain nombre des palestiniens qui se sont impliqués dans le conflit syrien seraient originaires d’Ein Helwe déjà connu pour héberger un certain nombre d’organisations islamiques radicales opposantes au Président Syrien Bachar el Assad. Ce camps serait d’ailleurs un point de transit important pour les combattants anti-régimes, selon le journal.

Pour rappel, la guerre civile syrienne ou révolution syrienne est un conflit armé en cours depuis 2011en Syrie.  De mars 2011 à septembre 2016, le conflit a fait autour de 400 000 à 500 000 morts d’après les estimations de diverses ONG. Parmi les belligérants, on trouve divers mouvements salafistes et wahabites parmi les rebelles.

Ainsi, l’Armée syrienne libre est le premier mouvement à mener la rébellion, mais il est supplanté en 2013 par des brigades islamistes sunnites, telles que Ahrar al-Cham ou Jaysh al-Islam. Les mouvements rebelles sont soutenus par les pays du Golfe et l’Occident, et particulièrement par l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et les États-Unis. Daesh est lui né de la scission entre Al Nosra et ceux qui se nommeront Etat Islamique. Ce dernier entre en guerre contre tous les autres belligérants et devient la cible d’une campagne de frappes aériennes effectuées par une coalition arabo-occidentale menée par les États-Unis.

Le régime syrien bénéficie quant à lui des renforts du Hezbollah Libanais et de brigades islamistes chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien militaire de l’Iran et de la Russie.

Par ailleurs, le Liban a accueilli sur son sol plus de 1.5 millions de réfugiés syriens dont un certain nombre d’entre eux serait impliqué dans des opérations terroristes. La localité libanaise d’Arsal, dans la Békaa Est a été notamment brièvement prise par les groupes terroristes Al Nosra et Daesh avant qu’ils ne se retirent dans le maquis, emmenant avec un un certain nombre de militaires libanais et de membre des forces de sécurité. Alors que ceux aux mains d’Al Nosra ont été libérés, on est toujours sans nouvelle des 9 militaires aux mains de l’organisation Daesh.

Du Porno dans son téléphone, une preuve de ne pas appartenir à Daesh

Jugé pour appartenance à une organisation terroriste, à savoir celle de Daesh, un suspect libanais déclare ne pas pourvoir y appartenir en raison de la présence de films pornos sur son téléphone.

Selon le quotidien arabophone As Safir, ce suspect accusé d’avoir été impliqué dans des combats contre l’Armée Libanaise en octobre 2014 dans le quartier de Bhenin à Tripoli au Nord Liban, serait affilié au Cheikh Khaled Hoblos, lui-même aux arrêts depuis avril 2015. Ce dernier réfute également toute appartenance à l’organisation terroriste.

Un des avocats de la défense a indiqué que les services de sécurité ont retrouvé à bord du téléphone d’un des sympathisants suspectés d’être impliqués dans les combats contre les militaires libanais, des films pornos, « la preuve que ce dernier ne pouvait pas appartenir à Daesh », selon les propos rapportés par le journal.

Les autres 11 suspects citent dans le cadre de la procédure judiciaire font également état d’excuses plus ou moins farfelues pour clamer leur innocence: un d’entre eux déclare avoir été présent sur les lieux sur les lieux sans avoir même entendu les tirs de fusils et alors qu’une photographie le montre portant une arme. Un autre déclare avoir trouvé un équipement militaire dans un arbre, équipement avec lequel il envisageait de commettre des vols. Il est bien connu que les armes, comme l’argent, cela pousse dans les arbres. Un troisième enfin déclare être sous l’emprise de différentes drogues pour réfuter l’accusation également d’appartenir à Daesh.

Face à ces excuses, le juge militaire Khalil Ibrahim s’est ironiquement interrogé sur l’origine des décès des militaires tombés lors des combats. « Déclarez-vous que les martyrs de l’Armée sont morts d’une crise cardiaque? »

Pour rappel, en octobre 2014, le cheikh Khaled Hoblos, imam extrémiste de la mosquée Haroun à Minié, et 2 comparses avaient pris part à de violents affrontements contre l’armée à Tripoli. Le groupuscule du cheikh Hoblos serait ainsi lié à la mort de quatre soldats, dont deux officiers de l’Armée Libanaise. Il sera arrêté le 9 avril 2015, après avoir été localisé par les Forces de Sécurité Libanaises alors que la cellule terroriste qu’il dirigeait se préparait, selon les services de renseignement, à une nouvelle vague d’attentats.

Prochaine audience de ces comiques devant le Tribunal Militaire en septembre prochain … peut-être d’ici-là, que les avocats de la défense convoqueraient l’actrice pornographique libanaise Mia Khalifa afin de leur fournir un alibi.

Affaire Romain Caillet: La Sûreté Générale du Liban avait un peu raison de l’expulser

Nouveau rebondissement dans l’affaire de l’expulsion de Romain Caillet du Liban il y a de cela 1 an, à l’époque chercheur associé et expert sur les questions islamiques à l’Institut français du Proche-Orient à Beyrouth en poste depuis 4 ans et bénéficiant d’une bourse accordée par le Quai d’Orsay.

Le Nouvel Obs a réussi à se procurer la fameuse fiche S des Renseignements Généraux Français où l’on apprend qu’il se disait même en faveur du Djihadisme dans certains forums spécialisés, sous le pseudonyme Colonel Salafi alors qu’il suivait des cours de l’institut Qortoba, depuis fermé à la demande des services de renseignements occidentaux en raison du recrutement de certains de ses étudiants pour le djihad.

C’est au Caire qu’il a d’ailleurs rencontré les frères Clain dont l’aîné est aujourd’hui un membre important de Daesh et qui a revendiqué les attaques terroristes que la capitale française a connu en novembre dernier.

Convoqué par la Sous-Direction anti-terroriste (SDAT) en 2008, il précisera toutefois ne plus être en faveur du Djihad car il s’oppose « au fait d’entraîner des jeunes pour se sacrifier à mourir sans avoir acquis au préalable les bases de l’islam. »

En dépit de ce reniement, il héritera d’une fiche S toujours active et a pu être inquiété en raison de certains liens qu’il a eu précédemment avec des auteurs d’attaques terroristes en France, précise le Nouvel Obs, même si la justice ne retiendra au final aucune charge contre sa personne.

Bloqué à l’Aéroport de Beyrouth, Romain Caillet s’était vu être notifié d’un avis d’expulsion. Circonstance aggravante, l’Ambassade de France avait alors présenté une requête au directeur de la Sûreté Générale pour autoriser son entrée au Liban, mais celle-ci est heureusement restée sans suite. A son retour en France, « L’expert  » accusait le Hezbollah d’être à l’origine de la décision de la Sûreté Générale Libanaise dont certaines sources internes l’accusaient de liens avec des organisations terroristes. Le Mouvement Chiite avait, prétendait-il, débuté une campagne hostile dès novembre 2013 suite à la publication sur un site électronique d’une tribune dénonçant l’impérialisme du régime iranien et accusait le Hezbollah d’élargir son emprise sur les institutions libanaises. Il s’en était également pris à l’Armée Libanaise lorsque cette dernière avait arrêté l’ex-femme du principal dirigeant de Daesh Abou Bakr al Baghdadi.

Premier à avoir chercheur à avoir affirmé dès 2013 que l’organisation État islamique n’était pas liée à Al-Qaïda dans les colonnes du Monde, un certain milieu prétendait qu’il bénéficiait de nombreux contact au sein de la mouvance djihadiste, chose que l’on peut comprendre aujourd’hui à la lecture de cette fameuse fiche S. Il est depuis « consultant djihadisme » sur la chaîne de télévision française BFMTV.

Par François El Bacha

romain caillet

Liban: De nouvelles arrestations dans le cadre du scandale de l’Internet illégal

Les Forces de sécurité libanaises auraient procédé à l’arrestation de 7 personnes dans le cadre des enquêtes concernant la distribution d’un réseau illégal de système Internet, a annoncé l’agence nationale d’information, ANI.

Parmi les personnes faisant l’objet d’un mandat d’arrêt et déjà sous les verrous, Toufic Hiso, considéré comme proche du directeur général d’OGERO Abdel-Menem Youssef, Tanios Haddad et Hussein Mortada alors qu’Antoine Melhem, Mohammed Hunad et Abdallah Adra sont activement recherchées par les Forces de sécurité. Ces noms s’ajoutent aux noms des 22 personnes déjà arrêtées pour avoir illégalement installé 4 réseaux illégaux de distribution d’internet.

Le trafic était acheminé au Liban par plusieurs antennes acheminant de la bande passante depuis la Turquie et Chypre à un coût inférieur à celui vendu par la société OGERO. 4 de ces réseaux ont été depuis démantelés suite à la découverte de leurs installations à Denniyeh, à Ouyoun el Simane, Faqra et Zaarour et leurs serveurs découverts au centre ville de Beyrouth. Ces derniers seraient entrés au Liban via de vrais faux documents et étaient sensés appartenir à la société publique OGERO.

Le procureur financier, le Juge Ali Ibrahim les aurait inculpé de fraude et de détournement de fonds publics et référé leur dossier au premier juge instructeur du Mont Liban, Jean Ferneini.

Selon les informations disponibles, les enquêteurs chercheraient désormais à comprendre comment le matériel utilisé aurait illégalement été acheminé au Liban sur la base d’un rapport remis par les services de renseignement de l’Armée Libanaise, alors que l’affaire prend un tournant politique, le député druze Walid Joumblatt accusant indirectement l’ancien premier ministre Fouad Saniora, proche du directeur d’OGERO, d’être le principal commanditaire des détournements des fonds publics.

Pour rappel: 

Un désaccord à l’origine des révélations du scandale de l’internet illégal

Un désaccord à l’origine des révélations du scandale de l’internet illégal

Le journal libanais Al Joumhouria a indiqué, dans sa dernière édition, qu’un désaccord portant sur la répartition des bénéfices engendré par les réseaux de distribution de l’internet illégal entre employés de la société publique OGERO serait à l’origine des révélations de ce dernier scandale.

Les fonctionnaires auraient notamment été en conflit sur la division des bénéfices. Parmi les personnes impliquées, le directeur général de l’institution, Abdel Moneim Youssef qui ferait l’objet d’une plainte déposée par le PSP du député druze Walid Joumblatt.

Walid Joumblatt avait accusé Abdel Moneim Youssef d’être directement lié aux personnes ayant mis en place les réseaux de distribution d’internet. Une perquisition menée par les forces de sécurité auraient ainsi mis sous séquestre du matériel dont des serveurs, entrés par les frontières officielles avec des papiers administratifs frauduleux. Ainsi, les personnes suspectées comme Toufic Hiso ou Robert Saad, proches du directeur général d’OGERO et propriétaires officieux de ces réseaux utilisaient des serveurs détenus officiellement par OGERO dont l’usage a été détourné. Ces serveurs avaient alors été découverts dans un réservoir d’eau dans le centre Starco au Centre ville, siège de la société de Toufic Hiso

Le procureur financier Ali Ibrahim aurait ainsi interrogé le responsable d’OGERO, qui a été depuis libéré avec l’interdiction de quitter le territoire libanais. Une enquête parallèle de l’inspection centrale serait également menée à son encontre.

Pour rappel, le trafic était acheminé ensuite au Liban par plusieurs antennes acheminant de la bande passante depuis la Turquie et Chypre à un coût inférieur à celui vendu par la société OGERO. 4 de ces réseaux ont été depuis démantelés suite à la découverte de leurs installations à Denniyeh, à Ouyoun el Simane, Faqra et Zaarour.

Alors que le Ministre des télécommunications actuel, Boutros Harb soutient le directeur général d’Ogero, de nombreux conflits avec ses prédécesseurs avaient émaillé l’actualité au Liban. On se souviendra notamment des réticences d’Abdel Moneim Youssef à l’installation de réseaux de communication mobile 4G alors que le Ministère était occupé par les anciens Ministres Charbel Nahhas et Antoine Sehnaoui.

Ogero refusait alors de libérer plus de bande passante aux utilisateurs libanais alors que les cables acheminant le traffic ne sont utilisés qu’à 20% de leur puissance. L’objectif était, selon l’institution, de maintenir des tarifs élevés, 2 700 dollars par mois par E1 (soit 2 mégabits par seconde), dont 1 350 dollars de taxes, et ainsi sauvegarder les revenus de l’Etat. Cet argument aujourd’hui pourrait se retourner contre ces auteurs, un tarif élevé privilégiant plutôt les réseaux parallèles illégaux comme ceux pour lesquels il serait impliqué, selon certaines sources médiatiques.

Autre écueil, le réseau à fibre optique pourtant mis en place sur plus de 4000 km par Alcatel Lucent et dont Ogero refusait la mise en service, indiquant ce dernier n’était pas conforme au cahier des charges et refusé par le ministre actuel Boutros Harb.

Liban: Signature du Contrat concernant la fourniture de blindés

Sherpa Light, crédit photo: Volvo Renault Truck Defense

Sherpa Light, crédit photo: Volvo Renault Truck Defense

Après une longue période de gestation en raison d’un réexamen approfondi effectué par les autorités saoudiennes, le contrat concernant la fourniture à l’armée libanaise de 200 véhicules blindés de type VAB Mark 3 et Sherpa a enfin été signé par Volvo Renault Trucks Défense et la société en charge de l’exécution du contrat, ODAS.

Les 2  signataires n’ont cependant pas précisé le nombre de véhicules qui seront livrés à l’institution militaire libanaise.

Le VAB Mark 3 est un engin blindé de 20 tonnes avec une protection améliorée STANAG niveau 4, offre en outre un haut niveau de survivabilité à son équipage en cas d’explosion d’une mine ou d’un missile antichar. Ces véhicules sont également équipés d’une tourelle de Nexter. 7 fantassins peuvent y être embarqués.

Pour l’heure, il n’y a pas de précision quant à la version du véhicule blindé Sherpa qui sera destinée au Liban.

Un contrat en retard d’execution

Pour rappel, les autorités saoudiennes avaient accordé une donation de 3 milliards de dollars en 2013 afin de renforcer l’Armée Libanaise face aux menaces notamment djihadistes auxquelles elle était opposée.

Après une première livraison de 48 missiles antichar Milan à l’armée libanaise en avril 2015, le programme Donas a pris du retard, les autorités saoudiennes ayant souhaité en rediscuter certains volets. Certaines sources évoquaient différents facteurs dont le fait que le Royaume Saoudien souhaitait influencer les résultats des élections présidentielles libanaises. D’autres sources faisaient part de luttes d’influences concernant les programmes d’achat d’armes entre membres proches de l’ancien souverain Abdallah et du nouveau Roi.

Une deuxième livraison devrait ainsi intervenir au printemps 2016. Elle devrait concerner des équipements de communication.

Sur les 3 milliards de dollars, 2,1 milliards sont consacrés à l’achat de matériel et 900 millions à l’entretien et prévoit la formation de centaines d’officiers et soldats libanais pendant sept ans. Parmi les autres équipements attendus, des canons de type Caesar, des hélicoptères Gazelle ainsi que des hélicoptères de transport ainsi que 3 patrouilleurs équipés du système Simbad-RC de MBDA.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, avait estimé que la fourniture de ses armes intervenait alors que «Le Liban est soumis à une pression sans précédent de Daech et du Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) et qui fait du contrôle des frontières un enjeu vital pour sa sécurité». Quelques mois auparavant, les 2 groupes terroristes avaient pris le contrôle de la ville libanaise d’Aarsal, située au Nord Est de la frontière avec la Syrie. Ils avaient alors kidnappés une 20ène de soldats et de membres des forces de sécurité libanaises. On est encore actuellement sans nouvelle de 9 d’entre eux qui seraient aux mains de Daech. Egalement à travers cette aide à l’armée libanaise, l’Arabie saoudite entend faire contrepoids à la milice armée du Hezbollah alors que les relations entre les 2 états sont très dégradées.

Vers une interdiction des vols entre le Liban, la France et l’Angleterre (Ministre de l’intérieur)

l'aéroport de Beyrouth. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

L’aéroport de Beyrouth. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Dans une interview accordée au journal arabophone As Safir, le Ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, a révélé que la France et l’Angleterre pourraient prochainement interdire les vols à destination de l’Aéroport International de Beyrouth en raison d’un rapport critique effectué par l’Union Européenne au sujet des mesures sécuritaires en place.

L’Union Européenne aurait ainsi informé les autorités libanaises de la décision d’arrêter le transport de marchandises depuis l’Aéroport International de Beyrouth (AIB) ou Aéroport International Rafic Hariri, il y a de cela 1 mois. On ignore pour le moment si cette décision pourrait également concerner le transport des passagers.

Selon le Ministre, cette décision « serait sérieusement étudiée » mais elle ne serait pour l’heure pas finale, la France et la Grande Bretagne étant dans l’attente de décisions du gouvernement libanais afin de réduire les problèmes sécuritaires de cette institution. Selon Nouhad Machnouk, les efforts conjugués du Ministère de l’Intérieur et du Président de la Chambre des Députés, Nabih Berry se poursuivent alors que son homologue des Transports Ghazi Zeaiter serait mis en cause. Nouhad Machnouk accuse en effet ce dernier de ne pas avoir mis en place les mesures nécessaires pour améliorer la sécurité de cette institution sans toutefois donner plus de détails.

Toujours dans les colonnes du As Safir,le Ministre des Transport Ghazi Zeaiter a de son coté estimé nécessaire d’assurer le bien-être des passagers en accord avec les standards internationaux dans le domaine et indiquant qu’un audit se déroule actuellement afin de réviser les procédures en conformité à celles actuellement en place en Europe.

Pour l’heure, seule la Grande Bretagne a interdit depuis le premier mars le transport de marchandise depuis Beyrouth.

Cette information intervient alors que les services de sécurité de l’Aéroport avaient renforcé leur contrôle, les compagnies aériennes ayant demandé à leurs clients de se rendre sur les lieux 4 heures avant l’embarquement contre 2 heures seulement précédemment fin décembre. Cette mesure avait ensuite été allégée à seulement 3 heures d’attente.

François el Bacha

Le Liban aurait finalisé l’achat de 6 avions d’attaque au sol

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Le Liban aurait finalisé l’achat de 6 avions d’attaque au sol de type A-29 Tucano, en marge du Dubai Air Show, indique la compagnie brésilienne Embraer Defense System ce lundi.

Le contrat signé comprendrait également un soutien logistique et l’entraînement du personnel au sol et des pilotes de l’Armée Libanaise. Les avions destinés au Liban seraient équipés de pylônes pouvant emporter des munitions de précision ou non guidées dont des bombes à guidage laser SMKB de conception brésilienne ou des GBU-49 de fabrication américaine, ainsi que de divers dispositifs de contremesures électroniques. La livraison devrait intervenir avant le 31 juillet 2019. Ils rejoindraient alors les 3 derniers Hawker Hunters toujours en opération au sein de l’Armée Libanaise et entreraient en opération depuis la base de Hamat qui est actuellement en réfection.

Selon Embraer Defense System, l’avion de type A-29 Tucano est un avion à turbopropulseur conçu pour l’attaque légère, la lutte anti-guérilla et les missions de formation des pilotes, intégrant avionique et systèmes d’armes modernes et peut opérer depuis des terrains sommairement aménagés. Sa vitesse maximale atteindrait 593 km à l’heure pour un rayon d’action de 4820 km et un plafond de 10 670 mètres.

Cette vente sera financée par les autorités américaines suite à l’approbation en juin dernier d’un programme d’aide à l’Armée Libanaise pour un montant de 462 millions de dollars. Le montant de la transaction pour les 6 avions d’attaque n’a pas été pour l’heure précisé. Il pourrait cependant avoisiner les 12 millions de dollars par unité.

Cette aide intervient alors que les groupes terroristes de Daech ne sont plus qu’à 35 km des frontières libanaises et que l’institution militaire est confrontée à la présence de cellules terroristes notamment au niveau de la localité d’Arsal au Nord Est du Pays des Cèdres. Coopérant avec le groupe Al Nosra proche d’Al Qaida, ces derniers avaient brièvement pris le contrôle de la localité en Aout 2014 avant de se retirer suite à l’intervention de l’Armée Libanaise. Selon certaines informations, ces derniers planifiaient des attaques contre des localités chiites et chrétiennes de la Békaa afin d’élargir le conflit syrien et de provoquer un conflit d’ordre confessionnel au Liban.

Par ailleurs, le contrat d’armement franco-saoudien pour un montant de 3 milliards, également destiné à l’armée libanaise, pourrait être prochainement réactivé. Ce dernier comprends la livraison de matériels militaires dont des hélicoptères de combats et de transport, des véhicules blindés et des canons Caesar.

 

 

Jean-Yves LeDrian prochainement au Liban et Jean Kahwaji en Jordanie

Jean Yves LeDrian, source image: Wikipedia

Jean Yves LeDrian, source image: Wikipedia

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian a annoncé sa prochaine venue au Liban, vers la moitié du mois d’avril, afin de superviser la première livraison d’armes et d’équipements militaires à l’Armée Libanaise.

Pour rappel, l’Arabie Saoudite a accordé une donation de 3 milliards de dollars au Liban afin d’équiper  l’armée libanaise en matériels d’origine française. Parmi les équipements commandés, des hélicoptères d’assaut et de transport, des patrouilleurs hauturiers, des équipements d’artillerie dont les fameux canons Cesars qui ont une portée de 40 km, ainsi que des missiles antichars HOT et des missiles anti-aérien court portée.

Cette visite intervient alors que certaines rumeurs faisaient part de leur pessimisme concernant la prochaine livraison de ces équipements, citant notamment des problèmes au niveau des commissions à verser à certains intermédiaires. Jean Yves LeDrian a indiqué que ce délai était cependant du au fait que les équipements livrés doivent être produits et que les militaires libanais doivent être formés à leur utilisation. Ainsi, il a précisé qu’une douzaine d’officiers et de techniciens libanais seraient prochainement acceptés au sein d’académies militaires en France.

Kahwaji en Jordanie

Par ailleurs, le commandant de l’Armée Libanaise, le Général Jean Kahwaji se rendra ce dimanche en Jordanie afin de rencontrer le Roi Abdallah de Jordanie et d’entamer une série de discussion concernant l’aide militaire du Royaume au Liban, a annoncé la chaine libanaise LBC. Les 2 pays aborderont également la question de la coopération et de la lutte anti-terroriste.

Pour rappel, la Jordanie a livré le 23 février dernier, un premier lot d’équipements militaires afin de l’aider à faire face aux organisations terroristes Daech et Al Nosra qui tentent de s’infiltrer au Pays des Cèdres via la région syrienne du Qalamoun.

Les organisations terroristes viseraient notamment à la mise en place d’un Emirat Islamique entre la région syrienne du Qalamoun et les localités d’Arsal et de Majdel Aanjar. Ils menaceraient également les localités chrétiennes et chiites de la Békaa.

Des négociations pour le pire

1462930_10153491253105705_58242981_nL’une des principales problématiques d’une négociation concerne l’information asymétrique: on a ainsi appris hier soir qu’un cessez le feu « humanitaire » serait en train d’être négocié entre rebelles syriens d’Al Nosra et Armée Libanaise afin de libérer les otages détenus par les terroristes et cela par l’intermédiaire des ministres de l’intérieur Machnouq et de la justice Rifi qui leur sont favorables. Parmi les otages, 15 militaires portés disparus alors qu’ils étaient en permissions auprès de leurs familles et de nombreux civils. Certains seraient même utilisés comme boucliers humains.

Face à ces éléments, plusieurs réflexions nous viennent à l’esprit, d’où l’information asymétrique évoquée au début:

  • 1- s’agit-il réellement d’otages pour certains et on peut se poser légitimement la question après que certains habitants d’Arsal ont aidé les rebelles depuis 2011 lors du début de la guerre civile syrienne. Plus encore, certains même sont impliqués dans les attaques ayant visé l’institution militaire libanaise en 2013 et qui s’étaient soldées par la mort de 8 soldats. Cet élément est également renforcé par la désertion la semaine dernière d’un soldat libanais en faveur des rebelles syriens.
  • 2- doit-on négocier avec des preneurs d’otages? Toute négociation au Liban peut s’avérer plus dangereuse dans ses impacts à long terme que ses intérêts immédiats. Nous avons connu au Liban le résultat des accords du Caire, permettant l’installation au Sud Liban de 200 miliciens palestiniens seulement et qui s’est soldé par le déclenchement de la guerre civile de 1975.
  • 3- ne risque-t-on pas en négociant avec des terroristes de leur donner une légitimité politique? Cette légitimité est d’autant plus dangereuse qu’une partie de la communauté sunnite libanaise verra dans l’extrémisme salafiste un élément encourageant à l’importation du conflit civil syrien au Liban et cet élément doit absolument être rappelé aux négociateurs.

La conclusion toute est que nous ne possédons pas toutes les informations pour dire si ces négociations sont légitimes ou non, mais cependant face à ces éléments, force est de constater que les désavantages à court, moyen et long terme sont plus importants que la seule libération des otages:Cette négociation signifiant tout simplement un nouvel abandon de la souveraineté de la république libanaise sur son territoire et de sa responsabilité vis-à-vis de l’ensemble de la population libanaise au mépris de quelques individus dont on ne peut peut être même pas juger de leur loyauté vis-à-vis de nos institutions.

Notre solidarité avec l’armée libanaise doit donc être sincère, dénuée de tout calcul politique, totale et toute négociation avec des mouvements terroristes qui sont, de plus, des entités étrangères intervenant au Liban, doit être refusé. Il s’agira sinon d’une défaite de l’idée d’une nation libanaise et d’une victoire face à ceux qui militent pour un califat, négation même de l’idée de la coexistence libanaise.

Post-scriptum: Nos pensées les meilleures vont aux familles des militaires morts et disparus ainsi qu’à toutes les victimes innocentes de ce nouveau conflit, en espérant que ce dernier cessera évidemment dans l’intérêt de tout le Liban.