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Sauver les chrétiens d’Irak.

Mar 15, 2008 in Religion, international

Le corps de l’évêque Chaldéen de Mossoul a été retrouvé comme nous le savons tous. Ce fait qui est en plus quelque peu “divers” aujourd’hui en Irak, ne doit pas nous faire oublier qu’il s’agit aujourd’hui de centaines d’Irakiens qui meurent par jour, des attentats, des kidnappings, des tirs “amis” pas si amicaux, de l’ingérence des pays étrangers et notamment non pas seulement de l’Iran mais aussi des USA, de la Syrie, de l’Arabie Saoudite ce qui amène à quelques similarités avec le Liban.

Cependant, l’assassinat de l’évêque chaldéen de Mossoul amène au devant de la scène les difficultés rencontrées par une communauté chrétienne d’Irak, aujourd’hui estimée à 200 000 membres contre plus d’un million du temps de Saddam Hussein. Cette communauté est décimée par la politique menée d’une part par une administration d’occupants américains, privilégiant plutôt les communautés dominantes comme les kurdes ou les chiites au pouvoir aujourd’hui, incapables d’assurer la sécurité hier et un gouvernement irakien fantoche qui est incompétent dans le domaine de la sécurité des citoyens, incompétent à assurer le respect simple de sa souveraineté notamment durant l’offensive turque contre les kurdes. Les chrétiens d’Irak, souvenons nous encore de Tarek Aziz ministre des Affaires Etrangères de l’ancien régime, finissent pour sûre à regretter le temps de Saddam Hussein.

On sont donc passés Madame Mitterrand si prompte à défendre les kurdes par le passé?

Bernard Kouchner, porteur de sac de riz humanitaire?

Ou sont donc passés les PeaceCorps, et autres ONG?

Ou est donc passé cette fameuse volonté américaine à protéger la Liberté, j’oubliais la la liberté et la démocratie c’est de se taire et de les laisser faire, même plus la peine d’aborder ce sujet.

Il faut être réaliste, les chrétiens d’Irak n’ont plus de place dans l’Irak d’aujourd’hui. Le plan américain dont on a vu certaines cartes circuler, éditées par des fondations néo-conservatrices comme la Heritage Foundation met en place les ingrédients nécessaires à un redécoupage des territoires du Moyen-Orient sur des critères ethniques et confessionnels. Ce plan rencontre notamment des difficultés notamment avec les turcs qui ne peuvent accepter l’établissement d’un état kurde, alors on leur a fait miroiter une possible entrée dans l’UE, chose aujourd’hui improbable expliquant notablement leur opération au Nord de l’Irak. Les chiites irakiens ont leur état de fait, leurs milices paramilitaires, les sunnites irakiens également, les américains ont mis en place des milices tribales sunnites. Les chrétiens d’Irak n’ont eu pas de territoire distincts à défendre, ils ne sont qu’une minorité de l’une des plus anciennes églises orientales fondées dit-on par St Thomas.

Il serait vain de croire aujourd’hui au bien fondé d’une telle politique régionale dans les conflits que connait la région.

Comment par exemple est ce que les masses arabes et la population israélienne peut croire encore en un processus de paix, alors que la coexistence entre l’une des composantes arabe de religion chrétienne se fait martyriser dans la région. Les occidentaux ont failli dans leur mission de promotion de la Paix dans la région en permettant à la communauté chrétienne d’être martyrisée. Ni les arabes en général, ni les populations juives ne peuvent voir dans les efforts occidentaux une garantie pour une paix juste.

Comment, autre exemple, sur un plan plus local, est-ce que les chrétiens du Liban et plus généralement les minorités libanaises, ne peuvent-ils pas se sentir menacés par une politique régionale syro-irano-saudo-américaine incapable de trouver une entente de stabilisation de l’Irak aujourd’hui menacé, si ce n’est que ces pays veulent provoquer l’éclatement de l’Irak. Le Liban est déjà au bord de la guerre civile, chacun essaye par ses moyens de pressions locaux de se battre, nous sommes devenu un champ de bataille pour l’étranger. Nous n’avons pas su apprendre de nos erreurs déjà commise par le passé.

Mais dans tout cela, il doit y avoir un gradient de risque. Certains acteurs ne font que réagir, ils n’ont pas par eux même les moyens de redessiner la carte du Moyen-Orient, tandis que d’autres et notamment je pense à Washington en ont.

Durant le conflit de 2006 à quelques jours de la fameuse déclaration de la secrétaire d’état américaine Condoleeza Rice, on pouvait lire justement dans les publications de ses fameuses fondations faiseuses de mauvais temps que l’objectif actuel était de créer une instabilité suffisamment importante pour enclencher par effet domino un redécoupage de la carte de la région. J’ai bien l’impression que fort malheureusement, et même si l’administration américaine ne change, les erreurs déjà commises par G.W. Bush ne sont que volontaires et justement la pour donner une impulsion de départ à un plan monstrueux parce qu’il implique des déplacements de population, et ses déplacements de population sont générées par des crimes à caractère religieux et sectaires, chrétiens contre musulmans, sunnites contre chiites, arabes contre perses.

Le tableau est bien sombre, pour le Liban assez particulièrement parce que comme l’Irak, tous les ingrédients du conflit est déjà en place et il ne suffit plus que l’étincelle de départ pour que le pire arrive.

Fishing Club

Jan 13, 2008 in Citoyen, Histoire, international

Fishing club

Le Fishing Club ou plutôt pour les intimes chez Pépé, c’est un peu comme voyager, hors du Liban pour les plus jeunes, dans l’ancien Liban, le Liban traditionnel, celui décrit d’avant la guerre civile, pour les plus âgés.

Aller chez Pépé, c’est redécouvrir le charme de ces petits ports un peu jet-set, une ambiance unique, une ambiance méditerranéenne, qui a depuis disparu sous l’assaut du béton et des promoteurs immobiliers.

Ce restaurant de Byblos, je ne veux dire Jbeil, pour rappeler les 6000 ans d’histoire de ces lieux, ce lieu de rencontre est toujours resté le même, en dehors du temps, un lieu de mémoire tous ceux qui veulent se souvenir d’un Liban tel que nous le contaient nos aïeux, celui non pas d’une richesse matérielle ou celle de l’argent, mais la richesse de la culture, de la rencontre avec le monde. De ce port en effet est parti l’alphabet, exporté par les Phéniciens  en même temps que ce bois de cèdre, de ces tissus pourpres et bien plus encore. Peut-on dire que le commerce avec plus de valeur capitalistique que celle de l’échange entre nations humaines en devenir ?

Chez Pépé, on transpire la valeur de l’échange, avec d’un côté les photos des personnalités rencontrées, les casquettes des grands navires qui ont accosté au pays des cèdres ou indistinctement mélangées, une casquette soviétique se retrouvant au côté de celle d’un navire américain. Chez Pépé, on  peut voyager en dehors du Liban pour nous les plus jeunes, parce que nous n’avons pas connu cette valeur de l’échange. Nous nous devons de la reconstruire, mais il faut encore que ce soient des gens comme Pépé disparu cette année qui puissent nous montrer ce chemin.

Chez Pépé, on vit l’exemple d’un monde apaisé dans sa globalité, on a l’impression d’être à la fois au Mexique, à Cuba, dans les îles grecques, et avec le bleu de la mer dans les Caraïbes, avec les ruines antiques, on partage un moment d’histoire qu’on a envie de faire renaître, celui d’un Liban « rencontre de tous », d’un Liban partagé et non d’un Liban déchiré.

Un chti billet politico-militaire

Nov 13, 2007 in Citoyen, Down, Grognon, Histoire, international

a3 skywarrior

Retour à un peu de politique malgré que la situation n’y prête guère. Comme de nombreux habitants du Liban, je me sens blazé, mélancolique vu que la situation tient plus du pire et non du meilleur.

Que cela soit le discours de Nasrallah hier ou encore la donation de 3 tombeaux volants américains au Liban aujourd’hui qui ne peuvent être utilisés non pas contre nos chers voisins et que donc leur utilisation sera intérieure, chacun fourbi ses armes au sens propre, celles qui tuent et au figuré, les paroles bien en l’air.

J’aimerais revenir sur cette histoire d’avion. Les A3-Skywarriors sont des avions bombardiers stratégiques larguant des bombes non guidées utilisées par les USA entre les années 50 et cela jusqu’en 1991. Le type donné au Liban a été construit à 12 exemplaires dont 5 déjà reconditionnés, il s’agit d’avions d’entrainement donc on peut supposer non opérationels pour des exercices réels. Il ne sert à rien d’avoir un vecteur de bombardement sans appui aérien ou sans matériel adéquat, d’ailleurs comme le confirment des sources internes de l’armée libanaise qui espèrent voir dans ses avions un moyen d’en acquérir d’autres plus modernes…

Je rappellerais ici que le Liban a perdu 2 de ses 3 hawker hunter utilisés en 1983 quant ils sont allés en mission de bombardement contre des positions druzes de Walid Joumblatt. Des mitrailleuses lourdes ont suffi à en détruire un en vol et à faire rebrousser les 2 autres dont un jusqu’à Chypre pour demander l’asile politique. Le Hawker Hunter est grosso modo aussi rapide que le A3 Skywarrior donc aussi vulnérable et je dirais même plus vulnérable avec l’utilisation de moyens anti aériens plus perfectionnés et je ne doute pas que des factions libanaises en soient déjà équipées.

Ca rappelle un peu ces Hélico Bell que les libanais datant de la guerre du Vietnam (ptre qu’ils ont déjà croisé nos A3), ferraille achetée à 40 000 USD/unité et qui ne servent pas à grand chose ou ces Gazelles émiraties généreusement données sans système d’arme, fallait monter dessus nos pétoires de nos gazelles made in Romania des années 80 et détruites par les FL en 89.

L’usage plutôt interne préfigure donc le pire d’une guerre interne mais encore faut il donner une chance à la paix civile, la guerre c’est ce qu’il faut à tout prix éviter, le Liban n’ayant pas les moyens de se reconstruire avec son niveau d’endettement.

Leçons de démocratie

Nov 06, 2007 in Actualité, Citoyen, Grognon, Histoire, international

La démocratie du Moyen-Orient semble être plutôt celle de la loi du plus fort, la démocratie n’est pas un droit pour tous, la démocratie n’est qu’un droit pour certains.

Que dire par exemple du Pakistan, l’ami de Hariri semble avoir suspendu la constitution du pays pour pouvoir garder sa place et a emprisonné le président du Conseil Constitutionnel qui devait se prononcer sur la validité de son élection. La situation comporte quelques points de similitudes avec le Liban. Notre Conseil Constitutionnel n’est plus qu’à l’état de chimère et ainsi toutes les lois et décrets depuis adoptés n’ont pu faire l’objet d’un examen. Comment donc pouvoir se prononcer sur la validité des décrets ayant permis par exemple la tenue d’élections législatives partielles, comment se prononcer sur la validité des décrets ayant permis l’adoption par le gouvernement libanais du tribunal international alors que constitutionnellement parlant il revient au président de la république de les ratifier. Comment également sortir de la polémique au sujet du quorum? Devons nous comme le sous-entend la majorité, recourir à la majorité simple pour ce vote, ou comme le déclare l’opposition, recourir au quorum des 2/3 pour que le premier scrutin soit déjà valable.

Ceux qui critiquent aujourd’hui le manque d’arbitrage possible dans la crise politique ont tout à fait raison de le faire. On n’en serait pas arrivé à une crise aussi grave si le conseil constitutionnel avait pu faire la part des choses dans les différentes polémiques qui ont opposé majorité et opposition. La responsabilité première de la crise, selon cette optique, revient donc au pouvoir exécutif.

Cependant, cette faute n’est pas du seul ressort des libanais. Bien sur que les conflits larvés entre les axes syriens et iraniens d’un coté et américano-israéliens de l’autre coté impactent comme au bon vieux temps, celui de la guerre civile la situation libanaise. Le Liban agit comme le sifflet d’une cocotte minute, empêchant la région en entier d’exploser mais ce sont comme d’habitude les libanais qui en payent le prix. La destruction du Conseil Constitutionnel a été le premier pas vers le retour de l’instrumentalisation étrangère des libanais, le retour des quasi-milices.

Mais cela suffira-t-il ? La logique de la région est à l’affrontement. Le plan américain de partition du Moyen-Orient pour redessiner cette région en état plus « ethniquement homogènes », comme le décrivait Condoleezza Rice en 2006, avec les connotations quasi-racistes que cela comporte, alors l’heure est plutôt à la diversité, est en échec et pas encore mat, notamment en raison de l’opposition de la Turquie à la constitution d’un état kurde. Ce même plan signifie la mort du Liban tel que nous le connaissons, sa partition en entités ethnico-communautaires distinctes et on ne peut qu’en souhaiter l’échec au profit d’un Liban souverain et réellement indépendant de toute ingérence externe quelle soit proche ou plus éloignée.

Une présidence people

Oct 20, 2007 in Actualité, Citoyen, Grognon, international

… deuxième partie:

Non, non ce n’est pas le Liban, on est déjà une république bananière, même plus la peine d’en parler, mais plutôt la France avec le divorce Sarko-Cécilia.

On pourrait ainsi imaginer Nicolas chantant sur un air de « Simon and Garfunkel », le refrain de la fameuse chanson “Celia, you breaking my heart”

Trêve de plaisanterie maintenant, l’infecte reportage de France2 au sujet des bonnes du Liban.

Je ne me prononcerais pas sur l’aspect technique, je laisse là la parole aux professionnels et notamment ceux des Chroniques Beyrouthines , ma pierre à l’édifice sera toute autre.

Oui il existe des contraventions à l’éthique humaine, comme dans tout métier. Il y a de cela quelques années, nous avons reçu en notre domicile strasbourgeois un prêtre libanais qui avait pris sous son aile plusieurs filles dans un état déplorable. Cependant, c’est avant tout la faute des autorités de leur pays, qui leur permettent d’aller et qui ne les défendent pas. L’une des principales rentrées de devises par exemple reste pour les Philippines, le commerce de chair fraîche.
Mais la situation au Liban n’est pas aussi critique que celle dans d’autres pays arabes et notamment du Golfe et de l’Arabie Saoudite. Preuve en est la condition d’une gouvernante française enfermée dans un palais de Ryad et qui avait réussi à contacté un collège à une de mes relations. Le pire, c’était que l’Ambassade de France était au courant de la situation de la jeune femme soumise à diverses tortures plus morales que physiques si cela est encore un point ironiquement réconfortant, mais les autorités françaises ne pouvaient rien faire pour raison d’état.

Mais voila, on s’attaque au Liban parce que le Liban est faible, point de raison d’état ici, à se demander si ces attaques médiatiques ne sont pas volontaires, après tout, Cécilia justement avait un amant libanais… S’agit-il donc d’une vengeance sarkozienne quelque peu ridicule. J’en doute cependant mais on ne peut cependant l’écarter.

Dernier point à ce sujet, la coïncidence de l’arrivée de 3 ministres des AF européens dont le français Bernard Kouchner, peut-être alors s’agit-il d’éteindre toute compassion française vis-à-vis d’un pays meurtri par un conflit l’année dernière et par une crise politique se prolongeant pour des raisons d’état et notamment celles d’un certain voisin cultivant de bonnes relations avec l’actuel président français. Ainsi, on ne veut pas déranger les autres, pour preuve également l’annulation en août 2006 de la diffusion d’un reportage de la même émission sur le conflit de l’époque, tourné du coté libanais. Peut-être trop sentimental donc pro-libanais à ce moment là. Il n’a jamais été diffusé d’ailleurs.

Autre point maintenant, Mj et moi-même avons été contactés par Global Voices pour devenir auteurs et contributeurs de l’espace francophone libanais et par extension Moyen-Oriental. Nous avons tous les 2 acceptés.

Cependant, me rendant la semaine prochaine en France, je ne commencerais à faire une synthèse de l’espace francophone libanais et Moyen-oriental que dans 2 semaines. Il se pourrait également que ce blog connaisse alors une pause momentanée.