Archive for the 'Histoire' Category

 

Rendez moi la Saint Valentin!!!

Feb 10, 2008 in Citoyen, Down, Grognon, Histoire

Les discours de plus en plus guerrier de quelques anciens seigneurs de guerre se déclarant prêt à la guerre, suivi en cela du “nous sommes prêt à la confrontation” du novice en politique, héritier du père (je comprends désormais les raisons pour que son père ne veuille un héritier en politique) est un nouveau pas vers une guerre civile chaude à défaut d’être froide.

Ainsi, veulent-ils transformer le 14 février en date de confrontation avec leur adversaire politique, “que la guerre arrive et nous saisirons vos missiles” a déclaré le fou de la montagne, transformant en cela une date de commémoration contre l’avis même de la majorité des libanaises et des libanais qui avaient participé il y a de cela quelques années au 14 mars 2005.

Non à la guerre, oui à la coexistence, tel était le message. Non à la partition, oui à la vie en communauté.

“Nous promettons, chrétiens et musulmans, de rester unis comme une seule famille pour toujours”

nous avait fait promettre Gébran Tuéni, l’union et non la guerre fratricide comme ces oiseaux de mauvaise augure qui ont eu déjà un rôle sordide durant la guerre civile. C’est au nom de cette promesse désormais qu’il faut dire non au conflit et non à ceux qui la sponsorisent par leur paroles plus guerrière que politiciennes.

Rendez moi donc la Saint Valentin, fête de l’amour et ne transformons plus cette date en fête d’Arès, Dieu de la Guerre.

Fishing Club

Jan 13, 2008 in Citoyen, Histoire, international

Fishing club

Le Fishing Club ou plutôt pour les intimes chez Pépé, c’est un peu comme voyager, hors du Liban pour les plus jeunes, dans l’ancien Liban, le Liban traditionnel, celui décrit d’avant la guerre civile, pour les plus âgés.

Aller chez Pépé, c’est redécouvrir le charme de ces petits ports un peu jet-set, une ambiance unique, une ambiance méditerranéenne, qui a depuis disparu sous l’assaut du béton et des promoteurs immobiliers.

Ce restaurant de Byblos, je ne veux dire Jbeil, pour rappeler les 6000 ans d’histoire de ces lieux, ce lieu de rencontre est toujours resté le même, en dehors du temps, un lieu de mémoire tous ceux qui veulent se souvenir d’un Liban tel que nous le contaient nos aïeux, celui non pas d’une richesse matérielle ou celle de l’argent, mais la richesse de la culture, de la rencontre avec le monde. De ce port en effet est parti l’alphabet, exporté par les Phéniciens  en même temps que ce bois de cèdre, de ces tissus pourpres et bien plus encore. Peut-on dire que le commerce avec plus de valeur capitalistique que celle de l’échange entre nations humaines en devenir ?

Chez Pépé, on transpire la valeur de l’échange, avec d’un côté les photos des personnalités rencontrées, les casquettes des grands navires qui ont accosté au pays des cèdres ou indistinctement mélangées, une casquette soviétique se retrouvant au côté de celle d’un navire américain. Chez Pépé, on  peut voyager en dehors du Liban pour nous les plus jeunes, parce que nous n’avons pas connu cette valeur de l’échange. Nous nous devons de la reconstruire, mais il faut encore que ce soient des gens comme Pépé disparu cette année qui puissent nous montrer ce chemin.

Chez Pépé, on vit l’exemple d’un monde apaisé dans sa globalité, on a l’impression d’être à la fois au Mexique, à Cuba, dans les îles grecques, et avec le bleu de la mer dans les Caraïbes, avec les ruines antiques, on partage un moment d’histoire qu’on a envie de faire renaître, celui d’un Liban « rencontre de tous », d’un Liban partagé et non d’un Liban déchiré.

Mon cadeau de Noel pour vous mes lecteurs est…

Dec 25, 2007 in Histoire

Culturel, avec les explications d’un très bon guide au sujet de la vallée des saints de Kadisha que nous avons visité Ishtar et moi-même, tour organisé par la companie Blue Carrot

Joyeux Noël à toutes et à tous!












« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. »

Nov 25, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon, Histoire

« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. », écrivait Gébran Khalil Gébran comme un funeste visionnaire de ce que le Liban est aujourd’hui, un Liban avec des communautés, des fragments aux projets différents, un Liban au bord de l’abîme, un Liban plus proche que jamais de ses vieux démons, ceux de l’instrumentalisation étrangère et du conflit interne.

Est-ce la destinée du Liban que de connaître le malheur entre ses frères ? Ne pouvons-nous pas changer le destin ? 

Le problème libanais est qu’il n’y a pas de vision unitaire, le problème du Liban est que chacune de ses composantes ne peut dialoguer en toute confiance avec l’autre. Un autre symptôme du conflit qu’on a déjà connu, le Liban passa juste par une anesthésie temporaire, celle causée par l’union de ses composantes en rapport avec les occupations du Pays mais ces symptômes ressurgissent aujourd’hui tel un démon justement.

Le Liban en a connu des conflits au long de son histoire, à chaque fois qu’une communauté dominante mais sur le déclin fut défiée par une communauté moins dominante mais bénéficiant d’une dynamique démographique positive. 

Ainsi, les Chrétiens devinrent la communauté dirigeante face aux Druzes durant le 19ème siècle, de la sorte la présidence chrétienne perdu ses prérogatives au bénéfice du gouvernement par les accords de Taëf en 1989 et enfin aujourd’hui le Liban connaît de nouvelles tensions. La communautarisation de la scène politique, dont les accords de Taëf devaient venir à bout officiellement, ne furent qu’encore plus exacerbés et on en paye les conséquences aujourd’hui.

Non pas qu’il faille accuser les uns ou les autres, le Liban se doit d’être démocratique et donc on doit accepter cette dynamique mais les tensions existent parce que le système politique libanais n’est pas réformable à cause des résistances des uns et des demandes des autres. Chacun considère comme sacré des textes et dénoncent l’inconstitutionnalité de la réforme. Il serait tellement plus pacifique de ne considérer aucun texte sacré, que cela soit celui de la Constitution ou des accords de Taëf mais qu’ils puissent être réformable, adaptable aux nouveaux défis des situations, notamment face à des parrains aux intentions plus ou moins belliqueuses s’ingérant dans nos propres affaires domestiques et profitant de nos propres divisions. Oui il faut éloigner la religion de la politique, considérer non pas la préférence à telle ou telle personne suivant sa religion mais plutôt suivant ses idées et son programme, pour que le Liban devienne démocratique, pour que ses fils puissent tous se sentir Libanais avant d’être fragmentés par tel ou tel dirigeant. 

Le Liban aujourd’hui, fait face à de nouveaux défis, certains sont externes, le bruit des bottes résonne au Moyen Orient alors que s’annonce un conflit notamment avec l’Iran et le plan américain du Nouveau Moyen Orient ou encore interne, les tensions intra communautaires ressurgissent parce qu’il n’y a plus de zones vraiment mixtes donc intra sectaires au Liban et par conséquent de dialogue à l’échelle de la société. La dernière guerre a contribué à nettoyer ethniquement le Liban et ses criminels courent toujours, et pire encore se chamaillent pour le peu de pouvoir.

La présidence est vide, le pire peut advenir à chaque étincelle. Notre seule chance est qu’aucune partie ne veut prendre la responsabilité de cette première étincelle, celle du pire qui nous ramène 32 ans en arrière.

Indépendance?

Nov 22, 2007 in Down, Grognon, Histoire

Volé du site libnanews… et maintenant on fait quoi après tout ca?

Libnanews - 22 novembre 2007 - Après la première guerre mondiale durant laquelle 200 000 personnes, essentiellement dans les régions chrétiennes trouvèrent la mort en raison de la famine suite au blocus imposé par les forces ottomanes ralliées à l’Allemagne et à l’Empire Austro-Hongrois, le Mont-Liban et la Syrie sont placés sous mandat français conformément aux accords Sykes-Picot négociés en 1916.

Par le traité de Versailles et conformément au souhait du patriarche maronite Hoyek (1899- 1931), les villes de Tripoli et la vallée de la Békaa, territoires amputés sous la Moutasarrifiya, furent rattachées.

Le patriarche avait en effet déclaré à son arrivée à Paris que son « voyage a trois objectifs: réclamer l’indépendance du Liban qui y a droit; puis, ramener le Liban à ses frontières naturelles historiques, comme elles ont été tracées par le commandement français sur la base de la carte de 1862; et enfin, affirmer le désir de perpétuer des relations intimes avec la France. »

Le gouverneur Gouraud proclama le Grand Liban le 1er septembre 1920 depuis le perron du Palais des Pins, suscitant déjà l’opposition de nationalistes arabes militants enclins à la création d’une Grande Syrie incluant la Syrie actuelle, le Liban, la Palestine, la Jordanie et une partie de l’Irak.

L’Etat du Grand Liban fut divisé, par arrêté du 1er septembre 1920, en quatre sandjaks : Liban-Nord ; Mont- Liban ; Liban-Sud et Bekaa et en deux municipalités autonomes : Beyrouth et Tripoli.

Fut alors décidé par la puissance mandataire la création d’un haut commissariat français en charge de l’autorité du Liban, une commission administrative héritière de l’ancien conseil du petit Liban de la Montagne, et d’une administration locale supervisée par des conseillers français.

Le haut-commissaire, représentant direct du gouvernement français dans les territoires sous mandat, disposait d’un cabinet politique qu’il dirigeait lui-même et d’un cabinet civil qui avait autorité sur le Service de renseignements.

Le secrétaire général du Haut-Commissariat, assisté d’un secrétaire général-adjoint, avait en charge la direction des services administratifs. Il assurait un rôle de coordination entre le haut-commissaire, les conseillers, chargés d’étudier les projets d’arrêtés nécessaires à l’organisation des services, et les délégués, représentants du haut-commissaire dans les différents Etats.

La France institue aux côtés du gouvernement un Conseil consultatif où elle fait en sorte que soient représentées les 17 communautés religieuses identifiées dans le pays, des chrétiens maronites aux juifs en passant par les chiites, les chrétiens jacobites (ou monophysites) etc.

Le 26 mai 1926, une Constitution est donnée au pays par le politologue Henry de Jouvenel. Inspirée de la Constitution française, elle s’en distingue par une différence de taille : le partage du pouvoir entre les communautés religieuses.

En juin 1941, les troupes anglaises pénétraient en Syrie et au Liban et, après la conclusion d’un armistice le 14 juillet avec les forces françaises auparavant acquises au régime de Vichy, les deux territoires passaient sous le contrôle de la France libre – le Haut- Commissariat devenant par la même opération la Délégation générale de la France libre au Levant.

Dès le 25 décembre 1941, le général Catroux, commandant des Forces françaises libres; du Levant, proclame la complète indépendance de la Syrie et du Liban :

“Le Liban jouit maintenant de droits et de prérogatives attachés à la qualité d’Etat souverain et indépendant. “

Le 21 septembre 1943, les nationalistes triomphent au élections à Beyrouth et préconisent une modification de la Constitution dont les termes sont « incompatibles avec l’indépendance ».

A la fin du mandat du président Emile Khoury, Béchara Khoury (1890- 1964) est élu président de la république du Liban du 11 novembre 1943. Connu pour son positionnement pro-anglo saxon, il avait été premier ministre du Liban du 5 mai 1927 au 10 août 1928 et du 9 mai au 11 octobre 1929.

La nouvelle chambre libanaise décida également de modifier la constitution et d’abroger toutes les dispositions faisant référence au mandat, l’adoption du drapeau libanais actuel, poursuivant ainsi sur la lancée du 8 novembre 1943 qui vit l’adoption de la langue arabe comme langue officielle.

Aussitôt, l’ambassadeur Helleu le fait arrêter l par les forces françaises et envoyé au château de Rashaïa avec Camille Chamoun (1900-1987), Riyad es-Solh (1894- assassiné en 1951) et d’autres pères de l’indépendance dont Adel Oussayran, Camille Chamoun, Abd Elhamid Karamé, Salim Takla. Helleu remplace le président de la République par Émile Eddé.

Dès le 12 novembre, une manifestation féminine contre le mandat français commence.

Le 13 novembre, l’armée française ouvre le feu sur des élèves qui manifestaient et cause beaucoup de blessés.

Le 17 novembre, le général anglais « Spears » demande au général Catroux à voir les prisonniers de Rachaya. Le dimanche 21 novembre, la Syrie annonce la nécessité de la libération des prisonniers et le retour de Béchara El-khoury.

Sa libération avec celle des autres prisonniers, suite aux pressions anglaises et populaires, intervient le 22 novembre 1943 qui devient le jour de l’indépendance du Liban.

Les troupes françaises et les forces anglaises évacuèrent le pays en 1946; le Liban devint un état souverain qui participa à la Ligue Arabe et devint membre des Nations Unies.