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Lucky le Chien

sept 16, 2007 in Citoyen, Grognon

LuckyIl y a quelques semaines, nous avons remarqué, à un tournant de la route menant au domicile d’Ishtar, dans la pénombre, un beau chien qu’on a d’abord pris pour un cocker, comme on les appelle ici, de grande taille. Durant presque 2 semaines, il traînait là, semblant attendre que quelqu’un passe le prendre, son maître probablement, qui a dû certainement l’abandonner.

Un soir, il y a une semaine, ramenant justement Ishti chez elle, je le vois titubant à peine, affamé. Prenant tous les deux pitiés de ce chien, nous lui avons amené une boite de conserve de nourriture pour chien qu’on lui a ouvert. Il l’a avalé en l’espace de quelques secondes, tellement la faim lui rongeait les boyaux.

Quelques jours plus tard, Ishti est entrée en contact avec une association pour trouver une solution pour ce chien. Ils nous ont alors rétorqués qu’ils n’avaient pas assez de place.

Déjà, étant donné qu’il se trouvait sur une route où passent de nombreux véhicules, nous avons décidé de le capturer pour tenter de le sauvegarder. C’est alors que nous avons vu que sont état était pire que ce à quoi on s’attendait. Amoindri, squelettique, une loque vivante, des pants entiers de peaux apparents et par conséquent dépoilés, mis au compte à l’époque de son absence de régime alimentaire, un chien qui ne s’était pas nourri depuis un temps certains, un chien propre qui se refusait à faire les poubelles, qui était sale, traînait sur la route.

Tentant d’abord de le mettre chez des gens qui malheureusement n’avaient plus de place, ils s’occupaient déjà de 7 chiens, nous avons dû le laisser dans une impasse située à coté de l’un de mes domiciles. Pendant quelques jours, il est resté là, ayant à peine la force de se lever pour manger mais content de nous voir revenir Ishti et moi-même chaque jour pour s’enquérir de sa santé. Quelques personnes du village, émus eux aussi n’ont pas hésité à se mobiliser quelque peu et lui donner de l’eau, un peu de nourriture, pas grand-chose en fin de compte, sa vision d’un être en bout de vie remuant le cœur de toutes et de tous.

Un soir, alors qu’on promenait nos chiens respectifs, le Spitz d’Ishti et mon Huski dans le coin, ce chien, mieux portant après avoir été nourri, ayant plus de forces, n’a pas hésité à se lever, à tenter de nous suivre. C’est là qu’une voiture lui a cogné la tête. Il n’a pas trop souffert, il n’a pas bronché mais s’est juste ouvert la lèvre inférieure. La vie est profondément enracinée dans ce chien, il a la rage de vivre !

Devant cette situation, où malheureusement nous ne pouvions le prendre chez nous, à cause de nos chiens qui sont d’une jalousie extraordinaire et du fait que nous vivons en appartement, j’ai re-contacté cette association pour leur décrire la situation de ce chien obéissant, un amour en fin de compte, quitte à faire une contribution à cette association. Il s’agit de sauver ce chien de l’ingratitude de l’Homme. Nous avons également trouvé que celui-ci n’était pas un cocker mais une espèce assez rare de chiens au Liban, un Setter Irlandais.

Il fut convenu de l’amener chez un vétérinaire qui se trouvait être le même que celui de nos chiens respectifs. Nous avons donc capturé à nouveau ce chien désormais rebaptisé Lucky pour conjurer le mauvais sort qui s’acharne sur lui, et mis l’espace d’une nuit dans mon garage, après avoir été bien sûr traité contre les puces et autres parasites.

Le lendemain, Ishti est passé comme chaque matin avant d’aller à son boulot le nourrir, et nous nous sommes mis d’accord pour passer vers les midis trente, le prendre chez le vétérinaire en question. Une véritable expédition en 4×4 matelassé d’un drap, une odeur de chien dans la voiture comme pas possible. Nous sommes arrivé chez le véto à 13h. Une personne sur place l’a reconnu, il s’agirait d’un irish setter appartenant à un habitant de la région de Jal-el-Dib, ayant déjà à deux reprises, tenté de l’abandonner au Metn, mais ce chien lui était revenu par ses propres moyens. Pensant sûrement se débarrasser de Lucky considéré par ce triste personnage comme un vieux chien – alors qu’on a su par le biais de cette même personne qu’il n’a que 9 ans – et cela à coup sûr, il l’avait abandonné dans le Kesrouan.

Au premier coup d’œil, le véto nous a dit qu’il avait la gale. Depuis, nous n’avons plus de nouvelles, mis à part de savoir qu’un examen plus approfondi est nécessaire pour savoir de quoi il souffre réellement. Je l’espère entre de bonnes mains, pour en prendre soin, pour lui trouver une nouvelle famille d’accueil, pour qu’il puisse finir ses jours aimé, soigné et en bonne santé.

Je sais, certains critiqueront notre compassion pour cet animal, tandis que beaucoup d’autres personnes, des êtres humains, eux n’ont toujours pas de domicile. Ce qui est touchant avec ce chien spécialement c’est sa fidélité pour un maître indigne.

D’un autre côté, il s’agit également d’une mesure de santé publique. Outre le fait qu’ainsi il soit soigné, un chien malade dans la nature peut contaminer d’autres chiens, puis des enfants en contact direct ou indirect. Les municipalités devraient recueillir alors ces chiens pour une mesure d’hygiène publique.

En fin de compte, l’indicateur de progrès d’un pays ne se mesure ni à une économie dynamique, ni à des entrées d’argent chiffrées à des milliards de dollars. Un pays bien développé est un pays qui se respecte et qui prend à sa charge les individus les plus faibles, un pays où non seulement l’humain bénéficie des services sanitaires et jouit de ses droits premiers, mais où tous les êtres animés de vie, sont bien soignés.

Après réflexion, je dirais que la morale de l’histoire, quitte à choquer certains, est que nous les Libanais, nous sommes comme ce chien. Nous continuons à suivre des maîtres qui nous maltraitent, qui nous abandonnons pour leurs intérêts personnels après s’être servi de nous, nous nous faisons abusés, parce que nous ne savons pas nous en débarrasser tout simplement ou en choisir d’autres. D’un beau pays, nous sommes devenu un pays galeux.

Ecrit par Ishtar et Frencheagle

Ps : faites un geste pour l’association BETA,

http://animals.beirut.com

Des jours comme cela

sept 08, 2007 in Citoyen, Down, Grognon

ou tout va mal:

Nous devions aller mon père et moi assister à la remise d’une décoration à un grand ami à nous, dans le village natal de Douma.

Partis tôt, nous avons pris la route depuis Aamchit, une route qui passé Aamchit est d’ailleurs assez bien défoncée, au sens propre, à moins que les mulets ayant servi à la tracer l’aient été au sens figuré, il faut bien comprendre que depuis Raymond Edde, la région, toujours au mains des oppositions successives aux gouvernements tout aussi successifs n’a pas eu la chance d’avoir des routes potables.

Nous avons remarqué en montant qu’un signal de problème électronique à la boite de vitesse apparaître, problème pas vraiment important et donc ne nous empêchant pas d’aller à Douma. C’est la, en raison de l’étroitesse d’une route soit disant nationale, nous sommes rentrés dans un trou, trou qui a fait que le pneu avant droit s’est dégonflé. Il faut remarquer que la voiture était tellement stable que malgré le pneu désormais à plat, nous nous en sommes rendu compte qu’une dizaine de Km plus loin. On a changé le pneu en question et… voila que cette fois-ci, c’était la voiture qui refusait de démarrer, dans un lieu entre Djej et Tartéj… avec un réseau téléphonique ou devrais je dire cellulaire pour bien faire libanais, de piètre qualité. Après donc avoir trouvé un endroit ou le réseau passe, bien sur en se cabrant le mieux possible pour qu’il y ait le moins d’interférence, on a donc appelé une dépanneuse, décidé, après moult péripétie de rentrer à nos domiciles, la cérémonie de remise et le déjeuné d’ailleurs aussi ayant commencé depuis fort longtemps, ayant pris également soin de téléphoner à l’agence de la voiture qui nous on a indiqué une manière de contourner le problème: Il s’agissait de l’huile de la boite de vitesse qui a chauffé et donc on pourrait allumer la voiture en attendant quelques temps et en provoquant une surcharge à l’aide d’une deuxième batterie, chose faite, chose qui nous a permis de rentrer à 90 km/h maximum pour ne pas avoir la malchance de tomber dans un 2ème trou, sans pneu spear, cela aurait été le comble de la malchance.

En rentrant au chalet, voila que la semelle de ma chaussure que j’avais acheté chez Bally Allemagne et pourtant neuve, se détache. Fait insignifiant, mais j’ai l’impression de porter la poisse aujourd’hui.

La bombe Malbrunot

août 28, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon

Le journaliste ex otage Georges Malbrunot, grand reporter du Figaro, a dernièrement écrit un article au sujet du changement de politique du Quai d’Orsay.

Ainsi apprend on certaines choses non dites par la presse libanaise pro gouvernementale généralement:

“Avant de quitter son poste cet été, Bernard Emié, ambassadeur de France au Liban, est allé saluer « par courtoisie » le président prosyrien Émile Lahoud, que Paris boudait depuis 2004. De son côté, l’émissaire Jean-Claude Cousseran, chargé d’une mission de bons offices pour une reprise du dialogue interlibanais, a brisé un autre tabou, en se rendant à Damas, première visite d’un officiel français en Syrie, depuis au moins trois ans.”

D’autres informations transpirent de cet article, informations qui confirment d’une certaine manière ma vision de la chose actuelle:

“Le retour de balancier autour d’une approche - sans émotion, ni exclusive - s’imposait. « Ne se serait-on pas fait manipuler par le 14 mars ? » s’interroge-t-on au Quai d’Orsay. Les dérives de l’entourage de l’héritier Saad Hariri pour soudoyer un faux témoin que la France récupéra complaisamment en 2005 risquent d’apparaître au grand jour, lorsque le juge Brammertz, en charge de l’enquête onusienne sur l’assassinat d’Hariri père, remettra son rapport. Or ce jour approche. On parle de la fin de l’année. Paris pourrait être alors embarrassé. “

On remarquera en ce moment l’offensive politique sarkosienne et la remise en cause de la politique de Chirac avec outre le Liban, le cas du juge Borel, la mise sous accusation de personnages officiels djiboutiens.

Enfin sur Nahr Bared, on observera que Georges Malbrunot a également la même approche que la mienne:

 

Dans la même veine, l’affaire de Nar el-Bared, ce camp de réfugiés palestiniens du Liban-Nord, où des dizaines de combattants, venus de Syrie, affrontent l’armée depuis trois mois, est loin d’être aussi claire que la majorité pro-occidentale à Beyrouth le prétend. Si pour Paris, « Nar el-Bared a été, à l’origine, la réponse syrienne à la Finul » (la force des Nations unies au Liban-Sud, renforcée après la guerre, à l’été 2006, entre Israël et le Hezbollah). Aujourd’hui, les terroristes - anciens agents prosyriens, djihadistes salafistes et quelques brigands - n’obéissent pas qu’à Damas. Pour certains, les ramifications conduiraient plutôt à la direction sunnite libanaise, pas mécontente d’avoir des « gros bras » à sa disposition, si un jour la fracture sunnite-chiite virait à la guerre civile. Un spectre que la diplomatie française ne craint plus de brandir devant les responsables libanais.

« Regardez comment cette affaire a commencé, note un haut gradé de retour de mission à Nar el-Bared. Par une attaque de la banque de la Méditerranée à Tripoli, qui appartient à la famille Hariri, les activistes voulaient se venger de ne pas avoir été payés depuis un certain temps. » Un an auparavant, après la liquidation par Israël d’un agitateur du camp d’Ein Héloué près de Saïda, Baya Hariri, la soeur du défunt premier ministre élue de la région, convainquit alors - moyennant finance - des radicaux sunnites, en colère, de migrer plus au nord vers Nar el-Bared.”

Bien sur les opposants à ces analyses répondront que Georges Malbrunot, otage en Irak, a été libéré avec l’aide syrienne, qu’il paye sa dette, mais je pense assez bien connaitre le personnage, lui qui n’a pas épargné justement le régime syrien notamment après la révolution des cèdres pour pouvoir penser que cet article ne peut souffrir d’une quelconque partialité.

Il s’agit tout simplement d’une vérité crue, de la ou notre classe politique, et en premier lieu, la majorité actuelle, responsable parce qu’au pouvoir conduit le Liban.

Billet du jour, bonjour

août 13, 2007 in Grognon

La situation politique bien libanaise semblant être simplement bloquée, rien ne changeant, j’ai voulu au moins aborder un autre sujet.

Je me suis alors tourné les méninges, vais-je parler cuisine, je repense à la cuisine bien indigeste dont nous gratifient nos politiciens.

Mode peut-être… retournement de veste semblant être une spécialité.

Plage?

outre le fait du malaise à voir passer les hélicos transportant les blessés de l’armée libanaise tombés à Nahr Bared, coup de chaleur, insolation, même en descendant à la plage, on ne peut qu’être surpris des sujets bien libanais, d’un coté les mégères parlant justement cuisine ou mode voir des derniers potins, les messieurs … à nouveau de politique.

Voiture? oops au sujet de la couleur, à l’image des couleurs politiciennes, cela bloque.

Que dire, faute de neuf? Ben rien à défaut même de pas grand chose.

Ahhh si Karl Rove a démissionné …

Attention danger: petite annonce dangeureuse.

août 11, 2007 in Citoyen, Grognon

Annonce sous le manteau pour guerre civile qui se prépare:

Ainsi, dans un grand établissement beyrouthin, les partisans d’un certain parti ayant déjà trempé dans les crimes de la guerre n’hésitent plus à faire annonce sous le manteau de vente d’arme, fusil d’assaut américain, calibre Otan, visée laser… pour 2500 USD.

De 2 choses l’une, où cherchent-ils à se défaire d’armes qu’ils disent ne pourtant pas posséder, ou est-ce un moyen pour financer l’achat encore plus massif de ces outils de mort?

Le jeu de devinette pour le meilleur et surtout pour le pire est lancé, et comme dans les casinos,  situation politique instable oblige, je devrais conclure que “rien ne va plus”.

Parenthèse politique

août 05, 2007 in Citoyen, Grognon

Parenthèse politique pour cause d’élection. On ne parle pas d’une élection qui se déroule pour ne pas influencer les électeurs dans toute démocratie véritable.

J’aborderais donc un autre sujet, celui de l’économie.

Il y a 2 visions différentes pour résoudre le dilemme de la dette publique libanaise. L’une conservatrice qui consiste à ponctionner les rentrées pour financer l’intérêt de la dette, l’autre plus dynamique qui consiste à créer une croissance pour augmenter les rentrées fiscales de l’état. Je me considère de la deuxième école.

Tout d’abord la dette publique libanaise n’a pas été réellement estimée. je me souviens par exemple d’une conférence à laquelle j’assistais et notamment de l’intervention de l’ancien ministre des finances Georges Corm qui nous révélait que dans le cadre de sa fonction publique, il n’a même pas eu le droit de aurifères l’identité des principaux créanciers de l’état.

La taille de la dette, on dirait une arlésienne, on ne sait pas qu’elle est la taille réelle de la dette avec les jeux d’écritures qui se sont multipliés.

Dernièrement encore, la taille a diminué parce que la BDL a mis au crédit de l’état la valorisation à la hausse des réserves aurifères par exemple. Mais il ne faut pas oublié que l’état ne prend en compte dans le calcul de ses dettes, celles d’institutions publiques comme la MEA, l’EDL par exemple, que l’état refuse d’honorer certaines de ses dettes comme par exemple les créances de l’armée libanaise vis-à-vis d’hôpitaux comme celles qui remontent aux années 80 et 90 sous des prétextes fallacieux et ainsi de suite. On peut donc raisonnablement penser que la dette publique est bien plus supérieure dans la réalité que celle publiée.

Mais le problème n’est pas la, le problème est de résoudre.

Ces 2 conceptions qui se heurtent, l’une préconise en gros l’augmentation des prélèvements, l’autre la création de la croissance.

Cela se reflète notamment sur le ministère des PTT. Grosso modo, l’introduction tardive de liaisons haut débit au Liban a été expliqué par les craintes de voir s’effondrer notamment les revenus des communications internationales. Les télécommunications ont donc été considérées comme une vache à cash de l’état et aujourd’hui, un tiers des revenus de l’état dépendent de la fiscalité de ce secteur.

Cependant, dans notre économie moderne, les télécommunications sont un instrument de croissance, un moyen d’attirer les industries high-tech ou simplement celles qui réclament des outils de communication. Il ne faut pas mettre sur le compte de la mauvaise situation politique les difficultés économiques, elles y contribuent certes mais elles ne sont qu’un paramètre de plus. Le principal paramètre reste une mauvaise gestion des outils monétaires, fiscaux et plus généralement de nos infrastructures économiques.

ex: Dar el Handassa a choisi de quitter il y a quelques mois le Liban. Motifs évoqués par la firme: “pas de haut débit suffisant pour les cabinets d’étude comme nous.”

Cela est également vrai pour notre politique monétaire, notre économie ne crée pas d’emploi parce que nos taux d’intérêts sont trop hauts. Essayez de créer une entreprise sans collatéraux, on vous demandera 37% d’intérêt, les kafalat ne suffisent pas. Notre politique de bunkérisation de la livre libanaise nous crée également un problème de pouvoir d’achat et donc de croissance. Outre le gap entre taux d’intérêt réels et nominaux, notre parité entre livre libanaise et dollars alors que nos principaux importateurs sont des pays arabes et européens dont la monnaie s’apprécie par rapport au dollar, diminue notre pouvoir d’achat actuellement et donc notre  potentiel de croissance économique.

La nécessité de changer de politique économique est tellement évidente également au niveau du placement économique d’un Liban touristique exsangue au premier incident sécuritaire. Des compagnies industrielles libanaises ont réussi à augmenter par 26% leur profit, donnons leur plus de possibilités, faisons un Liban industriel, construisons des richesses au lieu de se baser sur une richesse culturelle plus sensible aux tourments régionaux.

Malheureusement, remettre en cause des dogmes politiques n’est pas de bon ton. La politique économique libanaise n’est pas réformable par manque de volonté à le faire. On continue même par le plan Paris III à refaire les mêmes erreurs, celles qui nous ont amené à plus de 41 milliards de dettes, on touche à notre taux de croissance, au lieu de l’augmenter, on ira en l’affectant négativement.

La question qui demeure est “pourquoi ne pas alors changer de politique économique”, à moins que certains y voient des avantages personnels.

Le travail du père

juil 26, 2007 in Citoyen, Grognon

“Le travail du père”, c’est ainsi que se définit notre censeur en chef au Liban dans un article publié par la Libre Belgique et repris par Le Courrier International, qui se venge ainsi de la censure qu’il a lui même subit au Liban.

Bannières noires sur tout article ayant trait à Israël, pardon, pour ne pas être ici également censuré, il faut prendre donc les mesures adéquates, la Palestine Occupée, soit disant faisant ainsi l’apologie de la Palestine Occupée, un article du point à l’appui, c’est un coup de poing justement à la liberté libanaise qu’on pensait retrouvé.

Quant est il de la vague d’ouverture qui avait à ce sujet commencée sous le mandat cependant malheureux d’Emile Lahoud, cela avait été l’une des seules avancées d’ailleurs, retrouver Playboy ou Penthouse sous une couverture nylon noire dans nos librairies libanaises à l’image des hijab d’Afghanistan, après une absence fort longue durant les années du triumvirat Hraoui, Hariri et Berry. Justement, le sexe se trouve être également censuré alors que nos chers politiciens locaux continuent à s’invectiver sur le sexe des anges, pardon de la constitution libanaise et que se prépare l’orgie d’asphalte et des services rendus et des promesses vites oubliées des élections parlementaires. Après tout,  ce seraient eux qu’il faudrait à la fin plutôt censurer…

“Notre mission consiste à protéger la société libanaise”, déclare encore ce mauvais plaisantin, dont les uniques instruments sont le surligneur noir à passer sur les exemplaires des magazines, ôtant ces sexe qu’il ne laisse voir à personne d’autre et ne laissant que les seins pour se rincer la figure pour les personnes frustrées, autant aller à Mamelle-Tein, ou encore la fameuse paire de ciseaux très vite usée à force d’être usitée.

Le ridicule de cette mesure, la visse qu’on resserre alors qu’on l’avait quelque peu desserrée, seule avancée réelle de la marionnette Lahoud, va encore donner du grain à moudre aux moulins de l’islamisation du Liban, comme cela est déjà le cas d’ailleurs dans la plupart des autres pays arabes. On peut se demander qui à demandé à resserrer par vice justement cette visse.

Parce que le Liban est ni arabe, ni occidental, parce que le Liban doit être libéré, parce que le Liban se doit d’être ouvert, parce que le Liban doit simplement être l’espace de liberté dans cette partie du Monde, n’ayons donc pas peur des ciseaux, des surligneurs noirs, ayons ce courage, brandissons à nouveau nos drapeaux de la liberté et disons non à la censure, quelle qu’elle soit.

Le retour de la censure

juil 15, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon

A ce qu’il parait, désormais le retour de la censure. Ainsi, le magasine féminin Noun aurait été retiré des différentes librairies libanaises. Nos bons censeurs, qui je doute, fassent dans la dentelle médiatique à défaut de la toile d’internet, auraient ils recruté auprès de la gente féminine ?

La raison de ce retrait semble bien risible. Serait ce comme dans le bon vieux temps en raison de l’article concernant la sexualité d’un quidam connu au Liban, une vengeance personnelle ?

A moins que cela soit l’article de notre Nostradamus local, Michel Hayek qui, de source féminine sûrement, une personne ayant réussi sous le manteau, dans une quête digne des aventures du magasine maudit, suspense, devant passer dans plusieurs échoppes, à se procurer ce Graal pas vraiment saint, me rappelant en cela les journaux de la résistance française sous l’occupation nazi, aurait prédit la décapitation d’une institution libanaise ainsi que d’un certain nombre de personnalités de premier plan dans une explosion. Serait ce le parlement ? Le gouvernement ? L’armée ?

J’écarte de toute façon le locataire de Baabda dont le bail vient à expirer. Ce n’est pas une personnalité de premier plan, mais plutôt une marionnette qui se voulait être un second couteau.

Non pas que je crois personnellement à ce genre de prédiction, je n’y prête guère attention, il s’agit pour moi de racontars de mégères ou de comptoir de café arabe à défaut de téléphone arabe, dont la vérité, Hakika, est vite déformée. Cependant, je regrette que les autorités aient demandé ou suggéré, souvenez vous de cet épisode du Parrain et de la proposition qu’on ne peut refuser, comme durant le bon vieux temps la censure d’un magasine. L’information se doit d’être libre, ce sont aux lecteurs de se forger leurs opinions, de croire ou de ne pas croire, de juger, de dénoncer les mensonges, d’applaudir la vérité.

Est on arrivé, suite à cette censure, à un état de libre opinion, je commence à croire le contraire.

Crise dans l’Eglise Maronite

juil 07, 2007 in Citoyen, Grognon

Je me permets, faute de pouvoir le faire demain dimanche de poster ce billet ce samedi. Je vous souhaites également un bon dimanche en avance.

Se profile à l’image de la divergence d’intérêt au sein de la majorité et de l’opposition une nouvelle donne et une nouvelle divergence, cette fois-ci au sein de l’Eglise Maronite elle-même.

Il y a maintenant quelques mois, un ami religieux haut placé nous faisait part de certaines informations et cela avant le départ du patriarche Sfeir pour Rome.

Je tiens à dire personnellement que je pense que les religieux n’ont aucune place à tenir dans le débat politique comme homme de religion. Dès qu’ils intègrent l’échiquier politiques, ils ne sont que des hommes comme les autres et donc sujet aux mêmes critiques et cela est vrai pour les hommes de religion chrétienne ou musulmane. Il n’empêche que le système politique restant communautaire, la religion a malheureusement un impact sur la scène politique. Je rappelle d’ailleurs que j’avais dénoncé les Fatwas qui demandaient aux électeurs de voter ou Hezbollah ou Futur en 2005 déjà. Aujourd’hui donc, ceux qui critiquent l’aspect religieux du Hezbollah ne devraient pas oublier l’instrumentalisation de fatwa notamment dans le Nord Liban pour voter pour la liste Hariri, à l’image de ce qu’il s’est passé dans les régions chiites avec le Hezbollah.

A l’époque, il y a donc moins de 6 mois, me semble-t-il, ce religieux nous faisait part de l’insatisfaction grandissante du clergé maronite notamment par rapport à son soutien sous-jacent à une majorité au pouvoir déjà accusée en sous-main des mêmes propos tenus par l’évêque maronite Rai, il y a 2 jours.

Cette même source proche nous faisait également part d’une possible révocation du patriarche maronite par Rome qui a l’époque aurait également été convoqué par le Pape à ce propos, le Pape étant assez mécontent par ailleurs du positionnement politique de Sfeir.

J’avais déjà prudemment remarqué le changement latent de positionnement politique de Sfeir à son retour de Rome et sa plus grande prudence par rapport à ses prises de positions pro gouvernementales pour une approche plus neutre.

Dernièrement, avant la polémique au sujet du vendredi saint, une autre source proche du patriarcat me confirmait indirectement ces informations ajoutant que désormais le siège patriarcal redoutait en fait, sur les informations qu’il possédait et il ne faut pas oublier qu’un des meilleurs services de renseignement au Monde est en fin de compte l’Eglise,l’explosion d’un conflit entre palestiniens et chiites, à l’image de ce qu’il se passait en Irak, d’où également l’explication d’une divergence d’intérêt au sein même du 14 mars entre Joumblatt et Geagea et notamment par rapport à l’initiative française et Saad Hariri. « Les minorités se comprennent en fin de compte », me disait-on.

Une autre source m’indiquait que les autorités religieuses maronites n’ont pas apprécié que le dirigeant Saad Hariri ait balayé dans un geste très symbolique, de la main, la place dévolue politiquement aux chrétiens au cours d’une conversation qui s’était tenu il y a quelques mois. C’est ainsi que certains religieux estimaient que le gouvernement islamisait le Liban. Ce geste si confirmé, a été une grossière erreur de la part de quelqu’un qui veut diriger un pays, se mettant à dos une composante essentielle du Liban.

Depuis la polémique au sujet du vendredi saint, depuis les propos de l’évêque Raï accusant le gouvernement de vouloir islamiser le Liban via l’adoption de la Charte des droits de l’enfant musulman, on a la révélation de la profondeur de la crise « au saint » je devrais dire, de l’Eglise maronite de la crise actuellement en cours, entre le clergé émergent proche de l’électorat chrétien qui reste malgré tout aouniste et la veille garde patriarcale proche elle du mouvement des FL. On a vu d’ailleurs à ce sujet l’évêque Raï interrogé au sujet du vendredi saint, ne même pas vouloir répondre aux propos du ministre du tourisme Joe Sarkis, FL, sous-entendant que celui-ci « serait minable » selon les propos qui m’ont été rapportés.

On a également trouvé depuis les propos du patriarche maronite assez illogiques dernièrement, soutenant ou la majorité ou l’opposition selon la visite ce jour la de visiteurs d’un parti ou de l’autre. Ainsi, le patriarche, se sentant menacé par l’avènement de possibles successeurs, on a l’impression qu’il ne sait plus où se placer, quitte à donner l’impression de devenir gâteux.

Se profile donc dans cette crise également, la question de la succession du patriarche Sfeir qu’on commence à évoquer et là l’évêque Raï prend une longueur d’avance.

Ad momentum:

 Je tiensà faire remarquer quelques mises à jours dans les équations politiques libanaises, notamment dans le jeu de Joumblatt qui ne se fait pas tellement remarquer dernièrement après avoir déclaré que “le temps d’un Liban indépendant n’est pas encore venu”.

Ce soir également, Marwan Hamadé a déclaré que le Liban se doit d’être ami avec la Syrie…

Il faudra voir où cela mène même si cela rappelle que Joumblatt et sa clique nous avaient habitué à de nombreux retournements de veste….

22, les r’voila

juil 05, 2007 in Down, Grognon

Ainsi, les troupes syriennes sont de retour au Liban avec la présence des soldats syriens dans la partie sud est de la vallée de la Békaa à 3 km de la frontière.

Ma première réaction a été par rapport au projet historique du Liban.

La mise à l’écart en 2005 de composantes essentielles du pouvoir à été la principale cause de cet échec, cela a abouti à une dé-légitimisation des institutions déjà mal en point. Le maintien de Lahoud au pouvoir, la mise en place d’un parlement via une loi électorale biaisée, le gouvernement formé en l’absence de la composante chrétienne majoritaire poussée dans l’opposition, cette opposition ensuite rejointe par une composante toujours pro-syrienne de la coalition parlementaire en raison de l’hétérogénéité des objectifs à moyen terme avec les anciens prosyriens aujourd’hui converti à un autre axe américano-saoudien, etc… a abouti à l’anéantissement de ce que la volonté populaire avait obtenu pacifiquement.

A l’image de la France en 1944 à 1946 après l’occupation nazi et de son gouvernement d’union nationale où se trouvait au grand damne des Américains, les communistes, le Liban avait besoin d’un gouvernement d’union nationale pour relégitimiser toutes les institutions politiques en 2005 puis l’organisation de nouvelles élections législatives avec une loi électorale égale pour tous où une majorité gouvernerait et une opposition critiquerait et ferait la promotion d’une politique alternative. La question de la légitimité réciproquement non reconnue est l’échec le plus flagrant de nos hommes politiques.

Nos hommes politiques ou plutôt nos seigneurs de guerre et de rhétorique mal placée a failli, a poussé le Liban en banqueroute, ils ont vendu notre rêve d’un Liban libre, d’un Liban souverain.

Il n’y a pas eu de vision sociale, sécuritaire ou économique unificatrice mais plutôt la politique menée qui n’a fait qu’exacerber les tensions communautaires et sectaires. On aurait pu remettre par exemple à plus tard la question du tribunal international, le temps de solidariser les libanais, le temps de forger une identité nationale, le temps de renforcer les institutions politiques, sécuritaires, le temps on l’avait, la question du tribunal comme tout tribunal international s’étalant sur des années voir des décennies.

On exacerbe encore plus les sentiments communautaires par faute politique, on continue à commémorer chaque année depuis 2005 l’assassinat de Rafic Hariri, mais on voulait annuler le vendredi saint, mesure depuis annulée. Aujourd’hui, le gouvernement refait cette erreur en voulant ratifier la charte des droits des enfants islamiques en oubliant que la constitution libanaise stipule l’égalité entre toutes les religions reconnues. On change l’idée même d’un Liban multiconfessionnel et vivant dans une harmonie pour un Liban qui ne peut vivre ou chaque communauté s’affronte pour gagner ou garder des privilèges par rapport aux autres communautés.

Autre rumeur actuelle, selon des sources de Bkerké, siège patriarcal, ce qui se prépare est un affrontement communautaire entre chiites et palestiniens, proxi des sunnites. Toujours selon ces mêmes sources, on pourrait donc assister également à la conclusion prochaine d’une alliance entre chrétiens et druzes pour faire face à ce risque, les minorités se comprenant.

L’élément commun dans cette description faite de rumeurs non fondées peut-être, d’informations diverses, est que l’identité libanaise n’existe pas. Le grand Liban du patriarche Hohayek est un flagrant échec. Le Liban est trop hétérogène pour être aujourd’hui une nation, ceci était prévisible depuis la constitution de ce qu’on a appelé « le Grand Liban » qui a plutôt été une erreur historique.

Il aurait été préférable dans les années 1920 de constituer le Liban sur une base de population plus homogène, sur le Liban historique afin de promouvoir même l’identité libanaise et de permettre ainsi l’émergence d’un état nation. Il aurait fallu revenir au petit Liban, limité au Mont-Liban et à quelques régions limitrophes, plus homogènes. C’est cette identité libanaise qui nous manque aujourd’hui et qui permet aux puissances étrangères de se mener leur guerre par libanais interposés.