Archive for the 'Grognon' Category

 

Un chti billet politico-militaire

nov 13, 2007 in Citoyen, Down, Grognon, Histoire, international

a3 skywarrior

Retour à un peu de politique malgré que la situation n’y prête guère. Comme de nombreux habitants du Liban, je me sens blazé, mélancolique vu que la situation tient plus du pire et non du meilleur.

Que cela soit le discours de Nasrallah hier ou encore la donation de 3 tombeaux volants américains au Liban aujourd’hui qui ne peuvent être utilisés non pas contre nos chers voisins et que donc leur utilisation sera intérieure, chacun fourbi ses armes au sens propre, celles qui tuent et au figuré, les paroles bien en l’air.

J’aimerais revenir sur cette histoire d’avion. Les A3-Skywarriors sont des avions bombardiers stratégiques larguant des bombes non guidées utilisées par les USA entre les années 50 et cela jusqu’en 1991. Le type donné au Liban a été construit à 12 exemplaires dont 5 déjà reconditionnés, il s’agit d’avions d’entrainement donc on peut supposer non opérationels pour des exercices réels. Il ne sert à rien d’avoir un vecteur de bombardement sans appui aérien ou sans matériel adéquat, d’ailleurs comme le confirment des sources internes de l’armée libanaise qui espèrent voir dans ses avions un moyen d’en acquérir d’autres plus modernes…

Je rappellerais ici que le Liban a perdu 2 de ses 3 hawker hunter utilisés en 1983 quant ils sont allés en mission de bombardement contre des positions druzes de Walid Joumblatt. Des mitrailleuses lourdes ont suffi à en détruire un en vol et à faire rebrousser les 2 autres dont un jusqu’à Chypre pour demander l’asile politique. Le Hawker Hunter est grosso modo aussi rapide que le A3 Skywarrior donc aussi vulnérable et je dirais même plus vulnérable avec l’utilisation de moyens anti aériens plus perfectionnés et je ne doute pas que des factions libanaises en soient déjà équipées.

Ca rappelle un peu ces Hélico Bell que les libanais datant de la guerre du Vietnam (ptre qu’ils ont déjà croisé nos A3), ferraille achetée à 40 000 USD/unité et qui ne servent pas à grand chose ou ces Gazelles émiraties généreusement données sans système d’arme, fallait monter dessus nos pétoires de nos gazelles made in Romania des années 80 et détruites par les FL en 89.

L’usage plutôt interne préfigure donc le pire d’une guerre interne mais encore faut il donner une chance à la paix civile, la guerre c’est ce qu’il faut à tout prix éviter, le Liban n’ayant pas les moyens de se reconstruire avec son niveau d’endettement.

Putain, 6 mois déjà et Sarkontinue.

nov 10, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon

Au bout de 6 mois de présidence Sarko, il m’a semble être le moment de revenir sur le bilan en matière de politique étrangères.

La France est aujoud’hui plus que jamais alignée sur la politique du pire, celle de Bush notamment au Moyen-Orient. On peut le constater presque quotidiennement, avec les déclarations de Sarkozy au sujet de l’Iran, déclarations presque sans espoir, Bush a décidé, à la rigueur il ne déclare pas encore qu’il participera aux opérations de guerre contre l’Iran mais on peut penser qu’il ne restera pas les mains croisés. Un autre président, je pense à de Gaulle avec son envergure, donneur de leçon justement par rapport à la guerre du Vietnam, n’aurait pas eu de mots assez fort pour déclarer que l’option de la guerre est avant tout un échec pour la paix.

Ingérence dans les affaires internes de pays étrangers et là je n’aborderais pas la question du Liban mais bien celle du Tchad. Comment justifier l’enlèvement de 103 enfants Tchadiens, 3 seulements étant soudanais, comment justifier la soustraction des kidnappeurs à la justice locale. Imaginons qu’on retrouve le kidnappeur d’Estelle, qu’il soit étranger, chinois ou népalais et que le président chinois vienne à Paris pour faire justice à la place de notre justice. Adopter les enfants des autres … mais que pouvait-on attendre un mec qui a, selon Le Figaro, voulu adopter les enfants de sa femme alors que leur père (Jacques) n’était pas encore décédé.

Et j’en passe …

A force de ne pas avoir su donc gérer son mariage, on peut se demander une nouvelle fois s’il est à même de gérer un pays

Leçons de démocratie

nov 06, 2007 in Actualité, Citoyen, Grognon, Histoire, international

La démocratie du Moyen-Orient semble être plutôt celle de la loi du plus fort, la démocratie n’est pas un droit pour tous, la démocratie n’est qu’un droit pour certains.

Que dire par exemple du Pakistan, l’ami de Hariri semble avoir suspendu la constitution du pays pour pouvoir garder sa place et a emprisonné le président du Conseil Constitutionnel qui devait se prononcer sur la validité de son élection. La situation comporte quelques points de similitudes avec le Liban. Notre Conseil Constitutionnel n’est plus qu’à l’état de chimère et ainsi toutes les lois et décrets depuis adoptés n’ont pu faire l’objet d’un examen. Comment donc pouvoir se prononcer sur la validité des décrets ayant permis par exemple la tenue d’élections législatives partielles, comment se prononcer sur la validité des décrets ayant permis l’adoption par le gouvernement libanais du tribunal international alors que constitutionnellement parlant il revient au président de la république de les ratifier. Comment également sortir de la polémique au sujet du quorum? Devons nous comme le sous-entend la majorité, recourir à la majorité simple pour ce vote, ou comme le déclare l’opposition, recourir au quorum des 2/3 pour que le premier scrutin soit déjà valable.

Ceux qui critiquent aujourd’hui le manque d’arbitrage possible dans la crise politique ont tout à fait raison de le faire. On n’en serait pas arrivé à une crise aussi grave si le conseil constitutionnel avait pu faire la part des choses dans les différentes polémiques qui ont opposé majorité et opposition. La responsabilité première de la crise, selon cette optique, revient donc au pouvoir exécutif.

Cependant, cette faute n’est pas du seul ressort des libanais. Bien sur que les conflits larvés entre les axes syriens et iraniens d’un coté et américano-israéliens de l’autre coté impactent comme au bon vieux temps, celui de la guerre civile la situation libanaise. Le Liban agit comme le sifflet d’une cocotte minute, empêchant la région en entier d’exploser mais ce sont comme d’habitude les libanais qui en payent le prix. La destruction du Conseil Constitutionnel a été le premier pas vers le retour de l’instrumentalisation étrangère des libanais, le retour des quasi-milices.

Mais cela suffira-t-il ? La logique de la région est à l’affrontement. Le plan américain de partition du Moyen-Orient pour redessiner cette région en état plus « ethniquement homogènes », comme le décrivait Condoleezza Rice en 2006, avec les connotations quasi-racistes que cela comporte, alors l’heure est plutôt à la diversité, est en échec et pas encore mat, notamment en raison de l’opposition de la Turquie à la constitution d’un état kurde. Ce même plan signifie la mort du Liban tel que nous le connaissons, sa partition en entités ethnico-communautaires distinctes et on ne peut qu’en souhaiter l’échec au profit d’un Liban souverain et réellement indépendant de toute ingérence externe quelle soit proche ou plus éloignée.

Aus Deutschland

nov 02, 2007 in Actualité, Citoyen, Grognon, Histoire

Alors qu’hier je me trouvais en Moselle pour me recueillir sur la tombe de mes grands-parents français et aujourd’hui en Allemagne, à Stuttgart, capitale des Mercedes et pourtant on en voit moins (des grosses) qu’au Liban, je n’ai pu retenir quelques pensées.

Notre famille a été déchirée en l’Allemagne avec certains cousins, au sens propre germains, et d’autres cousins qui se sont eux engagés dans la résistance française. Un conflit non pas fraternel mais indirectement familial qui puisait.

Il n’empêche que la famille est demeurée unie jusqu’à très récemment et même si je n’ai pas eu la chance de connaitre mes cousins assez éloigné, je vivais après tout sur un autre continent, cela n’a pas empêché d’avoir leur nouvelles … des nouvelles d’inconnus.

J’évoque cette situation parce qu’après tout le sang qui a coulé et les différents conflits entre la France et l’Allemagne, ces 2 pays ont réussi à dépasser leurs différents pour se construire une paix véritable. Le Liban est ainsi, nous sommes tous des frères qu’on le veuille ou pas, quelque soit nos religieux que je dis avec un lapsus évocateur, nos communautés respectives, il faut dépasser nos différents pour vivre non pas cote à cote mais ensembles.

Aujourd’hui l’Allemagne vit avec la France, économiquement très liée et on a vu avec le couple Chirac-Schroeder une politique étrangère commune se dessiner malheureusement sans lendemain, pour le moment du moins.

Malheureusement au Liban, la guerre civile du Liban a amoindri les espaces d’échanges et la mes amis Ibrahim Tyan notamment avec son dernier billet, Araadon et Kheireddine ne me contrediront pas en disant que l’un des espaces d’échange et de coexistence commune était Beyrouth et plus précisément son Centre-Ville. Peu de régions libanaises sont à proprement parlées mixtes aujourd’hui. Peu de régions libanaises connaissent le dialogue inter communautaire, non pas que j’aime cette dichotomie, je préfère parler de citoyens libanais que de chrétiens de druzes ou de musulmans au sens large, mais cette dichotomie est une réalité. La réconciliation libanaise, elle ne s’est jamais faite en réalité, les personnes déplacées ne sont véritablement jamais revenues vivre dans leur régions, au mieux elles sont revenues estivés les beaux jours, au pire vendre leur bien. Des déséquilibres sont apparus également. Tandis que la France et l’Allemagne ont su se reconstruire ensemble et de manière équilibrée, les libanais se sont reconstruits chacun chez eux.

A qui la faute en fin de compte? Au peuple, je ne le pense guère. La faute incombe plus à ceux qui n’ont pas su gérer la période post conflit et la encore malheureusement, les tensions actuelles ne faisant que refléter en fin de compte leur erreur, le peuple une fois encore en paye le prix.

Explication de rencontre

nov 01, 2007 in Citoyen, Grognon

Nous avons pu lire dans différents médias que Walid Joumblatt avait expliqué que les USA s’acheminent vers la reconnaissance d’un président à la majorité + 1 au Liban.

Ce que ne dit pas le sieur de Moukhtara, c’est que cette reconnaissance, est et demeure synonyme de partition entre dans un cadre plus large, notamment en cas de conflit israélo/US vs la Syrie et l’Iran, avec un débordement de ce conflit sur le Liban et la création d’entités éthniques et communautaires distinctes.

Ainsi, Washington aurait promis à Joumblatt un rôle de premier plan, toujours selon certaines sources, dans la constitution d’une entité druzo-chrétienne, grosso-modo le Mont-Liban, alors que se constituerait de facto un état chiite et que Tripoli serait un émirat sunnite. Ainsi pourrait-on également expliquer les dernières positions de Joumblatt et Geagea qui sont quant même non pas des nationalistes libanais mais des séparatistes historiques, ayant chacun constitués durant la guerre civile un véritable état dans l’état, des cantons ethniquement homogènes qui est un objectif d’ailleurs de ce plan du Nouveau MO dont les Américains et Condoleezza Rice s’en sont faits des chantres durant le conflit de 2006.

Le refus de Samir Geagea de rencontrer Aoun le refus d’Aoun de rencontrer Joumblatt, pivot central de ce scénario en fin de compte, la rencontre Hariri-Aoun, qualifiée de rencontre de la dernière chance, pourraient confirmer ces informations ou rumeurs, Hariri estimant ainsi son rôle diminué en cas d’application de ce scénario, Beyrouth et Saïda n’étant plus assez importantes pour lui offrir une couverture politique suffisante. Cette rencontre Aoun-Hariri pourrait ainsi vue comme une manière de prévenir ses partenaires de son opposition à ce jeu mortel pour le Liban tel que nous le connaissons. Dans un tel cas, les chances du général Aoun de devenir président se trouvent être renforcées, une alliance CPL-Futur ayant été toujours plus logique qu’une alliance FL-PSP-Futur ou encore CPL-Hezbollah (même si tous les 2 sont en faits des partis nationalistes, l’un contre la Syrie et l’autre contre Israël)-AMAL.

Bref les jeux sont faits et comme dans une roulette de casino, rien ne va plus…

Le club des célibataires

oct 30, 2007 in Actualité, Citoyen, Grognon, Humour

Hier soir, alors que François Hollande était interviewé à la Tv Française, peut de dans après un reportage au sujet de la victoire de Madame la présidente nouvellement élue d’Argentine où l’on a pu voir une revenante, Madame, Royal, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que l’exercice du pouvoir en France est une exception aux règles normalement établies.

Exit donc Bill Clinton et ses multiples aventures à l’aide de cigares cubains ou domicains, Mitterrand et sa fille cachée parmis tant d’autres, que dirent de ceux qui maintiennent un silence de plomb (ben oui faut bien bourrer le fusil pour viser ceux qui risquent d’en parler), la mode est aux ruptures non pas politique par rapport à un passé mal digéré mais plutôt familial.

Le divorce Sarkozy, la fin du ménage Hollande laissent assez songeur, le pouvoir n’est plus attractif mais plutôt un boulet pour ceux qui ne peuvent être célibataires, en attendant le temps où l’on pourrait avoir 2 premiers hommes de la république (ben avec le maire de Paris actuellement le mieux placé, coté socialiste pour la prochaine présidentielle, rien n’est à exclure)

Peut-être faut il retourner alors aux mœurs anciennes, avoir un harem, avoir des concubines multiples, et à ce sujet je suis tombé sur une info, pardon un scoop pour reprendre un terme journalistique, un membre de la famille royal a été filmé au cours d’ébats sexuels (et non de débats) et avait été la victime non consentante d’un chantage.

Pourrions nous voir cela au Liban, ah j’oubliais que c’était le peuple dans le cas libanais qui lui est la victime et que le divorce avec une classe politicienne dans son ensemble est à souhaiter.

Mais malheureusement, pour des considérations religieuses et sectaires, le divorce étant mal perçu et d’ailleurs n’existant pas, on ne divorce pas, on annule bien hypocritement, nous sommes donc obligés de vivre avec nos bourreaux.

Une présidence people

oct 20, 2007 in Actualité, Citoyen, Grognon, international

… deuxième partie:

Non, non ce n’est pas le Liban, on est déjà une république bananière, même plus la peine d’en parler, mais plutôt la France avec le divorce Sarko-Cécilia.

On pourrait ainsi imaginer Nicolas chantant sur un air de « Simon and Garfunkel », le refrain de la fameuse chanson “Celia, you breaking my heart”

Trêve de plaisanterie maintenant, l’infecte reportage de France2 au sujet des bonnes du Liban.

Je ne me prononcerais pas sur l’aspect technique, je laisse là la parole aux professionnels et notamment ceux des Chroniques Beyrouthines , ma pierre à l’édifice sera toute autre.

Oui il existe des contraventions à l’éthique humaine, comme dans tout métier. Il y a de cela quelques années, nous avons reçu en notre domicile strasbourgeois un prêtre libanais qui avait pris sous son aile plusieurs filles dans un état déplorable. Cependant, c’est avant tout la faute des autorités de leur pays, qui leur permettent d’aller et qui ne les défendent pas. L’une des principales rentrées de devises par exemple reste pour les Philippines, le commerce de chair fraîche.
Mais la situation au Liban n’est pas aussi critique que celle dans d’autres pays arabes et notamment du Golfe et de l’Arabie Saoudite. Preuve en est la condition d’une gouvernante française enfermée dans un palais de Ryad et qui avait réussi à contacté un collège à une de mes relations. Le pire, c’était que l’Ambassade de France était au courant de la situation de la jeune femme soumise à diverses tortures plus morales que physiques si cela est encore un point ironiquement réconfortant, mais les autorités françaises ne pouvaient rien faire pour raison d’état.

Mais voila, on s’attaque au Liban parce que le Liban est faible, point de raison d’état ici, à se demander si ces attaques médiatiques ne sont pas volontaires, après tout, Cécilia justement avait un amant libanais… S’agit-il donc d’une vengeance sarkozienne quelque peu ridicule. J’en doute cependant mais on ne peut cependant l’écarter.

Dernier point à ce sujet, la coïncidence de l’arrivée de 3 ministres des AF européens dont le français Bernard Kouchner, peut-être alors s’agit-il d’éteindre toute compassion française vis-à-vis d’un pays meurtri par un conflit l’année dernière et par une crise politique se prolongeant pour des raisons d’état et notamment celles d’un certain voisin cultivant de bonnes relations avec l’actuel président français. Ainsi, on ne veut pas déranger les autres, pour preuve également l’annulation en août 2006 de la diffusion d’un reportage de la même émission sur le conflit de l’époque, tourné du coté libanais. Peut-être trop sentimental donc pro-libanais à ce moment là. Il n’a jamais été diffusé d’ailleurs.

Autre point maintenant, Mj et moi-même avons été contactés par Global Voices pour devenir auteurs et contributeurs de l’espace francophone libanais et par extension Moyen-Oriental. Nous avons tous les 2 acceptés.

Cependant, me rendant la semaine prochaine en France, je ne commencerais à faire une synthèse de l’espace francophone libanais et Moyen-oriental que dans 2 semaines. Il se pourrait également que ce blog connaisse alors une pause momentanée.

Lucky le Chien

sept 16, 2007 in Citoyen, Grognon

LuckyIl y a quelques semaines, nous avons remarqué, à un tournant de la route menant au domicile d’Ishtar, dans la pénombre, un beau chien qu’on a d’abord pris pour un cocker, comme on les appelle ici, de grande taille. Durant presque 2 semaines, il traînait là, semblant attendre que quelqu’un passe le prendre, son maître probablement, qui a dû certainement l’abandonner.

Un soir, il y a une semaine, ramenant justement Ishti chez elle, je le vois titubant à peine, affamé. Prenant tous les deux pitiés de ce chien, nous lui avons amené une boite de conserve de nourriture pour chien qu’on lui a ouvert. Il l’a avalé en l’espace de quelques secondes, tellement la faim lui rongeait les boyaux.

Quelques jours plus tard, Ishti est entrée en contact avec une association pour trouver une solution pour ce chien. Ils nous ont alors rétorqués qu’ils n’avaient pas assez de place.

Déjà, étant donné qu’il se trouvait sur une route où passent de nombreux véhicules, nous avons décidé de le capturer pour tenter de le sauvegarder. C’est alors que nous avons vu que sont état était pire que ce à quoi on s’attendait. Amoindri, squelettique, une loque vivante, des pants entiers de peaux apparents et par conséquent dépoilés, mis au compte à l’époque de son absence de régime alimentaire, un chien qui ne s’était pas nourri depuis un temps certains, un chien propre qui se refusait à faire les poubelles, qui était sale, traînait sur la route.

Tentant d’abord de le mettre chez des gens qui malheureusement n’avaient plus de place, ils s’occupaient déjà de 7 chiens, nous avons dû le laisser dans une impasse située à coté de l’un de mes domiciles. Pendant quelques jours, il est resté là, ayant à peine la force de se lever pour manger mais content de nous voir revenir Ishti et moi-même chaque jour pour s’enquérir de sa santé. Quelques personnes du village, émus eux aussi n’ont pas hésité à se mobiliser quelque peu et lui donner de l’eau, un peu de nourriture, pas grand-chose en fin de compte, sa vision d’un être en bout de vie remuant le cœur de toutes et de tous.

Un soir, alors qu’on promenait nos chiens respectifs, le Spitz d’Ishti et mon Huski dans le coin, ce chien, mieux portant après avoir été nourri, ayant plus de forces, n’a pas hésité à se lever, à tenter de nous suivre. C’est là qu’une voiture lui a cogné la tête. Il n’a pas trop souffert, il n’a pas bronché mais s’est juste ouvert la lèvre inférieure. La vie est profondément enracinée dans ce chien, il a la rage de vivre !

Devant cette situation, où malheureusement nous ne pouvions le prendre chez nous, à cause de nos chiens qui sont d’une jalousie extraordinaire et du fait que nous vivons en appartement, j’ai re-contacté cette association pour leur décrire la situation de ce chien obéissant, un amour en fin de compte, quitte à faire une contribution à cette association. Il s’agit de sauver ce chien de l’ingratitude de l’Homme. Nous avons également trouvé que celui-ci n’était pas un cocker mais une espèce assez rare de chiens au Liban, un Setter Irlandais.

Il fut convenu de l’amener chez un vétérinaire qui se trouvait être le même que celui de nos chiens respectifs. Nous avons donc capturé à nouveau ce chien désormais rebaptisé Lucky pour conjurer le mauvais sort qui s’acharne sur lui, et mis l’espace d’une nuit dans mon garage, après avoir été bien sûr traité contre les puces et autres parasites.

Le lendemain, Ishti est passé comme chaque matin avant d’aller à son boulot le nourrir, et nous nous sommes mis d’accord pour passer vers les midis trente, le prendre chez le vétérinaire en question. Une véritable expédition en 4×4 matelassé d’un drap, une odeur de chien dans la voiture comme pas possible. Nous sommes arrivé chez le véto à 13h. Une personne sur place l’a reconnu, il s’agirait d’un irish setter appartenant à un habitant de la région de Jal-el-Dib, ayant déjà à deux reprises, tenté de l’abandonner au Metn, mais ce chien lui était revenu par ses propres moyens. Pensant sûrement se débarrasser de Lucky considéré par ce triste personnage comme un vieux chien – alors qu’on a su par le biais de cette même personne qu’il n’a que 9 ans – et cela à coup sûr, il l’avait abandonné dans le Kesrouan.

Au premier coup d’œil, le véto nous a dit qu’il avait la gale. Depuis, nous n’avons plus de nouvelles, mis à part de savoir qu’un examen plus approfondi est nécessaire pour savoir de quoi il souffre réellement. Je l’espère entre de bonnes mains, pour en prendre soin, pour lui trouver une nouvelle famille d’accueil, pour qu’il puisse finir ses jours aimé, soigné et en bonne santé.

Je sais, certains critiqueront notre compassion pour cet animal, tandis que beaucoup d’autres personnes, des êtres humains, eux n’ont toujours pas de domicile. Ce qui est touchant avec ce chien spécialement c’est sa fidélité pour un maître indigne.

D’un autre côté, il s’agit également d’une mesure de santé publique. Outre le fait qu’ainsi il soit soigné, un chien malade dans la nature peut contaminer d’autres chiens, puis des enfants en contact direct ou indirect. Les municipalités devraient recueillir alors ces chiens pour une mesure d’hygiène publique.

En fin de compte, l’indicateur de progrès d’un pays ne se mesure ni à une économie dynamique, ni à des entrées d’argent chiffrées à des milliards de dollars. Un pays bien développé est un pays qui se respecte et qui prend à sa charge les individus les plus faibles, un pays où non seulement l’humain bénéficie des services sanitaires et jouit de ses droits premiers, mais où tous les êtres animés de vie, sont bien soignés.

Après réflexion, je dirais que la morale de l’histoire, quitte à choquer certains, est que nous les Libanais, nous sommes comme ce chien. Nous continuons à suivre des maîtres qui nous maltraitent, qui nous abandonnons pour leurs intérêts personnels après s’être servi de nous, nous nous faisons abusés, parce que nous ne savons pas nous en débarrasser tout simplement ou en choisir d’autres. D’un beau pays, nous sommes devenu un pays galeux.

Ecrit par Ishtar et Frencheagle

Ps : faites un geste pour l’association BETA,

http://animals.beirut.com

Des jours comme cela

sept 08, 2007 in Citoyen, Down, Grognon

ou tout va mal:

Nous devions aller mon père et moi assister à la remise d’une décoration à un grand ami à nous, dans le village natal de Douma.

Partis tôt, nous avons pris la route depuis Aamchit, une route qui passé Aamchit est d’ailleurs assez bien défoncée, au sens propre, à moins que les mulets ayant servi à la tracer l’aient été au sens figuré, il faut bien comprendre que depuis Raymond Edde, la région, toujours au mains des oppositions successives aux gouvernements tout aussi successifs n’a pas eu la chance d’avoir des routes potables.

Nous avons remarqué en montant qu’un signal de problème électronique à la boite de vitesse apparaître, problème pas vraiment important et donc ne nous empêchant pas d’aller à Douma. C’est la, en raison de l’étroitesse d’une route soit disant nationale, nous sommes rentrés dans un trou, trou qui a fait que le pneu avant droit s’est dégonflé. Il faut remarquer que la voiture était tellement stable que malgré le pneu désormais à plat, nous nous en sommes rendu compte qu’une dizaine de Km plus loin. On a changé le pneu en question et… voila que cette fois-ci, c’était la voiture qui refusait de démarrer, dans un lieu entre Djej et Tartéj… avec un réseau téléphonique ou devrais je dire cellulaire pour bien faire libanais, de piètre qualité. Après donc avoir trouvé un endroit ou le réseau passe, bien sur en se cabrant le mieux possible pour qu’il y ait le moins d’interférence, on a donc appelé une dépanneuse, décidé, après moult péripétie de rentrer à nos domiciles, la cérémonie de remise et le déjeuné d’ailleurs aussi ayant commencé depuis fort longtemps, ayant pris également soin de téléphoner à l’agence de la voiture qui nous on a indiqué une manière de contourner le problème: Il s’agissait de l’huile de la boite de vitesse qui a chauffé et donc on pourrait allumer la voiture en attendant quelques temps et en provoquant une surcharge à l’aide d’une deuxième batterie, chose faite, chose qui nous a permis de rentrer à 90 km/h maximum pour ne pas avoir la malchance de tomber dans un 2ème trou, sans pneu spear, cela aurait été le comble de la malchance.

En rentrant au chalet, voila que la semelle de ma chaussure que j’avais acheté chez Bally Allemagne et pourtant neuve, se détache. Fait insignifiant, mais j’ai l’impression de porter la poisse aujourd’hui.

La bombe Malbrunot

août 28, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon

Le journaliste ex otage Georges Malbrunot, grand reporter du Figaro, a dernièrement écrit un article au sujet du changement de politique du Quai d’Orsay.

Ainsi apprend on certaines choses non dites par la presse libanaise pro gouvernementale généralement:

“Avant de quitter son poste cet été, Bernard Emié, ambassadeur de France au Liban, est allé saluer « par courtoisie » le président prosyrien Émile Lahoud, que Paris boudait depuis 2004. De son côté, l’émissaire Jean-Claude Cousseran, chargé d’une mission de bons offices pour une reprise du dialogue interlibanais, a brisé un autre tabou, en se rendant à Damas, première visite d’un officiel français en Syrie, depuis au moins trois ans.”

D’autres informations transpirent de cet article, informations qui confirment d’une certaine manière ma vision de la chose actuelle:

“Le retour de balancier autour d’une approche - sans émotion, ni exclusive - s’imposait. « Ne se serait-on pas fait manipuler par le 14 mars ? » s’interroge-t-on au Quai d’Orsay. Les dérives de l’entourage de l’héritier Saad Hariri pour soudoyer un faux témoin que la France récupéra complaisamment en 2005 risquent d’apparaître au grand jour, lorsque le juge Brammertz, en charge de l’enquête onusienne sur l’assassinat d’Hariri père, remettra son rapport. Or ce jour approche. On parle de la fin de l’année. Paris pourrait être alors embarrassé. “

On remarquera en ce moment l’offensive politique sarkosienne et la remise en cause de la politique de Chirac avec outre le Liban, le cas du juge Borel, la mise sous accusation de personnages officiels djiboutiens.

Enfin sur Nahr Bared, on observera que Georges Malbrunot a également la même approche que la mienne:

 

Dans la même veine, l’affaire de Nar el-Bared, ce camp de réfugiés palestiniens du Liban-Nord, où des dizaines de combattants, venus de Syrie, affrontent l’armée depuis trois mois, est loin d’être aussi claire que la majorité pro-occidentale à Beyrouth le prétend. Si pour Paris, « Nar el-Bared a été, à l’origine, la réponse syrienne à la Finul » (la force des Nations unies au Liban-Sud, renforcée après la guerre, à l’été 2006, entre Israël et le Hezbollah). Aujourd’hui, les terroristes - anciens agents prosyriens, djihadistes salafistes et quelques brigands - n’obéissent pas qu’à Damas. Pour certains, les ramifications conduiraient plutôt à la direction sunnite libanaise, pas mécontente d’avoir des « gros bras » à sa disposition, si un jour la fracture sunnite-chiite virait à la guerre civile. Un spectre que la diplomatie française ne craint plus de brandir devant les responsables libanais.

« Regardez comment cette affaire a commencé, note un haut gradé de retour de mission à Nar el-Bared. Par une attaque de la banque de la Méditerranée à Tripoli, qui appartient à la famille Hariri, les activistes voulaient se venger de ne pas avoir été payés depuis un certain temps. » Un an auparavant, après la liquidation par Israël d’un agitateur du camp d’Ein Héloué près de Saïda, Baya Hariri, la soeur du défunt premier ministre élue de la région, convainquit alors - moyennant finance - des radicaux sunnites, en colère, de migrer plus au nord vers Nar el-Bared.”

Bien sur les opposants à ces analyses répondront que Georges Malbrunot, otage en Irak, a été libéré avec l’aide syrienne, qu’il paye sa dette, mais je pense assez bien connaitre le personnage, lui qui n’a pas épargné justement le régime syrien notamment après la révolution des cèdres pour pouvoir penser que cet article ne peut souffrir d’une quelconque partialité.

Il s’agit tout simplement d’une vérité crue, de la ou notre classe politique, et en premier lieu, la majorité actuelle, responsable parce qu’au pouvoir conduit le Liban.