Archive for the 'Grognon' Category

 

Petite pause qui s’avère longue …

Jul 04, 2008 in Grognon

Salut tout le monde !

Frenchy n’est toujours pas dispo pour updater son blog, parce que là où il se trouve, il n’a toujours pas d’adsl, et se connecte via modem :-s (je vous laisse imaginer ce que c’est …).

Il vous dit qu’il sera très bientôt disponible, enfin tout dépend des promesses de l’équipe qui doit venir lui installer la nouvelle connexion.

A très bientôt, et pour ceux qui sont déjà en vacances, Frenchy et moi, nous vous souhaitons d’agréables moments.

Ishtar

La Passion des christs : Une pensée aux détenus dans les prisons ennemies

Mar 21, 2008 in Actualité, Down, Grognon, Religion

 

Ce n’est pas la première fois que je poste ce billet, je l’ai déjà fait l’année dernière à l’occasion de la semaine sainte. Cette année je tiens à le reprendre, parce que la fête des mères et le vendredi saint tombent le même jour, et je pense que ce texte correspond parfaitement a ce vendredi 21 mars 2008, parce que le problème qu’il soulève est toujours d’actualité :

griffes20et20sang_2.jpgDepuis mon enfance où les manifestations de brutalité que je visionnais lors du journal de vingt heures m’ont fait passer des nuits blanches scandées d’angoisse, de frissons, de hantises, et de pleurs, j’ai cultivé une terreur mêlée d’horreur envers toute démonstration de tortures et de violence gratuite.

Après avoir passé un quart de siècle sur cette planète, sur une terre baignant dans les sévices d’une guerre utérine, ma répulsion de l’abomination qu’engendre toute sorte de violence ne fait que s’accroître, à un tel point que je n’arrive aucunement à supporter la vue d’une gifle dans une production cinématographique et l’expression que cet acte de rage peut susciter sur le visage de la personne qui le reçoit.

Mais la coïncidence, ce sobriquet qu’on donne à la providence pour ne pas la nommer et éviter tout apparence d’appartenance, a voulu que je sois une enfant du pays des cèdres, ce qui m’a exposé à tous les spectacles de violence qui puissent exister.

Née en pleine invasion israélienne de ma contrée, j’ai grandi avec les histoires de rapts, d’assassinats politiques, de détentions dans les prisons israéliennes et syriennes, de voies de faits des miliciens brutes, et j’en passe … A ne pas oublier les barbaries sur les terres palestiniennes, l’injustice infligée à cette population, le massacre de Cana tombé la veille de mon anniversaire, les atrocités incessantes en Irak, l’injustice assourdissante sur le continent africain, la dernière guerre contre le Liban, qui ont ponctué ces vingt cinq dernières années. Et par dessus le marché, comme si la brusquerie de la réalité ne suffisait pas, les cinéastes s’évertuent à produire des films où foisonnent des scènes cruellement crues.

image4c_2.jpgJe ne sais pas si c’est une psychose dont je souffre, mais ce que je sais, c’est qu’il m’est très dur de voir, d’entendre, ou même de lire une histoire relatant des faits féroces. Et un jour, un tsunami du septième art a fait son apparition relatant dans ses moindres détails, le supplice d’un personnage historique mondialement connu, Jésus.

Ce film, j’ai tout fait pour le rater, le fuir, ne pouvant voir la cruauté des séquences qui le rythment. Ce soir, en zappant mécaniquement de chaîne en chaîne, je tombe nez à nez avec cette œuvre tant redoutée. Moi qui avait eu ma dose en juillet-août dernier à la vue des victimes des conflits des sauvageries israéliennes, j’ai été ce soir figée, médusée, statufiée à la vue des premiers passage du film. Je n’ai pu le poursuivre, malgré mon effort de vouloir réaliser ce que le Christ a dû endurer à cause de nous, pour notre salut.

Pour une durée que je ne saurais déterminer, j’ai fait un flash-back de toutes les images qui ont affectées ma mémoire et déchiré mes sentiments tout au long de mon parcours existentiel, et je me suis posée une seule question : comment un humain peut-il faire cela à son semblable ?

marie_passion_2_2.jpgJe ne comprends jamais cet excès de zèle en matière de violence. Je ne le comprendrai jamais. Pourquoi nous détester ? Pourquoi vouloir du mal ? Pourquoi la haine ? S’il existe une seule chose qui peut être haïe, c’est justement la haine qui engendre la violence. Ces bourreaux qui ont insensiblement fustigé le corps du nazaréen, n’ont-il pas l’espace d’un moment pensé qu’on pourrait leur faire la même chose ? Quelqu’un pourrait me dire qu’ont fait toutes les personnes impliquées dans la crucifixion du Christ ? Réalisaient-ils que sa mère assistait à sa passion ? Ont-ils oublié qu’ils ont également chacun une mère ?

Cette histoire peut être légendaire pour certains, véridique pour d’autres, ou même une dérision pour quelques uns. Je ne suis pas là en train de parler religion. Je parle d’humanité. Qu’on le veuille ou pas, cette histoire a bel et bien existée, et chacun est libre de lui conférer la signification qu’il désire. Elle est là, en dépit de tout, pour prouver qu’il y a eu quelqu’un qui a subi tout ce qu’il y a de plus odieux qui puisse exister, pour nous dire : aimez-vous les uns les autres – en d’autres termes, regardez la turpitude de la violence et bannissez-la, et ne faites que du bien aux autres.

Et malgré tout, la violence continue. La vue de Marie dans cet état, ne pouvant rien faire pour mettre fin aux douleurs inimaginable de son fils, me fait penser aux mères des détenus dans les prisons des régimes ennemis, qui savent que leurs enfants sont dans de très mauvais draps, sans savoir même si ces draps sont des linceuls, et qui sont inaptes de sauver la vie de leurs enfants des mains de leurs tortionnaires.

passion_mary_1.jpg A ces femmes en peine, je pense ce soir. A l’intention des fruits de leurs entrailles qui souffrent injustement, j’adresse une prière, avec la ferme conviction qu’un cri du cœur peut soulever des montagnes. A ces âmes qui souffrent à cause d’individus qui n’ont pas voulu ou pu comprendre qu’un homme est venu ici-bas souffrir pour abolir la souffrance, et continuent à agir avec animosité, je formule une instance au Dieu unique auquel si peu de gens ont ouvert leur cœur, pour lui dire de donner la grâce aux incorrigibles humains qui n’ont jamais tiré une leçon de l’Histoire qu’ils continuent d’écrire avec le sang, de réaliser que la violence et la haine sont vaines, et que seul l’Amour vaille la peine d’être observé, pour que la vie vaille la peine d’être vécue.

 

Par Marie-Josée

Tintin chez les Libanais

Mar 04, 2008 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon, Humour

tintin_t0.jpg

Je n’ai pas pu m’empêcher ce soir de penser à un album d’Hergé dépeignant nos concitoyens et intitulé “Tintin chez les Libanais” à l’image un peu de “Tintin chez les Soviets”.

Il y aurait bien de la matière pour faire un album bien caustique, avec les nombreuses caricatures ici et là déjà de nos politiques, on pourrait ainsi trouver trouver quelques traits de caractères communs de nos chers hommes politique avec la castafiore qui chante si mal, professeur Tournesol, le capitaine Haddock bien alcoolisé et encore, nos nombreux voleurs de tous genres avec notamment l’infâme Rastapopoulos, je vous laisse donc imaginer qui sont les différents personnages ainsi cités.

Sur la planche ainsi insérée dans ce pays, on nous expliquerait ainsi les vols, rendant responsables bien des innocents et laissant les voleurs au pouvoir d’ailleurs.

Tintin chez les Libanais pourrait également montrer nos fâcheuses tendances à la théorie du complot, à trouver des coupables ou à toujours désigner les autres tels Dupond et Dupont de nos fautes bien libanaises, hier c’était les israéliens aujourd’hui les syriens, comme dans le Lotus Bleu, entre Japonais et occidentaux violant la Chine ou encore les combats entre tribus ennemis qu’Hergé écorche dans “Tintin au Congo.”

Le centre-ville de Beyrouth et son parlement pourrait être dépeint comme ces usines en carton pâtes, ou l’on fait fumer du foin pour donner l’impression d’y travailler, alors que notre économie continue à sombrer dans les méandres de la médiocrité. Belles façades bien vides en réalité.

Le luxe de nos chers concitoyens allant passer des soirées bien arrosées à Monnot ou Gemmayzé serait également la pour cacher la pauvreté dans laquelle nous a plongé les dérives quasi-totalitaires d’une classe politique qu’on ne mérite pas.

Notre Michel Hayek national pourrait également être la bohémienne dans les bijoux de la castafiore, présidant pardon prédisant un noir avenir aux bijoux de familles de certains.

Les roquettes du Hezbollah emmèneraient aussi vers un autre monde, une autre planète, rendant le Liban tel un paysage lunaire au retour et les généraux Alcazar et Tapioca ou autres nos voisins bien embarrassant essayant de mettre la main sur les quelques richesses qui demeurent encore dans ce pays.

Rendez moi la Saint Valentin!!!

Feb 10, 2008 in Citoyen, Down, Grognon, Histoire

Les discours de plus en plus guerrier de quelques anciens seigneurs de guerre se déclarant prêt à la guerre, suivi en cela du “nous sommes prêt à la confrontation” du novice en politique, héritier du père (je comprends désormais les raisons pour que son père ne veuille un héritier en politique) est un nouveau pas vers une guerre civile chaude à défaut d’être froide.

Ainsi, veulent-ils transformer le 14 février en date de confrontation avec leur adversaire politique, “que la guerre arrive et nous saisirons vos missiles” a déclaré le fou de la montagne, transformant en cela une date de commémoration contre l’avis même de la majorité des libanaises et des libanais qui avaient participé il y a de cela quelques années au 14 mars 2005.

Non à la guerre, oui à la coexistence, tel était le message. Non à la partition, oui à la vie en communauté.

“Nous promettons, chrétiens et musulmans, de rester unis comme une seule famille pour toujours”

nous avait fait promettre Gébran Tuéni, l’union et non la guerre fratricide comme ces oiseaux de mauvaise augure qui ont eu déjà un rôle sordide durant la guerre civile. C’est au nom de cette promesse désormais qu’il faut dire non au conflit et non à ceux qui la sponsorisent par leur paroles plus guerrière que politiciennes.

Rendez moi donc la Saint Valentin, fête de l’amour et ne transformons plus cette date en fête d’Arès, Dieu de la Guerre.

« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. »

Nov 25, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon, Histoire

« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. », écrivait Gébran Khalil Gébran comme un funeste visionnaire de ce que le Liban est aujourd’hui, un Liban avec des communautés, des fragments aux projets différents, un Liban au bord de l’abîme, un Liban plus proche que jamais de ses vieux démons, ceux de l’instrumentalisation étrangère et du conflit interne.

Est-ce la destinée du Liban que de connaître le malheur entre ses frères ? Ne pouvons-nous pas changer le destin ? 

Le problème libanais est qu’il n’y a pas de vision unitaire, le problème du Liban est que chacune de ses composantes ne peut dialoguer en toute confiance avec l’autre. Un autre symptôme du conflit qu’on a déjà connu, le Liban passa juste par une anesthésie temporaire, celle causée par l’union de ses composantes en rapport avec les occupations du Pays mais ces symptômes ressurgissent aujourd’hui tel un démon justement.

Le Liban en a connu des conflits au long de son histoire, à chaque fois qu’une communauté dominante mais sur le déclin fut défiée par une communauté moins dominante mais bénéficiant d’une dynamique démographique positive. 

Ainsi, les Chrétiens devinrent la communauté dirigeante face aux Druzes durant le 19ème siècle, de la sorte la présidence chrétienne perdu ses prérogatives au bénéfice du gouvernement par les accords de Taëf en 1989 et enfin aujourd’hui le Liban connaît de nouvelles tensions. La communautarisation de la scène politique, dont les accords de Taëf devaient venir à bout officiellement, ne furent qu’encore plus exacerbés et on en paye les conséquences aujourd’hui.

Non pas qu’il faille accuser les uns ou les autres, le Liban se doit d’être démocratique et donc on doit accepter cette dynamique mais les tensions existent parce que le système politique libanais n’est pas réformable à cause des résistances des uns et des demandes des autres. Chacun considère comme sacré des textes et dénoncent l’inconstitutionnalité de la réforme. Il serait tellement plus pacifique de ne considérer aucun texte sacré, que cela soit celui de la Constitution ou des accords de Taëf mais qu’ils puissent être réformable, adaptable aux nouveaux défis des situations, notamment face à des parrains aux intentions plus ou moins belliqueuses s’ingérant dans nos propres affaires domestiques et profitant de nos propres divisions. Oui il faut éloigner la religion de la politique, considérer non pas la préférence à telle ou telle personne suivant sa religion mais plutôt suivant ses idées et son programme, pour que le Liban devienne démocratique, pour que ses fils puissent tous se sentir Libanais avant d’être fragmentés par tel ou tel dirigeant. 

Le Liban aujourd’hui, fait face à de nouveaux défis, certains sont externes, le bruit des bottes résonne au Moyen Orient alors que s’annonce un conflit notamment avec l’Iran et le plan américain du Nouveau Moyen Orient ou encore interne, les tensions intra communautaires ressurgissent parce qu’il n’y a plus de zones vraiment mixtes donc intra sectaires au Liban et par conséquent de dialogue à l’échelle de la société. La dernière guerre a contribué à nettoyer ethniquement le Liban et ses criminels courent toujours, et pire encore se chamaillent pour le peu de pouvoir.

La présidence est vide, le pire peut advenir à chaque étincelle. Notre seule chance est qu’aucune partie ne veut prendre la responsabilité de cette première étincelle, celle du pire qui nous ramène 32 ans en arrière.