Emmanuel Macron ou la candidature cachée de François Hollande

Branle-bas de combat présidentiel en France, plusieurs candidats s’affrontent dans un relent d’affaires douteuses. Nous nous intéresserons ici à un candidat en particulier puisque sorti de nulle part, le voila pourtant qui caracolait, il y a encore quelques jours dans les différents médias, évidemment il s’agit d’Emmanuel Macron en faveur duquel, François Bayrou a tout juste annoncé son soutien et même l’alliance de son mouvement, le Modem avec ce dernier.

En réalité, François Bayrou reste cohérent avec lui-même. Après avoir sacrifié la France en soutenant Hollande en 2012, voila qu’il le fait pour les élections de 2017… et il y en a encore qui doutent que Macron, l’auteur du programme économique de François Hollande, n’est pas le candidat caché pour un deuxième mandat de ce dernier…
En fin de compte, ceux qui voteront Macron voteront indirectement pour un renouvellement du mandat de François Hollande.

Beaucoup au Liban même, en dépit des dénégations d’Emmanuel Macron, avaient souligné que sa visite avait reçu un certain soutien des autorités françaises, non seulement l’Ambassade comme cela serait l’usage pour tout candidat (et encore, je souhaiterais bien savoir si l’Ambassadeur de France et son personnel ont tout autant eu d’égard à Marine LePen, tout juste repartie d’ici), mais également de la face cachée, l’ESA ou l’Ecole Supérieure des Affaires et de ses cadres en plus de celui du PDG de l’Association des Banques qui avait organisé un diner – levée de fond – avec des places facturées entre 10 000 à 15 000 euros.

Déjà dans le cadre de l’affaire communément appelée sur Twitter et les autres réseaux sociaux #PénélopeGate, on sentait pointer déjà une certaine odeur en provenance de l’Elysée via ce fameux parquet financier dont les fonctionnaires ne sont autres que ceux-là mis en place par l’ancienne ministre de la Justice Christine Taubira sur un fond de règlement de compte indirect notamment sur la question du fameux mariage pour tous, François Fillon, rappelons-le ayant des valeurs notamment chrétiennes et catholiques très engagées, envisageait de le remettre en cause. Cette mesure est la mesure phare d’un mandat qui s’achève et qui ne laisse par ailleurs pas de grandes réalisations et ne présente en réalité aucun bilan positif, y compris et en particulier sur le programme économique dont Emmanuel Macron a été le designer.

Ce dernier d’ailleurs semble échouer au fameux test que tout homme politique se doit d’accomplir, celui de la flexibilité mais aussi de ne fâcher personne. En ayant admis que le mariage pour tous a divisé la France, ce dernier a fini par mettre contre lui une partie de son propre camp. Aussi face à l’exercice de la question algérienne et concernant la colonisation de ce pays, il a réussi à se mettre à dos, non seulement les Pieds Noirs et leurs descendants mais aussi les Harkis, ces Algériens sacrifiés pour la France. Un homme d’Etat doit également avoir savoir rassembler et non diviser. Pour le moment, Emmanuel Macron semble échouer à cet examen.

3 milliards mais quoi?

La France est déjà présente au Liban, notamment par son contingent déployé au sein de la FINUL au Sud Liban

La France est déjà présente au Liban, notamment par son contingent déployé au sein de la FINUL au Sud Liban

Le président de la république libanaise Michel Sleiman a annoncé hier soir, à l’issue des cérémonies de funérailles des victimes de l’attentat qui a endeuillé le Liban la semaine dernière, le don de 3 milliards de dollars de l’Arabie Saoudite pour équiper l’armée libanaise. La France met fort de mettre en avant sa coopération historique avec le Pays des Cèdres. Selon le contrat ainsi négocié et cela pour peut-être éviter les traditionnels bakchichs aux politiciens libanais, l’Arabie Saoudite versa directement cette somme à la France qui livrera en retour le matériel commandé.

A cette somme, il est judicieux de rappeler que le gouvernement Mikati aujourd’hui démissionnaire avait fait part de son intention de commander pour 5 milliards de dollars d’équipements militaires au cours des prochaines années et qu’au début de l’année prochaine, une conférence internationale sera organisée pour décider également d’accorder une aide supplémentaire de 1,6 milliards de dollars à cette même institution militaire. Ces 2 derniers facteurs sont pour le moment théoriques alors que l’aide saoudienne serait concrète et quasi immédiate.

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Hélicoptère d’attaque Gazelle de l’Armée Libanaise. Cet hélicoptère d’attaque est dépourvu des missiles antichars Hot. Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.

Ce nouveau développement était prévisible et explique notamment le nouvel alignement de l’institution présidentielle qui était notamment venue au secours du royaume saoudien alors que le mouvement chiite Hezbollah l’avait accusé d’être à l’origine des attentats qui ont visé la banlieue Sud de la capitale libanaise. La Présidence de la République avait alors dénoncé ces attaques verbales dans un communiqué de presse.

Ce don induit également de nombreuses interrogations quant au fond et à la forme qu’il prendra, les précédentes offres d’aides à l’institution militaire ont été ou vite oubliée comme les missiles antichars Hot devant équiper les Gazelles et jamais livrées ou encore les Mig 29 offerts par la Russie rapidement refusés sous la contrainte de l’état hébreu. Cette aide militaire russe s’était alors transformée en proposition d’équipement en hélicoptère d’attaque d’origines russe et finalement elle ne se sera également jamais concrétisée.

Une aide en raison de la lutte d’influence entre Iran et Arabie Saoudite?

Dans un contexte de lutte d’influence entre l’Arabie Saoudite et l’Iran et leurs proxys libanais respectifs, à savoir entre le Courant du Futur décrit désormais comme parti sunnite modéré et désormais également les différents groupes plus extrémistes qui agissent notamment dans le conflit syrien et le mouvement chiite Hezbollah également impliqué dans ce conflit, la présidence libanaise prend le risque de se voir accuser de parti pris. La concrétisation de cette aide semble donc être sujette à des difficultés internes, le calcul saoudien étant qu’un renforcement de l’armée libanaise pourrait faciliter un désarmement du Hezbollah et donc permettre au Royaume de regagner une certaine influence régionale. Cependant, c’est un pari risqué, qui ne peut se faire sans une première étape d’une offre de garantie sécuritaire de la part de l’état vis-à-vis des menaces actuelles et notamment les menaces israéliennes contre la population chiite du Sud Liban constituant le principal soutien du parti chiite. Et ce calcul ne manquera pas une nouvelle fois de faire l’objet d’un véto israélien comme nous le verrons.

Autre point concernant l’aide elle même et les difficultés à laquelle elle ne manquera pas de faire face, pourront-elles êtres surmontées alors que le mandant de la présidence s’achèvera en mai prochain? Rien n’est moins certain, d’autant plus que cette aide militaire ne pourrait pas être sans contrepartie d’ordre politique en faveur des alliés libanais de l’Arabie Saoudite et donc aggravant plus encore le conflit communautaire entre chiites soutenus par l’Iran et sunnites soutenus par le royaume Saoudien et donc réduisant l’impact d’une armée garante forte et équidistante vis à vis de tous à un rôle de partis pris.

La deuxième interrogation concerne le matériel militaire qui pourrait être offert et  les besoins de l’armée libanaise sont très diversifiés.

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Verra-t-on le retour du Char Leclerc au Liban, la France ayant déjà fait part de vouloir vendre certains de ses exemplaires en occasion à la Colombie et au Qatar.
Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.

L’armée libanaise est techniquement faible comme le souligne bien la presse internationale aujourd’hui. Le rôle qui lui a été dévolu depuis la fin de la guerre civile s’apparente plus à celui d’une super police locale qu’à une force pouvant faire face aux menaces extérieures principalement incarnées par un contexte régional difficile, conflit israélo-palestinien ou conflit israélo-arabe avec la présence des fameux camps palestiniens qui échappent à la souveraineté de l’état libanais ou aujourd’hui désormais la guerre civile syrienne. Nahr Bared en 2007 et les derniers évènements à Tripoli encore une fois au Nord Liban ont démontré les grandes difficultés de l’armée libanaise à intervenir dans un environnement urbain dense. Des équipement de guerre urbaine sont donc d’abord nécessaire afin que l’institution militaire puisse poursuivre cette mission de sécurité locale

Le contrôle des frontières libanaises que cela soit avec la Syrie ou Israël induit également des besoins différents, l’armée de l’air est totalement dépourvue aujourd’hui de capacité  défensive,  l’espace aérien libanais étant sujet aux nombreuses violations israéliennes quasi quotidiennes.Le Liban, dans le domaine devrait donc aussi bien considérés les systèmes de défense au Sol, missiles anti-aériens en premier puis élargir ses demandes pour des avions de combats nécessaires pour reconquérir son espace aérien.

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Le BPC Dixmude à l’occasion de manoeuvres franco-libanaises au large des côtes de Jounieh. Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.

Enfin l’exploitation à venir de ressources pétrolières et gazières dans l’espace économique maritime induit le développement d’une force maritime aujourd’hui quasi à l’état embryonnaire. Ce volet sera bien entendu sujet au véto israélien qui avait déjà effectué un forcing diplomatique envers Moscou lors de l’affaire des Mig 29. Tel Aviv estime en effet que tout armement moderne accordé au Liban pourrait tomber entre de mauvaises mains, agitant notamment assez souvent les menaces d’attaquer l’armée libanaise en cas de conflit en raison de ses liens avec le mouvement chiite et cela en dépit des inventaires pourtant bien tenus de l’armée libanaise.

L’offre d’aide à l’armée libanaise est peut-être salutaire sur la forme parce que le Liban n’a tout simplement pas les moyens financier de faire face aux différents défis qui s’annoncent à lui dans un environnement marqué par les différents conflits régionaux, conflit israélo-arabe avec la présence palestinienne jamais résolu depuis 1948, aujourd’hui conflit irano-saoudien qui est communautaire entre chiites et sunnites et qui s’est concrétisé en Syrie et qui risque de déborder au Liban, etc… mais sur le fond, cette aide pose problème à plusieurs titres. Encouragerait-elle une sédition supplémentaire au sein des différentes communautés? Fera-t-elle l’objet d’un véto sur un certain nombre d’équipements pourtant nécessaires de la part de la communauté internationale, et enfin quels seront les équipements disponibles à l’Armée Libanaise?

Mais toujours est-il qu’il faudra donc attendre à en connaître les dessous, tant politiques que militaires  pour savoir si réellement cette aide sera bénéficiaire ou pas au pays des cèdres.

Copyright François el Bacha. Tous droits réservés.

Menaces?

Un mail que j’ai reçu hier, alors que le ton monte entre pays qui soutiennent la reconnaissance d’un état palestinien à l’Onu, le 22 septembre prochain et notamment l’Espagne et le ministre des AF israéliens Lieberman. On dirait qu’on s’achemine vers un nouveau conflit dans la région.
Chacun semble fourbir ses armes, certains comme le démontre ce mail, semblent vouloir refaire l’Histoire – à leur avantage – Judée et Samarie n’étant pas vraiment occupés par les palestiniens mais par les israéliens puisque « Tsahal » s’y trouve déployée.

S’agit-il d’un appel à une mobilisation « militaire »? Pourrait-il y avoir un conflit? Est-ce un hoax?

Ouvrons ce débat donc, vous êtes libre de le commenter dans un esprit courtois

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Ce billet ayant été rédigé depuis un téléphone portable, je vous serais gré de me pardonner des quelques fautes d’orthographe.

Un jour nouveau

Un jour nouveau ? Ou plutôt la répétition des événements? On aura enfin compris pourquoi Israël déclare que des cadeaux ont été donnés à la Syrie au Hezbollah, tout cela pour avoir une rallonge financière de plus de 200 millions de dollars dans le cadre de leur programme d’armement antimissiles. Certaines sources faisaient ainsi, en effet état de difficultés financières et techniques dans la mise en place de ces technologies au sein de l’armée israélienne,alors que certains diront même parler d’escroquerie quant au déploiement de ces tels systèmes. Lire la suite

Gesticulations

La répartition des sites nucléaires iranien - Source RFI

La répartition des sites nucléaires iranien - Source RFI

Les dernières menaces des autorités israéliennes à l’encontre du Liban sont à mettre au crédit de gesticulations sans aucun intérêt contre, en réalité, l’Iran. Israël se retrouve acculé à des menaces verbales, incapable de mettre à exécution ses menaces contre Téhéran.

En effet, toute attaque contre les installations nucléaires iraniennes par des armes conventionnelles risque de n’être qu’inefficace, ces installations étant fortement protégées par un dispositif antiaérien et enterrées, à l’abri des bombes actuelles. Au nombre de 19, les installations nucléaires iraniennes être aisément mis en alerte en cas de frappes non simultanées, augmentant encore la facture d’une telle opération militaire. Une des solutions serait, comme suggéré par des responsables américains il y a encore un an, l’utilisation d’armes non conventionnelles ou mini nuke, genre de bombes nucléaires à faible puissance, mais le collatéral à une telle utilisation pourrait être l’annonce immédiate de la capacité nucléaire israélienne – chose jusque-là connue mais jamais officialisée -, de la militarisation officielle du programme nucléaire iranien, et de l’effet domino que cela aura sur les autres pays de la région. Lire la suite

La France oublie son Histoire

La réforme de l’éducation ne passe décidément pas sans heurts en France, la dernière mouture de cette réforme faisant état d’un possible abandon de l’Histoire et de la géographie pour les classes de terminales scientifiques. Rassurons-nous, ces deux matières pourraient rester facultatives selon le gouvernement.

Trêve de plaisanterie, la France oublie son histoire et cela est regrettable. Il est vrai que peut-être l’histoire de la première fille de l’église, comme aimaient le présenter certains rois de France est devenu difficile à assumer. Exit Poitiers, Charles Martel n’a jamais vaincu, exit les croisades,les mots du hasard, l’orange, en provenance du Moyen-Orient, exit la pomme de terre des Andes, on n’en finira comme ça avec Parmentier, exit les Joliot-Curie, et les autres réfugiés célèbres venus de France, pays des droits de l’homme, et surtout oublions toute notre histoire, cette histoire pourtant merveilleuse de ce qu’à fait la France pour le monde ce que le monde entier a fait pour elle. Lire la suite