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Les dessous de l’échec de Kouchner

fév 05, 2008 in Actualité, Citoyen, Down

Un nouvel article du New York Times révèle les dessous de l’échec de l’initiative française conduite par Bernard Kouchner à la fin de l’année dernière.

Ainsi, 2 passages semblent être assez intéressants, je cite l’article :

What was accomplished? A Kouchner aide told me that Nabih Berri was now far more open to a “consensus” candidate to replace the departing president than he was before. The Christians — from whose ranks, according to Lebanese law, the president would be chosen — had also agreed to select someone acceptable to the Shiite opposition. On the flight home, at 2:30 in the morning, Kouchner told me that he had reminded them all that the alternative to compromise was yet another spiral of violence that he, and they, knew so well. But he also assured them that if they could elect a president before the Annapolis conference on Middle East peace in late November, “it would change everything; it will make the Middle East move toward a dimension, not of conflict or violence but, if I daresay, of democracy and constitutionalism.”
(…)
When I spoke to Kouchner later and asked if the failure in Lebanon showed the limits of his brand of intimate diplomacy, he said, “Sorry, no, on the contrary, the problem is to not play the game my people have been playing in Damascus.” The problem, he said, was “Élysée” — the president’s office. Not Levitte — “he was in agreement with me.” I told him that I had just had spoken with Levitte, who said that Sarkozy authorized the trip only after Saad Hariri, Rafik’s son and the leader of the so-called March 14 majority coalition, agreed that he should do so.”

Bref cet article sous-entend que l’élection d’Aoun était possible à la fin de l’année dernière, ce qui nous aurait épargné d’un vide constitutionnel à la tête de l’état et peut être donc des problèmes récurrents actuels tels que les nouveaux phénomènes de violences dont le Liban a été victime.

Ce journaliste ayant accompagné Bernard Kouchner dans ses déplacements au Liban semble sous entendre que Saad Hariri a utilisé l’Elysée pour envoyer Guéant en Syrie et ainsi provoquer l’échec de l’initiative du Quai D’Orsay. Ainsi, le ministre français prenant trop de place au gout de l’Elysée était discrédité et Aoun écarté de la présidence. Je rappelle ici que les politiciens de la majorité accusaient la France d’avoir rompu l’isolement de Damas et de traiter avec le régime assassin syrien. Comme je dis souvent, on nous ment, on ne nous révèle pas les dessous des affaires en cours mais rien de très propre dans tout cela.

Un vol?

fév 04, 2008 in Actualité, Citoyen, Down, à coté

Hier soir alors que je promenais ma chienne vers les environs de 11h au niveau du Hilton de Strasbourg, je me suis engagé dans une rue quelque peu sans lumière. C’est alors que je vois 2 jeunes gens tenter de voler une voiture. Ils se sont enfuis en me voyant arriver, et c’est alors que d’autres passants se sont également engagés dans cette même rue. Et cela donc non seulement à proximité du Hilton mais d’une partie de l’état-major de l’Eurocorp, c’est à dire des unités de défense européennes.

Pourquoi en parler? Cela m’a rappelé une discussion avec un cousin éloigné qui vit au Brésil sur l’insécurité cette année.

Il déclarait alors ne pas avoir peur de vivre au Liban, malgré les bombes et attentats si jamais il prévoyait de revenir, il se sentirait lui plus en sécurité au Liban, notamment après avoir fait l’objet d’un braquage à main armé, qu’un de ses cousin ait eu l’oreille coupée dans un kidnapping contre demande de rançon et que son père ait eu son coffre cambriolé suite à des menaces d’assassinat de ses neveux et de leur enfants.

Oui, il y a des violences au Liban, certaines sont gratuites avec notamment les violences politiques, mais je me souviens une fois avoir oublié les fenètres de ma voiture ouverte en bas d’un escalier de mon ancienne fac sans que personne ne s’y serve, ou encore je me souviens m’être perdu dans un camp palestinien du sud de Beyrouth avant l’an 2000 en essayant de rejoindre le Bamboo Bay pour une Beach Party sans que rien ne se passe.

On peut craindre aujourd’hui que les temps changent, qu’on ne puisse plus se perdre dans tel ou tel quartier par exemple, alors que se constituent des comités de défense de quartier.

Mais espérons que non.

Lupanar de Pompéï au Crystal

jan 05, 2008 in Down

Lupanar de Pompei

Le niveau d’une boite de nuit bien connue des jeunes à Beyrouthins en mal de show off local, celui qui consiste à vouloir paraître important (quand on ne l’est pas en réalité) et a dépensé le plus possible l’argent de papa maman pour montrer combien on est riche donc puissant et ainsi s’accaparer une jante féminine plus pute et bien refaite que réellement désirable, vous aurez compris ici que je parle de la fameuse boîte de nuit dénommée «Crystal”, semble bien être en baisse.

Après avoir connu les affres une fermeture forcée en raison du refus par les gérants d’accorder une table non réservée au fils de l’ex-président de la république Emile Lahoudil y a de cela quelques années, 2003-2004, si je m’en rappelle bien, il s’agit aujourd’hui du fils du responsable de la sûreté générale nommée par le gouvernement Saniora suite à un compromis avec le président de la chambre voulant sauvegarder son domaine de chasse privée des institutions étatiques. Ne pouvant obtenir une table et ainsi prouver son importance, le fils à papa a donc fait appel aux services de son papa pour effectuer une descente en règle et humilier les clients sous couvert d’une chasse aux clandestins et autres illégaux travaillant en ces lieux et forçant la clientèle à demeurer à genoux, humiliée. Imaginez donc ces gamines en minijupe venu à la chasse au fric et de ses gamins venus dépenser l’argent bien mal acquis de leurs nouveaux riches de père. Je me souviens ainsi de l’histoire une amie m’expliquant qu’à telle table où trônait seul un homme accompagné d’un certain nombre de filles, il s’agissait en fait d’un proxénète vende dans les mérites de ses filles à de riches touristes arabes en mal de compagnie. Peut-être également que la sûreté générale au lieu de s’attaquer cas de pauvres qui quidam sans papiers auraient pu aussi faire appel à la brigade mondaine, et ainsi terminer le boulot.

Non pas que je aime cet endroit, je n’y ai mis les pieds que deux fois d’ailleurs pour accompagner une amie travaillant dans une chaîne locale à l’époque où j’étais toujours célibataire. J’étais offusqué par les dérives faits par une société pourrie qui au nom du principe de s’amuser en fait s’amusait a s’humilier dans un pays appauvris par une clique de mafioso. cela me rappelle sans mal les dérives d’une classe de Patriciens Romains en mal d’orgie dans des lupanars, alors que leur empire s’effondrait.

Je regrette l’ancien lieu qui s’appelait le Circus ou de telles dérives n’avaient pas cours à un tel point.

je m’amuse cependant aujourd’hui à constater qu’un fils d’un ex-président de la république bien décrié, annoncé de ce qu’il est advenu durant cette période ou à une mafiocracy en a succédé à une autre, a été remplacé par le fils d’un simple service de la sûreté de l’État. On voit bien comment l’État libanais est devenu une république bananière au service non pas de son peuple mais de quelques puissants ou du moins de quelques-uns qui se croient puissants mais qui en fait sont bien impuissants.de

Aux dernières nouvelles, les trois boucs émissaires arrêté dans le cadre de cette affaire, les officiers ayant effectué cette perquisition à la solde du fils à papa ont été libérés après avoir été a été par la justice militaire. Ainsi, les choses reprennent certaines normalités ou plutôt leur cours normal, on ne se bouffe pas entre loups et encore moins entre louveteaux qui se font leurs dents dans les affaires des autres. Comme d’habitude, c’est le commun des mortels qui se fait baiser par des gens ou de tristes personnes n’ayant pas conscience que leur première responsabilité est de protéger et non pas d’agir dans leurs intérêt ou de se protéger.

Ainsi va le Liban, après tout il a toujours été le bordel des autres et comme dirait un ami à moi… This is Lebanon… Unfortunatly!

discussion, rencontre, et réflexion

jan 03, 2008 in Actualité, Citoyen, Down

Hier soir, nous sommes sortis dans le seul restaurant à peu près potable de la région du Kesrouan tendances mexicaines et vous aurez bien sûr compris que je parlais du Habana. Nous y avions rendez-vous, Marie-Josee (voir également dans son dernier billet) et moi-même, avec un ami que je salue au passage vu que je lui ai passé le lien de ce blog, journaliste à ses heures perdues dans l’édition du dimanche du journal An Nahar que nous connaissons tous.

Cette personne a en effet écrit un livre sur l’histoire de mon berceau familial, les lecteurs les plus fidèles auront bien sur compris que je parle du village de Douma. Admirable bouquin qui succède sur ma table de chevet au mémoire de Pépé de Byblos que je viens tout juste de terminer.

Admirable bouquin que vous ne saurez pour le moment lire vu qu’il n’est pas encore disponible, l’auteur, mon ami je puis dire, ne l’ayant pas encore officiellement lancé. Parmi les photographies des personnalités et des villageois, on peut voir celle de mon grand-père décédé en 2006, et cela m’a fait réaliser combien il me manque aujourd’hui.

Nous avons également abordé un thème tenant à coeur tous les Libanais que nous sommes et qui est celui de la politique. Concordance de vues quant au diagnostic de la situation. La situation reste en effet grave, mais je ne vais quand même pas me tuer à le répéter. J’en ai déjà suffisamment dit au cours des différents billets publiés ici.

Aujourd’hui, un autre ami repart en Afrique, y vivre et y travailler. Le Liban se vide de sa jeunesse en raison de la politique catastrophique non plus seulement économique mais aussi politicienne que s’évertue à mener une classe d’apprentis magiciens au pouvoir. On entend déjà tel ou tel politicien accuser son voisin de vouloir pousser au conflit sans pour autant se jeter la première pierre, sans pour autant voir sa responsabilité, sa propre responsabilité quant au conflit non pas dans l’intérêt des Libanais ou même de sa propre communauté mais dans l’intérêt de puissances étrangères plus ou moins proches.

On nous a déjà privé de notre révolution, permettant ainsi à ceux qui nous gouvernaient déjà avant la guerre civile puis durant l’occupation qu’elle soit syrienne ou Israélienne de continuer leurs propres affaires. Le peuple libanais se doit de s’emparer au sens propre du pouvoir, obligeant les politiciens non pas à être au pouvoir dans leur intérêt privé mais y être au nom de l’intérêt général et les sanctionner si cela n’est le cas.

J’avais déjà par le passé expliqué que l’échec de la révolution des Cèdres était prévisible en raison de la non reconnaissance qui pouvait découler d’une loi électorale non égalitaire entre libanais que l’on soit du mont Liban ou du reste du pays. Aujourd’hui, plus que jamais, la crise politique qui perdure, la demande d’un veto des deux tiers et le refus des partis opposés indique que j’avais déjà raison à l’époque.

Le diagnostic, mon diagnostic, que pourtant certains décriaient, s’est avéré exact et j’avais proposé une solution, celle du recours en 2005 à de nouvelles élections législatives après l’adoption d’une nouvelle loi électorale.

Depuis 2005, on ne m’a guère écouté et pourtant encore aujourd’hui les solutions existent, et même si elles sont proposées par une partie contraire à mes convictions pour des raisons idéologiques, je reste conséquent avec moi-même, parce que ce ne sont que les seules solutions dont on peut disposer.

J’avais en effet décrit à l’époque le mécanisme qui, partant du principe d’un régime parlementaire au Liban, allait aboutir à la décrédibilisation de tout le système politique, à commencer par le Parlement, le gouvernement puis la présidence.

Le gouvernement nommé en apport avec ce parlement a ensuite vu sa légitimité remise en cause à la première crise, cela s’est passé exactement comme prévu après le retrait des ministres chiites en novembre 2006. La présidence aujourd’hui est vacante suite à la délégitimisation du parlement et du gouvernement.

Le Parlement a été décrédibilisé par les élections basées sur une loi électorale injuste. Dans un cas classique, il reviendrait à la majorité de gouverner et à l’opposition d’offrir une alternative crédible à cette majorité lors de nouvelles élections. Cependant, la situation n’était pas normale en raison du sortir d’une période d’occupation mais également une période de guerre civile dont l’occupation avait anesthésié les symptômes. Ôter l’occupation, les symptômes revenaient. Cette guerre civile avec des causes et ses causes demeurent aujourd’hui avec l’ajout de nouveaux paramètres et notamment ceux de changements démographiques. A chaque fois qu’une communauté dominante était défiée dans sa dominance par une communauté minoritaire mais ayant une démographie positive, nous avons vu au Liban un conflit. Ce fut le cas au XIXe siècle entre druzes et chrétiens, puis au XXe siècle entre musulmans et chrétiens et aujourd’hui entre musulmans eux-mêmes sunnites et chiites. Tant que le système politique libanais ne saurait être le reflet de communauté sans savoir s’adapter assez dynamique ou encore sans se laïciser c’est-à-dire sans enlever le paramètre de la communauté ou de la secte religieuse, le Liban connaissant la vie des communautés seront en perpétuel conflit. C’est cela qui arrive aujourd’hui et ceux qui ne veulent pas à mettre sont les premiers responsables de cette crise.

Il était donc prévisible que la situation pouvait virer au pire après l’espoir d’une révolution ratée. et je maintiens que le seul espoir qu’ont les Libanais aujourd’hui d’éviter le renouveau d’un conflit civilet d’avoir confiance en les institutions et sans légitimant avec un nouveau scrutin, représentant mieux pour le moment la distribution des pouvoirs par rapport au poid démographique et ainsi diminuer la tension actuelle pour ensuite laïciser les institutions étatiques à plus ou moins brève échéance. Il s’agit là de la seule manière de faire si on veut pas être au mieux dans une crise chroniques les six prochaines années ou au pire en guerre.

« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. »

nov 25, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon, Histoire

« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. », écrivait Gébran Khalil Gébran comme un funeste visionnaire de ce que le Liban est aujourd’hui, un Liban avec des communautés, des fragments aux projets différents, un Liban au bord de l’abîme, un Liban plus proche que jamais de ses vieux démons, ceux de l’instrumentalisation étrangère et du conflit interne.

Est-ce la destinée du Liban que de connaître le malheur entre ses frères ? Ne pouvons-nous pas changer le destin ? 

Le problème libanais est qu’il n’y a pas de vision unitaire, le problème du Liban est que chacune de ses composantes ne peut dialoguer en toute confiance avec l’autre. Un autre symptôme du conflit qu’on a déjà connu, le Liban passa juste par une anesthésie temporaire, celle causée par l’union de ses composantes en rapport avec les occupations du Pays mais ces symptômes ressurgissent aujourd’hui tel un démon justement.

Le Liban en a connu des conflits au long de son histoire, à chaque fois qu’une communauté dominante mais sur le déclin fut défiée par une communauté moins dominante mais bénéficiant d’une dynamique démographique positive. 

Ainsi, les Chrétiens devinrent la communauté dirigeante face aux Druzes durant le 19ème siècle, de la sorte la présidence chrétienne perdu ses prérogatives au bénéfice du gouvernement par les accords de Taëf en 1989 et enfin aujourd’hui le Liban connaît de nouvelles tensions. La communautarisation de la scène politique, dont les accords de Taëf devaient venir à bout officiellement, ne furent qu’encore plus exacerbés et on en paye les conséquences aujourd’hui.

Non pas qu’il faille accuser les uns ou les autres, le Liban se doit d’être démocratique et donc on doit accepter cette dynamique mais les tensions existent parce que le système politique libanais n’est pas réformable à cause des résistances des uns et des demandes des autres. Chacun considère comme sacré des textes et dénoncent l’inconstitutionnalité de la réforme. Il serait tellement plus pacifique de ne considérer aucun texte sacré, que cela soit celui de la Constitution ou des accords de Taëf mais qu’ils puissent être réformable, adaptable aux nouveaux défis des situations, notamment face à des parrains aux intentions plus ou moins belliqueuses s’ingérant dans nos propres affaires domestiques et profitant de nos propres divisions. Oui il faut éloigner la religion de la politique, considérer non pas la préférence à telle ou telle personne suivant sa religion mais plutôt suivant ses idées et son programme, pour que le Liban devienne démocratique, pour que ses fils puissent tous se sentir Libanais avant d’être fragmentés par tel ou tel dirigeant. 

Le Liban aujourd’hui, fait face à de nouveaux défis, certains sont externes, le bruit des bottes résonne au Moyen Orient alors que s’annonce un conflit notamment avec l’Iran et le plan américain du Nouveau Moyen Orient ou encore interne, les tensions intra communautaires ressurgissent parce qu’il n’y a plus de zones vraiment mixtes donc intra sectaires au Liban et par conséquent de dialogue à l’échelle de la société. La dernière guerre a contribué à nettoyer ethniquement le Liban et ses criminels courent toujours, et pire encore se chamaillent pour le peu de pouvoir.

La présidence est vide, le pire peut advenir à chaque étincelle. Notre seule chance est qu’aucune partie ne veut prendre la responsabilité de cette première étincelle, celle du pire qui nous ramène 32 ans en arrière.

Et en attendant un nouveau …

nov 24, 2007 in Actualité, Citoyen, Down

… Président.

Et je dois dire que je suis inquiet…

En 1998, j’étais l’un des premiers à dénoncer l’élection de Lahoud à la présidence de la république alors qu’à l’époque les libanais voyaient en lui un homme honnête capable de mettre fin à la corruption et à l’espèce de bureaucratie affairiste au pouvoir. On sait ce qu’il en est advenu. 99% des députés avaient voté pour lui et on n’entendait dans la rue que des louanges vis à vis de ce bien triste reflet d’un autre général bien plus populaire.

Je critiquais Lahoud ayant conscience déjà en 1998 que c’était un militaire qui n’avait pas la prestance pour donner des ordres mais pour suivre des ordres et certainement l’ordre syrien:

On fut déçu, la mainmise syrienne ne fut que plus accentuée alors que le Liban avait été vendu depuis le Palais de Koreytem un 13 octobre 1990 par les présidents Elias Hraoui y résidant et son commandant en chef Emile Lahoud, les 2 attendant l’heure fatidique, 6h de l’assaut syrien du Palais de Baabda. Ils ne furent que décontenancé par l’entrée dans le bal des chasseurs bombardiers sukkoi syriens pilonnant les positions de l’armée libanaise à 7h… La Syrie agissait au Liban suivant son fuseau horaire et le Liban bascula totalement sous influence damascène.

J’étais l’un des premiers à inaugurer la rubrique courrier de L’orient le Jour avec un pamphlet anti Lahoud lors de la prolongation de son mandat en 2004, y voila un bras de fer avant même l’adoption de la résolution 1559 entre la Syrie et la communauté internationale. Je prévoyais dès lors le retrait syrien, innéluctable et qui fut accéléré par les réactions que je décris comme un catalyseur ayant suivi l’attentat contre Rafic Hariri qui avait pourtant voté ce prolongement, lui et son bloc.

Avec la fin du mandat Lahoud, vu la situation au Liban, je suis pourtant inquiété par les risques de guerre civile aujourd’hui et j’estime même que la moindre étincelle à cette situation pourrait provoquer l’éclatement du Liban et cela surtout si la situation actuelle perdure. Les partis sont armés et l’armée reflétant la diversité du Liban peut se morceler à l’image du scénario déjà connu de 1975.

Je me demande donc si on ne va pas finir par regretter l’époque du mandat Lahoud paradoxalement et malgré tout ce qui s’est passé durant ce mandat en cas du pire de la guerre civile, si celle-ci éclate. C’est triste de le dire mais c’est ainsi. Soyons vigilant face aux défis et dangers auxquels fait face le Liban et ne tombons pas dans le piège de la désunion

Indépendance?

nov 22, 2007 in Down, Grognon, Histoire

Volé du site libnanews… et maintenant on fait quoi après tout ca?

Libnanews - 22 novembre 2007 - Après la première guerre mondiale durant laquelle 200 000 personnes, essentiellement dans les régions chrétiennes trouvèrent la mort en raison de la famine suite au blocus imposé par les forces ottomanes ralliées à l’Allemagne et à l’Empire Austro-Hongrois, le Mont-Liban et la Syrie sont placés sous mandat français conformément aux accords Sykes-Picot négociés en 1916.

Par le traité de Versailles et conformément au souhait du patriarche maronite Hoyek (1899- 1931), les villes de Tripoli et la vallée de la Békaa, territoires amputés sous la Moutasarrifiya, furent rattachées.

Le patriarche avait en effet déclaré à son arrivée à Paris que son « voyage a trois objectifs: réclamer l’indépendance du Liban qui y a droit; puis, ramener le Liban à ses frontières naturelles historiques, comme elles ont été tracées par le commandement français sur la base de la carte de 1862; et enfin, affirmer le désir de perpétuer des relations intimes avec la France. »

Le gouverneur Gouraud proclama le Grand Liban le 1er septembre 1920 depuis le perron du Palais des Pins, suscitant déjà l’opposition de nationalistes arabes militants enclins à la création d’une Grande Syrie incluant la Syrie actuelle, le Liban, la Palestine, la Jordanie et une partie de l’Irak.

L’Etat du Grand Liban fut divisé, par arrêté du 1er septembre 1920, en quatre sandjaks : Liban-Nord ; Mont- Liban ; Liban-Sud et Bekaa et en deux municipalités autonomes : Beyrouth et Tripoli.

Fut alors décidé par la puissance mandataire la création d’un haut commissariat français en charge de l’autorité du Liban, une commission administrative héritière de l’ancien conseil du petit Liban de la Montagne, et d’une administration locale supervisée par des conseillers français.

Le haut-commissaire, représentant direct du gouvernement français dans les territoires sous mandat, disposait d’un cabinet politique qu’il dirigeait lui-même et d’un cabinet civil qui avait autorité sur le Service de renseignements.

Le secrétaire général du Haut-Commissariat, assisté d’un secrétaire général-adjoint, avait en charge la direction des services administratifs. Il assurait un rôle de coordination entre le haut-commissaire, les conseillers, chargés d’étudier les projets d’arrêtés nécessaires à l’organisation des services, et les délégués, représentants du haut-commissaire dans les différents Etats.

La France institue aux côtés du gouvernement un Conseil consultatif où elle fait en sorte que soient représentées les 17 communautés religieuses identifiées dans le pays, des chrétiens maronites aux juifs en passant par les chiites, les chrétiens jacobites (ou monophysites) etc.

Le 26 mai 1926, une Constitution est donnée au pays par le politologue Henry de Jouvenel. Inspirée de la Constitution française, elle s’en distingue par une différence de taille : le partage du pouvoir entre les communautés religieuses.

En juin 1941, les troupes anglaises pénétraient en Syrie et au Liban et, après la conclusion d’un armistice le 14 juillet avec les forces françaises auparavant acquises au régime de Vichy, les deux territoires passaient sous le contrôle de la France libre – le Haut- Commissariat devenant par la même opération la Délégation générale de la France libre au Levant.

Dès le 25 décembre 1941, le général Catroux, commandant des Forces françaises libres; du Levant, proclame la complète indépendance de la Syrie et du Liban :

“Le Liban jouit maintenant de droits et de prérogatives attachés à la qualité d’Etat souverain et indépendant. “

Le 21 septembre 1943, les nationalistes triomphent au élections à Beyrouth et préconisent une modification de la Constitution dont les termes sont « incompatibles avec l’indépendance ».

A la fin du mandat du président Emile Khoury, Béchara Khoury (1890- 1964) est élu président de la république du Liban du 11 novembre 1943. Connu pour son positionnement pro-anglo saxon, il avait été premier ministre du Liban du 5 mai 1927 au 10 août 1928 et du 9 mai au 11 octobre 1929.

La nouvelle chambre libanaise décida également de modifier la constitution et d’abroger toutes les dispositions faisant référence au mandat, l’adoption du drapeau libanais actuel, poursuivant ainsi sur la lancée du 8 novembre 1943 qui vit l’adoption de la langue arabe comme langue officielle.

Aussitôt, l’ambassadeur Helleu le fait arrêter l par les forces françaises et envoyé au château de Rashaïa avec Camille Chamoun (1900-1987), Riyad es-Solh (1894- assassiné en 1951) et d’autres pères de l’indépendance dont Adel Oussayran, Camille Chamoun, Abd Elhamid Karamé, Salim Takla. Helleu remplace le président de la République par Émile Eddé.

Dès le 12 novembre, une manifestation féminine contre le mandat français commence.

Le 13 novembre, l’armée française ouvre le feu sur des élèves qui manifestaient et cause beaucoup de blessés.

Le 17 novembre, le général anglais « Spears » demande au général Catroux à voir les prisonniers de Rachaya. Le dimanche 21 novembre, la Syrie annonce la nécessité de la libération des prisonniers et le retour de Béchara El-khoury.

Sa libération avec celle des autres prisonniers, suite aux pressions anglaises et populaires, intervient le 22 novembre 1943 qui devient le jour de l’indépendance du Liban.

Les troupes françaises et les forces anglaises évacuèrent le pays en 1946; le Liban devint un état souverain qui participa à la Ligue Arabe et devint membre des Nations Unies.

De la responsabilité des médias dans la crise…

nov 20, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon

La crise que connaît le Liban ne devrait pas faire oublier la part de responsabilité de chacun des acteurs.
On peut s’interroger non seulement sur la responsabilité d’une classe politicienne qui interagi en fonction d’influence extérieure mais également des médias.

Ainsi, il serait judicieux de ce demander si les médias libanais n’ont-ils pas participé à l’aggravation de cette crise qui aurait du se cantonner au domaine politique mais qui s’exprime aujourd’hui à travers de tensions entre partis au mieux communautaires, sectaires au pire.

En 2005 déjà, une ONG américaine mettait en garde contre la diffusion d’éditos partisans par les télévisions et les journaux libanais, appelant à une information rigoureuse et non partisane.

Nous pouvons aujourd’hui remarquer que plus que jamais en général, nos chers médias nous informait des faits et des gestes de chacun manipulent d’une certaine manière leur information et ainsi manipulent les libanais.
Aujourd’hui, les médias audiovisuels, radiophoniques et la presse écrite en générale obéit aux mêmes césures, celles d’une ligne politique partisane au dépend même de l’éthique journalistique propre qui est enseignée aux apprentis journalistes. Cette césure s’exprime également au niveau de l’audience de chacun, justement faite sur ces mêmes bases partisanes au mieux, sectaires et communautaires au pire. Sans chercher loin, citons notamment le cas d’Al Manar, principalement vue par la communauté chiite, de la Future TV avec une audience plus sunnite et les cas particuliers de la LBC ou de l’OTV, organes exprimant plus ou moins de leurs actionnaires-partis. Idem dans le domaine de la presse écrite ou des éditorialistes s’affrontent, ou des actionnaires-politiciens des uns portent plainte contre les autres et ainsi de suite.

Idem pour terminer au niveau des journalistes eux-mêmes qui laissent transpirer leur propre interprétation des évènements au lieu d’apporter à leur lecteur l’information la plus rigoureuse et cela dans leur émission devenue plus show médiatiques ou leur manière de formuler leur d’interviewer leur invités selon qu’il convienne à leur vision étriquée ou non.

L’escalade de la scène politique se faisait donc de paire avec celle des médias.

Les médias libanais semblent donc vouloir mâcher le boulot à leurs lecteurs, exprimer leurs propres visions de la situation politique conforme à ce qu’ils pensent être politiquement correct sans jamais expliquer ce que pense l’autre, aboutissant en cela à la marginalisation de la modération et des dialogues interlibanais possibles et à l’extrémisation de leur audience réciproque, alors que la dynamique journalistique actuelle dans le monde est plus du coté d’une information brute et rigoureuse amenant à la réflexion et au dialogue et non à l’affrontement.

En cela, nos cher médias et journaux sont à l’image de notre classe politique dans l’impossibilité de conduire notre société dans le dialogue et la compréhension mutuelle et ne jetons pas la pierre seulement sur notre classe politique mais avant tout sur ce vecteur de l’audience. Tout comme nous ne méritons pas nos politiciens, nous ne méritons pas non plus nos canards et le plus ironique dans cette histoire est d’entendre les mêmes accusations jaillir de chaque coté par édito interposé, chacun oubliant d’abord au demeurant de se jeter une première pierre.

Un chti billet politico-militaire

nov 13, 2007 in Citoyen, Down, Grognon, Histoire, international

a3 skywarrior

Retour à un peu de politique malgré que la situation n’y prête guère. Comme de nombreux habitants du Liban, je me sens blazé, mélancolique vu que la situation tient plus du pire et non du meilleur.

Que cela soit le discours de Nasrallah hier ou encore la donation de 3 tombeaux volants américains au Liban aujourd’hui qui ne peuvent être utilisés non pas contre nos chers voisins et que donc leur utilisation sera intérieure, chacun fourbi ses armes au sens propre, celles qui tuent et au figuré, les paroles bien en l’air.

J’aimerais revenir sur cette histoire d’avion. Les A3-Skywarriors sont des avions bombardiers stratégiques larguant des bombes non guidées utilisées par les USA entre les années 50 et cela jusqu’en 1991. Le type donné au Liban a été construit à 12 exemplaires dont 5 déjà reconditionnés, il s’agit d’avions d’entrainement donc on peut supposer non opérationels pour des exercices réels. Il ne sert à rien d’avoir un vecteur de bombardement sans appui aérien ou sans matériel adéquat, d’ailleurs comme le confirment des sources internes de l’armée libanaise qui espèrent voir dans ses avions un moyen d’en acquérir d’autres plus modernes…

Je rappellerais ici que le Liban a perdu 2 de ses 3 hawker hunter utilisés en 1983 quant ils sont allés en mission de bombardement contre des positions druzes de Walid Joumblatt. Des mitrailleuses lourdes ont suffi à en détruire un en vol et à faire rebrousser les 2 autres dont un jusqu’à Chypre pour demander l’asile politique. Le Hawker Hunter est grosso modo aussi rapide que le A3 Skywarrior donc aussi vulnérable et je dirais même plus vulnérable avec l’utilisation de moyens anti aériens plus perfectionnés et je ne doute pas que des factions libanaises en soient déjà équipées.

Ca rappelle un peu ces Hélico Bell que les libanais datant de la guerre du Vietnam (ptre qu’ils ont déjà croisé nos A3), ferraille achetée à 40 000 USD/unité et qui ne servent pas à grand chose ou ces Gazelles émiraties généreusement données sans système d’arme, fallait monter dessus nos pétoires de nos gazelles made in Romania des années 80 et détruites par les FL en 89.

L’usage plutôt interne préfigure donc le pire d’une guerre interne mais encore faut il donner une chance à la paix civile, la guerre c’est ce qu’il faut à tout prix éviter, le Liban n’ayant pas les moyens de se reconstruire avec son niveau d’endettement.

Putain, 6 mois déjà et Sarkontinue.

nov 10, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon

Au bout de 6 mois de présidence Sarko, il m’a semble être le moment de revenir sur le bilan en matière de politique étrangères.

La France est aujoud’hui plus que jamais alignée sur la politique du pire, celle de Bush notamment au Moyen-Orient. On peut le constater presque quotidiennement, avec les déclarations de Sarkozy au sujet de l’Iran, déclarations presque sans espoir, Bush a décidé, à la rigueur il ne déclare pas encore qu’il participera aux opérations de guerre contre l’Iran mais on peut penser qu’il ne restera pas les mains croisés. Un autre président, je pense à de Gaulle avec son envergure, donneur de leçon justement par rapport à la guerre du Vietnam, n’aurait pas eu de mots assez fort pour déclarer que l’option de la guerre est avant tout un échec pour la paix.

Ingérence dans les affaires internes de pays étrangers et là je n’aborderais pas la question du Liban mais bien celle du Tchad. Comment justifier l’enlèvement de 103 enfants Tchadiens, 3 seulements étant soudanais, comment justifier la soustraction des kidnappeurs à la justice locale. Imaginons qu’on retrouve le kidnappeur d’Estelle, qu’il soit étranger, chinois ou népalais et que le président chinois vienne à Paris pour faire justice à la place de notre justice. Adopter les enfants des autres … mais que pouvait-on attendre un mec qui a, selon Le Figaro, voulu adopter les enfants de sa femme alors que leur père (Jacques) n’était pas encore décédé.

Et j’en passe …

A force de ne pas avoir su donc gérer son mariage, on peut se demander une nouvelle fois s’il est à même de gérer un pays