Volé du site libnanews… et maintenant on fait quoi après tout ca?
Libnanews - 22 novembre 2007 - Après la première guerre mondiale durant laquelle 200 000 personnes, essentiellement dans les régions chrétiennes trouvèrent la mort en raison de la famine suite au blocus imposé par les forces ottomanes ralliées à l’Allemagne et à l’Empire Austro-Hongrois, le Mont-Liban et la Syrie sont placés sous mandat français conformément aux accords Sykes-Picot négociés en 1916.
Par le traité de Versailles et conformément au souhait du patriarche maronite Hoyek (1899- 1931), les villes de Tripoli et la vallée de la Békaa, territoires amputés sous la Moutasarrifiya, furent rattachées.
Le patriarche avait en effet déclaré à son arrivée à Paris que son « voyage a trois objectifs: réclamer l’indépendance du Liban qui y a droit; puis, ramener le Liban à ses frontières naturelles historiques, comme elles ont été tracées par le commandement français sur la base de la carte de 1862; et enfin, affirmer le désir de perpétuer des relations intimes avec la France. »
Le gouverneur Gouraud proclama le Grand Liban le 1er septembre 1920 depuis le perron du Palais des Pins, suscitant déjà l’opposition de nationalistes arabes militants enclins à la création d’une Grande Syrie incluant la Syrie actuelle, le Liban, la Palestine, la Jordanie et une partie de l’Irak.
L’Etat du Grand Liban fut divisé, par arrêté du 1er septembre 1920, en quatre sandjaks : Liban-Nord ; Mont- Liban ; Liban-Sud et Bekaa et en deux municipalités autonomes : Beyrouth et Tripoli.
Fut alors décidé par la puissance mandataire la création d’un haut commissariat français en charge de l’autorité du Liban, une commission administrative héritière de l’ancien conseil du petit Liban de la Montagne, et d’une administration locale supervisée par des conseillers français.
Le haut-commissaire, représentant direct du gouvernement français dans les territoires sous mandat, disposait d’un cabinet politique qu’il dirigeait lui-même et d’un cabinet civil qui avait autorité sur le Service de renseignements.
Le secrétaire général du Haut-Commissariat, assisté d’un secrétaire général-adjoint, avait en charge la direction des services administratifs. Il assurait un rôle de coordination entre le haut-commissaire, les conseillers, chargés d’étudier les projets d’arrêtés nécessaires à l’organisation des services, et les délégués, représentants du haut-commissaire dans les différents Etats.
La France institue aux côtés du gouvernement un Conseil consultatif où elle fait en sorte que soient représentées les 17 communautés religieuses identifiées dans le pays, des chrétiens maronites aux juifs en passant par les chiites, les chrétiens jacobites (ou monophysites) etc.
Le 26 mai 1926, une Constitution est donnée au pays par le politologue Henry de Jouvenel. Inspirée de la Constitution française, elle s’en distingue par une différence de taille : le partage du pouvoir entre les communautés religieuses.
En juin 1941, les troupes anglaises pénétraient en Syrie et au Liban et, après la conclusion d’un armistice le 14 juillet avec les forces françaises auparavant acquises au régime de Vichy, les deux territoires passaient sous le contrôle de la France libre – le Haut- Commissariat devenant par la même opération la Délégation générale de la France libre au Levant.
Dès le 25 décembre 1941, le général Catroux, commandant des Forces françaises libres; du Levant, proclame la complète indépendance de la Syrie et du Liban :
“Le Liban jouit maintenant de droits et de prérogatives attachés à la qualité d’Etat souverain et indépendant. “
Le 21 septembre 1943, les nationalistes triomphent au élections à Beyrouth et préconisent une modification de la Constitution dont les termes sont « incompatibles avec l’indépendance ».
A la fin du mandat du président Emile Khoury, Béchara Khoury (1890- 1964) est élu président de la république du Liban du 11 novembre 1943. Connu pour son positionnement pro-anglo saxon, il avait été premier ministre du Liban du 5 mai 1927 au 10 août 1928 et du 9 mai au 11 octobre 1929.
La nouvelle chambre libanaise décida également de modifier la constitution et d’abroger toutes les dispositions faisant référence au mandat, l’adoption du drapeau libanais actuel, poursuivant ainsi sur la lancée du 8 novembre 1943 qui vit l’adoption de la langue arabe comme langue officielle.
Aussitôt, l’ambassadeur Helleu le fait arrêter l par les forces françaises et envoyé au château de Rashaïa avec Camille Chamoun (1900-1987), Riyad es-Solh (1894- assassiné en 1951) et d’autres pères de l’indépendance dont Adel Oussayran, Camille Chamoun, Abd Elhamid Karamé, Salim Takla. Helleu remplace le président de la République par Émile Eddé.
Dès le 12 novembre, une manifestation féminine contre le mandat français commence.
Le 13 novembre, l’armée française ouvre le feu sur des élèves qui manifestaient et cause beaucoup de blessés.
Le 17 novembre, le général anglais « Spears » demande au général Catroux à voir les prisonniers de Rachaya. Le dimanche 21 novembre, la Syrie annonce la nécessité de la libération des prisonniers et le retour de Béchara El-khoury.
Sa libération avec celle des autres prisonniers, suite aux pressions anglaises et populaires, intervient le 22 novembre 1943 qui devient le jour de l’indépendance du Liban.
Les troupes françaises et les forces anglaises évacuèrent le pays en 1946; le Liban devint un état souverain qui participa à la Ligue Arabe et devint membre des Nations Unies.