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La Passion des christs : Une pensée aux détenus dans les prisons ennemies

Mar 21, 2008 in Actualité, Down, Grognon, Religion

 

Ce n’est pas la première fois que je poste ce billet, je l’ai déjà fait l’année dernière à l’occasion de la semaine sainte. Cette année je tiens à le reprendre, parce que la fête des mères et le vendredi saint tombent le même jour, et je pense que ce texte correspond parfaitement a ce vendredi 21 mars 2008, parce que le problème qu’il soulève est toujours d’actualité :

griffes20et20sang_2.jpgDepuis mon enfance où les manifestations de brutalité que je visionnais lors du journal de vingt heures m’ont fait passer des nuits blanches scandées d’angoisse, de frissons, de hantises, et de pleurs, j’ai cultivé une terreur mêlée d’horreur envers toute démonstration de tortures et de violence gratuite.

Après avoir passé un quart de siècle sur cette planète, sur une terre baignant dans les sévices d’une guerre utérine, ma répulsion de l’abomination qu’engendre toute sorte de violence ne fait que s’accroître, à un tel point que je n’arrive aucunement à supporter la vue d’une gifle dans une production cinématographique et l’expression que cet acte de rage peut susciter sur le visage de la personne qui le reçoit.

Mais la coïncidence, ce sobriquet qu’on donne à la providence pour ne pas la nommer et éviter tout apparence d’appartenance, a voulu que je sois une enfant du pays des cèdres, ce qui m’a exposé à tous les spectacles de violence qui puissent exister.

Née en pleine invasion israélienne de ma contrée, j’ai grandi avec les histoires de rapts, d’assassinats politiques, de détentions dans les prisons israéliennes et syriennes, de voies de faits des miliciens brutes, et j’en passe … A ne pas oublier les barbaries sur les terres palestiniennes, l’injustice infligée à cette population, le massacre de Cana tombé la veille de mon anniversaire, les atrocités incessantes en Irak, l’injustice assourdissante sur le continent africain, la dernière guerre contre le Liban, qui ont ponctué ces vingt cinq dernières années. Et par dessus le marché, comme si la brusquerie de la réalité ne suffisait pas, les cinéastes s’évertuent à produire des films où foisonnent des scènes cruellement crues.

image4c_2.jpgJe ne sais pas si c’est une psychose dont je souffre, mais ce que je sais, c’est qu’il m’est très dur de voir, d’entendre, ou même de lire une histoire relatant des faits féroces. Et un jour, un tsunami du septième art a fait son apparition relatant dans ses moindres détails, le supplice d’un personnage historique mondialement connu, Jésus.

Ce film, j’ai tout fait pour le rater, le fuir, ne pouvant voir la cruauté des séquences qui le rythment. Ce soir, en zappant mécaniquement de chaîne en chaîne, je tombe nez à nez avec cette œuvre tant redoutée. Moi qui avait eu ma dose en juillet-août dernier à la vue des victimes des conflits des sauvageries israéliennes, j’ai été ce soir figée, médusée, statufiée à la vue des premiers passage du film. Je n’ai pu le poursuivre, malgré mon effort de vouloir réaliser ce que le Christ a dû endurer à cause de nous, pour notre salut.

Pour une durée que je ne saurais déterminer, j’ai fait un flash-back de toutes les images qui ont affectées ma mémoire et déchiré mes sentiments tout au long de mon parcours existentiel, et je me suis posée une seule question : comment un humain peut-il faire cela à son semblable ?

marie_passion_2_2.jpgJe ne comprends jamais cet excès de zèle en matière de violence. Je ne le comprendrai jamais. Pourquoi nous détester ? Pourquoi vouloir du mal ? Pourquoi la haine ? S’il existe une seule chose qui peut être haïe, c’est justement la haine qui engendre la violence. Ces bourreaux qui ont insensiblement fustigé le corps du nazaréen, n’ont-il pas l’espace d’un moment pensé qu’on pourrait leur faire la même chose ? Quelqu’un pourrait me dire qu’ont fait toutes les personnes impliquées dans la crucifixion du Christ ? Réalisaient-ils que sa mère assistait à sa passion ? Ont-ils oublié qu’ils ont également chacun une mère ?

Cette histoire peut être légendaire pour certains, véridique pour d’autres, ou même une dérision pour quelques uns. Je ne suis pas là en train de parler religion. Je parle d’humanité. Qu’on le veuille ou pas, cette histoire a bel et bien existée, et chacun est libre de lui conférer la signification qu’il désire. Elle est là, en dépit de tout, pour prouver qu’il y a eu quelqu’un qui a subi tout ce qu’il y a de plus odieux qui puisse exister, pour nous dire : aimez-vous les uns les autres – en d’autres termes, regardez la turpitude de la violence et bannissez-la, et ne faites que du bien aux autres.

Et malgré tout, la violence continue. La vue de Marie dans cet état, ne pouvant rien faire pour mettre fin aux douleurs inimaginable de son fils, me fait penser aux mères des détenus dans les prisons des régimes ennemis, qui savent que leurs enfants sont dans de très mauvais draps, sans savoir même si ces draps sont des linceuls, et qui sont inaptes de sauver la vie de leurs enfants des mains de leurs tortionnaires.

passion_mary_1.jpg A ces femmes en peine, je pense ce soir. A l’intention des fruits de leurs entrailles qui souffrent injustement, j’adresse une prière, avec la ferme conviction qu’un cri du cœur peut soulever des montagnes. A ces âmes qui souffrent à cause d’individus qui n’ont pas voulu ou pu comprendre qu’un homme est venu ici-bas souffrir pour abolir la souffrance, et continuent à agir avec animosité, je formule une instance au Dieu unique auquel si peu de gens ont ouvert leur cœur, pour lui dire de donner la grâce aux incorrigibles humains qui n’ont jamais tiré une leçon de l’Histoire qu’ils continuent d’écrire avec le sang, de réaliser que la violence et la haine sont vaines, et que seul l’Amour vaille la peine d’être observé, pour que la vie vaille la peine d’être vécue.

 

Par Marie-Josée

Ce qu’on veut bien nous faire croire …

Mar 09, 2008 in Citoyen, Down

S’il fallait commencer à faire une liste de ce qu’on veut bien nous faire croire, y en aurait des choses à dire.

On essaye de nous faire croire que la crise est libanaise alors qu’elle ne fait qu’exprimer des enjeux régionaux et internationaux décrits il y a plus de 2 ans sur mon ancien blog, dans le billet intitulé “la guerre des axes”. Aujourd’hui toute la crise est la résultante, tout comme on pouvait le prévoir de cette guerre des 3 axes, saoudiens, américains et iraniens. Je désolidarise les axes saoudiens et américains, considérant qu’ils sont divergents sur le moyen et long terme et convergents sur le court terme.

On veut bien nous faire croire que la présidence ou plutôt son vide est important, ce qui est intrinsèquement faux. Depuis novembre, la présidence reste vide et pourtant le pays continue à tourner tant bien que mal. D’ailleurs le Mal en lui même est dans le fonctionnement même de nos institutions et notamment dans l’élection d’un parlement via une loi électorale écrite du temps de l’occupation et délégitimisant l’ensemble de ces institutions aujourd’hui, le Liban étant une soit-disante démocratie parlementaire. Plus grave encore, ce n’est pas le manque des organismes d’arbitrages qui manquent contrairement à 1975 mais leur paralysie et je pense notamment au Conseil Constitutionnel.

Le Liban est un pays? Dur à le croire quand chacun réfléchit selon sa communauté ou sa religion. On a d’ailleurs des chefs religieux comme les 2 Nasrallah qui s’occupent de politique et dès qu’on les critique, on se fait traiter d’hérétiques. La religion est chose personnelle mais dès qu’il s’agit de politique, nul n’est infaillible et de ce fait, je ne vois pas pourquoi critiquer des propos politiques de dignitaires religieux provoquent une levée de bouclier. Leur parole ne sont pas d’évangile pourtant! Le Liban n’est pas un pays, il est des pays différents, à cause d’un échec patent de nos politiques.

Justement, on essaye de nous faire croire que le Liban est une démocratie, alors qu’en fait le Liban est une oligarchie au mains de grandes familles ou de quelques partis. Le peuple lui reste dans sa majorité silencieux, privé justement de pouvoir, essayez de vous présenter à une élection parlementaire si encore vous avez “la bonne religion” dans votre circonscription, même si vous jouissez d’une certaine popularité.

Tintin chez les Libanais

Mar 04, 2008 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon, Humour

tintin_t0.jpg

Je n’ai pas pu m’empêcher ce soir de penser à un album d’Hergé dépeignant nos concitoyens et intitulé “Tintin chez les Libanais” à l’image un peu de “Tintin chez les Soviets”.

Il y aurait bien de la matière pour faire un album bien caustique, avec les nombreuses caricatures ici et là déjà de nos politiques, on pourrait ainsi trouver trouver quelques traits de caractères communs de nos chers hommes politique avec la castafiore qui chante si mal, professeur Tournesol, le capitaine Haddock bien alcoolisé et encore, nos nombreux voleurs de tous genres avec notamment l’infâme Rastapopoulos, je vous laisse donc imaginer qui sont les différents personnages ainsi cités.

Sur la planche ainsi insérée dans ce pays, on nous expliquerait ainsi les vols, rendant responsables bien des innocents et laissant les voleurs au pouvoir d’ailleurs.

Tintin chez les Libanais pourrait également montrer nos fâcheuses tendances à la théorie du complot, à trouver des coupables ou à toujours désigner les autres tels Dupond et Dupont de nos fautes bien libanaises, hier c’était les israéliens aujourd’hui les syriens, comme dans le Lotus Bleu, entre Japonais et occidentaux violant la Chine ou encore les combats entre tribus ennemis qu’Hergé écorche dans “Tintin au Congo.”

Le centre-ville de Beyrouth et son parlement pourrait être dépeint comme ces usines en carton pâtes, ou l’on fait fumer du foin pour donner l’impression d’y travailler, alors que notre économie continue à sombrer dans les méandres de la médiocrité. Belles façades bien vides en réalité.

Le luxe de nos chers concitoyens allant passer des soirées bien arrosées à Monnot ou Gemmayzé serait également la pour cacher la pauvreté dans laquelle nous a plongé les dérives quasi-totalitaires d’une classe politique qu’on ne mérite pas.

Notre Michel Hayek national pourrait également être la bohémienne dans les bijoux de la castafiore, présidant pardon prédisant un noir avenir aux bijoux de familles de certains.

Les roquettes du Hezbollah emmèneraient aussi vers un autre monde, une autre planète, rendant le Liban tel un paysage lunaire au retour et les généraux Alcazar et Tapioca ou autres nos voisins bien embarrassant essayant de mettre la main sur les quelques richesses qui demeurent encore dans ce pays.

Imad Moughniyeh et Henry Salvador

Feb 13, 2008 in Actualité, Citoyen, Down

Ainsi l’homme longtemps recherché Imad Moughniyeh est mort et ainsi s’achève une vie en clandestinité de l’une des personnes les plus recherchées de part le monde, soupçonnés d’avoir commis plusieurs attentats dont ceux de l’ambassade américaine et des compound militaires US et français déployés au sein de la FM début des années 80.

J’ai bien dis et je le souligne, soupçonné parce que je considère que les morts violentes de tels individus a quelque chose de complaisant pour les commanditaires de ces actes, et je reconnais qu’on ne peut le dire innocent à la vue des notes des Services de Renseignement occidentaux et libanais. Je le détaxe pas de ces morts violentes, mais je regrette qu’il n’y a pas eu de procès surtout pour les familles des victimes.

Toute personne est innocente jusqu’à son jugement, on devait donc considérer Moughniyeh comme innocent jusqu’à ce qu’il fut jugé. Dans sa mort, il emporte ainsi son mystère, celui de ses soutiens, celui de sa cavale, celui de son mobile, celui des commanditaires de ses actes.Et là j’arrive au mot”assassinat complaisant” parce que son assassinat peut être considéré comme un fusible qui a pété et qui cache les vrais donneurs d’ordres.

L’homme en lui même, ces actes, sont à dénoncer bien sur mais les pistes sur son assassinat sont plus intéressantes. On peut ainsi penser à pluieurs scénarios.

Un de ces scénarios serait qu’il soit mêlé aux différents attentats que le Liban ait connu dernièrement bien qu’on puisse en douter tout de même et de ce point de vue plusieurs pistes seraient à étudier.

Est-ce là un assassinat de règlement de compte au sein du Hezbollah donc d’une lutte interne, en lui même, entre une aile “indépendantiste” de l’organisation chiite représentée par Nasrallah et l’aile pro-syro-iranienne de Naïm Kassem qu’on dit de plus en plus comme remplaçant probable d’ici peut du Sayyed comme ils disent. Moughniyeh serait ainsi visé par rapport au fait qu’il était en charge des relations entre le mouvement chiite et l’Iran. Peut-être s’agissai-il alors de dire aux américains, nous faisons le ménage “chez nous”, et il s’agirait d’un geste de bonne volonté.

Est-ce une vendetta israélo-américaine par rapport aux attentats durant lesquels plus de 300 citoyens américains ont trouvé la mort au Liban.

Est-ce là l’assassinat d’un homme qui en savait trop, notamment des attentats ayant visés le Liban depuis les années 80 et dans ce cas là, il s’agirait d’effacer les traces syriennes et israéliennes. Si par exemple son implication s’avère dans les derniers attentats, on éliminerait ainsi un fusible pour ne pas ouvrir d’autres dossiers, et il y a quelque chose de complaisant non seulement pour les autorités syriennes mais aussi pour certains seigneurs de guerre libanais, possiblement menacés par une remise en question des lois d’amnestie.

Une autre piste, celle du pire, est ce qu’Imad Moughniyeh a été assassiné dans le but de déstabiliser plus encore le Liban. On le disait chef militaire du Hezbollah, donc quelqu’un s’est attaqué au commandement de la milice chiite pour préparer une décapitation de ce mouvement dans le cadre d’une guerre civile. Ainsi, les adversaires du Hezbollah, qu’ils soient internes ou externes à la scène politique comme Israël pourraient se trouver impliqués. Un autre mobile serait de transformer le Liban en nouvelle arène pour un conflit israélo-libanais, pensant que le Hezbollah répliquera à sa mort. Qui a ce genre d’intérêt si ce n’est bien évidement les syriens mais également les groupuscules palestiniens bien actif à Damas, les réseaux terroristes d’Al Qaida voir même certains partis de la majorité comptant sur un conflit qui pourrait affaiblir le mouvement chiite.

Ce qui est certain c’est que sa mort tombe mal alors que le Liban est en passe d’être déstabiliser et qu’il faut peut-être considérer cela comme le principal mobile de ce crime.

Face à cela, je préfère encore saluer la mort d’Henry Salvador qui s’en va laissant dans les souvenirs sa chanson douce et j’espère que le Liban, cette biche trouvera un chevalier pour le sauver de ses loups qui se bataillent pour des morceaux de chair fraiche.

Rendez moi la Saint Valentin!!!

Feb 10, 2008 in Citoyen, Down, Grognon, Histoire

Les discours de plus en plus guerrier de quelques anciens seigneurs de guerre se déclarant prêt à la guerre, suivi en cela du “nous sommes prêt à la confrontation” du novice en politique, héritier du père (je comprends désormais les raisons pour que son père ne veuille un héritier en politique) est un nouveau pas vers une guerre civile chaude à défaut d’être froide.

Ainsi, veulent-ils transformer le 14 février en date de confrontation avec leur adversaire politique, “que la guerre arrive et nous saisirons vos missiles” a déclaré le fou de la montagne, transformant en cela une date de commémoration contre l’avis même de la majorité des libanaises et des libanais qui avaient participé il y a de cela quelques années au 14 mars 2005.

Non à la guerre, oui à la coexistence, tel était le message. Non à la partition, oui à la vie en communauté.

“Nous promettons, chrétiens et musulmans, de rester unis comme une seule famille pour toujours”

nous avait fait promettre Gébran Tuéni, l’union et non la guerre fratricide comme ces oiseaux de mauvaise augure qui ont eu déjà un rôle sordide durant la guerre civile. C’est au nom de cette promesse désormais qu’il faut dire non au conflit et non à ceux qui la sponsorisent par leur paroles plus guerrière que politiciennes.

Rendez moi donc la Saint Valentin, fête de l’amour et ne transformons plus cette date en fête d’Arès, Dieu de la Guerre.