Archive for the 'Citoyen' Category

 

Les libanais sont à la point du progrès … dans le pire

mai 28, 2008 in Actualité, Citoyen

Dernière nouvelle ce soir, certains partisans de la majorité ont laissé éclaté leur joie suite à la désignation du premier ministre Fouad Saniora qui se succèdera ainsi à lui même , au sens propre et au sens figuré … par le tir de roquettes RPG à Tripoli et dans la Békaa, ne connaissant peut-être pas la loi de la gravité, tout ce qui monte fini par redescendre, parfois même sur eux-même, comme le faisait remarquer ma mère durant la guerre civile.

Les libanais sont donc à la pointe de ce qu’ils croient être le progrès, et disons voir qu’il s’agit alors du progrès du pire, passant allègrement des armes automatiques, qu’on peut presque considérer comme légères aux armes lourdes.

Oui les libanais innovent, après la réputation d’entrepreneurs, les voila innovateurs, jamais à défaut d’idée, surtout dans la fête. On pouvait faire péter les bouchons de champagne au Crystal en présence de charmante compagnie, voila qu’on fait péter la gueule des autres au sens propre.

Aller messieurs, mesdames, sortons tous nos armes, et au lieu de tous s’aimer, entretuons nous tous, y aura ainsi moins de cons au Liban.

Bonne fête au Liban et aux mamans!

mai 25, 2008 in Actualité, Citoyen, à coté

Jour de fête au Liban et en France, avec d’un coté l’élection présidentielle tellement attendue et désirée qu’on n’y croit même plus et de l’autre coté la fête des mères en France.

Je commencerais donc à souhaiter une bonne fête à toutes les mamans et en particulier à la mienne ainsi qu’à celle de mon amour et à ma soeur pour les féliciter pour leur dures tâches qu’elles ont du accomplir ou qu’elles continuent à accomplir aujourd’hui.

Mais la fête est aussi au Liban, pour l’élection du général Michel Sleimane à la présidence de la république, après tous les évènements que le pays a connu, avec la révolution des cèdres, porteuse d’espoir, la guerre du juillet 2006, porteuse de son lot de destructions, le surplace de la crise politique, l’entrée en jeu des armes des entités étrangères palestiniennes et Al Qaida avec Nahr Bared et les derniers évènements sanglants de ce moi.

les Libanais osent espérer à nouveau que cette élection ouvrira une nouvelle période de prospérité dans un environnement apaisé. On ne peut que rêver au meilleur quand on est passé par le pire. Je ne peux que me joindre à ses voeux bien pieux et espérer la fin du cauchemar qu’on a tous vécu. Je ne peux que maudire ceux qui sont à l’origine de la douleur et de la souffrance, je ne peux qu’être indifférent aux paroles de haines entendues par les décérébrés exemptés de facto par de toute intelligence en stratégie politique étant plus utopiques que réaliste.

Mais le plus dur, même en étant optimiste nous attend encore avec la définition d’un projet libanais commun à tous et non diviseur. Le futur locataire de Baabda, j’espère aura à coeur de construire cet état nation au quel nous appartenons tous et auquel, au delà de nos différents politiques bien normal dans une démocratie, nous aspirons tous.

Mettons donc de coté nos différent, et travaillons à ce projet d’unité inter libanais pour ne plus retomber et faire tomber nos démons du passé.

C’est un vieux pieux, n’est ce pas? Mais on peut être que très ambitieux quand on revient d’aussi loin.

Rêver d’un nouveau Liban

mai 24, 2008 in Actualité, Citoyen

Après Béchara Khoury, Camille Chamoun, Charles Chéhab, Charles Hélou, Sleimain Franjieh, Elias Sarkis, Bachir Gemayel, Amine Gemayel, Renée Mouawad et les parenthèses d’Elias Hraoui, Emile Lahoud sous occupation syrienne, Michel Sleiman deviendra le nouveau président du Liban demain dimanche à partir de 17 heures.

Son mandat sera inauguré, espérons le, dans l’espérance d’un Liban meilleur et prospère.
A l’élection d’Emile Lahoud, j’étais assez pessimiste, notamment en raison de la violation flagrante de la constitution libanaise et marqué par l’élection d’un militaire qui a toujours un soldat obéissant aux ordres de l’étranger et non du Liban. Souvenons nous des jours funestes ou les troupes commandées par ce dernier avaient écrasées les poches de résistance de l’état libanais en 1990, en coopération avec les troupes syriennes qui avaient prises le Palais de Baabda, Emile Lahoud toujours bon soldat avait ainsi coopéré, donnant les clés du Palais à la Syrie.

Je ne suis pas aussi pessimiste en ce qui concerne Sleiman pour plusieurs raisons et notamment par rapport aux évènements de mars 2005.

Le 14 mars 2005 aurait pu se terminer par le sang, mais l’armée libanaise, avec réalisme a refusé d’utiliser les armes contre la population, laissant ainsi vivre ce qu’on a appelé la révolution des cèdres et ce que j’appelle la libération des cèdres. Dans ce même réalisme, j’espère que l’élection de demain achèvera la révolution des cèdres avec un changement politique, un changement de cette classe politique qui nous a amené dernièrement et une nouvelle fois au bord de l’abime de la guerre civile.

J’ose espérer la fin du règne des seigneurs de guerre, j’ose espérer un nouveau Chéhab et non un nouvel Emile Lahoud, surtout que les équations régionales pourraient être désormais favorables à un Liban stable, un Liban débarrassé de ses anciens démons. J’ose espérer un Liban qui se débarrassera de son carcan communautaire pour l’avènement d’un Liban-Nation et non pas un Liban divisé en communauté.

Je suis peut-être un rêveur, et j’ai oublié que la fonction présidentielle est désormais dépourvue de tout pouvoir pour n’être qu’une fonction honorifique.

Droit et devoir de mémoire

mai 01, 2008 in Actualité, Citoyen

Pour rebondir au sujet de la coexistence, non seulement la mémoire est un devoir mais un droit aujourd’hui bafoué au Liban.

Pour pouvoir construire une société libanaise et non une société de communauté, la mémoire doit être collective et non divisée. On doit donc pouvoir voir le cheminement de chacun, on doit pouvoir le comprendre.

Au cours d’une discussion avec MarrilionLB que j’ai eu l’honneur de rencontrer au El Gardel lors de mon séjour au Liban (et ici je dois dire que cet endroit est formidable en toute honnêteté), a été abordé le sujet des archives audiovisuelle des années de souffrance. J’ai également consulté à ce sujet un ami journaliste qui a révélé quelques faits troublants au sujet de cette accaparation de la mémoire collective, je dois dire même destruction de la mémoire d’un pays pour que ne puisse se constituer une nation libanaise et ainsi continuer sur des systèmes quasi féodaux d’une époque passée comme ces dirigeants qui nous gouvernent, auteurs par leurs hommes de main de véritables massacres et du meurtre du Liban.

Il se fait après une courte enquête que les archives politiques de TéléLiban ont été transférées à une société audiovisuelle proche de dirigeants politiques par décret. Il s’agit donc d’une privatisation de fait de la mémoire collective, et non seulement cela mais aussi que ces archives sont désormais inaccessibles pour la majorité des libanais.

Continuant cette enquête, je ne peux que vous inviter à aller aux archives des télévisions françaises avec l’INA dont voici le lien pour que les victimes de ce passé honteux ne soient pas oubliés et qu’on puisse désormais également apprendre de nos erreurs afin de ne pas les recommencer comme aujourd’hui.

Ayant consulté ses archives, je ne peux que dire que nous avons un long chemin à faire pour se débarrasser de ses dirigeants ayant déjà par le passé tenté de consumer le Liban, la révolution se doit donc de suivre son court.

Coexistence ?

avr 20, 2008 in Citoyen

Le modèle qu’on nous propose souvent au Liban est celui d’un modèle de coexistence entre les 19 communautés libanaises. A ce concept, s’ajoutent ensuite les polémiques habituelles mais qui n’aboutissent à rien au sujet de la laïcisation du système politique voir de la question du mariage civile.

Hier mon séjour dans le Chouf et notamment aux explications de la manière dont les villages autrefois mixtes entre chrétiens et druzes sont devenus pratiquement tous mono-confessionnels à quelques exceptions prêt m’a amené à méditer au sujet même de la coexistence politique et donc sociétale libanaise.

Est-ce que cette coexistence existe-t-elle toujours?

On peut en douter, en passant successivement par Beyrouth, puis la banlieue Sud, puis Damour et enfin le Chouf. Plus d’espace de dialogues inter-communautaires, juste des lignes de démarcations intangibles entre communautés religieuses, avec d’un coté une église ou une mosquée et vice-versa de l’autre.

Il faut y voir le résultat de la dernière civile, on nous parle de dialogue politique mais les espaces de dialogues de la société n’existent plus. Il faut reconstruire ses ponts et aujourd’hui, les hommes politiques actuels, à de rares exceptions n’effectuent rien pour y parvenir.

Alors le Liban pays de coexistence, modèle pour le Moyen-Orient existe-t-il toujours ou est un autre rêve qui n’a pas survécu à la réalité? Est-ce qu’un nouveau modèle se doit d’être mis en place? Toutes ces questions ne sont pas écartés mais au contraire à méditer.

Des charognards

avr 17, 2008 in Actualité, Citoyen

Ainsi, une nouvelle polémique est apparue au sujet des charniers de la guerre civile. La classe politique s’est rapidement emparée de ce nouveau thème de bataille politique sans pour autant saisir l’occasion de se montrer à l’écoute de la population.

Non, la mort de personnes ne doit faire partie d’un marchandage politique, ces morts pour le pire d’un pays doit se faire pour le travail de mémoire. Mais de mémoire, on a tendance à trop vite oublier nos propres démons du passé pour s’empresser de leur redonner un quelconque pouvoir ou un strapontin parlementaire ou ministériel voir plus encore.

Effectivement, 17 000 personnes ont disparu durant la guerre. De mémoire, selon les chiffres que j’avais par le passé lu sur le site de Solida que je vous conseille justement de consulter, 3 000 durant les opérations israéliennes, un nombre estimé de plus de 600 prisonniers qui seraient toujours emprisonnés dans des geôles syriennes et, selon une thèse effectuée non pas au Liban - cela causerait trop de problèmes - mais dans une université au Koweït, le solde très important de victimes fait par les combats interlibanais (mieux vaut pour les puissances qui se disputaient le Liban, tuer par des intermédiaires que se salir les mains, voir pour certaines factions libanaises, tuer des adversaires potentiels pour les empêcher de devenir trop puissant).

La polémique de Halat, m’a rappelé une autre histoire, mais celle-la “de cubes de béton” immergés au large des côtes libanaises entre Jbeil, Jounieh et Beyrouth. Une spécialité des FL de Hobeika m’avait-on dit à une certaine époque. D’autres milices libanaises, peuvent prétendre ne pas avoir effectivement de charniers à ciel ouverts, mieux vaut brûler les preuves de leurs crimes. D’autres encore, peut-être inspirés par un film de quelconque mafioso, immergeaient les victimes dans de l’acide.

Plus de traces, plus de crimes, plus de poursuites possibles et les familles des victimes n’ont-elles pu faire leur deuil, la vérité si chère d’autre, justement, pour eux, c’est trop chère pour être connue.

13 avril 1975, le combat pour la paix continue

avr 14, 2008 in Actualité, Citoyen

Le 13 avril 1975, une date à jamais gravé dans l’inconscient collectif libanais même si officiellement on ne veut pas s’en souvenir.

Le début d’une guerre entre frères commise au nom des autres.

Je n’ai pas connu le début de la guerre, je n’ai fais que naître durant le conflit, grandir en voyant un pays se détruire par l’idiotie de ses dirigeants qu’on retrouve toujours aujourd’hui à la tête de parties et voir à la tête du pays des cèdres.

Je me souviens de mes cauchemars de gamins, de voir disparaître mes parents, je me souviens des bombes et des blessés emportés dans la folie meurtrière de seigneurs de guerre plus mafioso que combattants de la liberté. Je me souviens de mon propre père blessé par une bombe, annoncé mort et pourtant, oh miracle, en vie … 5 heures après.

Au début, bien sûr, gamin qu’on est, on se prend à être sensible à la violence gratuite, on veut ressembler aux « Abbaday » du coin, devenir chef à la place du chef. Mais petit à petit, la conscience de l’inhumanité de la chose et du sentiment d’injustice vis-à-vis des crimes s’est réveillé en moi, me faisant prendre conscience du bien et du mal, du mal surtout de combattre ses compatriotes simplement par ce qu’ils sont différents, alors que c’est cette différence qui est la source de richesse et le défi d’avenir de la nation.

Je me souviens des voitures piégées, celles qui tuaient une centaine d’innocents d’un coup, la terreur bien avant la reconnaissance de la terreur, citoyens qui avaient juste la malchance d’être à tel endroit, à telle heure. Des attentats commis à l’époque par tout le monde, syriens, israéliens et même français et américains. On tuait par intermédiaire, le marché de la terreur existait bel et bien au Liban et à côté, les attentats d’aujourd’hui ne sont qu’un travail d’amateur. Je me souviens des noms de personnes décédées, plus ou moins célèbres dans les combats à cause de l’imbécillité du crime gratuit, tuer son frère de sang parce qu’il ne partage pas les mêmes idées ou pire encore la même religion ou la même communauté.

Pourtant, les Libanais en général ne veulent pas se souvenir de cette blessure à jamais gravée dans la peau de notre génération. On détruit les ruines pour bâtir des palais et des gratte-ciels, vaine tentative d’exorciser nos démons bien libanais, celui d’une lutte des uns contre les autres, entre frères tel le conflit larvé qu’on connaît aujourd’hui.

Pourquoi alors se souvenir du 13 avril 1975, quand le combat pour la paix lui n’a jamais cessé. La lutte contre le combat fratricide, la lutte pour la paix au Liban, elle continue.

ChinaTown

avr 07, 2008 in Citoyen

Il y a moins d’un mois de cela, mon amour m’a offert un livre sur un appareil de photo légendaire, ce même appareil photo qui avait permis notamment d’immortaliser les fameux jeux de Berlin et d’autres horreurs du totalitarisme mais également quelques moments de bonheur dont le fameux baiser de Doisneau.

Le passage de la flamme olympique à Paris, flamme quelques peu bousculée, flamme éteinte, pétard à la mèche mouillée en fin de compte à l’image d’une fête gâchée, m’a amené à penser à ces épisodes ou le sport et l’art étaient utilisés à des fins de propagandes, confortant un régime, hier nazi et soviétique, aujourd’hui chinois.

Par le passé pourtant, des jeux, ceux de Moscou en 1980, avaient fait l’objet d’un boycott, suite notamment à l’invasion soviétique de l’Afghanistan (pas très loin du Tibet pourtant). Une cinquantaine de Pays, occidentaux et arabes principalement avaient ainsi demandé à leur athlètes de se sacrifier et de sacrifier même l’objectif de leur vie pour la Liberté.

Par rapport à cette actualité, la principale question revient donc à notre pays et à nos athlètes et je ressens dans la position de la France une certaine hypocrisie et notamment après les dernières déclarations de notre chère et tendre secrétaire d’état aux affaires humanitaires mettant une condition pour être ensuite rabrouée par ses supérieurs. Non, cela n’est pas une histoire de conditions ou de pré-conditions, seulement d’être conséquent avec soit même. Si réellement on se devait d’appuyer les tibétains dans leur lutte pour l’indépendance, la France se doit de boycotter avec les autres pays occidentaux les jeux olympiques de Pékin.
Sinon faisons comme les autres pays, allons-y et vendons notre âme de pays fondateur des droits de l’Homme pour quelques Yuan bien ridicules.

Refaire le Monde

avr 06, 2008 in Citoyen

L’actualité libanaise est en ce moment insipide pour plusieurs raisons.

On peut voir que les libanais, comme notre ami Kheireddine le sentait par lui même, sont las d’une situation critique mais qui perdure sans avancée ni pour le meilleur ni pour le pire.

La persistance de cette situation installe la population dans un profond dégout de la politique, laissant à nouveau des dirigeants accaparer le pouvoir faute de participation populaire.

Exit les polémiques de salon sur l’avenir d’un pays, seul le présent nous préoccupe désormais, un présent de plus en plus en hypothèque avec notamment la hausse des prix des matières premières affectant notre pouvoir d’achat à tous.

De toute façon, pourquoi se préoccuper du futur d’un pays qui n’existe que sur les cartes, infecté par les ingérences étrangères. Ainsi, certains dénonceront celles des uns sans dénoncer celles des autres. Le ridicule ne tue pas quand on entend par exemple dans un congrès du 14 mars les dénonciations des influences iraniennes sur le Hezbollah en présence de la chargée d’affaire américaine, et vice versa avec les paroles des responsables politiques du Hezbollah attaquant les USA pour leur soutien vis à vis de la majorité lors de la commémoration de la mort d’Imad Moughnieh avec la présence du ministre des AF iranien. Charité bien ordonnée commence par soit même.

Que dire également des situations sociétales de plus en plus tendues entre communautés, me rappelant une analyse américaine des pays en échec, citant notamment le cas de l’Irak et dans ce classement était présent juste en dessous le Liban. Pays en échec signifie pays sans avenir, pays qu’on peut sacrifier. Quand on pense à un peu également aux objectifs de certaines pratiques de politiciens, on constate avec horreur qu’ils mettent en marche cette fin du Liban avec des discours de plus en plus communautaristes et non de projet libanais et je pense notamment aux dirigeants qui sont allés dernièrement aux USA.

Bref, la population est lassée, fatiguée par une sorte de tambouille politique sans aucune saveur ou aucun avenir.

Lame Damascène

mar 26, 2008 in Actualité, Citoyen

La décision du gouvernement libanais de ne pas assister au sommet des chefs d’états de la Ligue Arabe est une décision grave à plus d’un titre.

En effet, l’absence d’un représentant du Liban à ce somment et notamment l’absence d’un représentant du gouvernement en raison des échecs successifs des scrutins présidentiels valide la notion de vide constitutionnel à la tête même de l’état. On pourrait y voir que le gouvernement ne fait aucun cas de ce qui normalement lui échoit dans un tel cas, celui des prérogatives présidentielles. Le gouvernement libanais s’en trouve affaibli par cette propre décision.

Cette lame damascène a cependant fait d’autres victimes, aussi bien du coté de la majorité que de l’opposition. On doit se souvenir notamment des polémiques au sein de chaque camp sur le bien fondé d’envoyer un représentant, Amine Gemayel qui s’était prononcé pour une présence se trouve donc amoindri dans son importance d’un coté face aux déclarations aujourd’hui appuyé par l’acte décisionnaire du gouvernement face à Geagea et à Joumblatt qui ne sont pas à leur première fois dans la destruction des symboles de l’état. De l’autre coté, alors que le Hezbollah et Amal s’étaient prononcés pour cette présence, le CPL s’était également opposé, estimant que seul un président avait autorité pour y aller. Les positions politiques des pro s’en trouvent donc marginalisées au sein de leur propres camp respectifs.

Plus grave encore, c’est qu’en dépit d’un boycott annoncé par le roi saoudien et du président égyptien, la présence de l’Iran à ce sommet ne fait que renforcer les divisions internes du monde arabe et ses divisions se reflétant sur le dossier libanais, on peut craindre par un effet domino que le Liban ne paye encore une fois le prix par l’impossibilité de résoudre la crise politique.

Le Liban, un dossier parmi tant d’autres qui sera évoqué en l’absence d’avocat plaidant sa cause laisse également planer l’ombre du pire, notamment dans la déclaration finale de ce sommet qui sera adoptée par des pays arabes ayant par le passé, celui de la guerre civile, prouvé qu’ils sont capables de vendre ses intérêts pour le propres intérêt, celui de l’exportation de leur propres tensions dans ce qu’ils considèrent être un champ de bataille miroir de la région, notre pays.

Cependant, les plus grands perdants sont avant tout dans la majorité libanaise qui aurait pu de fait trouver une reconnaissante par Damas de son rôle politique et éviter ainsi tout conflit à venir avec l’ancien occupant du pays des cèdres et ainsi faire une paix bien que précaire, le temps de reconstruire les institutions libanaises. Un moment d’accalmie pour se fortifier aurait été le bienvenu alors que l’immense majorité de la population se trouve fatiguée par des luttes intestines.

La décision gouvernementale encore une fois comporte donc plus d’inconvénients que de points positifs et on ne devra qu’une nouvelle fois payer le prix fort d’un manque de vision politique.