De l’adoption du Budget de l’Etat à la Privatisation de l’EDL

On évoque beaucoup des projets de privatisation y compris de l’EDL. Un certain parti politique met même ce facteur comme condition préalable à son vote en faveur du budget de l’Etat. Il convient cependant de savoir que les projets de privatisations précédents achoppaient et étaient même contraire aux intérêts des consommateurs:
En effet, ces projets visaient à faire une privatisation par région de la distribution de courant électrique par des companies uniques et non d’une privatisation « étalée », c’est à dire production et distribution. En d’autres termes, le consommateurs aurait été dans l’obligation d’entretenir une mafia organisée et non désorganisée comme c’est le cas pour celle des générateurs et probablement profitable pour certains intérêts proches de certains partis politiques et d’autre par, le coût principal de l’EDL, à savoir tout simplement l’achat de fuel pour alimenter la production pour un montant de 2 milliards de dollars annuellement, était toujours à la charge de l’Etat.
Les projets de privatisation tels que planifiés jusqu’à présent étaient donc nocifs à l’intérêt public, qu’on se le tienne pour dire.

Emmanuel Macron ou la candidature cachée de François Hollande

Branle-bas de combat présidentiel en France, plusieurs candidats s’affrontent dans un relent d’affaires douteuses. Nous nous intéresserons ici à un candidat en particulier puisque sorti de nulle part, le voila pourtant qui caracolait, il y a encore quelques jours dans les différents médias, évidemment il s’agit d’Emmanuel Macron en faveur duquel, François Bayrou a tout juste annoncé son soutien et même l’alliance de son mouvement, le Modem avec ce dernier.

En réalité, François Bayrou reste cohérent avec lui-même. Après avoir sacrifié la France en soutenant Hollande en 2012, voila qu’il le fait pour les élections de 2017… et il y en a encore qui doutent que Macron, l’auteur du programme économique de François Hollande, n’est pas le candidat caché pour un deuxième mandat de ce dernier…
En fin de compte, ceux qui voteront Macron voteront indirectement pour un renouvellement du mandat de François Hollande.

Beaucoup au Liban même, en dépit des dénégations d’Emmanuel Macron, avaient souligné que sa visite avait reçu un certain soutien des autorités françaises, non seulement l’Ambassade comme cela serait l’usage pour tout candidat (et encore, je souhaiterais bien savoir si l’Ambassadeur de France et son personnel ont tout autant eu d’égard à Marine LePen, tout juste repartie d’ici), mais également de la face cachée, l’ESA ou l’Ecole Supérieure des Affaires et de ses cadres en plus de celui du PDG de l’Association des Banques qui avait organisé un diner – levée de fond – avec des places facturées entre 10 000 à 15 000 euros.

Déjà dans le cadre de l’affaire communément appelée sur Twitter et les autres réseaux sociaux #PénélopeGate, on sentait pointer déjà une certaine odeur en provenance de l’Elysée via ce fameux parquet financier dont les fonctionnaires ne sont autres que ceux-là mis en place par l’ancienne ministre de la Justice Christine Taubira sur un fond de règlement de compte indirect notamment sur la question du fameux mariage pour tous, François Fillon, rappelons-le ayant des valeurs notamment chrétiennes et catholiques très engagées, envisageait de le remettre en cause. Cette mesure est la mesure phare d’un mandat qui s’achève et qui ne laisse par ailleurs pas de grandes réalisations et ne présente en réalité aucun bilan positif, y compris et en particulier sur le programme économique dont Emmanuel Macron a été le designer.

Ce dernier d’ailleurs semble échouer au fameux test que tout homme politique se doit d’accomplir, celui de la flexibilité mais aussi de ne fâcher personne. En ayant admis que le mariage pour tous a divisé la France, ce dernier a fini par mettre contre lui une partie de son propre camp. Aussi face à l’exercice de la question algérienne et concernant la colonisation de ce pays, il a réussi à se mettre à dos, non seulement les Pieds Noirs et leurs descendants mais aussi les Harkis, ces Algériens sacrifiés pour la France. Un homme d’Etat doit également avoir savoir rassembler et non diviser. Pour le moment, Emmanuel Macron semble échouer à cet examen.

Marine Le Pen au Liban, désastre local, succès international

La visite de Marine Le Pen au Liban a été d’une part un désastre local mais également un succès à l’international. Bilan mitigé donc, avec une explication concernant la binationalité chère aux franco-libanais que nous n’aborderons pas ici.

Le coup d’éclat à Deir el Fatwa

Le coup d’éclat lors de sa visite à Deir el Fatwa, plus haute autorité sunnite au Liban a, en effet été l’occasion pour Marine Le Pen de refuser non pas de porter le Niqab (d’ailleurs qui est très rare au Liban) comme elle le prétendait mal un voile, disons le plus simple. Le piège posé par cet exercice de style était pourtant simple: Les autorités sunnites que cela soit au Liban ou ailleurs, ont toujours dénoncé la politique française concernant le port du voile.
La condition de l’incident lors de la rencontre était donc posée malgré les versions et les explications divergentes des 2 parties, d’un côté Marine Le Pen qui indique ne pas avoir obtenu de réponses quant à la possibilité de voir le dignitaire sans être voilé, chose démentie du côté du Mufti Deriane qui indique pourtant avoir répondu à cette question. Marine Le Pen pour sa défense indiquait que même lors de sa visite au Mufti d’Al Azhar considérée par certains comme étant la plus haute autorité sunnite, elle n’était effectivement pas voilée. Cependant, il aurait fallu lui dire que les autorités sunnites libanaises sont plutôt proches de celles, concurrentes, en Arabie Saoudite qu’en Egypte.

La candidate a l’élection présidentielle française de passage au Liban et leurs intérêts communs, bien involontairement, était de figer cet instant, d’une part pour le Mufti de la République pour montrer ou rappeler ses positions concernant le port du voile sur un plan interne et tenter par la médiatisation de l’affaire sur un plan international – ce qu’une certaine presse appelle un coup d’éclat – et d’autre part pour Marine Le Pen, c’était un moment de publicité rappelant à son électorat français ses positions sur la question alors que la France passe par une période de terrorisme islamique sunnite avec des radicaux parfois convertis locaux ou émigrés.

La Question Syrienne

Autre incident concernant la Syrie. Marine Le Pen a rappelé ses positions concernant le dirigeant syrien Bachar el Assad, une position de plus adoptée de manière réaliste par de nombreux pays comme on ne peut que le constater depuis la prise d’Alep: le régime syrien actuel est incontournable quoi qu’on en pense pour résoudre les problématiques d’une part de la guerre civile et d’autre part, pour contenir des menaces posées par ces organisations terroristes qui exportent leurs violences et leurs attentats jusqu’en Europe ou ailleurs. Cette position n’est évidemment pas partagée par certains partis et hommes libanais comme le dirigeant des Forces Libanaises, Samir Geagea.
Ce positionnement paradoxal entre d’un côté certains partis libanais et d’une part la nécessité aujourd’hui absolue pour la communauté internationale de régler le conflit syrien ne fait que raviver également le fossé profond au sein même de la sphère politique libanaise, contrairement aux usages qui veulent plutôt que les personnalités politiques en visite au Pays des Cèdres oeuvrent au rapprochement des différentes positions antagonistes.

Cependant le succès principal de la visite de Marine Le Pen est indéniablement d’avoir réussi à rencontrer un dirigeant chrétien d’un pays arabe et de faire médiatiquement parler d’elle et de débattre autour de son programme concernant le port des signes religieux ostentatoires et de faire connaitre son positionnement politique concernant une question d’actualité internationale, à savoir la Syrie.

Ces 2 objectifs ont été largement remplis lors de son séjour et cela au détriment des libanais eux-même, avec un rappel des conflits religieux entre communautés chrétiennes et musulmanes sur la question du voile comme on peut le constater au travers des réseaux sociaux où la question fait débat et d’autre part le conflit politique majeur, en premier lieu au sein même de la communauté chrétienne, de ces 10 dernières années, à savoir quelle attitude à adopter concernant le régime syrien. Ranimer ces plaies de passé toutes justes pansées avec la réconciliation entre Forces Libanaises et Courant Patriotique Libre, est une grossière erreur en d’autres termes.

Présidentielle Française: La Binationalité en question

Concernant la polémique actuelle sur la question de la double nationalité Franco-Libanaise du programme de la candidate à la Présidence de la République Française, Marine Le Pen, actuellement en déplacement au Liban et qui souhaite la retirer aux Binationaux, il est vrai que la France a accordé trop facilement cette dernière à de nombreuses personnes et non seulement à des libanais mais à d’autres étrangers.

Cependant, on ne corrige pas une erreur en commettant une autre erreur qui est le retrait de cette nationalité aux binationaux dont certains sont plus « français » et fiers d’être français que les Français eux-mêmes.

La nationalité est une chose qu’on mérite et non qu’on reçoit. Le débat doit plutôt se faire sur cette base de services rendus à la France et à son rayonnement dans la région et ailleurs. Certains l’ont également par le sang. Ces paramètres doivent entrer dans le cadre de la nationalité et non le contraire.

Il est inadmissible aujourd’hui de la retirer à ceux qui ont oeuvré pour la France d’une manière ou d’une autre alors que d’autres personnes l’ont reçu sans même participer au maintien de l’influence française – il y en a même qui ne parlent pas français comme on ne peut que le constater en faisant la queue dans les services de l’Ambassade locale et toutefois sont les premiers à demander l’aide parfois financière de la Métropole – que cela soit dans leur pays d’origine comme le Liban ou dans la région.

La France doit considérer déjà un ensemble de paramètres nouveaux dans l’obtention de la nationalité, droit du sang, services rendus à la France, mettre un stop aux aides financières automatiques, arrêter le regroupement familial … voila plutôt quelques pistes à étudier au lieu du retrait bête et stupide de la nationalité aux binationaux.
Le débat doit être ouvert à ce niveau et non ailleurs.

6000 combattants de Daesh et d’Al Nosra originaires du Liban

Plus de 6000 combattants – dont des palestiniens – originaires du Liban auraient rejoint le groupe terroriste de Daesh et de Jabhat al cham (ex al Nosra), révèle un rapport du quotidien libanais arabophone Al Akbhar dans son édition en date de ce vendredi. 1 300 d’entre eux auraient été tués au cours de la guerre civile syrienne et irakienne.

Selon le quotidien, nombreux d’entre eux, âgés dans la trentaine, seraient partis sur les théâtres d’opération par l’Aéroport International de Beyrouth via la Turquie avec comme destination finale, Raqqa, la capitale du groupe Daesh. D’autres via des passages illégaux entre le Liban et la Syrie.

Un certain nombre des palestiniens qui se sont impliqués dans le conflit syrien seraient originaires d’Ein Helwe déjà connu pour héberger un certain nombre d’organisations islamiques radicales opposantes au Président Syrien Bachar el Assad. Ce camps serait d’ailleurs un point de transit important pour les combattants anti-régimes, selon le journal.

Pour rappel, la guerre civile syrienne ou révolution syrienne est un conflit armé en cours depuis 2011en Syrie.  De mars 2011 à septembre 2016, le conflit a fait autour de 400 000 à 500 000 morts d’après les estimations de diverses ONG. Parmi les belligérants, on trouve divers mouvements salafistes et wahabites parmi les rebelles.

Ainsi, l’Armée syrienne libre est le premier mouvement à mener la rébellion, mais il est supplanté en 2013 par des brigades islamistes sunnites, telles que Ahrar al-Cham ou Jaysh al-Islam. Les mouvements rebelles sont soutenus par les pays du Golfe et l’Occident, et particulièrement par l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et les États-Unis. Daesh est lui né de la scission entre Al Nosra et ceux qui se nommeront Etat Islamique. Ce dernier entre en guerre contre tous les autres belligérants et devient la cible d’une campagne de frappes aériennes effectuées par une coalition arabo-occidentale menée par les États-Unis.

Le régime syrien bénéficie quant à lui des renforts du Hezbollah Libanais et de brigades islamistes chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien militaire de l’Iran et de la Russie.

Par ailleurs, le Liban a accueilli sur son sol plus de 1.5 millions de réfugiés syriens dont un certain nombre d’entre eux serait impliqué dans des opérations terroristes. La localité libanaise d’Arsal, dans la Békaa Est a été notamment brièvement prise par les groupes terroristes Al Nosra et Daesh avant qu’ils ne se retirent dans le maquis, emmenant avec un un certain nombre de militaires libanais et de membre des forces de sécurité. Alors que ceux aux mains d’Al Nosra ont été libérés, on est toujours sans nouvelle des 9 militaires aux mains de l’organisation Daesh.

USA: Le Liban ne figurera pas parmi les pays dont les ressortissants seront interdits de séjour

MISE À JOUR 18h18: les autorités américaines démentent tout projet d’inclusion du Liban dans la liste des pays dont les ressortissants seront interdits de séjour aux USA.

Ce démenti intervient alors que le Département d’Etat américain a annoncé aujourd’hui la suspension du décret présidentiel interdisant l’accès aux USA des ressortissants de 7 pays dont la Syrie, la Libye, le Soudan, le Yémen, l’Iran et la Somalie.

Le Liban devait se trouver parmi les prochains pays dont les ressortissants sont interdits de séjour aux USA, annonce un site proche de Donald Trump citant certaines rumeurs circulant dans la capitale américaine.

Parmi les nouveaux pays également visés, l’Egypte, l’Afghanistan, la Colombie, le Pakistan, le Vénézuela, les Philippines. Ces pays s’ajouteraient donc à la liste déjà adoptée le 27 janvier dernier et comprenant la Syrie, la Libye, le Soudan, le Yémen, l’Iran et la Somalie, interdisant l’entrée de leurs ressortissants sur le sol américain pour une période de 90 jours. Selon certains sources, 60 000 visas auraient ainsi été annulés par le Département d’Etat. D’autres sources évoquent un nombre plus important, 100 000 visas à destination des USA auraient ainsi été remis en cause. Ces mesures ne concernant pas seulement les ressortissants de ces pays mais également les personnes possédant une double nationalité.

Cette décision a provoqué une vive polémique tant sur un plan interne aux USA avec notamment les dénonciations de la mesure tant de la part d’ONG, d’universités et d’entreprises dont de nombreux étudiants et employés se retrouvent coincés à l’étranger. Sur le plan international, les réactions ont étalement été vives.

Cette annonce intervient alors qu’un juge fédéral de Seattle a invalidé l’ordre présidentiel de Donald Trump. L’administration américaine a immédiatement annoncé vouloir déposé un recours à cette décision judiciaire alors que la compagnie aérienne Qatar Airways a annoncé le vol immédiat d’un avion ayant pour passagers des personnes interdites d’entrée aux USA la semaine dernière.

Le nouveau président Donald Trump a indiqué que cet embargo vise à protéger les Etats-Unis de menaces terroristes représentées par l’arrivée de personnes possédant ces nationalités sur le sol américain. Ces mesures ne concernent pas pour l’heure les détenteurs de passeports diplomatiques.

Crise des ordures: la décharge de Costa Brava fermée dans 4 mois

Suite de la crise des ordures débutées par la fermeture de la décharge de Naameh en 2015 et le plan polémique du gouvernement d’alors d’ouvrir 2 décharges, l’une à Bourj Hammoud, banlieue Est de Beyrouth et l’autre à Costa Brava, au périmètre immédiat de l’Aéroport International de Beyrouth: le quotidien anglophone libanais The Daily Star annonce qu’un juge aurait décidé de la fermeture définitive de cette dernière déchèterie dans un délai de 4 mois.

La décharge de Costa Brava avait fait l’object d’une grave polémique entre autorités libanaises et mouvements écologistes suite à la décision d’abattre les mouettes et autres volatiles qui menaçaient le transport aérien. Des groupes de chasseurs avaient ainsi été « conviés » dit-on par le Président de la MEA pour tirer sur les mouettes après que plusieurs compagnies internationales aient menacé d’interrompre leurs vols en direction de Beyrouth. Un avion d’une compagnie du Golfe aurait été également légèrement endommagé après qu’un oiseau ait été avalé par ses réacteurs.

Le juge des affaires urgentes du Tribunal de Baabda, Hassan Hamdan, a ainsi statué en faveur du recours présenté par les mouvements écologistes demandant la fermeture dans un délai de 4 mois de cette décharge. Ce dernier avait ordonné le 11 janvier dernier, le maintien en service provisoire de la décharge jusqu’au 31 janvier 2017.

Ouvertes à partir de 2017, les décharges de Bourj Hammoud et de Costa Brava ont été mises en place, par décision du précédent gouvernement, en dépit de nombreux problèmes et infractions aux traités internationaux dont le Liban est pourtant signataire. Situées toutes 2 au bord de la Mer Méditerranée, elles violent la convention de Barcelone pour la protection de la Méditerranée contre la pollution. Celles-ci devaient fonctionner durant quatre années, le temps pour le prochain cabinet de proposer des solutions définitives à la crise des ordures.

Pour rappel, les ordures avaient commencé à s’accumuler dans les rues de Beyrouth et du Mont-Liban à partir du 17 juillet 2015 suite à l’annulation du contrat avec la compagnie de ramassage Sukleen et de l’expiration du mandat à ce que les déchets soient transportés dans la décharge de Naameh.

Cette crise avait amené à la mobilisation d’une frange de la population, notamment suite à un appel d’offre largement controversé en raison des coûts de ramassage proposés par les compagnies participantes allant de 140 dollars à plus de 200 dollars la tonne. De nombreuses manifestations se sont ainsi déroulées cet été 2015 au centre-ville de Beyrouth. Les Forces de Sécurité ont été critiquées pour un usage inapproprié de la la violence, alors que certaines sources indiquaient que des éléments proches de partis politiques s’étaient infiltrés parmi les manifestants pour provoquer des incidents. Les partis politiques avaient fait part d’une large solidarité entre eux face à la société civile qui réclamait une réforme en profondeur du système politique.

Voir aussi: 

Quand les autorités libanaises prétendent ne pas connaitre les régulations internationales

USA/Visa: Des syriens interdits de séjour et expulsés vers le Liban

Suite au durcissement des mesures d’entrée aux USA en raison d’un ordre présidentiel du Président Donald Trump, 6 ressortissants syriens dont des chrétiens ont été expulsés des USA vers le Liban.

Arrivés à l’aéroport international de Philadelphie, ces derniers parmi lesquels se trouvaient 3 enfants  se sont vus signifier l’interdiction de séjour sur le sol américain et ont été rapatriés vers leur destination de départ, l’Aéroport International de Beyrouth via Doha, d’où ils sont repartis vers la Syrie.

Donald Trump avait signé ce vendredi un ordre exécutif interdisant l’entrée aux USA à tous les ressortissants de 7 pays dont l’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Sudan, la Syrie et le Yémen. Cette mesure vise à interdire l’entrée de réfugiés pour 120 jours, à l’exception de la Syrie. Pour ce pays, le délai d’interdiction reste illimité.

 

Emoi parmi les réfugiés syriens présents au Liban

L’annonce de ces mesures avaient provoqués un vif émoi au sein de la communauté syrienne au Liban, pays qui héberge officiellement 1,5 millions de réfugiés qui ont fui la guerre civile, pour une population locale de 4 millions de personnes.

Les Etats-Unis s’étaient pourtant engagés par l’administration précédente du Président Barak Obama à accueillir entre 110 000 à 150 000 réfugiés syriens en 2017, contre seulement 18 000 installations depuis le début de la guerre civile en 2011.

Manifestations aux USA contre la décision de Donald Trump

Aux USA, suite à l’appel de plusieurs associations de défense des immigrés et réfugiés et de l’American Civil Liberties Union (ACLU), plusieurs manifestions ont eu lieu au sein même des aéroports et dans les grandes villes. Des perturbations ont été ainsi à déplorer aux départs de JFK où s’étaient rassemblés 2000 manifestants.

Un juge fédéral de Brooklyn, Ann Donnelly, a décidé d’un sursis d’urgence qui interdit momentanément l’expulsion des personnes arrivées dans des aéroports américains avec un visa valide et les autorise à entrer dans le pays, cette décision suspendant pour le moment la décision du Président Américain.

 

Le Liban, pays qui n’est pas le seul concerné

Par ailleurs, d’autres pays ont eu à déplorer le retour de ressortissants des 7 pays incriminés. La France a ainsi reçu 15 personnes interdites d’entrée aux USA, alors que l’Egypte de son côté a dû à déplorer le retour de 5 ressortissants irakiens et 1 ressortissant yéménite qui s’étaient embarqués à bord d’un vol d’Egyptair à destination du JF Kennedy Airport à New York. En Turquie, les billets d’avion vendus aux ressortissants des 7 pays incriminés sont tout simplement annulés, alors qu’en Hollande, la compagnie KML a tout simplement refusé de voir embarquer 7 ressortissants irakiens à destination des USA.

Quand les autorités libanaises prétendent ne pas connaitre les régulations internationales

Suite à la polémique concernant la présence d’oiseaux à proximité de l’Aéroport International de Beyrouth en raison de la présence d’une décharge, celle de Costa Brava pour ne pas la nommer et de leur élimination par des chasseurs appelés à la rescousse, il convient de voir les pratiques des différents pays auxquels on se réfère généralement au Liban.

Certains citent un article concernant New York – On se penserait presque à l’excellente chanson éponyme de Liza Minnelli – qui aurait éliminé 70 000 volatiles en 10 ans depuis 2009 en raison des menaces causées à ses installations aéroportuaires puisqu’ils en ont non pas une mais plusieurs. A une différence près, ils ont construit des aéroports dans des zones marécageuses et non une décharge à côté d’un aéroport. Il s’agit donc avant tout que les gouvernants et que leurs supporteurs assument l’erreur commise en plaçant une déchèterie à proximité immédiate de ce genre d’installations.

Pour cela, un tour auprès des instances internationales et de certains services techniques à l’aviation civile Français et Américains s’impose également.

Ainsi, face au risque aviaire, tel qu’on le nomme, outre un durcissement des standards d’élaboration des avions en France, on apprend que la mise en place de décharges publiques est strictement régulé sans plus de détails.  Il est plutôt d’usage de réguler et même d’éliminer les environnements propices à la présence de volatile au lieu de mettre en place une décharge.

Plus intéressant encore est un document des autorités américaines dont voici le lien, où on peut lire plusieurs points qui intéressent directement tant le concitoyen libanais que le voyageur fréquent à destination du Liban.

Les autorités de tutelles libanaises devraient donc apprendre de ce document en date de 2007, donc bien antérieur à la mise en place de cette politique kamikaze, que les risques posés par la présence d’une décharge sont totalement incompatibles avec le fonctionnement d’une installation aéroportuaire.

Aux Etats-Unis, la présence de zones qui attirent des espèces mettant en danger la sécurité des vols est interdite à 5 miles de distance des aéroport. Plus encore, la mise en place de décharges est actuellement spécifiquement prohibée à part en Alaska sur un rayon de 6 miles soit 10 kilomètres. Pour rappel, la décharge de Costa Brava a été décidée en 2015 sur les abords même de l’aéroport international de Beyrouth et cela donc contrairement aux régulations qui ont actuellement court dans de nombreux pays.

Les décharges existantes avant le 15 avril 2001 suite à l’adoption de ces règles sont également renforcées. Ainsi, les autorités américaines recommandent l’interdiction de l’extension des aéroports. Les propriétaires et opérateurs de ces décharges sont également soumis à un ensemble de régulations plus strictes concernant le fonctionnement de ces dernières. Il convient ainsi de leurs parts de démontrer que ces déchèteries ne posent pas de danger au fonctionnement aéroportuaire et non le contraire.  Ces dernières devant être également totalement hermétiques et de ne pas entreposer de matériaux pouvant attirer des espèces pouvant nuire aux avions que cela soit des oiseaux ou des rongeurs par exemple.

Les opérations de compostages sont permises jusqu’à 1,200 pieds de distance des installations aéroportuaires à certaines conditions comme le fait qu’elles n’attirent pas ces mêmes animaux. Les opérations de recyclage de déchets non organiques comme le verre, le papier ou l’aluminum sont permis par ces régulations.

A la lecture de ces rapports, on comprend donc que les autorités libanaises sont les premières responsables de la mise en danger de nos concitoyens qui prennent l’avion depuis l’aéroport international de Beyrouth et non ces volatiles. Il convenait plutôt de s’inspirer des meilleurs pratiques internationales au lieu d’innover dans le pire.

La faute revient évidemment aux prédécesseurs des ministres actuels qui ont décidé de la mise en place de cette décharge aux abords de l’aéroport mais il convient également de souligner la responsabilité des autorités publiques actuelles, ministre de l’environnement, ministre des transports, conseil des ministres qui ne remettent pas en cause le plan précédent, qui constitue une absurdité et une mise en danger des voyageurs à destination ou au départ de Beyrouth.

Il convient donc aux autorités libanaises de procéder à la fermeture de tout infrastructure contraire aux règles de fonctionnement des installations aéroportuaires comme la décharge de Costa Brava et non de s’entêter dans un bras de fer dans lequel tout le monde reste perdant, mais surtout de comprendre pourquoi par une commission d’enquête de désigner les personnes responsables de ce gâchis, social et économique.

Il convient également d’appeler les companies aériennes internationales à boycotter les installations libanaises tant que les bonnes pratiques ne sont pas mises en place. Ce n’est pas en éliminant les mouettes qu’on élimine la cause de leur présence. Elles seront de plus en plus nombreuses tant qu’on n’éliminera pas la décharge dite de Costa Brava. Et plus encore, cela démontre le manque de visibilité de nos gouvernants pour l’avenir. Ils doivent travailler et oeuvrer en faveur de l’intérêt général en conformité avec les intérêts sanitaires, sociaux et économiques et non à leurs détriments.

« L’erreur est humaine, l’entêtement est diabolique »

On ne corrige pas une erreur en commentant une autre erreur. Dès que la décision de construire une décharge à côté de l’aéroport avait été prise, j’exprimais publiquement mes craintes à ce que les mouettes ou d’autres types d’animaux soient attirés et puissent nuire à la sécurité aérienne.

Les responsabilités existent dans l’erreur commise par la décision d’installer une décharge à côté d’un aéroport international, le seul du Pays, une erreur existe dans le fait aujourd’hui de tirer sur des oiseaux.
Que cela soient les mouettes ou des rats qui rongent les circuits hydrauliques ou des cables des avions, tirer et les éliminer n’est pas crédible, il faut plutôt éliminer les causes de leur présence en nombre accru, c’est à dire la décharge elle-même.
Les responsables de l’époque avaient pris une mauvaise décision, tout comme aujourd’hui les responsables actuels prennent une mauvaise décision en décidant de poursuivre la construction de cette décharge et en assassinant ces oiseaux. Ils auraient dû plutôt agir de manière décisionnaire comme en suspendant les vols des avions en attente de la décision d’annulation.
Dès l’époque, la décision de suspendre les vols en direction ou depuis l’Aéroport International de Beyrouth aurait du être prise par les responsables de la sureté aérienne et les responsables des companies aériennes locales – on accuse notamment l’un d’entre eux d’avoir fait ramener ces chasseurs chargés l’éliminer les mouettes – et internationales pour protester contre les risques posés par la décision des autorités libanaises.
Dès l’époque, le Ministre du Transport d’alors aurait dû intervenir pour rappeler les conséquences de cette décision. Dès l’époque, cette décision de mise en place de cette déchèterie aurait dû être suspendue. Seuls quelques courageux s’exprimaient alors et mettaient en évidence non seulement les risques mais allaient manifester sur place. Ils n’étaient pas écouter, les autres s’en foutaient, trop heureux de voir une pseudo-fin à la crise des ordures alors que ce n’était qu’un prologue. Manque de vision à long terme pour la plupart des gens. Donner leur le peu qui suffit à les satisfaire, ils réclameront plus un état de droit et un état respectueux de ses concitoyens.
Costa Brava est une chose, la décharge de Bourj Hammoud en est une autre qui provoquera également des problèmes sanitaires notamment par rapport à l’importation de matières alimentaires au Port de Beyrouth ou encore des problèmes de santé publique à la population de la capitale.
Les mouettes à l’AIB, ce n’est que la première étape des catastrophes à venir liées à la mise en place de ces 2 décharges – on paye toujours le prix de celle de Bourj Hammoud mise en place dans les années 90 et fermée jusqu’à l’année dernière – si des décisions courageuses ne sont pas prises dans les mois ou les années qui viennent.
Le Liban est pourtant signataire de traités internationaux qui interdisent les pratiques décidées par les autorités précédentes comme le fait de jeter à la mer des poubelles, les autorités actuelles n’étant en fin de compte pas meilleurs en n’ayant pas décidé de sursoir à ces décisions, de les geler afin de pouvoir dans un premier temps les réexaminer et les annuler ensuite. Il ne fait guère de doute que les organisations internationales vont se rappeler au bon souvenir de nos pseudo-gestionnaire d’un avenir mis en parenthèse dans les mois et les années à venir en regard à ces accords. Les organisations locales de défense de l’environnement ne sont pas meilleurs, c’est la course au Spotlight, qui passe le mieux ou le plus longtemps devant les chaines de télévision alors que les solutions, elles, ne sont pas locales mais internationale.
Une commission d’enquête qu’elle soit judiciaire ou parlementaire, voir les 2 mêmes, devrait être ouverte pour savoir et connaitre pourquoi on en est arriver là, comment on a pu commettre erreur après erreur, malgré les explications des spécialistes et malgré même le sens-commun et le bon sens. Corruption? Manque d’intelligence, Imbécilité même, les causes peuvent être multiples mais il convient de les comprendre pour ne plus recommencer contrairement à nos habitudes bien locales de recommencer encore et encore, ces erreurs. 
Errare humanum est, perseverare diabolicum.