L’image du Mercredi: le petit temple de Faqra

Moins connu que le Grand Temple Romain qui est lui attribué à Jupiter – Heliopolis tout comme les temples de Baalbeck, le sanctuaire de Faqra comporte également sur son flanc, un petit temple originellement païen et adossé à une église proto-byzantine, qui surplombe un des ruisseaux du Fleuve de Nahr Kalb.

Ouverte sur le Nord Est, le temple a été attribué à la déesse Phénicienne Atargatis grace à une dédicace découverte sur les lieux et qui daterait du 1er siècle après Jésus Christ. La structure sera ensuite transformée en baptistère de la Basilique située à ses côtés avec notamment la réutilisation d’une cuve cultuelle païenne à cette fin.

Constituée d’une cella rectangulaire de 18 mètres de long et de 9 mètres de largeur, elle aurait été construite à la demande d’Agrippa II et de sa soeur Bérénice comme souhait d’obtenir une meilleur santé. Ce souverain, Roi de Chalcis, aujourd’hui Aanjar, construira d’ailleurs de nombreuses structures dans la région dont un théâtre connu à Bérytos, aujourd’hui Beyrouth, tout comme il participera à la prise de Jérusalem et à la destruction du temple de cette ville en 70 après JC.

Atargatis était la déesse souveraine des eaux et des sources d’ou la construction de cette structure à coté d’une des sources originales du fleuve de Nahr Kalb. Elle se présentait comme ayant un corps de poisson et un visage de femme et résidait dans un lac aujourd’hui cité en Syrie. Suscitant la jalousie d’Aphrodite, par ailleurs présente non loin de là par l’intermédiaire du culte d’Adonis, elle deviendra l’amante d’un mortel, Caÿstros qu’elle finira par tuer par honte et aura de lui une fille, Sémiramis. Son culte se propagera à la faveur des invasions helléniques en Egypte, Grèce et même en Macédoine.

Sémiramis, pour poursuivre l’Histoire, sera elle-même, la fondatrice légendaire de la cité de Babylone.

L’échec des valeurs européennes

L’Europe ou du moins une partie de l’Europe réagit en croyant véhiculer des valeurs qu’elle croit universelle, concernant non seulement la religion mais également le caractère socio-économique de sa civilisation. Mais elle se trompe lourdement et on en tire aujourd’hui les conséquences au travers de nombreuses crises existentielles.

L’échec de la démocratie au Moyen-Orient, l’incompréhension que l’Islam n’est pas seulement une religion comme le Christianisme mais également un système politique et économique, l’échec dans un jugement avec des préjugés de la société américaine qui est plutôt en fin de compte conservatrice sur un certain nombre de valeurs comme le démontre le phénomène Trump aux USA et la remise en cause notable du droit à l’avortement, la non-compréhension que la notion des droits de l’homme n’est pas universelle et entre en conflit entre le caractère individualiste ou collectif de sociétés comme en Asie ou une vie peut en fin de compte être sacrifiée pour le bien commun, des échecs accumulés qui finissent donc par miner la construction européenne, comme en témoigne l’éloignement de la Grande Bretagne et son BREXIT.

La Turquie, aujourd’hui également, s’éloigne de l’Europe suite à l’échec du coup d’état démontre en fin de compte d’une manière encore plus cruelle que l’Europe n’est pas un modèle assez attractif pour juguler et menacer la décision d’Erdogan de rétablir la peine de Mort et de réintégrer un modèle islamique en contravention avec son histoire et son héritage des 70 dernières années kémalistes  que l’Armée Turque devait pourtant garantir.

Des conflits européens, Ex-Yougoslavie d’abord entre modèles de pseudo-coexistence entre Serbes et Bosniaque, entre orthodoxes et musulmans kosovars ont démontré que le modèle européen est aussi limité et que les gouvernants européens n’ont rien compris. Le temps est au conflit entre civilisations et entre valeurs et dans ce cas de figure, le modèle européen n’existe plus puisqu’on arrive au temps des interrogations quand d’autres sont déjà au moment des certitudes.

Les soubresauts que connait actuellement le Monde ne sont peut être que le reflet d’une remise en cause par beaucoup de sociétés de ces valeurs que l’Europe croyait sienne et qu’elle a tenté d’exporter à travers le Monde et qui ont débouché sur de graves crises existentielles. Démocratie, Droits de l’Homme, Liberté d’Opinion, etc… autant de valeurs qui aujourd’hui sont combattus par d’autres comme en témoignent les assauts des terroristes en France.

Evoquant le terrorisme et la France, le terrorisme aujourd’hui est certes global mais l’Europe en est aujourd’hui la première victime parce qu’elle a accepté de nombreuses dérogations. Au lieu de se construire, elle a donné des dérogations à la Grande-Bretagne et on a au final abouti au BREXIT. De même, elle a accepté, outre la Grande-Bretagne, d’autres chevaux de Troie et même devait accepter la Turquie. Le concept d’immigration et d’amalgame de certains de ses membres ont marché un certain temps quand il était intra-européen mais du moment ou il a également concerné des populations aux valeurs sociales et religieuses trop différentes, ceux ci ont eu un malaise face à ces valeurs européennes que certains trouvaient inacceptables notamment au niveau des droits des individus et du conflit entre une religion qui est également un système politique et le système des valeurs et politiques en rigueur en Europe.

La question aujourd’hui est ce qui peut, peut-être, sauver l’Europe et évitez encore cette dérive? Cette opération e sauvetage doit avant-tout être une remise en question, notamment pour la France d’un principe de laïcité qui lui est cher mais qui est unique en fin de compte en Europe. Les Pays de l’Est sont restés religieux en dépit de leur appartenance à la sphère communiste durant bien années. La France est la première visée par la vague terroriste parce qu’elle est le pays malade de l’Union Européenne, notamment par la perte de ses valeurs historiques. Ils attaquent la France non pas par ce qu’elle est laïque mais qu’elle a toujours été la fille ainée de l’Eglise ou du moins comme elle le parait toujours à leurs yeux.

Nul tabou à ce sujet. Il est important de discuter de toutes les alternatives qui peuvent être sur la table afin de provoquer un véritable débat mais aussi des décisions doivent être prises et elles sont graves. Il faut parfois se faire violence et couper un doigt pour sauver un bras.

Faut-il remettre en cause le droit du sol au profit du droit du sang? Une nationalité se mérite même quand on né avec cette nationalité. C’est un devoir et non un droit. Certains déjà ont renié leurs propres nationalités et pourtant en Europe, on discute encore du sexe des Anges.

Evoquant l’expérience libanaise, on fini par noter d’inquiétantes similarités. On est à la veille non pas d’une guerre civile mais de conflits localisés et le Pays des Cèdres est un modèle à ne pas suivre.

Le Liban était occidental dans son histoire comme appartenant à la sphère levantine et non un pays arabe jusque dans les années 50 avant d’avoir été emporté par le conflit israélo-arabe et d’avoir été obligé de choisir le camps de l’arabité. Face aux tensions résultants de la remise en cause du caractère occidentalisé d’une grande partie de sa population d’alors et cela dès 1958, il en résultera la guerre civile de 1975. Le principe de coexistence n’est donc pas à suivre. Au nom des compromis, on fini par la paralysie comme aujourd’hui au mieux et au conflit au pire entre les différentes communautés. Peut-être que les Libanais peuvent alors faire profiter de leur expérience les Français afin d’éviter le pire, il convient de leur dire que vivre ensemble n’est pas une idée à suivre mais vivre l’un à coté de l’autre avec ses différences régionales peut-être une solution à considérer.

La France doit à l’avenir faire des choix qui vont s’avérer être cruciaux pour l’Europe et durs voir même inacceptables pour certains aujourd’hui mais qui constitueront peut-être sa seule et unique chance. Et ces tabous doivent tomber pour arriver à un résultat tangible.

Image des victimes: Une polémique qui ne devrait pas en être une

La polémique concernant le traitement de l’information est relativement intéressante… Grosso modo, les médias français et notamment TF1 et France2 sont accusés de faire ce que les médias Libanais font depuis des années sans aucun grief: montrer des victimes … A une différence prêt, les médias français l’ont fait en direct et non en montrant des images en boucle.

En France, beaucoup s’interrogent sur le devoir fait de répercuter des contenus violents présents sur les sites ou les réseaux sociaux comme ce qu’indique cet article du Figaro. Grosso modo, on pourrait presqu’en conclure qu’il est possible de publier des photos de victimes décapitées par Daesh en Syrie mais il n’est pas possible de publier un contenu audio ou vidéo voir une photographie d’une victime d’attentat en France. On en est loin encore de ces questions au Pays des Cèdres ou la violence, elle, est pratiquement institutionnalisée d’où une notion de débat nécessaire concernant cette problématique.

Cela implique plusieurs thème à cette réflexion qui vont de la place des pratiques des médias traditionnels à la place désormais confirmée des nouveaux médias issus des réseaux sociaux.

Les Médias dits traditionnels dépassés

 D’un côté, on ne peut pas contrôler un direct, ce qui arrive arrivera sur les lieux des attentats. Ils arrivent, les journalistes sous l’impact de l’urgence et ne savent pas à quoi s’attendre d’autant plus que beaucoup n’ont pas d’expérience de zones de combat ou de guerre et encore moins de zone d’attentat que cela soit à Paris ou à Nice. Les difficultés dans une telle configuration sont évidentes et leur faire porter le chapeau dans un tel scénario tient à la mauvaise fois.
De l’autre coté, il n’est pas évidemment souhaitable de montrer des victimes, je pense particulièrement au cas au Liban, de l’assassinat d’un homme politique dont on passait des images quand sa dépouille arrivait à l’hôpital. Dans ce cas précis, le contrôle est et doit être possible.
 
Enfin, l’une des dernières réflexions qu’on pourrait avoir concerne le fait d’avoir ou non une information aseptisée ou il n’est nulle question de choquer pour provoquer l’effroi, le choc, ou autre. Certains prétendent que montrer les dépouilles, ne pas aseptiser l’information reviendrait dans le cas du traitement de l’information pour faire le jeu des terroristes, comme par exemple pour instituer la peur. D’un autre côté, ne pas montrer les détails, aseptiser l’information revient à traiter cette dernière, dans le cadre d’un attentat, ce qui est déjà horrible, tout comme un fait banal, divers puisque les gens ne pourraient à ce moment là plus s’en indigner ou s’en révolter.
 
Les limites donc de l’information, le côté éthique de la chose ne sont pas aussi simples en fin de compte. Il revient donc aux médias et aux chaines de télévision en particulier de marcher comme des funambules sur une corde assez longue et de ne pouvoir que recevoir critiques sur critiques, où de ne pas en faire assez ou de trop en faire, toujours au prétexte de la déontologie. On peut toujours aussi porter des jugements d’apriori après.
Peut-être que la meilleure solution en fin de compte est un retour au caractère humaniste de chaque journaliste sur place qui seul sera juge pour savoir s’il faut, oui ou non montrer les victimes selon le contexte donné. Mais l’essentiel sera toujours de s’indigner face à l’horreur et non de prétendre à diminuer la portée du carnage dont ils sont les témoins et les premières personnes généralement en ligne comme les forces de l’ordre et les secours sanitaires.

Médias 1.0 contre Médias sociaux

L’une des autres difficultés et même l’une des principales difficultés est le contrôle des réseaux sociaux. Beaucoup de personnes sur les lieux des attentats partageaient déjà les vidéos et l’information au sujet de l’attentat de Nice, puisque c’est désormais ce qu’il faut dire avant même les médias dits traditionnels. Déjà par le passé, la mort de Ben Laden, leader d’Al Qaida, avait été annoncée sur Twitter avant les médias dits 1.0. L’application #Periscope aurait été ainsi la première à répercuter l’information selon laquelle un camion fonçait sur la foule à Nice.

Une course à la vitesse a désormais lieu entre structures traditionnelles qui ont certes essayé de se moderniser en ayant recours aux réseaux sociaux et ces derniers mais face à un évènement de grande ampleur comme un attentat, apparaissent leurs limites. Ils ne peuvent plus autant suivre, avoir aussi de caméra à l’égal du nombre de smartphones que les individus présents sur les lieux des incidents. Ils deviennent suiveurs ou dans l’obligation de publier des informations issues des réseaux sociaux qui peuvent ne pas être exemptées de désinformation comme ce qu’on a vu durant l’attentat de Nice quand la chaine de télévision LCI évoquait une possible prise d’otage suite à un tweet alors que cela n’était pas le cas.

Cependant, la répercussion d’une information brute, d’images de victimes et autres ne doit également pas faire oublier les limites qui existent également du côté des médias sociaux, à savoir que nul ne peut s’instituer comme analyse sans l’être. Les personnes impliquées et répercutant une information peuvent ainsi ne pas capables de distinguer le vrai du faux et il existe de nombreux exemples notamment sur Facebook ou une information tronquée et fausse circule sous forme de ce qu’on appelle communément Hoax. Un spécialiste, lui, prendra le temps d’analyser l’information, de la vérifier, de vérifier l’image ou le support audio/vidéo afin d’en confirmer la véracité.

Toute la difficulté entre médias sociaux et médias traditionnels est donc que les gens ne font plus tellement la différence entre les 2 et ne prennent pas la peine d’analyser et prendre le temps de la réflexion. Ils répercutent l’information sans l’aspect analytique ce qui implique une grande possibilité de mauvaise interprétation de l’information.

Durant des années, on estimait que l’information doit être brute pour ne pas être subjective. Ceci est sans nul doute vrai. Mais à force de vouloir une information trop brute, on en oublie également le contexte particulier d’un évènement comme ayant pour cause un autre évènement. Il convient alors aussi d’équilibrer une information brute répercutée en premier par une analyse secondaire et cela doit être le rôle des médias dits traditionnels, rôle qu’ils ont du mal à revendiquer en pensant ainsi être relégués au 2ème plan.

Beyrouth, une des plus belles villes du Monde pour les touristes

Comme d’habitude, on aime flatter nos égos. C’est donc de manière virale qu’on apprendra que le magazine spécialisé Travel and Leisure aurait choisi Beyrouth comme l’une des destinations de choix dans le Monde – plus précisément, la capitale figure au 12ème rang mondial – et la première ville arabe à figurer sur la fameuse liste, cette année du mois et cela juste d’un cran en-deça de la ville éternelle, à savoir Rome.

Beyrouth se trouve ainsi confrontée à la concurrence de Florence, Kyoto, Barcelone et on passera sur le reste. Le magazine en question justifie son choix par le rebond de la capitale libanaise à l’issue de la guerre civile qui s’est pourtant achevée en 1990. Pas de quoi pavoiser en fin de compte … 26 ans après. Travel and Leisure cite de même l’architecture exceptionnelle de Beyrouth, mélangeant modernisme et architecture ottomane. Un petit rappel tout de même s’impose. Architecture Ottomane? Les Libanais voudraient savoir où ces derniers en ont trouvé des masses puisque des 1600 immeubles historiques à l’issue de la même guerre civile, il n’en demeure plus que 200 de manière officieuse. De même et enfin, la publication note la présence de Musées d’Art Contemporain. Hmmmmm, ok donc publicité pour une célèbre enseigne de la capitale dont le propriétaire vient d’inaugurer cette année un musée privé peut-être.

C’est à ce moment-là qu’on comprend le choix de Beyrouth puisque les paramètres de l’enquête prennent en compte, outre, normalement les sites historiques, la culture, la cuisine mais également le shopping. Mesdames, venez-donc à Beyrouth, vos petits-amis, maris ou même Papa vous gâteront ?

Certes Beyrouth demeure belle, mais pour ceux qui y résident, Beyrouth est infernale. Venir en touriste ne permet pas d’apprécier correctement la réalité sociale et économique d’une ville devenue trop chère pour la plupart de ses habitants et malade par de nombreux manques. Aurait-on déjà oublié la crise des ordures? Que dire des embouteillages quotidiens? Que constater face aux réseaux sanitaires pour ne pas dire des égouts qui sont sous-dimensionnés par rapport aux tours qui poussent comme des champignons dans certains quartiers? N’évoquons même pas la pollution. Cocorico, le Liban figure également parmi les pays ou les maladies liées à la pollution, cancer et autre, ont un des taux les plus élevés au Monde, selon le Ministère de la Santé dans une récente étude.

Aujourd’hui les tendances du tourisme est à ce qu’on appelle l’immersion au sein de la population locale et non plus au tourisme de luxe. Le Liban avait fait le choix d’un tourisme de masse avec comme segment visé, les Pays Arabes. Si Travel and Leisure et ses personnes participant à cette enquête avaient choisi d’être immergés, le résultat, sans nul doute, aurait été tout autre.

Outre le fait que le placement du Pays des Cèdres dans un cadre régional difficile, en pleine confrontation que cela soit avec le conflit israélo-arabe et on commémore ce mois-ci le 10ème anniversaire de la guerre de 2006, ou encore le conflit plus récent en Syrie qui nous a apporté notre lot de peine avec l’arrestation quasi quotidienne par l’Armée Libanaise de terroristes de Daesh ou d’Al Nosra.

Peut-être alors que le constat est beaucoup plus cruel. Beyrouth est décidément une ville martyre à l’image de ces statuts de la place éponyme. Oui parmi les critères pris en compte, figure en bonne place le caractère amical de la population locale. Nous sommes donc tellement hospitalier qu’on n’arrive donc même pas dire non à toute la misère du Monde, quitte à finir par faire couler notre propre pays … et en fin de compte, c’est prendre les libanais pour des dilettants, c’est à dire des personnes qui ne suivent que les impulsions de leurs plaisirs, de leurs goûts, et qui ont arrêté de se battre pour rendre leur propre pays meilleur.

De Beyrouth à Nice: le partage de la douleur

Choc au réveil de ce matin, l’horreur, 80 morts puis 84 morts, à Nice en France. Il est ô combien dur de se lever après l’annonce d’une telle horreur. On a envie d’y voir un cauchemar et de vouloir se recoucher avant de réaliser qu’il s’agit de la réalité.

Hier, dans son discours du 14 Juillet, jour de Fête Nationale, le Président Français François Hollande se félicitait notamment sur le volet sécuritaire. L’Euro s’est bien passé, la Fête Nationale s’est bien déroulée. On s’attendait à l’allègement prochain de l’état d’urgence adopté suite aux attentats du 13 novembre 2015 et qui avaient déjà endeuillé la France.

Un cinglant démenti aux lettres sanglantes aujourd’hui que rien ne va plus vient de parvenir aux oreilles des Français. Un Kamikaze, un tunisien naturalisé Français, ce qui n’est pas sans rappeler les autres kamikazes qui ont déjà frappé la métropole, ou encore ces pseudos français qui commettent quotidiennement des attentats en Syrie, ou encore qui envisageaient encore il y a 2 ans de frapper le Liban comme en témoignait à l’époque l’arrestation d’un franco-comorien à Hamra, coeur même de Beyrouth.

Ces gens là utilisent un passeport et pourtant rejettent la notion d’appartenance à une Nation. Dans un tel cas, on ne peut pas parler de Français, ni même de Tunisien etc… puisqu’ils ne croient pas à la notion de vivre ensemble et donc d’accepter les différences. Ils ne croient pas aux différences mais à l’homogénéisation de la société vers une société religieuse et fondamentaliste. Leur seule croyance est celle d’un djihad contre tous ceux qui s’opposent à leur vision étriquée. 

L’heure est grave, un certain amalgame peut évidemment se faire, mais l’heure doit être aussi au recueil pour la mémoire des victimes. Cependant, les prochaines heures doivent être également celles de la prise de décisions courageuses comme le fait de devoir se débarrasser de ces terroristes partout dans le Monde. Nos pensées vont évidemment aux Parisiens depuis le 13 novembre, aux Niçois aujourd’hui, mais également aux Africains, aux Syriens, aux Libanais et à tant d’autres quotidiennement confrontés à ce genre de terrorisme. Ils cherchent à instituer la peur mais nous manquons, nous, de solidarité déjà entre nous.

Nous croyons que lutter contre ces terroristes, c’est poursuivre la fête alors que lutter c’est avant tout de combattre ces terroristes où qu’ils soient. Ils exportent leur horreur sur nos sols parce que nous faillions à aller les combattre sur leur théâtre d’opération. C’est cela la faute des pays occidentaux. Soyons clair, le Front, c’est la Libye, c’est la Syrie et c’est aussi combattre les pays alliés des terroristes ou par lesquels ils passent avec ou non la coopération de ces états comme la Turquie avec qui pourtant la France se déclarait être solidaire. 

Ne me méprenez pas. Il ne s’agit pas de prendre les armes et de combattre mais d’être vigilant et de soutenir les forces de sécurité partout où elles sont confrontées à ces individus et mes pensées se tournent dans ce cadre à l’Armée Libanaise qui manque cruellement de moyens parce que l’Arabie Saoudite a unilatéralement décidé d’arrêter son programme d’aide qu’elle avait pourtant décidé en concertation avec la France. Alors qu’il convient avant tout de renforcer les états… on choisi donc de les affaiblir. 

Il est clair que ces individus obéissent à un mot d’ordre même s’ils sont des loups solitaires. Daesh appelait à frapper tous les pays qui lui sont opposés par n’importe quel moyen, armes lourdes, comme à Paris, armes blanches comme dans le cas de l’assassinat toujours en France d’un policier et de sa campagne, véhicules comme aujourd’hui.

Le Liban aussi connait un changement du motus operandis de ces terroristes. Au lieu de s’en prendre comme avant à la communauté chiite, ils s’en prennent aux chrétiens parce qu’ils sont chrétiens, tout comme ils s’en prennent à la France, le jour du 14 Juillet, date symbolique. Ils évoluent à la fois dans leur mode opératoire mais également dans leurs cibles. Ils cherchent à semer la division et pour eux, contrairement pour nous, tous les coups sont permis, y compris à s’attaquer aux civils. Quelle aurait été notre réaction si au lieu des feux d’artifices de Nice, ceux de Jounieh qui ont également eu lieu hier aient été les cibles? Aurions-nous été aussi solidaires dans le Monde? Ou encore aussi dilettants au prétexte qu’on aime la vie?

La Culture de l’impunité commence quand on ne s’indigne plus du malheur des autres. Et tant bien même qu’on s’indigne, il s’agit aussi de prendre des décisions et non de faire des déclarations des regrets ou déclarer son horreur. La Culture de l’impunité se poursuit par l’absence de solidarité mais aussi par le manque de soutien aux autres. C’est ainsi qu’aujourd’hui les Libanais doivent être solidaires des Français tout comme on peut s’attendre à ce que les Français soient solidaires des Libanais, des Syriens et de tout peuple qui souffre. Et Nous sommes Solidaires de votre souffrance en connaissance de cause. Nous subissons ce terrorisme depuis bien des années. Il es temps pour la France de dépasser des tabous

Nous sommes donc bien placés pour le savoir, parce que le Liban et la Syrie et aujourd’hui la France qui est endeuillée sont désormais aujourd’hui en première ligne dans cette guerre.

Du Porno dans son téléphone, une preuve de ne pas appartenir à Daesh

Jugé pour appartenance à une organisation terroriste, à savoir celle de Daesh, un suspect libanais déclare ne pas pourvoir y appartenir en raison de la présence de films pornos sur son téléphone.

Selon le quotidien arabophone As Safir, ce suspect accusé d’avoir été impliqué dans des combats contre l’Armée Libanaise en octobre 2014 dans le quartier de Bhenin à Tripoli au Nord Liban, serait affilié au Cheikh Khaled Hoblos, lui-même aux arrêts depuis avril 2015. Ce dernier réfute également toute appartenance à l’organisation terroriste.

Un des avocats de la défense a indiqué que les services de sécurité ont retrouvé à bord du téléphone d’un des sympathisants suspectés d’être impliqués dans les combats contre les militaires libanais, des films pornos, « la preuve que ce dernier ne pouvait pas appartenir à Daesh », selon les propos rapportés par le journal.

Les autres 11 suspects citent dans le cadre de la procédure judiciaire font également état d’excuses plus ou moins farfelues pour clamer leur innocence: un d’entre eux déclare avoir été présent sur les lieux sur les lieux sans avoir même entendu les tirs de fusils et alors qu’une photographie le montre portant une arme. Un autre déclare avoir trouvé un équipement militaire dans un arbre, équipement avec lequel il envisageait de commettre des vols. Il est bien connu que les armes, comme l’argent, cela pousse dans les arbres. Un troisième enfin déclare être sous l’emprise de différentes drogues pour réfuter l’accusation également d’appartenir à Daesh.

Face à ces excuses, le juge militaire Khalil Ibrahim s’est ironiquement interrogé sur l’origine des décès des militaires tombés lors des combats. « Déclarez-vous que les martyrs de l’Armée sont morts d’une crise cardiaque? »

Pour rappel, en octobre 2014, le cheikh Khaled Hoblos, imam extrémiste de la mosquée Haroun à Minié, et 2 comparses avaient pris part à de violents affrontements contre l’armée à Tripoli. Le groupuscule du cheikh Hoblos serait ainsi lié à la mort de quatre soldats, dont deux officiers de l’Armée Libanaise. Il sera arrêté le 9 avril 2015, après avoir été localisé par les Forces de Sécurité Libanaises alors que la cellule terroriste qu’il dirigeait se préparait, selon les services de renseignement, à une nouvelle vague d’attentats.

Prochaine audience de ces comiques devant le Tribunal Militaire en septembre prochain … peut-être d’ici-là, que les avocats de la défense convoqueraient l’actrice pornographique libanaise Mia Khalifa afin de leur fournir un alibi.

L’image du Mercredi: le port de Tyr

Ce Mercredi, nous vous emmenons au port de Tyr. Construit sur le port dit Sidonien parce qu’orienté vers l’antique cité de Sidon, aujourd’hui Saida, le port de Tyr continue à accueillir touristes et pêcheurs. On peut apercevoir quelques colonnades en ses fonds, preuves d’une utilisation continue de ce site.

La pêche au Liban comporte de nombreuses pratiques, plus ou moins légales. On peut notamment penser à la pêche à la dynamique, fortement critiquée pour son impact sur la faune maritime. Face à ces pratiques d’un autre âge, il convient de promouvoir l’usage d’outils moins nocifs, pêche à la ligne, pêche au filet. Enfin, on peut louer les services d’un pêcheur pour une promenade le long du littoral, à la recherche des ruines enfuies au large de la localité. Il pourra également vous montrer, quelquefois, une tortue ou un autre poisson qui émerge des profondeurs.

Juillet 2016, 10 ans après, une perspective réaliste

10 années ont passé… 10 années après un conflit que personne n’attendait. On était encore dans l’euphorie de l’année 2005, rempli de l’espoir que le Liban, enfin progresserait vers un Monde Meilleur, vers un Etat de Droit, un Etat tout simplement.

10 ans ont été gâchés en fin de compte. On pouvait s’attendre à ce que le dialogue politique devient l’arène de l’insulte, que les camps opposés s’invectivent. Cela participe en fin de compte au concept démocratique de pays tels que le nôtre.

Les erreurs ont été depuis nombreuses et on ne fait qu’en réaliser aujourd’hui la portée, et ce malgré les nombreux coups de semonces des années précédentes. À la fracture politicienne en 2 camps, 14 et 8 Mars, aujourd’hui, répond le dialogue et l’ouverture, avec d’un côté ce dialogue entre Al Moustakbal et le Hezbollah et de l’autre celui de la main tendue entre le CPL et les Forces Libanaises et cela en dépit des différences politiques voir, fort malheureusement dans un système tel que le nôtre communautaire.

Il n’en a évidemment pas toujours été ainsi. L’écho des armes nous ont fait, à plusieurs reprises, plonger au bord de l’abîme de la guerre fratricide, mais à chaque fois, le libanais à une habitude et fini par relever la tête hors de l’eau. On se souviendra de la guerre de juillet et août 2006, marquée en dépit de tout, par une solidarité inter-libanaise en dépit des différences politiques habituelles. On se souviendra également des évènements du fameux 7 mai, marqué par l’ouverture du dialogue entre les partis politiques et aboutissant aux fameux accords de Doha, sous la tutelle du Qatar. On se souviendra de Nahr Bared et de l’héroïsme de l’Armée Libanaise, confrontée avec peu de moyens, déjà aux barbares d’une organisation fondamentaliste qui ressemble étrangement à ce qu’on appelle aujourd’hui communément Daesh. On se souviendra des soubresauts sécuritaires entre Tripoli et notamment Jabal Moshen et Bab Tabbaneh et où aujourd’hui règnent entre les 2 quartiers une paisible coexistence. S’il n’y avait pas eu des morts, on finirait par dire qu’à quelque chose, malheur est bon … du moins au final.

10 ans, depuis le conflit de 2006 ont passé. 10 ans d’une leçon qu’on pourrait qualifier de formidables puisqu’on a finalement appris qu’on se doit, en dépit de tout, vivre ensemble, au-delà de la politique qui nous désuni. Il est cependant dommage qu’on ne puisse comprendre ces leçons qu’à travers le conflit et non le dialogue préalable au conflit.

Mais au-delà de l’aspect d’une leçon de réalisme politique, le système, lui, reste grippé. Les accords de Doha ont permis l’élection en 2007 d’un nouveau Président de la République. Aujourd’hui, le désaccord entre les grands parrains, à savoir l’Arabie Saoudite et l’Iran, bloque à nouveau l’élection d’un nouveau locataire du Palais de Baabda. Plus encore, notre système politique semble donc ne pas être représentatif de la volonté populaire mais dépendante du bon-vouloir de puissances étrangères qui règlent sur notre sol, leurs différents. Plus encore comme du temps des moments où le conflit israélo-arabe était exacerbé, le Liban est l’arène d’un combat qui n’est pas le sien. Face hier au face à face entre idéologies sionistes et nationalistes arabes, aujourd’hui, le conflit religieux entre sunnites et chiites menace notre région et plus particulièrement les pays comme le notre ou ses 2 communautés hier coexistaient et aujourd’hui se trouvent être dans 2 camps opposés, l’un iranien et l’autre saoudien et notamment au travers, pour changer de leurs implications réciproques sur le théâtre syrien.

Le pouvoir lui, reste silencieux, miné par ses propres faiblesses. La faute revient au défaut de réforme de ce système politique au profit d’une libanisation de nos représentants. L’impossibilité d’un processus de réforme pour former un pouvoir exécutif politiquement cohérent et non d’une pseudo-entente nationale où l’autre organe de pouvoir, le Parlement se trouve être démuni de son rôle primordial de débat entre majorité et opposition constitue un problème majeur. L’émergence de mouvements dits de la société civile n’est pas une cause de désordre comme certains laissent le faire croire depuis les manifestations de l’été 2015 mais un symptôme qui démontre que ce mal, désormais provoque un malaise généralisé.

La réponse politique n’a été qu’une nouvelle fois décevante, refusant de voir que le problème dépasse le plan stricte de la problématique des ordures, du manque d’électricité ou du manque de sécurité. La sphère politique refuse de se remettre elle-même en cause et au-delà d’elle, celle des grands parrains étrangers. Corruption, défaut de gérance des affaires publiques, conflit d’intérêts multiples, scandales Sukleen ou Ogero pour ne nommer qu’eux. Ils ne nous ont rien épargné en 10 ans et cela au mépris de nos portefeuilles et même de notre santé aujourd’hui.

La population n’en a pas marre de la politique mais elle exprime un certain raz-le-bol de la manière avec laquelle le débat politique se trouve être monopolisé au détriment de la majorité devenue depuis ces différents incidents, silencieuse. Mais peut-être que pour résoudre ce dilemme, fort malheureusement, 10 années supplémentaires seraient nécessaires, le temps qu’une nouvelle génération prenne sa place.

L’image du Samedi: Le lever du Soleil sur les plages du Sud Liban

Image du Lever du Soleil sur la plage d’Al Mansoura, plage du Sud Liban, à quelques kilomètres de la ville de Tyr.

Réserve naturelle, cette plage, comme on a dernièrement pu le constater, héberge l’un des dernier lieux de ponte des tortues marines au Liban. Devenue réserve naturelle, ces lieux restent également les dernières portions de littoral restés vierges.

Même si par quelques endroits, des rochers apparaissent, une large proportion sableuse fait également le bonheur des quelques privilégiés qui peuvent s’y rendre. On y retrouvera crabes, coquillages et toute une faune et flore largement et malheureusement disparue sur l’essentiel du territoire en raison de la pollution tant urbaine qu’industrielle.

L’image du Mercredi: Une vie au service des tortues maritimes au Liban

Expérience unique ce mercredi, avec Mona Khalil et son complice Rami qui partagent avec nous et ses visiteurs sa passion, celle de la sauvegarde de la dernière plage hébergeant la ponte des tortues maritimes au Liban.

Revenue à la suite de la fin de l’occupation israélienne du Sud Liban en 2000 sur les lieux de son enfance, Mona Khalil, transforme l’ancienne maison héritée de son père en maison d’hôte, cela afin d’inciter les personnes à venir et à partager son expérience, celle de la conservation des tortues maritimes.

Située entre l’antique citée de Tyr et Naqoura, la plage d’El Mansoura s’est rapidement transformée en un lieu unique au Liban, où l’aspect d’une nature libre continue à s’exprimer. Ici, nulle question de construire une station balnéaire de luxe, le pari est tout autre, il s’agit de développer un concept d’écotourisme respectueux de l’environnement.

Rapidement, à quelques kilomètres de Tyr, on aperçoit une étrange maison Orange, d’où son nom, Orange House. Il s’agit d’un hommage à la 2ème nation de sa propriétaire, les Pays-Bas.

Dès l’accueil, les choses sont claires, ici, les sacs en nylon sont totalement interdits. Quant aux bouteilles et autres objets en plastique, les invités sont priés de les rapporter chez eux.

Entourée d’un jardin luxurieux avec la présence de quelques arbres exotiques comme des manguiers et celle très amicale d’une chienne, la maison d’hôte elle-même vous fait rapidement sentir être chez vous. Une clé vous permettra aussi de parvenir à la plage de la réserve jusqu’à 20h du soir. Nulle question au-delà de déranger les reptiles venus des océans afin de perpétuer leur espèce.

Copyright, François el Bacha, Tous droits réservés.

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La plage elle-même est quelque peu rocailleuse par endroit avec de grandes étendues de sables par ailleurs. Pas de musique au loin, pas de café, aucune chose pour vous déranger. On peut ainsi méditer sur ce que pourrait être les autres parties du littoral, quant à elles souillées par la pollution et touchées par le développement inconsidéré et non planifié provoqué par l’appât d’un gain facile et sans aucune protection des autorités publiques.

Le lever du Soleil. Copyright, François el Bacha, Tous droits réservés.

Le lever du Soleil. Copyright, François el Bacha, Tous droits réservés.

Après une nuit fort agréable, cela ne sera que vers 6h du matin, que Mona Khalil vous invitera à la rejoindre afin de surveiller la plage ou plutôt à voir si les tortues maritimes sont venues durant la nuit pondre. Deux espèces de ces reptiles sont présentes en ces lieux entre Mai et Octobre, la tortue verte et la tortue carrette ou Caretta caretta. Il s’agira parfois aussi de déplacer le nid afin de mettre les oeufs en sécurité face aux renards et autres prédateurs qui hantent parfois les lieux.

Restée sur les lieux en dépit des menaces des pêcheurs ou encore du conflit israélo-arabe et notamment durant le conflit de juillet 2006 entre l’Etat Hébreu et le Hezbollah, Mona Khalil a rapidement acquis une réputation internationale de spécialiste de la question de la sauvegarde de ces 2 espèces, chose que beaucoup de ressortissants libanais continuent toutefois à ignorer sur le plan local. En outre, elle a également mené de nombreux combats, celle de la création de la réserve d’Al Mansoura ou encore celle de l’interdiction de la pêche à la dynamite. Mais la guerre elle, pour la sauvegarde de cette Nature n’est jamais terminée.

Copyright, François el Bacha, Tous droits réservés.

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Cette dédicace à la Nature n’est pas seulement l’oeuvre de sa vie mais aussi désormais un héritage à transmettre à toutes les générations à venir. Avoir ce singulier honneur d’y participer constitue cette expérience unique.

La page Facebook de l’Orange House se trouve à ce lien.