Avion russe abattu: les intentions cachées de la Turquie

Un avion russe de type Su 34 en Syrie. Source Image: Wikipedia.

Un avion russe de type Su 34 en Syrie. Source Image: Wikipedia.

Beyrouth, Liban – L’avion russe de type Sukkoi 24 russe abattu par la Turquie est évidemment à la une de nombreux journaux. Un pilote est mort, alors que l’autre, apprend-on aujourd’hui via l’Ambassadeur Russe à Paris, a été exfiltré par l’Armée Syrienne alors que Moscou envisage désormais de renforcer encore plus sa présence en Syrie, notamment avec l’envoi de système antiaériens S-400 Triumph – une première en opération de combat en dehors de la Russie - qui couvre une zone d’un rayon de 600 km. Cela évidemment compliquera tant le survol de la zone par les chasseurs des pays occidentaux que mettra les avions turcs en mauvaise posture dans la zone. 


Une information cependant dont on parle peu et qu’on découvre dans les colonnes du journal Le Figaro:

«En accord avec les règles d’engagement, les autorités turques ont mis en garde de manière répétée un avion non identifié qui se trouvait à 15 kilomètres ou moins de la frontière», confie une source officielle turque.

C’est donc au niveau du territoire syrien lui-même que les forces turques ont mis en garde le bombardier SU24 russe et après avoir passé 15s en territoire turc sur une petite portion, qu’ils l’ont abattu. Ils n’attendaient que cela.

CUkdnCuW4AAxX9LHier déjà, la carte radar publiée par le régime turc était quelque peu problématique. On peut y voir le chasseur bombardier russe effectivement loger la frontière, et pénétrer sur une petite portion comme un isthme à l’intérieur du territoire turc. Evidemment, les chasseur F16 Turcs, eux arrivent à faire du surplace au niveau de la frontière syrienne et n’y pénètrent pas selon cette carte, alors que Moscou accuse Ankara d’avoir poursuivi et fait abattre l’avion russe en territoire syrien. La carte publiée par la Turquie semble lui donner raison sur ce point, alors que l’épave du Su24 se trouve à 4km à l’intérieur des frontières syriennes.

Ce genre d’incident arrive souvent et pour autant, il n’entraine généralement pas de destruction de l’appareil par les systèmes antiaériens. Il s’agit donc d’un geste volontaire commis par Ankara, un message à faire, un message plus politique que territorial ou militaire. Il ne pouvait évidemment menacer la sécurité turque.

Capture d’écran de la vidéo du Ministère Russe de la Défense. En gris, la frontière qui est très peu lisible.

Capture d’écran de la vidéo du Ministère Russe de la Défense. En gris, la frontière qui est très peu lisible.

Cependant, du côté russe, a été publiée par le Ministère de la Défense, une autre vidéo, dont on parle que peu en occident et dans laquelle, nous pouvons constater que le Su 24 n’a pas pénétré le territoire turc mais a effectué un crochet au niveau de l’isthme problématique au niveau duquel les turcs accusent le chasseur bombarder russe d’avoir pénétré.

https://www.youtube-nocookie.com/embed/9Cs8jdJKSGo

Cette zone, correspondante à l’ancienne République du Hatay est également remise sur la scène. Il s’agit d’une province à l’origine syrienne, peuplée par 65% d’arabes principalement alaouites, la même communauté que le Président Syrien Bachar el Assad et échangée en 1938 par la puissance mandataire, la France contre la non-implication turque dans le conflit de la 2ème guerre mondiale et cela en violation du Mandat Français qui stipulait que Paris devait garantir l’intégrité territoriale. Bien que pacifiques, Damas a toujours revendiqué le retour de cette province.

Du coté syrien, des rebelles soutenus militairement par Ankara combattent les forces du régime syrien et cela est évidemment une autre violation territoriale turque et cela sans même évoquer le soutien turc direct ou indirect à l’organisation Daech: achat de pétrole des zones du conflit et exportation vers la Turquie avec la présence notable de nombreux camions citernes turcs sur place qui ont été détruits par l’aviation russe, le passage de nombreux combattants de Daech vers ou depuis la zone occupée via la Turquie, etc… Le rôle d’Ankara est ambiguë et évidemment Erdogan préfère la poursuite d’un conflit qui lui est en fin de compte favorable que son règlement.

La destruction de l’avion russe par Ankara dévoile ainsi les principaux outils actuels mis en place par Erdogan pour favoriser la chute de Bachar el Assad suite à l’entrée directe de la Russie dans le conflit. Erdogan avait été quelque peu mis à l’écart depuis l’intervention de Moscou sur le théâtre syrien ou il était un partenaire essentiel, ce qu’il n’est plus depuis. Ses positions diplomatiques se sont largement effritées, d’un coté par la perte d’influence

Il s’agirait pour lui de:

  • remettre  mise en place la question d’une non-flying zone qui est l’arlésienne du Président Turc;
  • de refuser une coalition large suite aux attentats qui ont visé l’Airbus Russe dans le Sinaï ou encore la Paris le 15 novembre dernier, contre l’organisation terroriste Daech dans laquelle semblait s’inscrire tant la France que la Russie et qui avait des chances d’aboutir selon les informations précédents l’incident. Cette partie de sa stratégie semble aujourd’hui porter ses fruits après les déclarations du Président Français François Hollande qui s’est aligné sur les positions américaines à l’occasion de sa visite aux USA ce mardi 24 novembre.

La Non-Flying zone, pour reprendre le terme anglican, est illégale au niveau du droit international puisqu’il s’agit d’une mesure unilatérale turque et non d’une décision de l’ONU et aussi une violation flagrante de la souveraineté syrienne.

Ce nouvel évènement n’est également pas sans rappeler qu’Ankara a toujours oeuvré en faveur de l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne dans le Nord de la Syrie, un peu à l’exemple de celle établie par l’ONU en Libye et qui a permis à la coalition franco-britannique alliée à des rebelles locaux fortement fondamentalistes de renverser Mouammar Kadhafi. Il s’agit là, notamment d’une des raisons qui ont fait que le régime turc a lâché les migrants vers les côtes européennes, amenant à la crise homonyme.

Cette opération qu’on ne souligne pas assez est à l’origine de l’intervention directe russe en Syrie, il y avait alors urgence pour Moscou d’intervenir auprès de Damas puisque l’Union Européenne, aidée de l’OTAN, sur demande ou plutôt sur exigence turque, souhaitait établir une zone d’exclusion aérienne dans le Nord de la Syrie malgré un probable véto russe au Conseil de Sécurité. C’est enfin parmi ces migrants que l’organisation terroriste Daech a infiltré des kamikazes dont certains seront à l’origine des attentats à Paris. La responsabilité d’Ankara est engagée et pourtant l’Union Européenne ne réagit pas à ces tentatives de manipulation de sa politique dans le conflit syrien dont elle fait l’objet.

Et l’Union Européenne, elle, en est toujours dupe.

François el Bacha

La Chronologie de l’Indépendance du Liban

Le Président Béchara el Khoury à l’indépendance du Liban

La Mort pour la Patrie et l’Indépendance est une naissance, tandis que la vie sans indépendance est une mort.

Saïd Akl

Un constat que beaucoup de Libanais, par l’Histoire contemporaine, ne peuvent qu’accepter. L’Indépendance du Liban a été un long cheminement, marqué par de nombreux sacrifices, par la mort de nombreux martyrs et une lutte sans relâche depuis le 19ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Bien que célébrée le 22 novembre en commémoration des évènements de 1943, le Pays des Cèdres se doit également de se souvenir de ces dates critiques qui ont permis l’avènement du Liban dans ses frontières géographiques actuelles.

A l’Origine, La Création de la Moutassarifat du Mont-Liban

Mai 1860: Attaque de Deir el Qamar par les Druzes. Les troubles se propagent à Jezzine, Hasbaya, Saida. Zahlé est assiégé.

Juin-Juillet 1860: Les massacres continuent.

6 juillet 1860: Intervention Ottomane, réconciliation entre les Chrétiens, les Sunnites et les Druzes.

16 Août 1860: Intervention de l’Armée Française au Liban en conformité avec le traité dit des Capitulations qui lui donne un droit de protection des minorités chrétiennes au sein de l’Empire Ottoman.

9 Juin 1861: Création du Moutassarrifat du Mont Liban instaurant un premier système communautaire au Liban. L’administration est confiée à un gouverneur ou Moutassarrif chrétien nommé pour 3 puis 5 ans par la Sublime Porte et n’étant pas originaire du Mont Liban. Il sera assisté par un conseil représentatif de 12 membres, 7 Chrétiens et 5 Musulmans. Seront nommés:

  • Daoud Bacha, d’origine arménienne (9 juin 1861 au 9 mai 1868),
  • Franco Bacha d’origine alépine (27 juillet 1868 au 26 février 1873)
  • Rustom Bacha, d’origine italienne,  (Juillet 1973 à Mai 1883)
  • Massa Bacha d’origine albanaise, (8 mai 1883 au 29 juin 1892)
  • Naoum Bacha, d’origine alépine, (15 août 1892 à août 1902)
  • Mouzaffar Bacha, d’origine polonaise et française, (27 septembre 1902 au 29 juin 1907)
  • Youssef Franco Bacha, d’origine alépine, (8 juillet 1907 au 2 juillet 1912)
  • Yohannès Bacha Kouyoumdjian, d’origine arménienne, (20 décembre 1912 à la date de sa démission, le 5 août 1915)

Après Yohannès Bacha Kouyoumdjian, les autorités ottomanes alors en guerre aux côtés des empires d’Europe Centrale nommeront directement les gouverneurs et dissoudront le Conseil Représentatif. Cette période sera marquée par une période de terreur, d’épidémies de dysenterie et de Typhus, et de famine engendrée par un blocus des côtes par les alliés d’une part, et par les réquisitions ottomanes d’autre part. Un tiers de la population du Mont Liban principalement chrétiens décèderont alors alors que dans la capitale Beyrouth, plusieurs nationalistes libanais seront pendus par les Ottomans, le 21 août 1915, puis le 6 mai 1916, alors que le gouverneur Djemal Pacha est au pouvoir.

Le Liban passe à l’Heure Française et devient le Grand Liban

L’Etat du Grand Liban est proclamé le 1er septembre 1920 par le général Henri Joseph Eugène Gouraud, représentant l’autorité française mandataire sur la Syrie, du haut des marches de la Résidence des Pins à Beyrouth, en présence du Patriarche Maronite, Elias Hoayek à sa droite et le Mufti à sa gauche.

A partir de 1918, les troupes alliées et principalement britanniques occuperont le Mont Liban. Parmi les premières mesures prises par le Général Allenby, le rétablissement du Conseil Représentatif en Octobre 1918. La période de transition sera conduite par le Haut Commissaire François Georges Picot. Les troupes anglaises finiront par se retirer en Octobre 1919, laissant la place aux troupes françaises. Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919 confirmera le Mandat Français du Liban. Cette période sera trouble, alors d’un côté des manifestations nationalistes arabes exigeant le rattachement du Liban au Royaume de Syrie du roi Faysal Ibn Hussein et d’un autre côté, la mise en place d’un Liban indépendant protégé par la France. La Conférence de San Remo attribuera définitivement à la France le Mandat sur le Pays des Cèdres, le 25 avril 1920 et sera ratifiée par la Société des Nations (SDN) le 24 juillet 1922.

Pièce de 2 piastres syriennes et cèdres du Liban, 1924. Collection privée

Le Grand Liban sera proclamé le 1er septembre 1920.

Trois Haut Commissaires militaires lui succèderont

  • Le Général Henri Gouraud (1919 à 1922) qui imposera le Mandat Français en Syrie et proclamera le Grand Liban le 1er Septembre 1920.
  • Le Général Maxime Weygand en 1923, contesté par les milieux musulmans libanais
  • et le Général Maxime Sarrail qui déclenchera la révolte druze.

Durant leur mission, naitront les principaux organes de ce qui deviendra l’Etat du Liban et notamment le 24 janvier 1924, la Livre Liban-Syrienne.

Suite à l’échec de l’Administration Militaire de la zone, une administration civile sera mise en place à l’initiative d’Henri de Jouvenel, avec pour objectif la Mise en Place de la Constitution Libanaise qui sera rendue officielle le 23 mai 1926. Largement inspirée de la Constitution de la IIIème République Française, tout comme cette dernière, elle limitera les pouvoirs exécutifs du Président de la République. Elle ne sera promulguée que 4 ans après, le 22 mai 1930 et sera la cause d’une grande instabilité au niveau gouvernemental.

pastedGraphic.png

1926, une année cruciale avec la mise en place de la Constitution Libanaise et des premières administrations publiques.

26 Mai 1926: Election de Charles Debbas à la Présidence de la République.

29 Mai 1926: Auguste Bacha Habib constitue le Premier Gouvernement Libanais. Il comptera 7 membres donc 2 Maronites, 1 Sunnite, 1 Chiite, 1 Druze, 1 Grec-orthodoxe et 1 Grec-catholique. Le 29 Mai, également, sera mis en place le Sénat Libanais présidé par Mohammed el Jisr.

Octobre 1926: Est adopté l’Hymne National Libanais.

1927-1933: le début de l’instabilité

Henri Ponsot succède à Henri de Jouvenel le 26 Août 1926. Son arrivé sera marqué par une instabilité politique avec la succession de 6 gouvernements de 1927 à 1933. Il sera à l’origine de la suppression du Sénat en 1927.

5 mai 1927: Premier gouvernement de Béchara Khoury

5 janvier 1928: Deuxième gouvernement de Béchara Khoury

19 août 1928: Le gouvernement de Habib es Saad est mis en place.

23 Mars 1929: Réélection de Charles Debbas pour 3 ans supplémentaires

8 Mai 1929: Amendement de la Constitution portant le Mandat Présidentiel à 6 années.

10 mai 1929: 3ème gouvernement de Béchara Khoury

12 Octobre 1929: Premier gouvernement d’Emile Eddé

3 février 1930: Décret loi établissant le découpage administratif en 5 Mohafazat (Beyrouth, Mont Liban, Békaa, Sus Liban et Liban Nord) et 18 subdivisions en Caza.

25 mars 1930: Auguste Adib Pacha devient Premier Ministre

Henri Ponsot suspend la Constitution Libanaise alors qu’un Musulman, Mohammed el Jisr, soutenu par des députés Chrétiens, pourrait arriver à la Présidence de la République. Il investit Charles Debbas des pleins pouvoirs.

La Constitution Libanaise sera rétablie d’abord partiellement le 2 janvier 1934 puis totalement le 24 janvier 1937, pour être à nouveau suspendue le 21 septembre 1939 en raison de la Deuxième Guerre Mondiale. Entretemps, des élections générales auront lieu le 20 janvier 1934 et Emile Eddé sera élu Président de la République Libanaise, le 20 janvier 1936.

Le 13 novembre, sera signé le Traité Franco-Libanais qui stipule l’accession à l’Indépendance dans un délai de 3 ans. Ce dernier sera dénoncé par des personnalités sunnites réunies au Congrès dit du Sahel qui réclament le rattachement du Liban à la Syrie. Le texte du Traité stipule une coordination entre les 2 pays sur le plan de la politique étrangère et de la défense tout en établissant les relations diplomatiques. La France s’engage à protéger le Liban et le Pays des Cèdres à accepter la présence de troupes françaises sans limitation de durée ou d’effectif et cela pour les 25 prochaines années.

Des troubles intercommunautaires éclatent à Beyrouth et à Tripoli, ce qui amènera à la naissance des embryons des milices libanaises de la guerre civile de 1975. Il ne sera finalement pas ratifié tant du coté libanais que du coté français.

Ces mouvements seront dissous par le Gouvernement de Kheireddine Ahdab, Premier Premier Ministre Musulman du Liban, sur décision en date du 18 novembre 1937 du Ministre de l’Intérieur, Habib Abi Chahla.

La Livre Libanaise sera créée le 29 mai 1937.

Le Liban dans la tourmente de la Deuxième Guerre Mondiale marche vers son indépendance

Suite à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne Nazi le 1er septembre 1939, Gabriel Puaux, gouverneur français, annonce la suspension de la Constitution le 21 septembre 1939, alors que le Liban est présidé par Emile Eddé. Ce dernier restera chef de l’état et sera accompagné d’un secrétaire d’Etat, Abdallah Bayhum pour l’aider.

Alors que le Maréchal Pétain signera l’Armistice le 22 juin 1940, le Général Mittelhauser, pourtant favorable à la poursuite de la lutte contre le Régime Hitlerien, annoncera la fin des hostilités au Levant le 28 juin. Henri Ferdinand Dentz, nommé par le Régime de Vichy, succède à Gabriel Puaux.

Déjà éprouvé par la Première Guerre Mondiale, la population libanaise craint alors qu’une nouvelle famine ne s’installe alors que les prix des principales matières premières flambent et que les stocks de nourriture s’amenuisent. Des troubles touchent alors Beyrouth et les principales villes du Pays.

Ferdinand Dentz poussera alors Emile Eddé à la démission et le remplacement par Alfred Naccache

 9 avril 1941: Alfred Naccache devient Chef de l’Etat en remplacement du Président de la République Emile Eddé démissionnaire depuis le 4 avril.

8 juin 1941: Les troupes de la France Libre soutenues par les troupes britanniques prennent le contrôle du Liban en réaction à l’utilisation par l’Allemagne d’infrastructures militaires en Syrie et au Liban contre les britanniques basés en Irak. Le Général Catroux aboli le Mandat et proclame l’Indépendance du Liban avant d’être désigné Délégué Général de la France Libre au Levat le 26 juin.

12 Juillet 1941: Le Général Ferdinand Dentz accepte le cessez-le-feu et signera 2 jours après l’armistice.

26 novembre 1941: Alfred Naccache, précédemment chef de l’Etat est proclamé Président de la République.

1941

pastedGraphic_1.png

Les combats entre Forces de la France Libre soutenues par les troupes anglaises contre les hommes restés fidèles au régime de Vichy, tels que présentés par la propagande vichyste.

Le 25 décembre, le Patriarche Arida, devant les délégations de l’ensemble des communautés libanaises appelle à l’indépendance totale du Liban. Le Général Catroux refuse, estimant prématuré cette indépendance tant que dure la IIème Guerre Mondiale. En août 1942, le Général de Gaulle alors en déplacement au Liban dénonce les ingérences étrangères et estime impossible la tenue d’élection législatives tant que durera le conflit.

Le 24 janvier 1943, le Général Catroux rétablie la Constitution Libanaise, nomme Ayoub Tabet nouveau président de la République et décide de l’organisation d’élections législatives dans les 3 prochains mois. Il sera ensuite remplacé par Jean Helleu. Ce dernier démettra Ayoub Tabet pour le remplacer par Petro Trad.

Béchara Khoury, Premier Président du Liban

Un nouveau parlement sera alors élu, qui élira à son tour Béchara Khoury Président de la République Libanaise, le 21 septembre 1943. Cette même chambre annulera les articles constitutions relatifs au Mandat Français le 8 novembre. Le gouverneur Helleu réplique en arrêtant les dirigeants libanais dont le président de la République Béchara Khoury et du Premier Ministre Riad el Solh et des membres du gouvernement. Ils seront transférés à la citadelle de Rachaya.

pastedGraphic_2.png

Toujours le 11 novembre, 7 parlementaires (Maroun Kanaan, député du Liban Sud; Henri Pharaon, député de la Béqaa; Saadi Mounia, député du Liban Nord; Mohamad al-Fadi, député du Liban Sud; Saeb Salam, député de Beyrouth; Rachid Beydoun, député du Liban Sud; Sabri Hamadé, président de la Chambre et Khalil Takieddine, secrétaire général du Parlement) s’introduisent dans le parlement en dépit d’un blocus des Forces de l’Ordre et adoptent le drapeau Libanais.

Le Président de la République et son gouvernement ne seront libérés que le 22 novembre suite à un ultimatum britannique en leur faveur. C’est à cette date qu’on célébrera désormais l’Indépendance du Liban.

Suite à cette crise, le Général Beynet, qui remplace Jean Helleu désavoué, rendra au Gouvernement Libanais la plupart de ses attributions. Le 20 décembre 1943, seront remis les administrations et les services d’intérêts communs. Le Président de la République Béchara Khoury, soucieux de marquer la fin du Mandat Français créera les ministères des Affaires Etrangères et de la Défense et fera adhérer le Pays des Cèdres à la Ligue Arabe en octobre 1944 comme membre fondateur.

Le Président Béchara Khoury remettant au Général Fouad Chéhab le drapeau libanais

Le 1er août 1945, sera créée l’Armée Libanaise placée sous le commandement du Général Fouad Chéhab et qui reprend les traditions des troupes du Levant.

Le traité franco-britannique du 13 décembre 1945 décide du départ des troupes françaises et britanniques du Liban. Les dernières troupes quittent Beyrouth le 7 avril 1946. Ainsi s’achèvent, par plusieurs événements dramatiques, le mandat et la présence française au Liban et débute l’indépendance du Liban.

François el Bacha

Haidar rencontrera Cristiano Ronaldo

C’est suite à cette campagne entamée sur les réseaux sociaux et notamment Twitter par Rana Harbi que le petit Haidar réalisera son rêve et rencontrera la Star du Real de Madrid, Cristiano Ronaldo. Haidar, devenu orphelin suite au double attentat qui a été revendiqué par le groupe terroriste Daech et qui a visé le quartier de Barajeneh, dans la banlieue Sud de Beyrouth, le 12 novembre dernier, se trouvait alors dans la voiture de ses parents.

Suite à la double explosion des 2 kamikazes, l’enfant avait été retrouvé hébété sur les lieux, avec quelques blessures qui semblent être légères, tout juste indiquant que ses parents se trouvaient encore dans la voiture.

Capture d’écran 2015-11-19 à 10.24.30

Devenue virale le hashtag #CristianoMeetHaidar traduisible comme Cristiano rencontre Haidar, est rapidement monté dans les tendances mondiales. Cette demande est alors parvenue grâce aux utilisateurs de Twitter jusqu’au club de football espagnol et à sa star, qui organiseront le voyage dès que cela sera possible.

Pour rappel, ce double attentat qui s’est déroulé le jour précédent les attentat de Paris et depuis revendiqué par Daech avait fait 43 morts et plus de 200 blessés.

//platform.twitter.com/widgets.js

Pour une union sacrée face à Daech

charles-de-gaulle

On apprend ce matin que le Charles De Gaulle sera déployé au large du Liban et de la Syrie au lieu du Golfe Persique et cette nouvelle préfigure peut être un changement radical de la politique étrangère française concernant la Syrie et la mise en place une alliance globale contre le groupe terroriste Daech, comme le demandent nombreux en France, tant au niveau de la classe politique aussi bien de droite ou de gauche que parmi la population, cette grande coalition qu’appelait à former hier le Président Français François Hollande devant le Congrès exceptionnellement réuni à Versailles. La France a été frappée au coeur de sa capitale, Paris, la Russie a également été blessée dans sa chair et vient de confirmer aujourd’hui que l’avion du Sinaï a été victime d’un attentat à la bombe, la Syrie subit ces terroristes depuis de nombreuses années, l’Irak également.

Cela amène à plusieurs scénarios possibles dans l’optique des opérations de représailles contre Daech suite aux attentats ayant visés Paris ce vendredi 13 novembre et qui ont fait 129 morts, alors que du coté russe, Poutine annonce une intensification des frappes par les bombardiers basés à Latakieh contre cette même organisation.

  •  un possible passage par la Turquie des avions de combats, chose improbable, il s’agit du chemin le plus long, hors le déploiement en zone méditerranéenne intervient justement pour raccourcir les distances;
  • une possible confrontation avec les Russes déployés à Latakieh ou avec les Syriens. Ce scénario est aujourd’hui également improbable;
  • un possible retournement d’alliance et une coopération avec les russes et les syriens contre Daech comme le réclame de nombreux hommes politiques français de droite comme Francois Fillon et de gauche comme Mélanchon. Ce scénario semble être le plus probable à l’heure actuelle et la venue du vaisseau amiral de la Royale semble confirmer ce retournement d’alliance qui devient globale contre ce terrorisme. 

Le Liban connait le régime syrien et en a souffert, certes, mais il connait également ce que peuvent endurer les minorités dont il a toujours été le refuge dans la région. Il y a pire que le régime syrien, il s’agit du fondamentalisme religieux, déjà coupable des différents massacres qui ont jalonné l’Histoire du Moyen-Orient. On se souviendra des massacres de 1861, de la 1ère guerre mondiale ou le tiers de la population libanaise est morte, alors que les arméniens et les minorités religieuses chrétiennes disparaissaient dans les déserts syriens, etc… Oui pire que le régime syrien existe et les libanais le savent bien. Non le régime syrien n’a pas favorisé Daech, ce monstre appelé « Daech » trouve ses racines dans une perspective historique plus ancienne que le régime syrien dont l’affaiblissement mais également les guerres occidentales contre l’Irak ou l’échec de la paix entre Palestinien et Israélien ont favorisé l’essor comme un cancer.

Ces pseudo-spécialistes qui réfutent cette vision de la région ne sont donc pas sans savoir que de nombreuses erreurs ont été commises, aussi bien en Syrie qu’en Occident dans la manière de gérer le dossier du Moyen-Orient. Ils démontrent cette mauvaise foi et dévoilent les intérêts dont ils faisaient écho, celui de l’instabilité et de la guerre.

Il fallait favoriser une transition démocratique et non la guerre et cette transition ne pouvait être qu’à long terme en coopération avec le régime actuel pour ne pas recommencer cette même erreur commise en Irak, cette erreur qui a favorisé l’essor de Daech. Ce qui n’admettent pas cette perspective historique n’ont rien compris même quand ils s’intitulent en Europe ou ailleurs, spécialistes de la région. Ce n’est pas en étant de passage qu’on s’imprègne de la complexité du Moyen-Orient.

Toujours est-il que le Liban également endeuillé par l’attaque ce jeudi 12 novembre de sa banlieue Sud par cette même organisation terroriste devrait proposer la mise à disposition de ses bases militaires dont ses bases aériennes. Cette proposition, en cas de coopération avec les russes et les syriens ne devrait pas engendrée un veto de partis libanais, puisque le Hezbollah est également une cible des terroristes de Daech. La preuve en est d’autant plus forte que l’attentat de Bourj Barajneh a été un rare témoignage d’une quasi-unanimité de la population qui n’était  plus chiite, sunnite ou chrétienne mais libanaise, dénonçant à l’unisson l’acte terroriste. C’est cette union nationale qui nous a tant de fois fait défaut que nous nous devons de cultiver aujourd’hui pour bâtir une Nation.

Déjà avant les 2 attentats terroristes, on évoquait la mode à disposition de la base de Hamat située à proximité de Batroun et ou devait être basée une partie des équipements militaires de fabrication française destinés à l’Armée Libanaise. On pourrait aussi en profiter pour remettre à niveau avec l’aide française, les installations de Riyak et de Kleyat. Un autre avantage par rapport à cette coopération, les unités de l’armée française pourraient mener avec l’accord du gouvernement libanais des opérations pour libérer nos militaires enlevés par ces sauvages et leurs alliés et sécuriser nos frontières. Ils en ont les moyens et nous cette volonté.

C’est l’heure de l’union sacrée qui doit prévaloir contre ces barbares, ces Attila des temps modernes qui pratiquent la destruction de la civilisation et la politique de la terre brûlée et tous les moyens sont bons pour s’en débarrasser. Le reste, les polémiques inutiles à l’heure actuelle, peuvent attendre. 

François el Bacha

Je suis à Beyrouth, je suis contre le Safety Check

Attentats-5-millions-de-personnes-ont-utilise-Safety-Check-Up-sur-Facebook
Je suis à Beyrouth, je suis contre le Safety Check à Beyrouth comme le demandent certains
Il serait toujours ON, on est déjà suffisamment en face de stress et traumatisé par notre quotidien pour qu’en plus on reçoive des notifications, et qu’on s’inquiète d’être sans nouvelles de proches. La vie quotidienne apporte déjà son lot de stress, avec les incidents sécuritaires, les fusillades quotidiennes, les catastrophes sanitaires comme la crise des ordures. Fils de chirurgien de la guerre civile, j’ai fréquenté les urgences d’hôpitaux pour pouvoir voir mon père. Je connais la situation, je connais le sang, son odeur désagréable depuis ma plus tendre enfance. Je connais l’odeur de la poudre, je connais l’attente insurmontable et le stress d’être sans nouvelle de ses proches parce que je l’ai vécu. Heureusement mes proches mêmes touchés dans leurs chairs étaient en vie. Je connais et je suis toujours touché par ses traumatismes de mon enfance. Et pourtant je refuse ce nouvel outil. 
Est-ce réellement un acte de solidarité que de savoir qui est encore manquant sur sa liste d’amis? Est-ce que le réseau social n’a pas trop tendance à prendre le pas sur notre coté social de la vie réelle? Est-ce que commenter sur un profil Facebook n’empêchera-t-il pas de se rendre au chevet de la victime ou encore aux funérailles de cette dernière dans le cas le plus grave. 
L’attentat commis à Bourj El-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, et considéré comme fief du Hezbollah, a fait 43 morts jeudi 12 novembre, n’ait pas déclenché la même réprobation internationale que les attaques commises vingt-quatre heures plus tard à Paris et qui ont fait elles, plus de 129 morts et 200 blessés selon le dernier bilan. Les 2 attaques ont été revendiqués par la même organisation, celle de Daech. Mais nous payons aussi le prix de l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires libanaises, cette ingérence qui paralyse nos institutions et qui nous refuse le droit à nous défendre. Je ne suis pas contre montrer ma solidarité avec les victimes et je dénonce plus fort encore l’absence d’un drapeau national libanais sur le profil.
On s’en ait passé depuis longtemps, depuis 1975 et on s’en est bien sorti ou du moins relativement bien sorti. Facebook n’existait pas encore. Evidemment les progrès technologiques sont là et présents et il faut se mettre à jour. Evidemment il faut définir les paramètres pour le mettre On ou Off, mais déjà cela ouvre des discussions morbides, comme celles de savoir à partir de quelle gravité faut-il commencer à mettre en place ce service, ou encore combien de morts sont-ils nécessaires? Si ce n’est pas le Liban ferait-on pareil pour la Palestine, la Syrie, l’Irak ou le Yémen ou les connexions internet sont quasi inexistantes et les massacres quasi quotidiens. 
La compassion aussi, est-elle sélective dans un cas, s’il s’agit d’un quartier comme Dahieh comme le suggèrent quelques uns, une minorité, certes mais une minorité raciste qui estime qu’il s’agissait de civils « combattants du Hezbollah », ou d’un quartier comme Ashrafieh? Ne verrait-on pas plutôt certains être content qu’un tel ou qu’un autre soit mort, à tirer des coups de feu « joyeusement » pour célébrer comme on en a parfois l’habitude?
Peut-être même au pire, les responsables de ces attaques si elles ont échoué à atteindre les cibles réelles  ne pourraient-elles pas décider de recommencer après en avoir été informés « par une notification » sur Facebook.
Et pour nos proches qui ne sont pas sur Facebook? Que feriez-vous? Est-ce que ne pas être membre de Facebook équivaut à dire être citoyen qui ne compte pas?
Cette polémique n’a pas lieu d’être, elle ne fait que démontrer que le réseau social n’est pas un réseau social mais abouti à une désacralisation des relations sociales qu’il tend à remplacer. Connaitrons-nous alors aussi des assassinats virtuels?
Pitié, épargniez-nous ces discussions stériles, ce débat qui n’a pas lieu d’être, ce stress supplémentaire qu’on n’a pas à subir… Contrairement à ce qu’on pense quand on voit les fêtards libanais en boite de nuit après une attaque, nous ne sommes pas tous indifférents, bien au contraire, à la détresse humaine que nous vivons quotidiennement.
François el Bacha

Emotion à l’Ambassade de France à Beyrouth, ville doublement endeuillée

Source: Compte Twitter de l'Ambassade de France au Liban @AmbaFranceLiban

Source: Compte Twitter de l’Ambassade de France au Liban @AmbaFranceLiban

La signature du registre des condoléances s’est ouverte à l’Ambassade de France à Beyrouth, ville doublement endeuillée avec la mort de 43 personnes dans la banlieue Sud de Beyrouth ce jeudi d’une part et l’attentat ayant visé la capitale française ce vendredi 13 novembre avec le décès de 129 personnes dans les différentes attaques d’autre part. Ces 2 attaques à un jour d’intervalle ont été depuis revendiquées par le groupe terroriste Daech.

Capture d’écran 2015-11-16 à 16.07.12

L’Ambassadeur de France au Liban, son excellence Emmanuel Bonne, a remercié la population libanaise et les ressortissants français expatriés pour leur présence lors de la minute de silence qui s’est déroulée aujourd’hui, rue de Damas à Beyrouth

La signature des registres de condoléances se poursuivra jusqu’à demain 17 novembre 2015.

Beyrouth-Paris, un deuil partagé…

Scènes de guerre à Paris, l’Armée est dans la rue, elle patrouille, traque des terroristes. Paris ressemble désormais à Beyrouth, douleurs pour nous binationaux ou amoureux des deux pays, le dernier havre de notre sécurité se voit touché dans son cœur. Le Moyen-Orient se trouve pourtant à 3000 kilomètres de là mais aujourd’hui, il est si proche. Les mêmes scènes, les mêmes causes aboutissent aux mêmes effets, l’odeur de la poudre, le deuil. A un jour d’écart, Beyrouth Jeudi, Paris Vendredi, mes deux nations de sang sont en deuil. Interloqué et hébété à l’annonce de ces nouvelles.

En effet, étrange idée que de voir son refuge à son tour touché, personne en fin de compte n’est à l’abri du pire, le Monde est devenu global, hyper connecté, la terreur aussi… la solidarité également comme on peut le constater sur les réseaux sociaux, où s’affichent les images de divers monuments qui revêtent les couleurs françaises. Quand je vais en France, c’est pour me déconnecter du stress libanais, j’évite même de fréquenter la communauté libanaise parisienne mis à part quelques amis très proches que j’informe de ma venue. Aujourd’hui, ce refuge saigne. On est hébété de l’apprendre, on ne sait pas penser, on a l’impression d’être dans un anachronisme ou encore pas bien réveillé.

Ils visaient des gens innocents, qui ne sont en aucune manière liés aux conflits, aux idéologies. Ils visaient à instituer la terreur, à empêcher les gens de vivre. Ils visaient des passants, des clients de restaurants, des spectateurs d’un concert ou d’un match de football, ils visaient des gens qui vivent leurs vies. Ils visaient le partage, le bonheur d’être ensemble ou simplement de vivre, chose qu’on connait bien à Beyrouth

Une image saisissante est de voir, les spectateurs du match de foot, Français et Allemands, à qui on a, à peine, communiqué la nouvelle de l’attentat, entonner ensemble la Marseillaise.

Parce que c’est cela l’objectif au final de ces terroristes qui ont choisi de semer la mort et de se donner la mort. Nuire au bonheur quelqu’il soit. La signature de cet acte de kamikazes est connue, il s’agit de celle de l’Etat Islamique, plus communément appelée Daech, une organisation dénuée d’Humanité et qui se clame d’une religion, qui efface sur son passage, la vie normale et même l’identité culturelle comme le prouvent les destructions des monuments historiques à l’instar de ceux de Palmyre en Syrie.

Etrangement, on m’avait fait part, cette semaine, d’une hausse des mesures de sécurité, notamment au niveau des aéroports, comme si les autorités françaises n’excluaient pas des attaques. Funeste présage aujourd’hui confirmé. Il circulait même dans les médias des scénarios d’attaques possibles comme celui qu’on a connu alors que les autorités françaises minimisaient les actes terroristes en parlant de loup solitaires, de personnes déficientes mentalement, en dépit des témoignages nombreux qui contredisaient ces thèses. Il fallait taire la vérité qu’une organisation terroriste dont l’idéologie et basé sur une doctrine religieuse exportée par des « amis de la France », à savoir la doctrine Wahhabite et Salafiste sponsorisée par l’Arabie Saoudite et le Qatar entre autre, nos soit disants alliés qui soutiennent Daech en Syrie, hier directement mais aujourd’hui indirectement, soit coupable de ces crimes.

C’était presque inviter les terroristes en herbe justement à les commettre. Peut-être d’inviter également la population à la vigilance aurait pu amoindrir le bilan lourd de ces attaques avec plus de 140 morts et ces nombreuses victimes.

Plus de 500 djihadistes français en Syrie et combien d’autres encore ou de retour en France? On discutait du sexe des anges au niveau du ministère de la Justice pour savoir s’il fallait, oui ou non, les retenir en France, les interner à leur retour de Syrie et ainsi de suite. Il semblerait que l’intérêt supérieur de la Nation, celui de prévenir de tels actes, lui, n’a pas été retenu comme la priorité principale.

Les attentats de Beyrouth ont été marqués par une rare solidarité à quelques exceptions prêts, que cela soit au niveau de la classe politique d’habitude prompte à s’entredéchirer ou au niveau de la société civile. Il n’y avait plus de chiites, premières victimes, de sunnites, de chrétiens mais il y avait des libanais. Les victimes n’avaient plus de religion mais étaient reconnues comme victimes d’un acte ignoble, et d’ailleurs aucun libanais ne s’est associé à cet acte, puisque les kamikazes étaient syriens et palestiniens. Il s’agissait à la fois d’un signe encourageant mais également l’aveux que le reste, ce qui pourrait advenir pourrait être encore pire. Daech est aux portes du Liban, Daech est dans notre territoire, Daech gangrène certaines de nos zones, Daech retient des militaires libanais, notamment à Aarsal. Et la France refuse de nous donner les armes pourtant financées par l’Arabie Saoudite pour nous défendre.

Comment gérer ce stress qu’on connait bien au Liban. Certains ont choisi une forme de résistance, à continuer à vivre normalement, à ne pas avoir peur, d’autres ont choisi le déni, l’indifférence, enfin d’autres ont opté pour le repli ou l’exil. A plusieurs reprises, des proches ont été meurtris par la guerre jusqu’à dans leurs chairs, à plusieurs reprises, on a échappé de peu à des attaques. Passer à un jour près, à quelques heures près de l’explosion d’une bombe faisait parti du quotidien ici encore il y a peu.

Lors de mon dernier séjour en France, une personne proche m’avait invité à revenir m’y installer, prétextant que de toute façon tout allait mal au Liban, un non pays qu’il fallait à tout prix quitter. C’était également mal me connaitre, la bataille contre le terrorisme commence pour moi personnellement au Liban. Il ne s’agit plus de fuir, il s’agit de faire face à ce destin et à combattre ces menaces, chacun à sa manière, parfois par la normalité de la vie même.

La France était mon havre, ma zone de repli tactique avant de m’attaquer à nouveau au quotidien tel qu’on le connait au Liban. Il semblerait que cette zone de repli tactique soit désormais compromise. Plus rien ne peut être pareil… C’est un peu ce que cherchaient à commettre au final ces individus malades. Pour autant, faudrait-il que je change cette habitude?

Certainement que le fait de ne pas choisir de diffuser, en France, les images crues qu’on a l’habitude de voir sur les écrans libanais, ces images d’intestins, de têtes coupées, de reins, d’organes humains éparpillés sur les trottoirs après chaque attaque est bénéfique. Elle amoindrie le choc psychologique collectif pour des personnes qui n’y seraient pas habituées. Sommes-nous pour autant habitués à la terreur au Liban? Cette question n’a pas de réponse au final, cela fait 40 ans que cela dure ici, on nait avec, on vit avec, on meurt parfois avec. Et aujourd’hui cette question n’aura pas de réponse en France, parce que cette terreur est désormais mondiale.

François el Bacha

Le Liban aurait finalisé l’achat de 6 avions d’attaque au sol

AIR_Super_Tucanos_Formation_lg

Le Liban aurait finalisé l’achat de 6 avions d’attaque au sol de type A-29 Tucano, en marge du Dubai Air Show, indique la compagnie brésilienne Embraer Defense System ce lundi.

Le contrat signé comprendrait également un soutien logistique et l’entraînement du personnel au sol et des pilotes de l’Armée Libanaise. Les avions destinés au Liban seraient équipés de pylônes pouvant emporter des munitions de précision ou non guidées dont des bombes à guidage laser SMKB de conception brésilienne ou des GBU-49 de fabrication américaine, ainsi que de divers dispositifs de contremesures électroniques. La livraison devrait intervenir avant le 31 juillet 2019. Ils rejoindraient alors les 3 derniers Hawker Hunters toujours en opération au sein de l’Armée Libanaise et entreraient en opération depuis la base de Hamat qui est actuellement en réfection.

Selon Embraer Defense System, l’avion de type A-29 Tucano est un avion à turbopropulseur conçu pour l’attaque légère, la lutte anti-guérilla et les missions de formation des pilotes, intégrant avionique et systèmes d’armes modernes et peut opérer depuis des terrains sommairement aménagés. Sa vitesse maximale atteindrait 593 km à l’heure pour un rayon d’action de 4820 km et un plafond de 10 670 mètres.

Cette vente sera financée par les autorités américaines suite à l’approbation en juin dernier d’un programme d’aide à l’Armée Libanaise pour un montant de 462 millions de dollars. Le montant de la transaction pour les 6 avions d’attaque n’a pas été pour l’heure précisé. Il pourrait cependant avoisiner les 12 millions de dollars par unité.

Cette aide intervient alors que les groupes terroristes de Daech ne sont plus qu’à 35 km des frontières libanaises et que l’institution militaire est confrontée à la présence de cellules terroristes notamment au niveau de la localité d’Arsal au Nord Est du Pays des Cèdres. Coopérant avec le groupe Al Nosra proche d’Al Qaida, ces derniers avaient brièvement pris le contrôle de la localité en Aout 2014 avant de se retirer suite à l’intervention de l’Armée Libanaise. Selon certaines informations, ces derniers planifiaient des attaques contre des localités chiites et chrétiennes de la Békaa afin d’élargir le conflit syrien et de provoquer un conflit d’ordre confessionnel au Liban.

Par ailleurs, le contrat d’armement franco-saoudien pour un montant de 3 milliards, également destiné à l’armée libanaise, pourrait être prochainement réactivé. Ce dernier comprends la livraison de matériels militaires dont des hélicoptères de combats et de transport, des véhicules blindés et des canons Caesar.