Liban: Mise en garde contre les compagnies de distribution d’eau

Wael Abou Faour, Crédit Photo: NNA

Wael Abou Faour, Crédit Photo: NNA

Au cours d’une conférence conjointe avec le Ministre de l’Industrie Hussein Hajj Hassan, le Ministre de la Santé Wael Abou Faour a mis en garde plus de 800 entreprises de distribution d’eau leur accordant un ultimatum de 6 semaines pour respecter les critères requis en terme de sécurité.

Selon Wael Abou Faour, la majorité des eaux examinées comporterait des risques sanitaires à la population. Son homologue Hussein Hajj Hassan a, de son côté, demandé à ce que ces mêmes entreprises puissent être en règle avec l’administration publique, notamment en s’enregistrant auprès des autorités.

Pour rappel, le Ministre de la Santé a débuté depuis le 11 novembre 2014, une campagne publique contre de nombreux restaurants et la chaine alimentaire accusée de ne pas respecter les normes locales notamment en terme de sécurité alimentaire. Il semblerait donc que Wael Abou Faour élargisse aujourd’hui ses actions aux boissons.

Le Mercredi en Image: Une photo inédite de Kornet Saouda

Après le succès de notre précédente série de photographies prises à l’occasion d’une randonnée vers le pic de Kornet Sawda, le véritable plus haut sommet de la chaine montagneuse du Mont Liban, nous vous offrons comme chaque mercredi, une photographie inédite d’une véritable scène pastorale. Bon Mercredi
(Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.)

Scènes pastorales, Kornet Sawda, Nord Liban. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

Scènes pastorales, Kornet Sawda, Nord Liban. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

Liban/Crise des ordures: Forcing des autorités pour faire accepter le plan Chehayeb

Le Ministre de l'Agriculture à l'origine du Plan, Akram Chéhayeb. Crédit Photo NNA

Le Ministre de l’Agriculture à l’origine du Plan, Akram Chéhayeb. Crédit Photo NNA

C’est un véritable forcing des autorités libanaises pour faire accepter le plan Chehayeb aujourd’hui, que le Ministre de l’Agriculture décrit comme étant « le plan de la dernière chance » pour résoudre la crise des ordures par laquelle le Liban passe depuis la fermeture de la décharge de Naameh, au sud de la capitale, Beyrouth, le 17 juillet dernier.

Les Autorités montent au Front pour faire accepter le Plan Chehayeb

Le Premier Ministre Libanais Tamam Salam a salué les demandes des activistes anti ordures tout en mettant en garde contre des tentative de créer une situation insurrectionnelle au pays des Cèdres, garantissant le droit à manifester notamment à l’encontre de la mauvaise gestion des administrations publiques et la corruption.

Il a mis en garde les contestataires du plan Chéhayeb contre une instrumentalisation par des partis politiques. Il a part ailleurs dénoncé la paralysie des institutions politiques, Présidence, Gouvernement et Parlement, estimant par ailleurs que tous les partis sont responsables de la crise que traverse le Liban en raison de leurs différents et leurs intérêts divergents.

Le Président de la Chambre Nabih Berry a apporté son soutien à la mise en oeuvre de ce plan, « par tous les moyens possibles » estimant que le Pays des Cèdres est également « une décharge politique », désignant ainsi les partis qui y sont opposés.

Autre soutien à la mise en place du plan Chéhayeb, le député druze Walid Joumblatt, qui le décrit comme seule solution pratique dans les colonnes du journal As Safir avant de dénoncer les activistes issus de la société civile. Le parlementaire s’en est également pris aux manifestations « contreproductives » selon lui.

Akram Chehayeb prêt à dialoguer et à coopérer avec les représentants de la Société Civile

Au cours d’une réunion d’une Commission Parlementaire consacrée aux problèmes environnementaux, le Ministre de l’Agriculture à l’origine de ce plan a indiqué être prêt à prendre en compte les remarques et les objections environnementales et techniques tant des représentants de la société civile que des spécialistes de la question, seule manière selon lui à garantir un partenariat permettant la réussite de sa mise en oeuvre.

Akram Chéhayeb a également salué l’action populaire qui a obligé à la mise en place de ce plan estimant cependant normal les inquiétudes des riverains des futures décharges normalement temporaires et qui pourraient être définitives.

Il passera aux actes ce lundi en recevant les activités du collectif Eco Movement et un autre mouvement ce mardi. La réunion a été qualifiée de positive.

Pour rappel, le plan Chéhayeb consiste à la réouverture des décharges de Naameh pour une semaine et Bourj Hammoud pour une année, alors que de nouvelles déchetteries, l’une à Srar au Akkar et l’autre à Masnaa dans la Békaa devraient être aménagées.

A l’annonce de ce plan, les riverains de ces zones d’implantation des ordures ont manifesté.

Le Ministre des Travaux Public également inquiet par l’amoncellement des ordures sur les routes

Largement critiqué l’année dernière suite à la fermeture de différentes axes routiers vitaux au Liban en raison des inondations suite aux premières pluies, le Ministre des Travaux Public Ghazi Zoaiter a pris les devants cette année et appelé les municipalités à retirer les ordures présentes sur les bas-cotés des routes et qui pourraient empêcher le bon écoulement.

En Image: le plus haut sommet du Liban, Kornet Sawda

Après une semaine, disons-voir, étouffante, il convient de prendre une grande bouffée d’air et pourquoi pas en nous rendant au plus haut sommet du Liban, à savoir Kornet Sawda, une récompense achevée après une randonnée de 22 km à pied. Certains choisiront de s’y rendre en tout terrain ou en quad, mais cela reste déconseillé si vous voulez vraiment apprécier une balade qui vous permettra vraiment de vous dépasser. Il vous fera pour cela une moyenne de 6 heures pour l’atteindre, à une cadence de 5 km/h, une marche rapide… 3 litres d’eau et bien se protéger contre les coups de soleil!

Situé à 3088 mètres d’attitude, dans le Caza de Bcharreh, au Nord, il s’agit du plus haut sommet du Liban mais également du Proche Orient, si on fait exception des sommets présents en Turquie. Les lieux sont également nommés dans l’Ancien Evangile, comme étant l’emplacement ou Noah aurait planté un arbre sacré suite au déluge.

Par temps clair, on découvrira d’abord depuis ces hauteurs, la région de la forêt des cèdres qui fait actuellement l’objet d’un programme de reboisement dont on peut voir l’ampleur et également la vallée sainte de Qadisha. Nous nous engagerons ensuite dans un nouveau haut plateau à l’allure désertique, fait de vallons et de petites montées, ces lieux restent cependant habités en cette saison par des nomades et leurs troupeaux. On peut être ainsi charmé par de véritables scènes pastorales de bergers, avec leurs montures, leurs chiens de garde et leurs moutons. Depuis le sommet, on pourra apercevoir un panorama s’étendant de la villes de Homs en Syrie jusqu’aux monts Trodos à Chypre.

En cette saison d’été, les lieux sont avant tout d’allure désertique. Les températures baisseront cependant rapidement à partir de cet automne, pour atteindre jusqu’à -22,7 degrés Celsius en hiver. La zone sera alors recouverts de 3 mètres jusqu’à 16 mètres de neiges. C’est à partir de ces neiges, que se formeront les sources tant de la vallée sainte de Qadisha qui s’écouleront vers le littoral que du fleuve dit rebelle de l’Oronte dans la Békaa. Parfois au détour d’un chemin, vous verrez surgir un aigle, véritable seigneur de ses hauteurs.

Voir le trajet enregistré par GPS de la randonnée de notre collaborateur François el Bacha sur Garmin Adventure et effectué avec Dale Corazon.

Liban / Crise des Ordures: Une solution pas vraiment de sortie de crise

Les ordures d'Ashrafieh, quartier de la capitale libanaise. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Les ordures d’Ashrafieh, quartier de la capitale libanaise. Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

C’est en dépit d’une véritable tempête de sable, que plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés au centre ville de Beyrouth ce mercredi 9 septembre, à l’appel du collectif #YouStink, « Vous Puez », qui a entamé son action suite à la fermeture de la déchetterie de Naameh le 17 juillet dernier. Cette fermeture avait entrainé une accumulation des ordures dans la capitale libanaise et le Mont Liban. Le collectif YouStink avait élargi ses revendications à la démission du ministre de l’Environnement Mohammed Machnouk et à la lutte contre la corruption, gangrénant le système politique et administratif du Liban.

Suite à l’échec de l’appel d’offre à la fin annulé en raison des prix importants réclamés par les sociétés candidates à la reprise du ramassage des ordures des 6 régions libanaises, le Premier Ministre Tamam Salam a constitué un nouveau comité interministériel en charge du dossier et présidé par le Ministre de l’Agriculture Akram Chehayeb qui a remis cette semaine ses conclusions. Cependant, le plan présenté par ce dernier ne semble satisfaire de nombreuses parties prenantes au dossier.

Au programme Chéhayed… la réouverture des déchetteries de Naameh … et de Bourj Hammoud

Une vue satellite de la décharge de Bourj Hammoud

Une vue satellite de la décharge de Bourj Hammoud

A l’issue d’une session du cabinet boycottée par les Ministres du Courant Patriotique Libre Gébran Bassil et du Hezbollah Mohammed Fneish, le Ministre de l’Agriculture a décidé de la réouverture des déchetterie de Naameh pour 7 jours, à l’origine de la crise et de la décharge de Bourj Hammoud qui avait fermée en 1997 suite à de nombreux problèmes environnementaux. Cette décharge, ainsi que les autres situées au littoral, contreviennent pourtant aux conventions internationales dont le Liban est signataire, ce qui pourrait entrainer un problème juridique à la mise en place des décisions du gouvernement libanais en cas de plainte auprès des autorités internationales, une première pour notre pays.

A également été décidé de l’ouverture de nouvelles décharges pour une durée de 2 ans, à Srar, dans la région du Nord Liban, dans le Akkar et dans la localité de Masnaa, dans la Békaa, à la frontière Syro-Libanaise. L’ouverture de ces 2 déchetteries sera accompagné d’un plan d’aide au développement de ces régions pour un montant respectif de 100 millions de dollars pour le Akkar et la Békaa.

L’ouverture de ces nouvelles décharges devrait être cependant accompagné de nouvelles mesures en faveur de la mise en place d’un plan de recyclage des déchets.

Notre dossier: La décharge de Bourj Hammoud, du déjà vu et un grand retour … en arrière

Un rejet du Plan, tant par le collectif YouStink que par les autorités locales

Ce plan a cependant suscité de nouvelles critiques, les activistes ont repris la rue, estimant que les mesures présentées ne sont pas conformes à leurs demandes, dénonçant notamment la réouverture de la déchetterie de Naameh, et le manque de transparence concernant le transfert des compétences dans le ramassage des ordures aux municipalités.

Tant au Akkar qu’à Naameh, les activistes locaux manifestent également contre le projet. A Naameh, le conseil municipal a réitéré  son rejet de la réouverture « même pour une heure » de la déchetterie, menaçant d’incendier tout véhicule y transportant des ordures.

Au Akkar, les habitants – qui ont organisé une manifestation pacifique – rejettent également le plan présenté par le Ministre de l’Agriculture, et ont appelé à une manifestation massive des habitants de la région ce samedi.

Dans la Békaa, les habitants de Majdel Aanjar ont également organisé une première manifestation contre le projet, appelant les députés de la région à démissionner. Ils déclarent catégoriquement refuser la mise en place de cette décharge dans une localité décrite comme la porte d’entrée des Pays Arabes au Pays des Cèdres.

A Saida, le plan Chehayed prévoit d’utiliser l’usine de triage et de traitement mis en place depuis quelques années pour traiter la décharge sauvage située sur la côte, les activistes indiquent également catégoriquement refuser l’envoi des déchets des autres régions.

Egalement sont attendues, les réactions des habitants de la capitale et de sa banlieue nord en raison du projet de réouverture de la décharge de Bourj Hammoud fermée en 1997…

Il est donc attendu que ce plan amène donc également à l’élargissement de la mobilisation de la population libanaise sur l’ensemble des zones concernées, alors que la mobilisation jusqu’à présent était cantonnée à la seule capitale Beyrouth.

Liban/Crise des ordures: La réouverture de la décharge de Bourj Hammoud, un grand pas en arrière

Une vue satellite de la décharge de Bourj Hammoud

Une vue satellite de la décharge de Bourj Hammoud

Située à l’entrée Nord de la Capitale, la décharge de Bourj Hammoud, véritable désastre écologique, a été fermée suite à l’ouverture de la déchetterie de Naameh en 1997. Aujourd’hui, 18 ans après, les rôles s’inversent, la fermeture de la décharge de Naameh pourrait entrainer la réouverture de la décharge de Bourj Hammoud. L’existence même de cette décharge, ainsi que des autres situées au littoral, contreviennent pourtant aux conventions internationales dont le Liban est signataire.

Une « montagne » de déchets en pleine mer

Capture d’écran 2015-09-11 à 10.22.16Véritable « montagne » d’ordures située sur la côte libanaise d’une superficie de 227 000 mètres carrés pour 40 mètres de hauteur, cette déchetterie a été source de nombreux problèmes, odeurs nauséabondes dans la partie Est de Beyrouth et dans les Banlieues Nord, source de diverses infections – alors qu’elle est située à 200 mètres de quartiers résidentiels de la capitale – , incendies à répétition en raison de la fermentation des déchets – alors qu’on a proximité immédiate des installations de stockage pétrochimiques – , sans compter qu’elle est à l’origine de la pollution de la mer qui touchera même des régions plus éloignées, jusqu’à Tripoli au Nord Liban voir au-delà, disait-on à l’époque.

D’abord à l’origine de nombreuses blagues, certains estimant qu’à force de monter en hauteur, on finira bien par skier sur ses pentes, elle ira finalement jusqu’à susciter des manifestations violentes, les habitants de la localité, s’opposant de manière similaire aux habitants de Naameh aujourd’hui, au transfert d’ordures et obligeant le Gouvernement de l’époque à fermer le site. Il semblerait que les autorités actuelles l’aient oublié.

Un plan de réhabilitation promis … et jamais réalisé

Face à cette situation, le gouvernement libanais a tout juste décidé, non pas de retraité les déchets présents sur les lieux comme à l’image de ce qui s’est passé à la décharge sauvage de Normandie, dans le secteur SOLIDERE mais de la recouvrir d’une couche de terre argilo-sableuse lui donnant un aspect « vert » au printemps, sans pour autant empêcher le glissement des ordures vers la mer depuis.

Pourtant, dès 1995, a été mis en place du plan Linord, qui était l’équivalent de Solidere pour le secteur Nord de Beyrouth. Une société, du même nom à constituer, devait ainsi réhabiliter le secteur de la décharge et être rémunérée sur la base de la vente des terrains gagnés sur la mer. Cependant, cela sera marqué par un échec en raison de l’opposition d’une partie de la classe politique et des lieux qui – contrairement au secteur Solidere – sont plutôt à destination industrielle que commerciale. L’Etat n’a pas depuis repris à sa charge le projet de réhabilitation de la zone, laissée à l’abandon et depuis menacée aujourd’hui d’une reprise du dépôt des ordures… avec tous les désavantages inhérents à son emplacement géographique.

Liban/Crise des ordures: La réouverture de la décharge de Bourj Hammoud, un grand pas en arrière

Une vue satellite de la décharge de Bourj Hammoud

Une vue satellite de la décharge de Bourj Hammoud

Située à l’entrée Nord de la Capitale, la décharge de Bourj Hammoud, véritable désastre écologique, a été fermée suite à l’ouverture de la déchetterie de Naameh en 1997. Aujourd’hui, 18 ans après, les rôles s’inversent, la fermeture de la décharge de Naameh pourrait entrainer la réouverture de la décharge de Bourj Hammoud. L’existence même de cette décharge, ainsi que des autres situées au littoral, contreviennent pourtant aux conventions internationales dont le Liban est signataire.

Une « montagne » de déchets en pleine mer

Capture d’écran 2015-09-11 à 10.22.16Véritable « montagne » d’ordures située sur la côte libanaise d’une superficie de 227 000 mètres carrés pour 40 mètres de hauteur, cette déchetterie a été source de nombreux problèmes, odeurs nauséabondes dans la partie Est de Beyrouth et dans les Banlieues Nord, source de diverses infections – alors qu’elle est située à 200 mètres de quartiers résidentiels de la capitale – , incendies à répétition en raison de la fermentation des déchets – alors qu’on a proximité immédiate des installations de stockage pétrochimiques – , sans compter qu’elle est à l’origine de la pollution de la mer qui touchera même des régions plus éloignées, jusqu’à Tripoli au Nord Liban voir au-delà, disait-on à l’époque.

D’abord à l’origine de nombreuses blagues, certains estimant qu’à force de monter en hauteur, on finira bien par skier sur ses pentes, elle ira finalement jusqu’à susciter des manifestations violentes, les habitants de la localité, s’opposant de manière similaire aux habitants de Naameh aujourd’hui, au transfert d’ordures et obligeant le Gouvernement de l’époque à fermer le site. Il semblerait que les autorités actuelles l’aient oublié.

Un plan de réhabilitation promis … et jamais réalisé

Face à cette situation, le gouvernement libanais a tout juste décidé, non pas de retraité les déchets présents sur les lieux comme à l’image de ce qui s’est passé à la décharge sauvage de Normandie, dans le secteur SOLIDERE mais de la recouvrir d’une couche de terre argilo-sableuse lui donnant un aspect « vert » au printemps, sans pour autant empêcher le glissement des ordures vers la mer depuis.

Pourtant, dès 1995, a été mis en place du plan Linord, qui était l’équivalent de Solidere pour le secteur Nord de Beyrouth. Une société, du même nom à constituer, devait ainsi réhabiliter le secteur de la décharge et être rémunérée sur la base de la vente des terrains gagnés sur la mer. Cependant, cela sera marqué par un échec en raison de l’opposition d’une partie de la classe politique et des lieux qui – contrairement au secteur Solidere – sont plutôt à destination industrielle que commerciale. L’Etat n’a pas depuis repris à sa charge le projet de réhabilitation de la zone, laissée à l’abandon et depuis menacée aujourd’hui d’une reprise du dépôt des ordures… avec tous les désavantages inhérents à son emplacement géographique.

Hollande au Liban le 1er octobre, une présence fort embarrassante au final

François_Hollande_-_Journées_de_Nantes_(2)

Le Président de la République Française a annoncé un déplacement au Liban après l’Assemblée Générale de l’ONU pour y rencontrer les réfugiés syriens et « pour les aider à y rester » peut-on lire. Cette phrase devrait choquer plus d’un libanais alors que le Pays des Cèdres dénombre 1,5 voir même 1,7 millions de migrants, pour une population de seulement 4 millions de personnes et que la France n’a toujours pas livré les armes tant attendues dans le cadre de la donation saoudienne à l’Armée Libanaise. Notre générosité n’a pas être à prouver. Mais il ne faut également pas nous prendre pour des imbéciles.

Le provisoire malheureusement dans le cadre libanais est fait pour durer, l’exemple du déni du droit de retour des réfugiés palestiniens souvent installés depuis 1948 au Liban et qui ont déstabilisé le système politique par la Guerre Fratricide de 1975) 1990 est là pour nous le prouver. « Pour les aider à y rester » peut aboutir à demander l’implantation des réfugiés syriens au Liban? La phrase est grave, le système politique confessionnel ne peut être d’avantage déséquilibré. Nous en avons déjà suffisamment payer le prix dans au cours de notre Histoire.

L’Europe passe, à l’heure actuelle, par une crise migratoire avec seulement 200 000 migrants. Un débat s’installe, certains pays, certaines communes, ne veulent que des réfugiés syriens appartenant à la communauté chrétienne, d’autres ouvrent grande les vannes à toutes et à tous, l’action est certes louable, mieux vaut tard que jamais. Mais, vue de Beyrouth, on est en droit de bien rigoler avec un nombre aussi réduit par rapport à ce qu’on endure depuis des années, et qui ont amené le système infrastructurel à la limite du supportable.

Pression sur la distribution d’électricité et d’eau, qui n’étaient déjà pas efficients avant la crise, pression sur le marché de l’emploi et notamment au niveau des emplois sous-qualifiés entrainant une dégradation des conditions socio-économiques « des indigènes », pression au niveau de certaines municipalités et notamment dans la Békaa ou les réfugiés sont désormais plus nombreux que les natifs et cela ne va pas sans créer des escarmouches qu’on n’évoque plus guère dans les médias. « Pour les aider à y rester », cela passe également par aider les libanais à résoudre les crises que la population subit. Il faudrait déjà donner aux libanais avant même aux réfugiés des droits à avoir de l’électricité, à résoudre la problématique de la distribution d’eau et même des ordures. Voir même inviter nos hommes politiques à être sensibles au gouffre auquel ils nous ont menés et les inviter à respecter la démocratie des urnes, c’est-à-dire à admettre l’organisation d’élections parlementaires à même à redémarrer l’Etat libanais et les légitimité des institutions.

C’est faute d’avoir de ne pas avoir à tant combattu des organisations islamiques comme Daech, ou d’avoir respecté ses engagements – notamment financiers – vis-à-vis de pays comme le Liban, qui depuis 2011, depuis le début de la Guerre Civile Syrienne les accueille, que ces migrants arrivent désormais sur les rivages de l’Union Européenne. C’est faute d’avoir soutenu des Pays généreux comme le Liban qu’avec des mots et non avec des actes que l’Union Européenne passe par cette crise.

Mais François Hollande se déplacera pour les « fixer » à l’ombre des Cèdres. Peut-être devrait-on en inviter plus encore à partir en Europe pour qu’enfin on puisse nous aider aussi. Il ne s’agirait que de rappeler les engagements souscrits par les pays européens à aider le Liban et qu’ils semblent avoir oublié aujourd’hui. C’est également faute de retarder les livraisons d’armes pourtant promises à l’Armée Libanaise, qu’on fini aujourd’hui à craindre le pire pour notre avenir.

L’image du Mercredi, une dernière virée estivale à Tyr

Tyr, Sud Liban – L’été touchera bientôt à sa fin, le 22 septembre s’approche. En ces derniers weekend estivaux, une petite balade à Tyr, voir son Phare, profiter de son soleil, de ses paysages …

Le phare de Tyr, Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Le phare de Tyr, Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Liban/Crise des ordures: Interrogations autour du rôle de l’Etat

Les ordures à proximité immédiate du Fleuve de Beyrouth, source Facebook

La photographie des ordures à proximité immédiate du Fleuve de Beyrouth, source Executive Magazine, circulant de manière virale sur Facebook et les autres réseaux sociaux.

Photo Satellite Google Earth ou l'on voit à proximité immédiate des lieux, l'usine de traitement de Sukomi, filiale de Sukleen.

Photo Satellite Google Earth ou l’on voit à proximité immédiate des lieux, l’usine de traitement de Sukomi, filiale de Sukleen.

Sur une photographie circulant sur les réseaux sociaux, on peut découvrir à proximité immédiate de l’embouchure du Fleuve de Beyrouth, le tas d’ordures que les autorités locales entassent. Le contexte des lieux cependant serait incomplet, si on ne constate pas, qu’à seulement quelques mètres de là, un grand bâtiment blanc, qui est en réalité, une usine de triage et par conséquent, permettant le recyclage des déchets de la capitale libanaise et notamment le compostage des déchets organiques sur d’autres lieux.

Confronté à la structure elle-même de nos déchets, on apprend (source Sweepnet) que nos poubelles dans nos quartiers urbains sont constituées de

  • 50% de déchets organiques,17% de papiers et d’emballages,13% de plastiques, 6% de métaux (aluminum et autre), 4% de verre, 3% de textiles, 2% de bois
  • et 5% de matières – en réalité – ultimes.
Capture d’écran 2015-09-03 à 15.54.52

Source Sweepnet

Ne serait-il pas souhaitable déjà, que l’Etat fort de ses prérogatives souveraines, déclare un état d’urgence sanitaire, lui accordant le droit, non pas d’exproprier mais de réquisitionner les infrastructures nécessaires, ces usines étant déjà construites sur les biens de l’Etat et non sur les biens d’une entreprise privée. Le terrain appartient déjà à l’Etat, il suffit donc de réquisitionner la main-d’oeuvre. Le cadre légal existe donc, pourquoi ne pas alors l’utiliser?

On ne peut que s’interroger sur les raisons empêchant les autorités libanaise de jouir et de faire profiter leurs concitoyens de ses services pourtant immédiatement disponibles même sans décharge stocker les déchets ultimes équivalent à seulement 5% du volume total pour la capitale. S’agit-il de ne pas froisser certains intérêts financiers ou au contraire de permettre à d’autres de récupérer ces biens pourtant publics? S’agit-il d’une incapacité des responsables à même connaitre le dossier? S’agit-il d’un défaut de bonne volonté?

Ne peut-on déjà pas penser à séparer les ordures transformables et recyclables des autres déchets ultimes avant la mise en place de nouvelles déchetteries? Ne devrait-on pas optimiser le système actuel même imparfait en attendant la mise en place d’une solution définitive? Mais surtout, ne devrait-on pas penser que ces infrastructures, dont certaines sont déjà pré-existantes, constituent un point de départ à une politique de valorisation des déchets, politique qui réclame des délais importants à mettre en place parce qu’il faut réfléchir d’un point de vue industriel et construire une filière?

A ces questions, les autorités libanaises semblent ne pas vouloir y répondre, comme à leurs habitudes, perdant un temps précieux alors qu’on n’en dispose malheureusement pas avant la saison des pluies qui s’annonce toute proche…