Beyrouth Ouest et Beyrouth Est à nouveau réunis contre la classe politique

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C’est sous le portrait de feu Gébran Tuéni que sont à nouveau réunis Beyrouth-Ouest et Beyrouth-Est pour manifester ce samedi 29 août, Place des Martyrs, les Libanais et pour dénoncer la classe politique et réclamer les changements institutionnels nécessaires à la réforme de l’Etat, 10 ans après les évènements de 2005 et son tragique assassinat le 12 décembre de cette année. Un clin d’oeil à son héritage, au serment, « Nous jurons par Dieu Tout-Puissant, Chrétiens et Musulmans, de rester unis jusqu’à la fin des temps pour défendre le magnifique Liban « 

N’ayez pas peur de l’avenir, au contraire, nous avions besoin de l’Union sacrée et consacrée hier. Elle nous rassure face aux défis à venir. Certains craignaient des incidents, certes il y en a eu quelques uns du fait d’une minorité d’éléments perturbateurs comme cela est le cas dans toute manifestation de cette importance, les organisateurs évoquant la présence de 100 000 à 200 000 personnes. Ils ont donc eu droit à la vision d’un peuple civilisé en dépit de la crasse, des ordures, au sens propre du terme qui se trouvent dans nos rues et au sens figuré, qui nous ont gouverné, qui paradent encore au Parlement et nous menant jusqu’au réveil qu’on connait aujourd’hui. D’une certaine manière, nous pouvons les remercier pour cette 10 Years Class Reunion, de nous avoir donc accordé la chance de nous réunir à nouveau … 10 ans après.

La Révolution qu’on connait aujourd’hui est la continuité de celle de 2005, qui ne s’est pas achevée par les résultats escomptés et tant espérés. Nous avions été manipulés, on s’est libéré, Notre Révolution nous a été volée par une classe politique avide, qui ne pense non pas à l’intérêt général mais aux siens et on ne s’est pas défendu, candides et naifs qu’on était, on croyait à leurs promesses, on s’est laisser faire, on s’est laissé berné. Nous avons repris hier, sans violence, notre Révolution, loin des couleurs des drapeaux autres que celles qui nous unissent, le Sang des Martyrs, la virginité de nos Montagnes et le Cèdres qui vit en nous pour l’éternité.

Preuve en est donc que le Libanais ne s’est pas assoupi, qu’il continue à espérer et à croire aux réformes et à son Pays, en dépit d’avoir été malmené par la classe politique et les différentes crises qu’on connait depuis 10 ans. On lui a fait croire que rien ne pouvait changer, que rien ne pouvait évoluer, on lui a menti. Il peut changer les choses par sa volonté, il s’est libéré d’une classe politique qui l’a amené à l’avilissement. Mais il ne doit aujourd’hui se tromper, il doit poursuivre son unité en dépit des écueils qui se trouvent en face de lui et rester mobilisé, maintenir la pression et obtenir ces droits. Ce que réclame le Peuple n’est que ce que l’Etat est en devoir de lui accorder, une dignité dans sa vie et sa fierté d’être citoyen de ce Pays.

François el Bacha

Jurassic Liban

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Aujourd’hui est un jour ou on risque d’assister à ce qu’on attendait depuis de nombreuses années. On risque d’assister à une révolution pour l’Etat et non contre l’état, on risque d’assister à une révolution contre le système mafieux qui a gangréné l’état et pour la construction d’un état cohérent et respectueux des droits des situations, des droits les plus basiques, à la sécurité par exemple et non à l’insécurité et la menace d’hommes de main liés à des hommes politiques ou d’affaire, souvenez-vous de l’affaire Tamim, souvenez vous du manque d’électricité, d’eau et souvenez vous des billets passés à l’administration publique à chaque fois que vous devez effectuer des formalités.

Al Chaab Yourid Iskat al Nizam al Mafia mais souhaite l’Etat et il a le droit et le devoir de défendre l’état face aux abus dont il a été témoin durant des années et pour l’amélioration des systèmes étatiques, avec une réforme en profondeur. On a un système ingouvernable sans influences étrangères, on doit réformer le système politique pour que l’Etat soit l’inspiration du peuple et non l’inspiration de demandes étrangères.
Un travail en profondeur débute aujourd’hui , il s’agit de nettoyer les écuries d’Augias d’une crasse accumulée depuis des années, mais le travail en vaut la chandelle.

Au Liban, à la lumière de la crise qui secoue actuellement le pays des Cèdres, on constate que de nombreux observateurs étrangers décrivent le système politique comme étant archaïque, sclérosé, confessionnel, sectaire … menant même le World Economic Forum à conclure que les administrations libanaises sont au 4ème rang mondial des systèmes étatiques les moins efficaces. Un système qui n’évolue pas, qui ne se développe pas, un système préhistorique où les dinosaures de la politique et leurs héritiers continuent à faire la loi au détriment de la loi, à régner. Hors, un système qui n’évolue pas est un système condamné et l’évolution est la clé de la survie face aux nouveaux changements qui s’annoncent.

Un système évacue normalement les tensions socio-économiques soit par des élections soit par des troubles. A défaut d’élections organisées, il y a 2 ans, on a aujourd’hui des troubles, mais il n’est pas trop tard. Le système politique libanais est délégitimisé suite à l’échec à organiser des élections parlementaires depuis 2 ans et l’élection d’un nouveau président ne suffira plus en l’absence d’un nouveau parlement préalablement élu. Un tel scénario aboutira à une fonction présidentielle décrédibilisée pour les 6 années qui viennent et les tensions s’accumuleront encore jusqu’à ce que le système explose à nouveau. La question donc des réformes politiques, sociales et économiques est cruciale et la presse étrangère, notamment américaine ne s’y trompe pas.

Mais est-ce que les politiciens locaux et au-delà le système mafieux qui gravite autour de l’état s’en sont rendus compte et compte-il avoir la volonté de réformer ce système, chose que ces mêmes politiques – pour des intérêts divers mais souvent intéressés – ont totalement refusé ces 10 dernières années. Rien n’est moins certain et dans ce jeu, également le président n’a aucune prérogative constitutionnelle pour devenir soupape de sécurité et sauver la situation. 

Le système est archaïque, même en cas de réussite dans l’organisation d’élections parlementaires, on ne peut être certain que sur le terrain plus éloigné, notamment dans les régions périphériques, les votes n’iraient pas aux féodaux ou aux mafieux locaux. Un parlement libéré est une utopie, certes réalisable mais une utopie tout de même en raison de nombreuses difficultés à mettre en place une alternative à la classe politique traditionnelle même déconnectée des difficultés quotidiennes. En d’autres termes, est-ce que la révolution sociale sera limitée aux grandes villes et à leurs élites sociales ou aussi aux campagnes alentours qui détiennent une large part, sinon une majorité à la chambre. Comment à ce moment là et dans quelles mesures peut-on réformer le système électoral préalablement aux élections?

Les manifestants manifestent contre un système politique mais se trompent aussi d’une certaine manière aussi de cible:
C’est un système mafieux qui a prospéré sur les hommes politiques, les ministres n’étant que des strapontins généralement nommés par des partis pour voter en conseil des ministres et non des ministres d’action qui s’intéressent en réalité à leurs fonctions. La réalité du pouvoir des ministères, au Liban, est dans les mains de hauts-fonctionnaires, quasiment inamovibles depuis 1993, soit depuis 22 ans, souvent même en conflit avec les ministres eux-même comme on a pu le voir ces dernières années au ministère des télécoms ou au ministère de l’intérieur même. Les ministres vont, eux restent, le système ne bouge pas, n’évolue pas, se fige, et ils en sont responsables. Souvent, ces hommes pas vraiment d’état mais d’intérêts, sont liés aux mafias économiques qui bloquent les réformes nécessaires à la bonne marche du Pays.
Il faut faire la révolution pour l’Etat et non contre l’Etat, pour les institutions et non contre les institutions. 

Il faut donc viser la chute du régime des mafias pour renforcer celui de l’état. Il y a un défouloir qui vise les hommes politiques et non les cartels économiques qui empêchent toute réforme et qui ont paralysé l’ascenseur social provoquant l’exil de la matière grise hors du pays. Cela est une erreur qui est actuellement en voie d’être corrigée:
Peut-être que les manifestants, avant même de réclamer la démission du Gouvernement ou des Parlementaires, devraient réclamer la démission des responsables eux-même qui nous ont amené à la situation à laquelle nous nous trouvons actuellement. 

Ce vendredi 28 août, le mouvement #Youstink, prenant peut-être conscience de ces écueils a fini par faire un grand pas vers une révolution sociale:
Les manifestants du collectif ‪#‎Youstink‬, désormais liés à d’autres organisations, elles-mêmes issues de la société civile et qui ont l’exéprience souvent de terrain nécessaire non pas seulement au diagnostic, à l’analyse mais aussi au conseil de ce qui devrait être fait, ont formulé un programme social avec des demandes claires: non seulement s’occuper des ordures mais réformer l’état en profondeur tant au niveau structurel mais également au niveau des services que l’état est pourtant dans l’obligation d’offrir aux citoyens et pour lesquels le Liban manque cependant à son devoir. Services basiques, santé, eau, électricité, état de droit, un coup de pied dans la fourmilière de la mafia qui contrôle en réalité l’état qui nous prive de ces services essentiels pour ses intérêts. La politique est une chose, il faut aussi rechercher les vrais responsables de cette crise, ce système à l’intérieur de l’état qui comme un cancer détruit l’état au profit des mafias. Il faut rendre les hauts fonctionnaires responsables de leurs actes, qu’ils soient redevables du Peuple pour servir le peuple et non des intérêts privés.

Mais surtout, ils arrivent au constat qu’on a pu faire depuis longtemps: Nous vivons dans un système illégitime, un système à rebooter. La seule manière de rebooter un tel système n’est pas d’élire un nouveau président mais de commencer par la base démocratique elle-même, un retour au vote du peuple pour élire ses représentants. Nous sommes dans une République Parlementaire et non Présidentielle, la Légitimité de l’Etat vient du Parlement et non de la fonction suprême dépouillée d’ailleurs de toutes ses prérogatives depuis des années.

Faute de faire ces réformes nécessaires, ce n’est pas à force d’expédiants pour traiter les symptômes qu’on fini par traiter les causes profondes. 

Des révolutions ont eu lieu dans de nombreux pays pour beaucoup moins de raisons qu’on en a au Liban, la résilience de la société par rapport aux besoins primordiaux est étonnante mais la cause en est la rigidité du régime politique en lui-même via des mécanismes constitutionnels plus proches d’une dictature parlementaire qu’autre chose et ne permettant pas l’appel au peuple, une dictature liée à ces organisations constituées d’intérêts privés.

Le problème est qu’à force d’accumuler les tensions, il faudra bien un jour les évacuer ou s’attendre à une explosion. C’est à quoi on assiste aujourd’hui et on ne peut que regretter que cette prise de conscience ne soit que si tardive: où on évolue aujourd’hui en réformant le Liban, où cela sera le chaos. 

François el Bacha

Crise des Ordures: Quand le Liban est la une de journaux américains

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Alors qu’une manifestation qui se promet d’être massive se prépare pour ce samedi 18h à l’appel du mouvement #YouStink, la crise des ordures fait désormais la une de certains journaux américains, qui confirment le constat d’un malaise général de la population face à une problématique qui ne se limite pas au seul ramassage des déchets des rues de Beyrouth et du Mont-Liban.

Problèmes économiques, problèmes sociaux, montée du chômage, pénuries d’électricité et d’eau, difficultés quotidiennes, un ensemble de raisons sont évoquées par la presse internationale pour expliquer le mouvement actuel face à un système politique décrit comme paralysé et empêchant toute réforme en profondeur des institutions.

Un constat d’échec prévisible des manifestations en raison d’un système confessionnel pour le Wall Street Journal

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Matt Bradley et Dana Ballout, dans le Wall Street Journal, estiment, à juste titre, que les demandes des manifestants se sont élargies à l’exigence de réformes politiques et économiques qui se heurtent cependant au système politique confessionnel.

« Même les Libanais qui n’ont pas participé aux manifestations disent que ces dernières contre l’inefficacité et l’incompétence du gouvernement sont justifiées. Les coupures de l’électricité sont devenues chroniques et le pays connait des difficultés économiques en raison de la présence de plus d’un million de réfugiés syriens sur son territoire », peut-on lire dans les colonnes du WSJ sous le titre de « Anger Over Garbage in Lebanon Blossoms into Demands for Reform »

Sur le constat d’un cabinet ministériel non-cohérent et en l’absence d’une opposition capable de renverser le gouvernement, les demandes des protestataires paraissent quasiment impossibles à réaliser, en dépit du soutien du Hezbollah et de ses alliés aux manifestations qui auront lieu ce samedi, à l’appel du collectif #YouStink. Cette manifestation qui pourrait ainsi être la plus importante de cette année selon les auteurs, mettra également les différends entre les mouvements politiques locaux en évidence.  Les organisateurs du collectif indiquent cependant ne pas désirer de démonstrations comme celles des printemps arabes qui pourraient se terminer en une guerre civile ou par une dictature mais la chute d’un système politique confessionnel qui accentue les divisions politiques devenues sectaires.

« Même aux meilleurs jours, le gouvernement composé des 7 principaux partis politiques regroupés en 2 blocs opposés », fonctionnait difficilement, constate le journal, qui poursuit sur la paralysie du parlement libanais, élu depuis 2009 et qui a renouvelé son mandat jusqu’en 2017 en dépit de l’opposition de la population.

Cependant le Wall Street Journal minimise les risques de révolution en raison d’un système politique qualifié de sectaire, un héritage de l’indépendance de 1940 et qui a déjà abouti à la guerre civile de 1975 à 1990. Ce système, indique le journal, survit en dépit d’une large opposition de la population. Des personnes interviewées par les journalistes du quotidien américain se montrent prudentes et indiquent d’ailleurs que la chute du régime politique parait irréalisable, mais que des réformes doivent se faire par l’intermédiaire des institutions et des lois.

Selon le bilan donné par le WSJ, plus de 400 personnes, FSI et manifestants, auraient déjà été blessés lors des manifestations qui ont réuni plusieurs milliers de personnes devant le Grand Sérail, siège du Gouvernement Libanais. Les auteurs de ces incidents ont depuis été déférés devant la justice libanaise.

Interrogé par le Journal, l’analyste politique Firas Maksad indique cependant ne pas croire que le mouvement #YouStink puisse persuader ses sympathisants à voter en dehors de leurs sectes religieuses en raison d’un système archaïque profondément corrompu.

Des témoignages des difficultés socio-économiques dans les colonnes du NYT

Capture d’écran 2015-08-28 à 08.49.38Le New York Times s’appuie de son côté sur des témoignages pour évoquer la profonde crise sociale actuellement en cours au Liban, cela en dépit d’un pays riche en « beautés naturelles, en histoires et en citoyens qui entreprennent ».  Le Pays des Cèdres est décrit comme un état absurde qui ne peut produire suffisamment d’électricité en raison des désaccords entre partis politiques, forçant la population à s’abonner à des générateurs privés, d’un pays riche en eau à faire envier les états voisins mais dont les citoyens sont forcés à être rationnés en raison de l’état lamentable des infrastructures, et la liste est longue. au point où même les réfugiés syriens seraient choqués par le manque d’infrastructures et le laissez-aller des administrations publiques.

Les manifestations deviennent, selon le quotidien, la seule manière pour la population de voir ses demandes être prises en compte, au point où brûler des pneus lors des protestations est devenue une tradition locale.

Mohammed Rizk, 39 ans, diplôme en économie en main, attend ses clients dans l’établissement de restauration rapide qu’il a ouvert. N’arrivant pas à trouver un travail lié à ses compétences, il déclare effectivement que « s’en est assez »  (enough): « Pas d’électricité, on a dit ok, pas d’eau on a dit ok mais les ordures? », estime-t-il, indiquant qu’il se joindrait volontiers aux manifestations s’il pouvait cependant quitter son travail.

Maroun Khoreich, un ancien général de l’Armée Libanaise qui a manifesté ce mardi, note lui que le système actuel, également décrit comme paralysé – le World Economic Forum estimant d’ailleurs que le gouvernement libanais est le 4ème le plus inefficient au monde, indique le journal – est toléré par la population libanaise afin d’éviter une nouvelle guerre civile. L’ancien militaire pense cependant que la jeunesse a raison de protester face aux difficultés sociales et économiques. Lire la suite

Le Mercredi en Image, Douma au Nord Liban

Un brin de nostalgie d’un #Liban Prospère, Heureux, Un Liban authentique. Notre Photographie du Mercredi, nous replonge dans ce Liban qu’on souhaiterait qu’il soit, simple.

Photographie prise par François el Bacha, les souks de #Douma dans le Caza de #Batroun, lieu ou a été notamment tourné "Safar Barlik" avec notamment la diva nationale #Fairouz en 1967 ou plus proche de nous, "Et maintenant, on va où" de Nadine #Labaki en 2010.. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

Photographie prise par François el Bacha, les souks de #Douma dans le Caza de #Batroun, lieu où a été notamment tourné « Safar Barlik » avec la diva nationale #Fairouz en 1967 ; ou plus proche de nous, « Et maintenant, on va où » de Nadine #Labaki en 2010.. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

 

Liban, Erreur 404, page de l’Etat non trouvé

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Le drapeau Libanais flottant sur le bâtiment du Parlement. Crédit Photo François el Bacha, tous droits réservés.

Après un weekend riche en évènements de tout genre, le temps est venu de faire un bilan et il n’est guère brillant de tous les côtés, manifestants, forces de l’ordre ou autorités politiques même. Le Mouvement You Stink, qui a certes réussi à mobiliser et réconcilier le peuple libanais, uni en dépit des fractures politiques – chose qu’on n’a pas vu depuis des années – arrive aujourd’hui face à une impasse et donc un échec.

Certes, le gouvernement a reculé. Certes les autorités ont, bon gré, mal gré, fini par écouter la société civile et ont dû annuler l’appel d’offre pour la passation du marché des ramassages des ordures, mais les questions de fond demeurent.

En dépit d’un échec dans les propositions alternative, ce mouvement a fini par symboliser un raz-le-bol contre un état accusé de tous les mots et cela à raison, face au clientélisme, à la corruption, face à sa paralysie, mais en même temps, ce mouvement manque à proposer des solutions et donc un programme ou une alternative sérieuse à opposer à ces systèmes et à cette paralysie, si ce n’est que la démission du Gouvernement ou du Parlement. Ce sont ces tensions sociales qu’il s’agit d’évacuer et non de trouver des expédients parce qu’il faut faire face aux causes et non aux symptômes qui révèlent un profond mal-être au sein de notre société et cela pour diverses raisons.

Il n’est en fin de compte que la continuité des mouvements entamés par les événements de 2005, mais déjà marqués par l’échec à changer la société. Au lieu d’avoir changer l’ensemble de la classe politique, d’avoir réformé en profondeur la société libanaise et d’avoir permis une progression sociale et économique allant de paire avec la stabilité politique et sécuritaire, la révolution des Cèdres n’a fait en fin de compte que remplacer la tutelle syrienne par la tutelle de leurs anciens hommes de main devenus subitement indépendants et détournant le système à leur profit.

La rébellion de 2005 n’a pas été une révolution parce qu’on n’a pas achevé sa finalité de révolution en provoquant un changement de système politique et/ou de personnes politiques. Aujourd’hui Taymour succède à Walid, comme Saad à Rafic, Samy à Amine et même Gébran à Michel, ceux-la même qui nous avaient dit de rentrer chez nous et qu’ils s’occuperaient désormais déjà de tout. S’il convenait aujourd’hui de faire un bilan de leurs actes, il serait déjà médiocre. Et s’ils reculent aujourd’hui, n’en soyons pas dupe, il ne s’agit que d’un retrait tactique face à notre détermination et cela pour mieux reprendre ensuite la main.

Incapable de faire face aux menaces à nos portes, faut-il rappeler que des milices étrangères impliquées dans la guerre civile syrienne occupent également plus de 400 km^2 de nos territoires du côté d’Arsal, l’Etat se révèle également inapte à faire face aux mafias économiques qui s’imposent à elle, comme en témoignent les prix importants proposés par ces compagnies pour simplement ramasser nos ordures ménagères – il ne s’agit pas de déchets ultimes, industriels ou hospitaliers plus difficiles à transporter et à traiter – et les contrats proposés ne concernent même pas le devenir après ramassage de ces déchets. N’évoquons pas les mafias des moteurs, les mafias des citernes d’eau et celles plus subtiles qui nous subtilisent notre pouvoir d’achat, à savoir celles des agences exclusives, véritables monopoles. 15 familles contrôlent 40% de notre PIB. Ce sont ces mafias qui ont intérêt à conserver un état faible et un système politique non représentatif du peuple. Ce sont ces mafias qu’il faudrait renverser et non les proxies politiques qui n’en sont que les hommes de main au final.

L’exaspération face à l’accumulation des ordures n’est qu’une exaspération « apparente ». De nombreuses autres raisons sont présentes pour symboliser le dégoût du Libanais face à ce système.

Ne nous méprenez pas:

Nous sommes de tout cœur avec les manifestants et la société civile. L’usage de la violence contre la volonté populaire est inacceptable et tout responsable devrait démissionner le cas échéant. Peut-être, le gouvernement démontre sa non-responsabilité et son manque de pouvoir en ne le faisant pas. Peut-être est-ce là le résultat des alternatives qui manquent et cela devrait amener justement à penser aux alternatives. Le gouvernement ne peut démissionner et cela pour plusieurs raisons. Le momentum à réclamer sa démission n’est peut-être pas le bon et cette demande est plus proche des concepts nihilistes et anarchiques en raison de l’absence de solutions proposées que du concept d’un état qu’on doit construire:

Le gouvernement ne peut pas démissionner parce qu’il ne s’agit en fin de compte que de la dernière autorité qui soit encore légitime au Liban. Le parlement n’est plus légitime depuis l’expiration de son mandat il y a de cela 2 ans: élire un nouveau président de la république par un parlement illégitime serait une autre erreur.

Nous pouvons toujours rêver mais la société civile devrait réclamer la solution la plus logique qui serait que le gouvernement, héritier des prérogatives présidentielles comme stipulé dans la constitution libanaise, fort d’un consensus d’une classe politique dépassée par les évènements et ayant peur de poursuivre la monopolisation du pouvoir en raison de la crainte d’une révolution qui lui couperait la tête, convoque les électeurs libanais afin d’élire une nouvelle chambre des députés qui élirait à ce moment-là, un nouveau président de la république. Et cela changera probablement les règles du jeu, à leur détriment. La pression populaire doit se maintenir jusqu’à l’évocation et la mise en place de cette solution. Le gouvernement doit répondre aux aspirations du peuple et non aux aspirations des partis politiques ou des mafias.

La leçon qui s’impose aux manifestants devrait aussi s’imposer aux gouvernants déjà sur le même dossier des ordures:

Si les autorités libanaises avaient été intelligentes, elles auraient, dès le départ, pensé à comment valoriser les déchets au lieu de juste les ramasser et auraient été voir ailleurs comme en Suède les méthodes de valorisation des ordures. Au lieu de cela, simplement ramasser pour un coût aussi élevé, et avoir après les mafias de l’électricité et de l’eau, la régionalisation des mafias des ordures est une grossière erreur contre laquelle, la société civile est en droit de se soulever.

Mais toujours est-il qu’il ne s’agit que d’une problématique à laquelle la population fait face parmi tant d’autres, à un système politique à changer, à un système étatique à réformer au profit des compétences et non du clientélisme, à des défis sécuritaires qui s’imposent à nos frontières avec la présence de Daech à 50 km de nos frontières, aux défis et aux changements des équilibres régionaux qui s’imposent à nous. On ne peut pas corriger les maux qui nous rongent au cas par cas. Il faut une solution générale et les tensions sociales et économiques véhiculées par le mouvement actuel le démontrent.Tout doit être mis sur le tapis. Peut-être n’est ce effectivement pas le moment à provoquer le vide de l’exécutif mais toujours est-il que le peuple, lui, ne peut plus attendre aujourd’hui à ce que l’Etat prenne son rôle à coeur et qu’il devienne un état pour l’intérêt général et pour tous et non un état pour certains intérêts pas vraiment supérieurs.

François el Bacha

En Image: Les Oliviers Eternels de Bchaaleh au Nord Liban

Les oliviers éternels de Bchaaleh, localité du Nord Liban. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

Les oliviers éternels de Bchaaleh, localité du Nord Liban. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

Bchaleeh, commune du caza de Batroun au Nord Liban héberge un petit trésor visible aux abords même de la route. Il s’agit d’Oliviers parmi les plus vieux au Monde, puisque âgés de plus de 6000 ans. Appartenant aujourd’hui au Waqf local, ces oliviers appartenaient par le passé également à un sanctuaire romain aujourd’hui disparu. Il s’agit ici de l’occasion de rendre hommage à cet arbre porte-hérault d’une culture méditerranéenne et domestiquée depuis plusieurs millénaires. Peut-être même que ces oliviers de Bchaaleh figurent parmi les premiers oliviers domestiqués.

Très rameux, au tronc noueux, au bois dur et dense, à l’écorce brune crevassée, la culture de ces arbres a été étendue au bassin méditerranéen par les phéniciens suite à l’extension de leurs colonies. Il s’agit donc la d’un élément essentiel et méconnu de la culture libanaise. C’est ainsi que l’olivier a été importé en Afrique du Nord, en Espagne, en Italie, etc…  Elle a des propriétés bénéfiques pour la santé, notamment sur le plan cardio-vasculaire, grâce à sa teneur en vitamine A (3 à 30 mg/kg de provitamine A Carotène), vitamine E (150 mg/kg) et en acides gras monoinsaturés.

A part l’utilisation alimentaire qu’on connait toujours aujourd’hui, l’huile servait également de moyen d’éclairage ou encore à la fabrication de savon, comme le savon d’Alep en Syrie.

Le Liban produit 6000 tonnes d’olives annuellement sur une superficie de 58 000 hectares, très loin des premiers producteurs mondiaux qui seraient, selon les statistiques publiées en 2005, à savoir, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Turquie qui assurent 80 % de la production mondiale d’olives. On consommerait 5800 tonnes annuellement.

La récolte des olives s’effectue durant l’automne pour les olives de table ou entre novembre et février pour les olives destinées à la production d’huile. Généralement les 2 types d’olives sont récoltées en même temps durant l’automne donc. Le pressage et l’extraction ont lieu de préférence le jour de la cueillette, afin de préserver les fruits de toute transformation chimique.

Un état déplorable 

Photo by Hassan Chamoun de Thoughts of a Young Arab Adult – avec Lucien Bourjeily et Joey Ayoub.

Photo by Hassan Chamoun de Thoughts of a Young Arab Adult – avec Lucien Bourjeily et Joey Ayoub.

C’est par une litanie bien longue, que chaque ressortissant libanais pourrait débuter sa journée. Mafi Kahraba, il n’y a pas d’électricité, Mafi May, il n’y a pas d’eau, bass fi Zbeleh Aala Tarik, les poubelles prennent désormais demeures dans nos rues avec les rats et les cafards, au détriment de notre santé.  L’Etat est dans un état déplorable.

L’image d’un pouvoir politique perché dans sa tour d’ivoire, protégé de la société civile manifestant place Riad el Solh, et de ses demandes légitimes à des services qu’on considérait déjà comme basiques par le passé, eau, électricité et aujourd’hui encore plus fondamentaux puisqu’il s’agit de notre santé même, cette image est exécrable et augure d’un fossé qui s’agrandit entre gouvernants et gouvernés. Aucun autre pays, dans un tel cas de figure, n’aurait pas connu d’importants troubles publics. Malheureusement, le Liban n’est pas une nation, mais 19 nations ou une révolution sociale s’avère être pratiquement impossible.

Hakika, Horryieh, Isteqlal, scandait le peuple chaque jour, il y a 10 ans.

On peine à croire que 10 ans après les manifestations de 2005, on n’en soit arrivé à ce point, à une délégitimisation des institutions publiques, qui par définition doivent servir le peuple mais qui en réalité luttent contre elles.

Hakika, la vérité bien nue fait mal, un pays en défaut comme il  ne l’a jamais été, divisé en communautés, entre dirigeants qui n’oeuvrent même plus pour le bien public mais pour le bien de leurs portefeuilles respectifs.
Horryeh, un pays tellement libre aujourd’hui qu’on a le droit de tuer au détour d’une impasse, au détour d’une rue, son épouse, un membre de la famille, si ce n’est pas un inconnu pour un refus de priorité. On a poussé la liberté aussi loin que dans le FarWest.
Isteqlal, la nucléarisation de la société, ou chacun devient un pays propre à soit, on se détache de l’autorité publique pour instituer des émirats propres, émirat islamique d’un coté à Arsal ou encore à Roumieh encore il y a peu de temps, petits kapos municipaux en charge de contrôler les services privés qui remplacent les services publics, électricité, eau et aujourd’hui même ramassage des ordures, décidément ils mangent à tous les râteliers, sous couvert d’une pseudo-privatisation en raison de la faillite d’un système étatique.  Ils nous encadrent aujourd’hui plus ou moins subtilement dans un pays devenu prison à ciel puant et ou seule la véritable liberté est celle de l’exil.

Aux rares voix courageuses qui s’opposent à ces états de faits, qui croient encore à un sursaut national, à l’orgueil de la société civile, on oppose donc la force – peut-on encore parler de forces de l’ordre puis agissant sur ordre en fin de compte d’un pouvoir politique ayant perdu une grande partie de sa légitimité, via le non renouvellement de ses mandats, parlement d’abord, présidence de la république ensuite, un gouvernement paralysé ou n’évoquons pas les pouvoirs locaux dont les fils des chefs des municipalités tuent des responsables même des institutions sensées nous protéger comme nos forces armées – des pouvoirs arrivés les uns après les autres à expiration – et qui se protègent à coup de matraques et de canons à eau.

Le peuple aspire à de meilleures conditions de vie. Il aspire à la dignité dans sa vie quotidienne. Il ne peut que constater la dégradation de ses conditions socio-économiques dont la crise actuelle des ordures est un énième épisode qu’on subi. Il n’aspire pas à être tabasser, à recevoir des coups. Au lieu de cela, les autorités libanaises successives palabrent dans des conflits politiques sans fin, au lieu d’aborder la réalité d’une amélioration de la vie quotidienne du libanais.

Manifester face à l’inacceptable est un droit légitime afin de leurs rappeler leurs devoirs. Les états de fait dans lequel le Liban se trouve aujourd’hui sont à juste titre inacceptables. Il est du devoir de chacun d’entre nous de manifester face à l’inacceptable, tout comme il est du devoir des Forces de l’Ordre de protéger le peuple et non ceux qui sont en infraction à la volonté populaire.

Certes la violence est détestable et certains manifestants ont commis des erreurs mais on ne corrige pas une erreur en commettant une autre erreur: Il aurait été préférable pour les personnes sensées être au pouvoir d’accepter de recevoir une délégation des manifestants au lieu des les mettre en prison voir même d’avoir le courage d’aller à la rencontre des manifestants.  Ils n’en ont même pas eu l’idée. Seule la force a son mot à dire quand il s’agit de se partager des contrats bien juteux, dans l’idée de partitioner les bénéfices comme ils ont déjà partionné le Liban en 19 communautés distinctes avec leurs zaims. Mais le bon-sens leur manque autant que l’idée même du concept de la démocratie stipulant la participation du peuple.

Si un système est trop rigide, il ne permet pas l’expression populaire, conséquemment une révolution s’imposera par l’échec du système politique. Le courage serait donc de mettre à plat un système en faillite où la décision politique est morcelée et donc impossible. Le courage aux hommes politiques serait de se retrouver en face de la société civile, d’écouter les doléances publiques, de trouver des solutions via un programme politique, d’être élus, de devenir représentant du peuple et d’appliquer ces solutions. Et nous, le peuple, de choisir non pas en fonction de servitudes quasi féodales, nous ne sommes plus au Moyen-Âge ou de rétributions financières directes ou indirecte, mais en fonction d’un choix en toute âme et conscience.

L’intelligence et la survie politique passe par le peuple et non contre le peuple. Et à nos représentants, votre survie politique passe par servir le peuple et non pas par se servir du peuple à ses bénéfices.

François el Bacha

Un état déplorable 

Photo by Hassan Chamoun de Thoughts of a Young Arab Adult – avec Lucien Bourjeily et Joey Ayoub.

Photo by Hassan Chamoun de Thoughts of a Young Arab Adult – avec Lucien Bourjeily et Joey Ayoub.

C’est par une litanie bien longue, que chaque ressortissant libanais pourrait débuter sa journée. Mafi Kahraba, il n’y a pas d’électricité, Mafi May, il n’y a pas d’eau, bass fi Zbeleh Aala Tarik, les poubelles prennent désormais demeures dans nos rues avec les rats et les cafards, au détriment de notre santé.  L’Etat est dans un état déplorable.

L’image d’un pouvoir politique perché dans sa tour d’ivoire, protégé de la société civile manifestant place Riad el Solh, et de ses demandes légitimes à des services qu’on considérait déjà comme basiques par le passé, eau, électricité et aujourd’hui encore plus fondamentaux puisqu’il s’agit de notre santé même, cette image est exécrable et augure d’un fossé qui s’agrandit entre gouvernants et gouvernés. Aucun autre pays, dans un tel cas de figure, n’aurait pas connu d’importants troubles publics. Malheureusement, le Liban n’est pas une nation, mais 19 nations ou une révolution sociale s’avère être pratiquement impossible.

Hakika, Horryieh, Isteqlal, scandait le peuple chaque jour, il y a 10 ans.

On peine à croire que 10 ans après les manifestations de 2005, on n’en soit arrivé à ce point, à une délégitimisation des institutions publiques, qui par définition doivent servir le peuple mais qui en réalité luttent contre elles.

Hakika, la vérité bien nue fait mal, un pays en défaut comme il  ne l’a jamais été, divisé en communautés, entre dirigeants qui n’oeuvrent même plus pour le bien public mais pour le bien de leurs portefeuilles respectifs.
Horryeh, un pays tellement libre aujourd’hui qu’on a le droit de tuer au détour d’une impasse, au détour d’une rue, son épouse, un membre de la famille, si ce n’est pas un inconnu pour un refus de priorité. On a poussé la liberté aussi loin que dans le FarWest.
Isteqlal, la nucléarisation de la société, ou chacun devient un pays propre à soit, on se détache de l’autorité publique pour instituer des émirats propres, émirat islamique d’un coté à Arsal ou encore à Roumieh encore il y a peu de temps, petits kapos municipaux en charge de contrôler les services privés qui remplacent les services publics, électricité, eau et aujourd’hui même ramassage des ordures, décidément ils mangent à tous les râteliers, sous couvert d’une pseudo-privatisation en raison de la faillite d’un système étatique.  Ils nous encadrent aujourd’hui plus ou moins subtilement dans un pays devenu prison à ciel puant et ou seule la véritable liberté est celle de l’exil.

Aux rares voix courageuses qui s’opposent à ces états de faits, qui croient encore à un sursaut national, à l’orgueil de la société civile, on oppose donc la force – peut-on encore parler de forces de l’ordre puis agissant sur ordre en fin de compte d’un pouvoir politique ayant perdu une grande partie de sa légitimité, via le non renouvellement de ses mandats, parlement d’abord, présidence de la république ensuite, un gouvernement paralysé ou n’évoquons pas les pouvoirs locaux dont les fils des chefs des municipalités tuent des responsables même des institutions sensées nous protéger comme nos forces armées – des pouvoirs arrivés les uns après les autres à expiration – et qui se protègent à coup de matraques et de canons à eau.

Le peuple aspire à de meilleures conditions de vie. Il aspire à la dignité dans sa vie quotidienne. Il ne peut que constater la dégradation de ses conditions socio-économiques dont la crise actuelle des ordures est un énième épisode qu’on subi. Il n’aspire pas à être tabasser, à recevoir des coups. Au lieu de cela, les autorités libanaises successives palabrent dans des conflits politiques sans fin, au lieu d’aborder la réalité d’une amélioration de la vie quotidienne du libanais.

Manifester face à l’inacceptable est un droit légitime afin de leurs rappeler leurs devoirs. Les états de fait dans lequel le Liban se trouve aujourd’hui sont à juste titre inacceptables. Il est du devoir de chacun d’entre nous de manifester face à l’inacceptable, tout comme il est du devoir des Forces de l’Ordre de protéger le peuple et non ceux qui sont en infraction à la volonté populaire.

Certes la violence est détestable et certains manifestants ont commis des erreurs mais on ne corrige pas une erreur en commettant une autre erreur: Il aurait été préférable pour les personnes sensées être au pouvoir d’accepter de recevoir une délégation des manifestants au lieu des les mettre en prison voir même d’avoir le courage d’aller à la rencontre des manifestants.  Ils n’en ont même pas eu l’idée. Seule la force a son mot à dire quand il s’agit de se partager des contrats bien juteux, dans l’idée de partitioner les bénéfices comme ils ont déjà partionné le Liban en 19 communautés distinctes avec leurs zaims. Mais le bon-sens leur manque autant que l’idée même du concept de la démocratie stipulant la participation du peuple.

Si un système est trop rigide, il ne permet pas l’expression populaire, conséquemment une révolution s’imposera par l’échec du système politique. Le courage serait donc de mettre à plat un système en faillite où la décision politique est morcelée et donc impossible. Le courage aux hommes politiques serait de se retrouver en face de la société civile, d’écouter les doléances publiques, de trouver des solutions via un programme politique, d’être élus, de devenir représentant du peuple et d’appliquer ces solutions. Et nous, le peuple, de choisir non pas en fonction de servitudes quasi féodales, nous ne sommes plus au Moyen-Âge ou de rétributions financières directes ou indirecte, mais en fonction d’un choix en toute âme et conscience.

L’intelligence et la survie politique passe par le peuple et non contre le peuple. Et à nos représentants, votre survie politique passe par servir le peuple et non pas par se servir du peuple à ses bénéfices.

François el Bacha

Crise des ordures: toujours aucune solution alors que la situation s’envenime

Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

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Les autorités libanaises n’ont trouvé aucune solution à la crise des ordures qui perdure depuis le 17 juillet dernier, dates à laquelle la décharge de Naameh a été fermée et alors que les déchets s’accumulent dans les rues du Mont Liban et de Beyrouth.

Mobilisation pour sauver la forêt de Baabda et grève au Port de Beyrouth

Branle – bas le combat dans différents secteurs, tant du côté des mouvements écologistes qui se mobilisent pour sauver une partie de la forêt de Baabda proposée comme lieu de décharge provisoire des déchets que pour les syndicats du Port de Beyrouth qui ont indiqué ce matin par l’intermédiaire de leur représentant Béchard Al Asmar, débuter une grève ouverte suite à la reprise du dépôt d’ordures à proximité des installations portuaires.

Coté des activistes, les réseaux sociaux tentent toujours de remobiliser l’opinion publique en publiant des images des décharges sauvages mises en place, comme celle à Mansouriyeh à l’est de la capitale ou encore sous les ponts de la localité de Ghazir dans le Kesrouan.

Mise en garde du Ministre de la Santé

Au cours d’une conférence de presse qui a eu lieu ce lundi, le ministre de la Santé Wael abou Faour a également mis en garde la population contre les risques posés par l’accumulation des déchets dans les rues, estimant que le Liban se trouve au bord d’un désastre sanitaire et a appelé à l’adoption de mesures immédiates pour résoudre la crise. Wael Abou Faour a également estimé impossible l’exportation des déchets hors du Liban, comme le proposait certaines instances officielles dont la municipalité de Beyrouth. Le Ministre a également demandé le ramassage immédiate des ordures situées à proximités des hôpitaux, écoles, du port de Beyrouth et des établissements sensibles comme celui du Moulin de Beyrouth. Ces propos confirment les risques évoqués par le syndicat des dockers du Port de Beyrouth.

Pour l’heure, le comité interministériel étudie toujours les réponses à l’appel d’offre pour le ramassage des ordures auquel auraient répondu 3 entreprises pour la capitale libanaise. Un grand bémol, aucune ne propose pour l’heure de solutions quant au stockage des déchets…

Pour rappel, la crise des ordures a commencé par l’expiration du contrat liant l’état libanais à l’entreprise en charge du ramassage des ordures et du retraitement des déchets le 15 juillet 2015. Cette crise s’est encore aggravée avec la fermeture, le 17 juillet dernier de la décharge de Naameh, suite à une décision du gouvernement libanais sans que soit trouvée un lieu de stockage alternatif.

Nos dossiers:

Crise des ordures: toujours aucune solution alors que la situation s’envenime

Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

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Les autorités libanaises n’ont trouvé aucune solution à la crise des ordures qui perdure depuis le 17 juillet dernier, dates à laquelle la décharge de Naameh a été fermée et alors que les déchets s’accumulent dans les rues du Mont Liban et de Beyrouth.

Mobilisation pour sauver la forêt de Baabda et grève au Port de Beyrouth

Branle – bas le combat dans différents secteurs, tant du côté des mouvements écologistes qui se mobilisent pour sauver une partie de la forêt de Baabda proposée comme lieu de décharge provisoire des déchets que pour les syndicats du Port de Beyrouth qui ont indiqué ce matin par l’intermédiaire de leur représentant Béchard Al Asmar, débuter une grève ouverte suite à la reprise du dépôt d’ordures à proximité des installations portuaires.

Coté des activistes, les réseaux sociaux tentent toujours de remobiliser l’opinion publique en publiant des images des décharges sauvages mises en place, comme celle à Mansouriyeh à l’est de la capitale ou encore sous les ponts de la localité de Ghazir dans le Kesrouan.

Mise en garde du Ministre de la Santé

Au cours d’une conférence de presse qui a eu lieu ce lundi, le ministre de la Santé Wael abou Faour a également mis en garde la population contre les risques posés par l’accumulation des déchets dans les rues, estimant que le Liban se trouve au bord d’un désastre sanitaire et a appelé à l’adoption de mesures immédiates pour résoudre la crise. Wael Abou Faour a également estimé impossible l’exportation des déchets hors du Liban, comme le proposait certaines instances officielles dont la municipalité de Beyrouth. Le Ministre a également demandé le ramassage immédiate des ordures situées à proximités des hôpitaux, écoles, du port de Beyrouth et des établissements sensibles comme celui du Moulin de Beyrouth. Ces propos confirment les risques évoqués par le syndicat des dockers du Port de Beyrouth.

Pour l’heure, le comité interministériel étudie toujours les réponses à l’appel d’offre pour le ramassage des ordures auquel auraient répondu 3 entreprises pour la capitale libanaise. Un grand bémol, aucune ne propose pour l’heure de solutions quant au stockage des déchets…

Pour rappel, la crise des ordures a commencé par l’expiration du contrat liant l’état libanais à l’entreprise en charge du ramassage des ordures et du retraitement des déchets le 15 juillet 2015. Cette crise s’est encore aggravée avec la fermeture, le 17 juillet dernier de la décharge de Naameh, suite à une décision du gouvernement libanais sans que soit trouvée un lieu de stockage alternatif.

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