Infographie: la situation actuelle de la Crise des Ordures au Mont Liban

Beyrouth, Liban – Alors que le gouvernement étudie différents scénarios en vue de résoudre la crise actuelle des ordures, qui a débuté suite à l’expiration du mandat de Sukleen pour le ramassage des ordure le 15 juillet 2015 et à la fermeture, le 17 juillet dernier de la décharge de Naameh (Chouf), nous vous proposons cette infographie qui est une liste des différentes solutions et un point sur la situation actuelle au 28 juillet 2015. Nous avons ainsi établie une liste non-exhaustive de lieux de stockage provisoires en regroupant plusieurs sources d’information, notamment issues des réseaux sociaux et des initiatives citoyennes actuelles.  Vous pouvez évidemment nous aider à poursuivre cette tâche.

Point sur la situation au 28 juillet 2015 Propositions gouvernementales, lieux de stockages provisoires et pratiques actuelles

Point sur la situation au 28 juillet 2015
Propositions gouvernementales, lieux de stockages provisoires et pratiques actuelles

En Image: le site archéologique de la ville de Tyr

Après la vielle ville qu’on a précédemment visité, nous poursuivons notre découverte de Tyr avec le site dit Al Mina. Fondée en 2750 avant-Jc selon les chroniques antiques, c’est dans cette ville, justement que fut découvert l’usage du Murex dont on tire la fameuse couleur Poupre, permettant à cette localité de constituer, au grès de ses comptoirs commerciaux qu’elle installera jusqu’en Grande Bretagne, un véritable empire commercial, peut-être le premier de l’Histoire.

Une légende d’ailleurs fait d’une princesse de Tyr, Elyssa, que les romains appèleront Didon, la fondatrice de Carthage, la plus grande rivale de l’Empire Romain. Autre présence non-moins notoire, Hiram 1er, roi de Tyr, qui enverra ses artisans et ses architectes aider Salomon à construire le fameux temple de Jérusalem.

Cette histoire qu’on ne peut qualifier que de glorieuse attirera de nombreux envahisseurs qui tenteront de conquérir la ville. Les sièges, notamment par les forces babyloniennes de 586 avant Jc à 573 avant Jc pour l’obliger à payer un tribu et par les forces grecques d’Alexandre le Grand qui rasera la cité en 332 avant Jc, marqueront la cité. C’est d’ailleurs avec le conquérant grec, que Tyr qui était précédemment une île, se verra rattachée à la terre ferme, par l’ensablement de la digue construite afin d’atteindre la ville.

Situé sur la partie de ce qui constituait alors l’île de Tyr, le site archéologique d’Al Mina, fouillé comme celui d’Al Bass depuis 1947, présente une superbe allée avec une série de colonnades de marbres et de mosaïques, bordée de chaque coté par un quartier résidentiel et un centre récréatif dont des termes publiques d’époque romaine et byzantine ainsi que les citernes elles d’époque probablement phéniciennes. Un peu plus loin, le centre commercial de la cité. A proximité de ce site, se trouvent les ruines de la cathédrale de style vénitien ainsi que du château du XIIème siècle après Jc, c’est à dire de l’époque des Croisades.

Sans plus attendre, les photographies

La prochaine étape qui achèvera notre visite sera celle du site archéologique d’Al Bass, emblème peut être le plus connu de cette ville. 

Crise des ordures: Sukleen, une compagnie contestée

Le logo de Sukleen

Le logo de Sukleen

Alors que le contrat liant l’Etat Libanais avec l’entreprise de ramassage des ordures Sukleen, s’est achevé le 15 juillet dernier sans être renouvelé et en l’absence de résultats en vue d’un remplacement de ses services dans différentes régions libanaises, il est opportun de rappeler l’historique de cette entreprise. 

Une création au sorti de la guerre sous le couvert de protections politiques

Suite à un appel d’offre lancé en 1994, le CDR confiera la collecte des déchets de la capitale, Beyrouth, à une  société n’ayant qu’une expérience sommaire dans le secteur mais dont le propriétaire était un proche de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri. Maysarah Khalil Sukkar avait quitté le Liban dans les années 1970 pour l’Arabie Saoudite et les activités de sa compagnie concernaient à l’origine l’offre de machineries industrielles.

Cette proximité fera courir différentes rumeurs dont le fait que cette société alimenterait les caisses du Courant du Futur. Depuis les contrats de la compagnie seront régulièrement reconduits, notamment en 1995 pour une durée de 5 ans, ou en 2006, toujours sans aucun appel d’offre concurrent, provoquant parfois des crises comme celles qu’on connait actuellement mais qu’on a rapidement oublié depuis.

La dernière tentative en date de réviser les contrats en cours a échoué lors du mandat du gouvernement Mikati, aboutissant au lancement d’un appel d’offre récent pour le ramassage des déchets dans différentes régions libanaises. Cet appel d’offre a échoué pour diverses raisons, probablement liées à certains trafics d’influence, évoque-t-on en coulisse.

Sukleen, Sukomi mais aussi la nouvelle marque locale du groupe, Atria, également présente au Liban et en charge de la gestion des poubelles publiques, aujourd’hui, sont directement liées à la compagnie Averda, et sont dirigées par Malek Maysara Sukkar. Ayant son siège social basé à Dubai, Averda déclare employer 10 000 personnes dans le Monde, avec des opérations qui se sont élargies aux Emirats Arabes Unis en 2008, à l’Arabie Saoudite, au Qatar et à Oman en 2009, à Abu Dhabi en 2010, au Maroc et à l’Irlande en 2012 et enfin à la ville de Luanda en Angola en 2014.

Des erreurs de Prévision et de Gestion

Une autre filiale du Groupe Sukleen, Sukomi, se verra confier le traitement des déchets et le stockage des déchets inertes dès 1997. La collecte des ordures sera étendues au Mont-Liban sauf Jbeil pour un coût de service supérieur en comparaison des autres régions libanaises. On évoque ainsi, un coût 3 fois supérieur aux services équivalents à Tripoli par exemple. Par ailleurs, Le contrat de mise en décharge qui a débuté en janvier 1998 prévoyait un coût par tonne de déchets mis en décharge de 35 dollars. Il prévoit  également un apport de 400.000 t/an de déchets, alors cet apport est en fait de l’ordre de 600.000 t/an, aboutissant à la saturation plus rapide des décharges existantes, dont celle de Naameh à l’origine du problème actuel, prévue à l’origine pour accueillir 2 millions de tonnes de déchets et qui en hébergerait plus de 15 actuellement.  Des experts indiquent notamment que le traitement des ordures n’est pas satisfaisant et que les unités en charge du traitement travaillent au-delà de leurs capacités respectives, aboutissant à la dégradation des produits qui sortent, notamment d’un composte de mauvaise qualité.

Par ailleurs, Sukleen, par l’intermédiaire de son PDG Malek Sukkar dans les colonnes du site Nouvelles Economiques Arabes en date du 23 juillet 2015, déclare actuellement ramasser 4 000 tonnes quotidiennement alors que des études indiquent que la zone couverte du Mont-Liban et de Beyrouth ne produisent que 2 500 tonnes de déchets en réalité soit 58% du total des ordures du Pays des Cèdres, selon des données rassemblées par SweepNet, le réseau régional d’échange d’informations et d’expertise dans le secteur des déchets dans les pays du Maghreb et du Mashreq. Un autre décalage…

Des coûts exorbitants imposés aux communes et un manque de transparence

Infographie. Les déchets au Liban - Les différentes zones de gestion de déchets au Liban, ainsi que les coûts respectifs et les chiffres clés à retenir (Juillet 2015). Crédit Libnanews.com, tous droits réservés.

Cliquer pour agrandir – Infographie. Les déchets au Liban – Les différentes zones de gestion de déchets au Liban, ainsi que les coûts respectifs et les chiffres clés à retenir (Juillet 2015). Crédit Libnanews.com, tous droits réservés.

Depuis sa création en 1993, Sukleen est financé par un fond assuré par la Caisse des Municipalité à hauteur de 130 millions de dollars selon certaines sources jusqu’à 200 millions de dollars par an, selon l’ancien ministre de l’Environnement Akram Chehayeb, générant selon le député Samy Gemayel, un profit de 2 milliards de dollars depuis le début de ses activités. L’amplitude des sommes évoquées démontre un certain manque de transparence quant à la gestion du dossier par les autorités publiques.

De nombreux responsables municipaux accusent, par conséquent, la compagnie de siphonner leurs fonds et ainsi de ne pas pouvoir mettre en exécution différents projets qu’elles jugent pourtant être nécessaires, à l’exemple dans certains cas, d’un réseau d’assainissement des eaux usées. Il existe d’ailleurs un décret de 1974 attribuant le ramassage des ordures aux municipalités qui ont été forcées de déléguer cette responsabilité via le CDR à Sukleen depuis 1993 jusqu’à aujourd’hui, amenant à la polémique actuelle quant au fait qu’il s’agisse d’un service public qui ne pourrait être délégué par l’Etat à une entreprise privée comme c’est le cas depuis.

Alors que le coût de ramassage avait été estimé au départ à 35 dollars par tonne, il atteindrait aujourd’hui, toujours selon certaines sources, jusqu’à 140 dollars la tonne, une somme largement supérieure aux prévisions. Cet autre décalage amène à certaines interrogations.

 François el Bacha

Le Liban, 145ème pays « le moins dangereux au Monde »

Capture d’écran 2015-07-23 à 12.02.59

Dans un rapport publié par l’Institut pour l’Economie et la Paix qui mesure l’Indice de Paix Mondial, le Liban se classe désormais « à la 145ème place des pays des moins dangereux au Monde » en 2015, pour reprendre la terminologie utilisée, avec un score de 2,623 sur 5, en légère amélioration par rapport à 2014 ou il figurait à la 148ème place. Au niveau des régions du Proche et du Moyen Orient décrites comme étant les moins pacifiques, le Liban se situe au 13ème rang des 19 pays étudiés, le Qatar figurant au 1er rang, devançant le Koweit et les Emirats Arabes Unis. Toujours selon le même rapport, le pays le plus dangereux au Monde resterait encore cette année la Syrie, avec un score de 3,645, devançant l’Irak qui se place au 161 rang mondial. Le pays le plus pacifique au Monde est l’Islande, avec un score de 1,148/5.

Infographie: les critères de l'enquête

Infographie: les critères de l’enquête et les scores du Liban. Source: Institut pour l’Economie et la Paix, 1 point équivaut à un bon score, 5 étant le plus mauvais.

L’Institut pour l’Economie et la Paix chiffre le coût des violences au Liban à USD 6,713,404,001 soit 8% du PIB.
En détail, le rapport note une légère amélioration de « l’instabilité politique » au Liban, sans pour autant en donner les raisons mais note la présence récente désormais prouvée de Daech au Pays des Cèdres. L’organisation terroriste chercherait ainsi à déséquilibrer la région afin de favoriser son expansion. Cette menace ne doit toutefois pas être sous-estimée. La présence de 1,5 millions de réfugiés syriens au Liban, suite au conflit civil, est décrit comme ayant une conséquence signifiante sur la population libanaise. Au lieu de constituer des camps de réfugiés, les autorités libanaises favoriseraient, selon le rapport, une intégration des réfugiés avec la location de domiciles et l’achat des produits de première nécessité, amenant à équilibrer l’impact de leur présence avec des effets positifs et des effets négatifs sur l’économie libanais. Les auteurs du rapport s’interrogent cependant sur les effets à long terme de cette politique, notant que seuls 10% des fonds nécessaire à l’aide des réfugiés a été réuni par le Haut Commissariat aux Réfugiés, ainsi que cet afflux de main-d’oeuvre peut qualifié accroit les pressions sur le marché de l’emploi et sur les divisions socio-économiques.

L’intervention du Hezbollah en Syrie au côté du régime syrien, aurait aussi amené à l’activation de milices sunnites fondamentalistes au Pays des Cèdres, milices qui viseraient en représailles les zones chiites.

Autre écueil, l’Identité Religieuse impacte la légitimité de l’Etat auprès des ressortissants libanais et nuit aux indices mesurant « la Paix Positive ». La moyenne régionale de l’Indice de Paix Positive n’atteint que 3,3/5 en comparaison à un score de 2,2/5 en Europe. Le rapport estime que la violence inter-communautaire, notamment entre communautés sunnites et chiites n’est pas seulement la source du conflit régional, notant une coexistence relative au Qatar, Kowet et aux Emirats Arabes Unis, mais participe toutefois à ces violences dans d’autres pays, en raison des luttes d’influences entre Arabie Saoudite et Iran et favorisant l’expansion de l’Organisation de l’Etat Islamique de Syrie et du Levant, également appelé Daech.

Selon les auteurs de ce rapport, l’Indice de Paix Mondial mesure le niveau de paix au sein de 162 pays, sur la base de 23 indicateurs mesurant l’absence de violence et la peur de celle-ci. Il est calculé chaque année par l’Institut pour l’Economie et la Paix. D’une manière globale, l’année dernière, 81 pays ont vu leur niveau de paix s’améliorer, tandis que celui de 78 pays s’est détérioré. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, à cause d’une amplification de l’instabilité civile et des activités terroristes, la région a atteint le niveau de paix le plus bas jamais recensé depuis la création de l’Indice.Parmi les autres enseignements, l’impact économique de la violence a atteint un total de 14.3 billions de dollars américains l’année passée, soit 13.4% du PIB mondial ou l’équivalent de l’agrégation des économies canadienne, française, allemande, espagnole et britannique.

François el Bacha

Sur le Net: 

Live Love Lebanon ou l’art au coin de la Rue

"Ceci n'est pas un déchet, c'est une oeuvre d'art!", au cas ou, comme de nombreuses personnes, nous ne l'aurions pas compris. 

« Ceci n’est pas un déchet, c’est une oeuvre d’art! », au cas où, comme de nombreuses personnes, nous ne l’aurions pas compris.

Dans un souci permanent d’améliorer les conditions socio-économiques et éducatives au Liban, le ministère de l’Intérieur, à l’initiative de Sukleen, a annoncé le lancement d’un nouveau programme qui vise à initier la population à l’Art. Ainsi, une oeuvre collaborative sera installée à chaque coin de rue, dans chaque quartier, allant de la capitale jusqu’à la petite localité. Chaque habitant, libanais ou étranger, et Dieu seul sait aujourd’hui combien ils sont nombreux, est invité à apporter sa pierre quotidienne à l’édifice culturel en question dont l’exposition sera plus ou moins permanente. Le concept du projet actuel est motivé par la dénonciation d’une société de consommation en passant par la référence à la conservation muséale et au conservatisme de l’art jusqu’à l’affirmation du nihilisme où la finitude de la condition humaine et la vanité se substituent. Ouf, on l’aura tous compris.

Cliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir

A l’image de ce qui se fait dans les plus grandes capitales mondiales, comme à Berlin par exemple lors des biennales d’Art Moderne, l’Art est dans la Rue, Beyrouth garde ainsi son rang de capitale régionale de la Culture, osant même ce que les autres capitales arabes comme Dubaï n’osent faire. Les oeuvres exposées visent à dénoncer le consumérisme de notre société actuelle, prenant l’exemple des plus grands artistes du XX et XXIème siècle, dont César et ses compressions, du photographe Alejandro Duran, des œuvres de Daniel Spoerri, ou encore de l’icône Pop Art de la contre-culture américaine, l’inoubliable Andy Warhol, afin de relancer le débat sur l’acceptation de la société de consommation – que nous subissons en fin de compte sans nous en rendre généralement compte – ou de sa dénonciation.

La population reprend ainsi les objets de la société pour en faire des reliques, des symboles puissants de la consommation. Le projet artistique est un véritable épistémè, c’est à dire une recherche quasi-sociologique des limites et des seuils de l’acceptation de nos compatriotes face à ce qu’on considère généralement inacceptable ailleurs. Et Dieu seul sait combien nous sommes généralement tolérants face aux excès.

Le Liban trouve ainsi un rang de pays d’avant-garde, en se sacrifiant pour les autres, à l’heure ou des questions existentielles se posent, pollutions et changements climatiques, ainsi que d’autres défis liés à la consommation. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »: le projet se poursuivra d’ailleurs dans une prochaine étape, l’Art du Recyclage ou comment les personnalités liées pourront poursuivre leurs oeuvres avant-gardistes en testant à nouveau les limites de la tolérance de la population à l’occasion de prochains projets qui restent à définir.

François el Bacha

Liban: Le FMI toujours pessimiste

Le siège de l'EDL à Beyrouth. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com

Le siège de l’EDL à Beyrouth. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Dans un rapport de 75 pages publié le 17 juillet dernier, le FMI a conclu ses consultations 2015 concernant l’économie libanaise en faisant part de son pessimisme notamment en raison du conflit civil syrien. Ainsi, l’organisation internationale estime que la croissance de l’économie libanaise reste en deçà de ses possibilités suite à l’impact de nombreux facteurs, dont la présence de réfugiés syriens comptant officiellement désormais pour 1/4 de la population totale et augmentant la pression sur les finances publiques et les infrastructures locales. Autre écueil, l’absence d’un chef de l’état et des difficultés politiques qui paralysent l’adoption de réformes pourtant nécessaires.

Parmi les autres difficultés constatées, une croissance économique qui se fait toujours attendre suite à une importante chute en 2011. Elle n’atteindrait respectivement depuis, que 2 à 3% de hausse pour 2014 et 2015, alors que les secteurs clés de l’économie libanaise dont le tourisme et l’immobilier, restent fortement handicapés par les circonstances actuelles. Le FMI juge improbable un retour à une croissance de 4% d’ici 2019 mais note toutefois une amélioration au niveau du taux d’inflation suite à la baisse des prix des matières premières dont le pétrole en 2015. Cette baisse, accompagnée d’autres facteurs, pourrait permettre d’atteindre un taux de croissance 3% fin 2015.

Amélioration également du côté fiscal, avec un surplus primaire en 2014 de 2,5% en comparaison du PIB, notamment en raison d’un transfert qualifié d’exceptionnel des revenus téléphoniques. Ce surplus serait toutefois momentané et ce ratio retournerait à un déficit de 1,25% en 2015. La dette publique resterait à ces niveaux précédents, c’est-à-dire à 132% du PIB.

Côté bancaire, le mot d’ordre est toujours à la résilience avec un cash flow positif notamment suite à l’afflux des capitaux de personnes non résidentes au Liban. Le FMI considère que la Banque du Liban a maintenu des taux et des réserves bancaires adéquates par rapport à la situation actuelle.

Concernant les recommandations faites par l’institution internationale, le bureau exécutif considère que la stabilité macro-économique et la confiance des marchés restent essentielles et cela en dépit des difficultés dues en raison du conflit syrien. Le FMI appelle la communauté internationale à fournir une assistance humanitaire plus importante que ce qui est actuellement fait et cela en dépit des difficultés politiques actuelles qui la limite. L’organisme appelle les autorités politiques actuelles à renforcer la confiance notamment via des réformes fiscales et structurelles immédiates.

Concernant les finances publiques, le FMI encourage les autorités libanaises à adopter un budget qualifié d’ambitieux pour 2015 et souligne l’importante nécessité à réformer le secteur de production et de transport électrique qualifié de poids sur les finances publiques. Ils mettent également en garde contre la mise en place décidée de l’augmentation des salaires des fonctionnaires, appellent à diverses mesures budgétaires, dont l’augmentation de la TVA notamment à l’essence, et à la réforme du système des pensions et des retraites.

Concernant le secteur bancaire, satisfecit global notamment à la BDL pour son rôle joué dans le maintien du taux de change entre la Livre Libanaise et le Dollars, le bureau exécutif du FMI recommande toutefois aux autorités libanaises de poursuivre sa vigilance dans les mesures permettant la protection du système bancaire, notamment au niveau des prêts. Aussi, aurait été évoqué le rôle de l’institution bancaire libanaise dans la lutte contre le recyclage d’argent sale et contre le terrorisme.

Le FMI conclu son rapport en soulignant les nécessaires réformes structurelles notamment pour créer des emplois et permettre l’amélioration de la compétitivité de l’économique libanaise. A côté de la mise en place d’une réforme du secteur de production d’électricité, le FMI indique également que des réformes du marché de l’emploi ainsi que de la législation permettant l’investissement privé sont nécessaires notamment dans les secteurs pétroliers et gaziers.

Le rapport du FMI (anglais)

Manifester, un symptôme de désarroi et non une cause de trouble

Capture d’écran 2015-07-09 à 11.38.57Le droit à manifester est un des droits inhérents aux Droits de l’Homme et est garanti dans la Constitution de tous les pays démocratiques. Démentir ce droit est une infraction à la démocratie, quelles que soient les opinions pour lesquelles les personnes désirent manifester.

Le problème actuel ainsi que l’appel à manifester, découlent tous deux, de problèmes plus fondamentaux: ceux d’une Constitution incapable de gérer les situations exceptionnelles auxquelles le Liban fait face, et par conséquent, une démonstration flagrante d’un système qui a ses limites.

Une manifestation est un appel à l’aide, un symptôme d’un désarroi et non une cause de trouble. C’est avant tout la cause qu’il s’agit de comprendre et de régler.

La cause est depuis longtemps identifiée: celle d’un système parlementaire sclérosé à plusieurs niveaux. Au niveau socio-économique tout d’abord, un système contrôlé par quelques familles – 15 familles pour être plus exact qui contrôlent 40% du PIB. Une profonde injustice et un déni du fonctionnement de l’ascenseur social qui poussent souvent des jeunes compétents à quitter le Liban.

Au niveau politique, nous ne pouvons pas dire que cela soit meilleur. Un système quasi-féodal, un Parlement qui auto-prolonge son mandat au mépris de la Constitution, qui vote ses propres lois électorales – dont découlent des cartes électorales détachées des réalités démographiques et conséquemment faussant les résultats de sa représentativité réelle – au lieu d’une consultation populaire, qui élit un président de la République et pose la question de la confiance au Premier ministre. Cette concentration des pouvoirs possède toutes les caractéristiques d’une dictature: il n’y a aucun mécanisme de recours à une consultation populaire sauf dans l’élection d’un nouveau parlement, ce qui est aujourd’hui démenti par celui-ci même sensé garantir la représentativité populaire.

Par conséquent, le Liban a innové: au lieu d’une dictature d’un seul homme comme c’est généralement le cas, on a la dictature d’un directoire composé d’intérêts politiques, économiques et religieux au lieu d’une représentation du peuple souverain. Ce même parlement a la charge d’élire un président de la République qu’on ne pourra pas dire représentatif du peuple libanais.

Nous avons donc face à nous, non pas un système qui marche, contrairement aux personnalités politiques qui dénient qu’il y a un problème et qui faille l’arranger, mais un système socio-politico-économique en faillite. Manifester est une chose plus « civilisée », plus démocratique et plus souhaitable, comme nous espérons tous, opposants ou partisans de ces manifestations, pour tout pays démocratique, que de recourir aux armes comme c’est généralement le cas dans nos régions dans un tel scénario. Il s’agit ici de montrer un désaccord, de demander et de négocier une solution, de réformer ce système et non de recourir à la violence. Espérons que les détracteurs à ce droit le plus fondamental ne commenceront pas à ce recours à la violence, il s’agit plus d’un bien que d’un mal – absolu si on en croit certains.

François el Bacha

En Image: la vielle ville de Tyr au Sud Liban

Première pause estivale dans la ville de Tyr, avec ses plages … et ses nombreux touristes occidentaux!! Surprise, c’est à peine si on se croit au Liban et cela en dépit d’une interdiction sauf permis de la part de l’Armée Libanaise aux étrangers de traverser le fleuve du Litani en direction du Sud Liban.

A l’origine étant une ville double, d’une part construite sur une île et d’autre part continentale, Tyr s’est petit à petit étendue en direction des terres à la faveur de l’ensablement de la digue construite par Alexandre le Grand lors de sa prise, en 332 avant Jésus-Christ. Tyr d’ailleurs tire l’origine de son nom, SR qui signifierait en Phénicien, le Rocher. Nous évoquerons plus particulièrement son histoire lors de la visite de ses sites archéologiques, dans nos prochains articles.

Ville charmante, il faut parcourir les vieux quartiers construits sur des strates successives des civilisations qui ont donné à ces lieux, la réputation qui lui permettra d’être inscrite en décembre 1983, au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, sur demande officielle du gouvernement libanais d’alors et sur recommandation de l’ICOMOS. Aujourd’hui, quelques maisons aux couleurs chatoyantes et situées au bord de la mer ont été transformées par leurs propriétaires en hôtel.

Sans plus attendre, voici quelques photographies

Nous poursuivrons notre visite de Tyr dans les prochaines semaines avec le site de la Ville Al Bass et la Cité Romaine ou se trouve le fameux hippodrome.

Liban: Grandiose ouverture du Festival de Jounieh

C’est par une ouverture haute en couleurs, feux d’artifices obligent, qu’a débuté hier le Festival de Jounieh. L’occasion de partager pour nous ces photos et ce petit montage vidéo – fait maison – et différentes photographies, en espérant que vous apprécierez.

La galerie Photo

La vidéo

https://www.youtube-nocookie.com/embed/j_C0c9MJ-6E

Le Festival poursuivra son programme la présence de la diva libanaise Magida el Roumi, le 4 juillet en ouverture. Puis suivront la surprise de la tournée de The Voice IV qui passera tout de même au Liban, le 6 juillet, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé; l’humour de Jamel Debbouze qui honorera la ville côtière le 8 juillet; la présence de Johnny Hallyday qui reviendra au Liban le 9 juillet après de nombreuses années d’absence, et pour conclure le concert de Jessie J, auteure-compositrice et interprète de talent.

Magida el Rouma, artiste libanaise de haut rang, nous émerveillera par son talent et sa maîtrise vocale, un trésor national dont la prestation est à ne pas rater.

Une surprise – qui n’en est plus une – la venue de The Voice IV en la présence de Hiba Tawaji, qui cumulera cette année les festivals de Jounieh et de Byblos où elle est également annoncée pour un concert préparé par Oussama Rahbani.

Johnny Hallyday est déjà venu à deux reprises au Liban. La première fois dans les années 60, sans oublier l’interdiction de sa prestation par le Ministre de l’Intérieur d’alors, Kamal Joumblatt, en raison d’une atteinte supposée aux bonnes mœurs et son expulsion hors du pays des Cèdres. La deuxième au concert du Festival de Baalbeck en 2003, avec le décor majestueux du temple de Jupiter dont les spectateurs se souviennent toujours et la présence exceptionnelle de sa marraine de scène Line Renaud  à laquelle il rendra hommage. « O Marie » résonne d’ailleurs toujours pour celles et ceux qui ont eu alors la chance d’y participer.

Le programme du Festival de Jounieh: Un festival 2015 qui s’avère être assez prometteur