Animal Lebanon sauve un renard

Nouveau succès pour l’Association Animal Lebanon, qui s’était déjà illustrée dans l’adoption d’une loi pour la protection des animaux. Cette fois-ci, l’organisation a libéré un renard offert à la vente dans le marché au puce du dimanche à Beyrouth, après 2 semaines de captivité.
Toujours selon l’association, et en accord avec les lois de protection des espèces sauvages locales, stipulant l’interdiction absolue de leur capture et de leur vente, l’animal en question a été confisqué par le Ministère de la Culture ce dimanche, avant d’être libéré dans la bioréserve du Chouf après la vérification de son état de santé.

Animal Lebanon s’était également fait connaitre en secourant des animaux sauvages, dont des lions et des tigres, présents dans des zoos privés et illégalement rentrés au Liban, et des cirques ne respectant pas les normes internationales établies. Ces derniers avaient été ensuite transférés en France ou ils étaient attendus dans un sanctuaire spécialisé.

On peut ainsi découvrir la joie de l’animal rendu à la nature sur la vidéo postée sur la page Facebook d’Animal Lebanon. En fin de compte, tout est bien qui fini bien pour lui.

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La page Facebook de l’Association Animal Lebanon et son site web.

Liban: L’exemple à suivre de la commémoration du génocide arménien

Beyrouth, Liban – Parmi l’un des premiers pays à avoir reconnu dès 1997, le génocide arménien, le Liban se devait, par solidarité envers l’une de ses communautés, de commémorer le 24 avril 2015, le 100ème triste anniversaire du début des massacres que l’Empire Ottoman a commis.

Il y a en effet, une centaine d’années que l’Horreur a débuté en Europe, un massacre institutionnel qui préfigure ceux qui ensuite suivront, Holdomor en Ukraine des années 20, Holocauste en Allemagne du Reich,  etc…C’est dans la capitale même d’un Empire moribond, Constantinople, qu’il s’agissait d’abord de réduire à néant l’élite culturelle, politique, sociale et économique d’un peuple fier de ses racines, avec l’arrestation puis la déportation et le massacre. Suivront les mêmes actes dans les autres provinces jusqu’à la presque extermination de la population arménienne au sein de l’Empire Ottoman. Il s’agira aussi des mêmes procédés qui viseront les populations pontiques, assyriennes et des autres minorités présentes dans ces mêmes territoires.

Le signe de la solidarité nait avant tout par la souffrance et la convergence historique entre Arméniens et Libanais d’alors. Cette notion est d’autant plus affirmée par les déclarations mêmes des responsables ottomans d’alors, avec le ministre turc de la guerre Enver Pacha qui expliquait en 1916 : « Le gouvernement ne pourra regagner sa liberté et son honneur que lorsque l’Empire turc aura été nettoyé des Arméniens et des Libanais. Nous avons détruit les premiers par le glaive, nous détruirons les seconds par la faim ». Ces paroles se confirmeront par l’Histoire commune, et le destin commun auquel nos anciens ont du faire face.

Des enfants affamés au Liban durant la Première guerre mondiale

Des enfants affamés au Liban durant la Première guerre mondiale

Au Liban, où l’on accueillera aussi les survivants de ses massacres, le peuple a souffert: 200 000 victimes pour une population totale de 600 000 personnes durant la première guerre mondiale, mortes de maladies ou de faim en raison du blocus imposé à la montagne libanaise par le gouverneur ottoman Jamal Pacha avec la collaboration de certains habitants du Liban. On préfèrera à ces 200 000 morts essentiellement Chrétiens, quelques pendus de la place des canons parce qu’appartenant à toutes les communautés, et cela au nom de la création d’une nation. A ce concept de nation, il est nécessaire de remarquer que 100 ans après, aussi dans le cas libanais, on en est loin, nous ne sommes pas un peuple mais toujours 18 nations présentes sur un territoire qui ne partagent que quelques fois, seulement même, une langue.

Alors que les Arméniens commémorent le 100ème anniversaire du génocide des leurs, le Liban peine à se souvenir des morts et des massacres tant de son histoire ancienne ou même de son histoire contemporaine et des 170 000 morts de la guerre civile de 1975.  Le Liban est la terre d’accueil des minorités persécutées du Moyen Orient, et cela est d’autant plus criant aujourd’hui que se préparent en Orient, de nouveaux massacres avec Daech à nos portes. Un manquement à ce devoir est une négation de notre Humanité et du rôle que l’on se doit d’avoir.

Certains aujourd’hui, alors que le Pays des Cèdres souhaite honorer sa minorité arménienne et la soutenir dans sa commémoration du massacre de ses aïeux – elle qui garde une mémoire vivante bien après le décès de ses témoins directs – certains refusent de participer à ce travail de mémoire, sous des couverts religieux ou idéologiques, comme certaines organisations sunnites de Beyrouth qui appellent (article en anglais) les écoles à ne pas participer au jour férié du 24 avril 2015 pourtant décidé par le Ministre de l’Education. Estimant la réalité du massacre non conclusive et s’alignant sur les théories turques actuelles de dénégation, ces organisations contreviennent aux principes fondateurs du Liban. Si la communauté arménienne est bien présente et vivante au pays des Cèdres, c’est avant tout parce qu’il y a une réalité, celle d’un génocide commis, qui a forcé les survivants à venir se réfugier sur notre territoire. Dénier cela est équivalent à devenir complice d’un crime contre l’Humanité, 100 ans après. Il s’agit là d’un manquement à la solidarité intercommunautaire et un échec de la notion de peuple libanais et qui démontre que ce qu’on appelle « Libanais » n’est qu’une question de territoire et de langue et non d’aspiration à vivre ensemble et à coexister. On y retrouve les germes de la discorde.

Les Arméniens eux, se souviennent d’un massacre subis par les leurs, ils réclament justice, ce qu’on n’a jamais obtenu au Liban, depuis 100 ans. Ils devraient être notre modèle et nous devrions être fiers d’eux. Les Libanais n’ont jamais demandé justice, ils ont fait l’impasse sur leur Histoire, ils ont oublié au nom de la coexistence, pour ne pas heurter l’autre.

Mais peut-être alors est-il temps de changer de modèle de coexistence et se souvenir des morts et des disparus de notre Histoire récente, non pas pour stigmatiser l’une ou l’autre des communautés mais pour ne pas recommencer les fautes des nos anciens et se rappeler de la mémoire et des souffrance de nos aïeux. Un peuple sans Histoire est un peuple sans Avenir.

François el Bacha

Sur le Net:

Grande Guerre : la famine oubliée qui tua un tiers des Libanais, un document signé par France24

Liban: Echos, les voix derrière les photographies, une exposition pour la 40ème commémoration de la guerre civile

A l’occasion de la 40ème commémoration du début de la guerre civile, le Comité International de la Croix Rouge et la Croix Rouge Libanaise organisent conjointement au sein de la Villa Paradiso, située dans le quartier d’Ashrafieh, à Gemmayzeh, elle-même rescapée de l’Histoire contemporaine une exposition regroupant témoignages écrits, audio, vidéo et photographies du conflit fratricide et des guerres contemporaines des victimes, et autres parties prenantes dont des volontaires et travailleurs humanitaires ayant opéré durant les heures les plus sombres de cette période.

Difficile de résumer le conflit par 40 photographies prises par 6 photographes, intitulée « Echoes, The Voices behind the Pictures » – « échos, les voix derrières les photographies » , allusion aux victimes présentes, morts ou blessés, disparus ou prisonniers,  l’exposition a été inaugurée ce 16 avril en présence du secrétaire général de la Croix Rouge Libanaise Georges Kettaneh et du responsable local du CICR, Fabrizzio Carboni. Elle sera ouverte jusqu’au 26 avril 2015.

D’une durée de 15 ans, la guerre civile libanaise a fait entre 150 000 à 250 000 morts et on dénombre toujours aujourd’hui 17 000 disparus au cours de ses différentes phases.

Une exposition à voir donc, non pas pour en souffrir mais pour se remémorer des moments pénibles et pour plus encore, refuser tout nouveau conflit au Liban.

Guerre du Liban: Mémoires partagées, mémoires orphelines

Des combattants lors de la guerre civile libanaise

Des combattants lors de la guerre civile libanaise

13 avril 1975, le 11 septembre 2001 libanais, chacun apporte son témoignage du début de la guerre civile, une pierre à l’édifice mémoriel. Certains évoquent une enfance volée, d’autres, le départ loin d’un pays aimé, le sort de proches disparus et dont on est pour l’heure encore sans nouvelle, ou simplement morts enterrant avec eux un avenir qui se promettait d’être radieux.  Par ci ou par là, sur les réseaux sociaux, ou sur les pages personnelles, on peut lire le récit de ce jour funeste où a débuté la guerre civile de 15 ans, qui fera entre 150 000 et 250 000 morts et toujours aujourd’hui, on compte 17 000 disparus. Nombreux ont été effectivement les déracinés de cette terre qui iront briller à l’étranger au lieu d’accomplir leurs destinées au Liban même.

Nombreux ont été blessés, amputés d’une partie de leur chair ou de leurs proches, douleur aujourd’hui qu’on ne voit pourtant pas assez, il faut cacher ses cicatrices comme on a détruit les témoignages de la guerre et ces bâtiments criblés de balles et d’éclats du centre-ville de la capitale pour mieux oublier, au lieu de se recueillir et d’affronter ses peurs. Certains affrontaient les bombes pour sauver les vies comme les volontaires de la Croix-Rouge qu’on ne remerciera jamais assez et d’autres les lançaient sur les civils et on ne maudira jamais assez également. C’était le choix du courage et de l’abnégation ou le choix de la mort. Ce 13 avril 1975, 40 ans après, beaucoup n’étaient pas encore nés, puisque 60% des libanais ont moins de 40 ans. Certains ont grandi ensuite et ont subi sans comprendre le conflit fratricide, d’autres sont nés bien plus tard et ne peuvent pas imaginer les souffrances subies.

Chaque témoignage est bénéfique à la transmission de la mémoire, mais il reste que la mémoire n’est malheureusement pas institutionnalisée et donc commune pour toutes et pour tous. Chacun reste sur ses histoires transmises à ses proches, une histoire qui amène parfois des incompréhensions face aux autres qui étaient souvent des protagonistes et des adversaires selon les partis auxquels ils appartenaient. Ils se rejettent par conséquence, aujourd’hui la responsabilité du conflit comme ils se combattaient hier. L’absence d’une mémoire commune contribue aussi aujourd’hui à la poursuite de la mentalité de la guerre civile, une guerre devenue une écriture en plusieurs versions antagonistes du même récit ou chacun rejette sur les autres les fautes, mais ou les versions différentes tonnent comme les balles des Kalachnikov qui frappaient les murs.

Il ne s’agit plus aujourd’hui de faire témoignage à part, de raconter sa version des différentes phases de la guerre civile, mais de pousser les institutions civiles, politiques et institutionnelles libanaises à se tendre enfin la main, à mettre non pas de coté l’Histoire, mais au contraire à la mettre à l’honneur, à saluer ses adversaires d’hier, morts pour des idéaux, même si ces idéaux ne sont pas partagés, parce que ce conflit n’était pas le conflit du Liban mais le conflit des autres importés au Liban. On n’était que des pions, mais cette phase n’est malheureusement pas terminée aujourd’hui.

Outre le deuil non accompli par les familles qui réclament leurs proches disparus sans trop d’espoir qu’ils puissent toujours être vivants et de connaitre les derniers moments de leurs vies, une histoire difficile à reconstituer et qui malheureusement se révèle souvent impossible, faute de voir accomplir une justice, la guerre civile se poursuit aujourd’hui dans les mentalités des gens par les conflits parfois sectaires que traversent la région d’ou la nécessaire interprétation commune de notre histoire. L’objectif doit être qu’une nation libanaise naisse, dans sa définition moderne, c’est à dire, que des objectifs communs puissent permettre à des individus, ici des libanais, de choisir non pas de coexister mais de vivre ensemble. Il s’agira de partager non pas seulement une langue ou un territoire, mais aussi une Histoire, un même état et non 19 communautés, et les mêmes lois, la même justice.

Il s’agit aujourd’hui de promouvoir non plus des nations ethniques ou religieuses qui nous séparent en fin de compte mais une seule nation civique. Au lieu de cela, les criminels, autrefois vus comme des voyous, se pavanent souvent dans les institutions, pour eux, la guerre civile est une histoire d’une réussite personnelle, quid du sang versé par les autres. Et c’est ce manque de mémoire commune qui perpétue parfois des lignées d’assassins au pouvoir au lieu d’une élimination pacifique par des élections via le vote du peuple. Au lieu de cela, ils se font réélire depuis 40 ans, perpétuant le conflit qui les a mis au-devant. Une tragédie dont nous sommes condamnés à revivre les rediffusions années après année. Malheureusement, il ne s’agit pas d’une fiction mais d’une réalité quotidienne.

40 ans après, c’est sur un constat d’échec que malheureusement chaque témoignage sonne le glas de ce rêve d’une et unique nation rassemblée faute à ce que l’Etat et les autorités aient pu instituer un récit commun de cette période pour l’immense majorité qui n’a pas pu connaitre ce 13 avril 1975.

François el Bacha

Guerre du Liban: Mémoires partagées, mémoires orphelines

Des combattants lors de la guerre civile libanaise

Des combattants lors de la guerre civile libanaise

13 avril 1975, le 11 septembre 2001 libanais, chacun apporte son témoignage du début de la guerre civile, une pierre à l’édifice mémoriel. Certains évoquent une enfance volée, d’autres, le départ loin d’un pays aimé, le sort de proches disparus et dont on est pour l’heure encore sans nouvelle, ou simplement morts enterrant avec eux un avenir qui se promettait d’être radieux.  Par ci ou par là, sur les réseaux sociaux, ou sur les pages personnelles, on peut lire le récit de ce jour funeste où a débuté la guerre civile de 15 ans, qui fera entre 150 000 et 250 000 morts et toujours aujourd’hui, on compte 17 000 disparus. Nombreux ont été effectivement les déracinés de cette terre qui iront briller à l’étranger au lieu d’accomplir leurs destinées au Liban même.

Nombreux ont été blessés, amputés d’une partie de leur chair ou de leurs proches, douleur aujourd’hui qu’on ne voit pourtant pas assez, il faut cacher ses cicatrices comme on a détruit les témoignages de la guerre et ces bâtiments criblés de balles et d’éclats du centre-ville de la capitale pour mieux oublier, au lieu de se recueillir et d’affronter ses peurs. Certains affrontaient les bombes pour sauver les vies comme les volontaires de la Croix-Rouge qu’on ne remerciera jamais assez et d’autres les lançaient sur les civils et on ne maudira jamais assez également. C’était le choix du courage et de l’abnégation ou le choix de la mort. Ce 13 avril 1975, 40 ans après, beaucoup n’étaient pas encore nés, puisque 60% des libanais ont moins de 40 ans. Certains ont grandi ensuite et ont subi sans comprendre le conflit fratricide, d’autres sont nés bien plus tard et ne peuvent pas imaginer les souffrances subies.

Chaque témoignage est bénéfique à la transmission de la mémoire, mais il reste que la mémoire n’est malheureusement pas institutionnalisée et donc commune pour toutes et pour tous. Chacun reste sur ses histoires transmises à ses proches, une histoire qui amène parfois des incompréhensions face aux autres qui étaient souvent des protagonistes et des adversaires selon les partis auxquels ils appartenaient. Ils se rejettent par conséquence, aujourd’hui la responsabilité du conflit comme ils se combattaient hier. L’absence d’une mémoire commune contribue aussi aujourd’hui à la poursuite de la mentalité de la guerre civile, une guerre devenue une écriture en plusieurs versions antagonistes du même récit ou chacun rejette sur les autres les fautes, mais ou les versions différentes tonnent comme les balles des Kalachnikov qui frappaient les murs.

Il ne s’agit plus aujourd’hui de faire témoignage à part, de raconter sa version des différentes phases de la guerre civile, mais de pousser les institutions civiles, politiques et institutionnelles libanaises à se tendre enfin la main, à mettre non pas de coté l’Histoire, mais au contraire à la mettre à l’honneur, à saluer ses adversaires d’hier, morts pour des idéaux, même si ces idéaux ne sont pas partagés, parce que ce conflit n’était pas le conflit du Liban mais le conflit des autres importés au Liban. On n’était que des pions, mais cette phase n’est malheureusement pas terminée aujourd’hui.

Outre le deuil non accompli par les familles qui réclament leurs proches disparus sans trop d’espoir qu’ils puissent toujours être vivants et de connaitre les derniers moments de leurs vies, une histoire difficile à reconstituer et qui malheureusement se révèle souvent impossible, faute de voir accomplir une justice, la guerre civile se poursuit aujourd’hui dans les mentalités des gens par les conflits parfois sectaires que traversent la région d’ou la nécessaire interprétation commune de notre histoire. L’objectif doit être qu’une nation libanaise naisse, dans sa définition moderne, c’est à dire, que des objectifs communs puissent permettre à des individus, ici des libanais, de choisir non pas de coexister mais de vivre ensemble. Il s’agira de partager non pas seulement une langue ou un territoire, mais aussi une Histoire, un même état et non 19 communautés, et les mêmes lois, la même justice.

Il s’agit aujourd’hui de promouvoir non plus des nations ethniques ou religieuses qui nous séparent en fin de compte mais une seule nation civique. Au lieu de cela, les criminels, autrefois vus comme des voyous, se pavanent souvent dans les institutions, pour eux, la guerre civile est une histoire d’une réussite personnelle, quid du sang versé par les autres. Et c’est ce manque de mémoire commune qui perpétue parfois des lignées d’assassins au pouvoir au lieu d’une élimination pacifique par des élections via le vote du peuple. Au lieu de cela, ils se font réélire depuis 40 ans, perpétuant le conflit qui les a mis au-devant. Une tragédie dont nous sommes condamnés à revivre les rediffusions années après année. Malheureusement, il ne s’agit pas d’une fiction mais d’une réalité quotidienne.

40 ans après, c’est sur un constat d’échec que malheureusement chaque témoignage sonne le glas de ce rêve d’une et unique nation rassemblée faute à ce que l’Etat et les autorités aient pu instituer un récit commun de cette période pour l’immense majorité qui n’a pas pu connaitre ce 13 avril 1975.

François el Bacha

Du devoir de la mémoire de la guerre civile libanaise

Capture d’écran 2015-04-03 à 18.58.22Alors que le Liban peine encore à aborder l’Histoire du conflit fratricide de 1975 à 1990 à quelques jours de la 40ème commémoration de son début, l’INA (l’Institut National de l’Audiovisuel a mis en ligne une série de vidéo et de documents de la genèse – avec les accords du Caire de 1969 et le fameux septembre noir en Jordanie, pays qui expulsera plusieurs milliers de combattants palestiniens vers le Sud Liban-, au véritable début, avec l’incident d’Ein Remmeneh le 13 avril 1975 jusqu’aux dernières phases de la guerre sur son site.

On y retrouvera notamment les différentes batailles de cette guerre – guerre des hotels, attaque contre Damour, invasion israélienne de 1978 ou de 1982, etc… –  et des déclarations des personnalités aujourd’hui défuntes, comme Bachir Gemayel, Pierre Gemayel, Yasser Arafat, ou encore vivantes.

Ainsi, l’INA aborde la difficile origine de cette guerre civile qui fera plus entre 130 000 et 250 000 morts durant 15 ans, alors que le Liban compte toujours actuellement plus de 17 000 disparus. Des opérations militaires israéliennes en réponse aux tirs palestiniens au Sud Liban, des massacres des populations civiles par les différents protagonistes, de l’intervention syrienne au Liban à celle des forces internationales en 1982 et des différentes phases du chaos, les autorités libanaises semblent vouloir aujourd’hui mettre le voile sur les responsabilités des différents partis dont certaines personnalités demeurent toujours au pouvoir. Il aura donc fallu qu’un organisme étranger, français en l’occurrence nous rappelle cette terrible période par laquelle nous sommes passés, qui nous parfois pris des être chers ou laissés d’indiscutables cicatrices parfois toujours ouvertes.

Le devoir de mémoire doit être également un devoir citoyen fait par chacun, aucun monument, aucun musée aujourd’hui ne peut réunir les libanais, il existe bien ici ou la quelques projets mais qui ne sont pour l’heure que toujours quelques esquisses qui trainent, toujours 40 ans après. On évoque le fait qu’il ne faille pas ouvrir ses plaies pour ne pas engendrer un nouveau conflit. Mais ce conflit justement a laissé des plaies, auprès des familles des disparus qui n’ont pas pu faire leurs deuils, auprès des familles des victimes qui n’ont pas eu justice.

Pour ne pas recommencer demain, les erreurs du passé, c’est au Liban même, et non ailleurs que les 40ème commémorations du début de la guerre civile doivent être menées. Il est nécessaire d’avoir un élan transcendant les différentes communautés, qui, rassemblées, deviennent une nation, et qui ainsi pourra abordée son Histoire même conflictuelle, sereinement en sachant, non pas oublier mais se souvenir et pardonner.

François el Bacha

En Image: la vallée Sainte de Qadisha au Liban

La Vallée Sainte de Qadisha, ou Kadisha, est située au Nord Liban et a été inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO. Fortement escarpée et pentue, elle s’étend de la Forêt des Cèdres qui la surplombe et héberge le fleuve de Qannoubine qui deviendra le fleuve Abou Ali à Tripoli.

Actuellement menacée en raison de projet immobilier et du risque de passage d’une route, remettant en cause son inscription, la vallée sainte a occupé très tôt par l’Homme puisqu’on a trouvé des traces remontant au Paléolithique. Elle deviendra un refuge en raison des difficultés à y accéder à de nombreuses populations victimes d’exactions dont la communauté maronite dès la fin du VIIème siècle. Ainsi le Monastère de Qannoubine deviendra même le siège patriarcal maronite au XVème siècle. Mais on y trouve également les ruines de monastères éthiopiens, nestoriens, arméniens, melchite et jacobites. On peut encore aujourd’hui retrouver des traces paléo-chrétiennes. On y a d’ailleurs retrouvé en 1990, 8 momies naturellement préservées de personnes avec leurs habits et appartenant à la communauté maronite, ce qui prouve que les lieux ont encore de nombreux secrets à révéler.

Aujourd’hui, de ce passé d’ermites, on ne peut que rencontrer que le Père Dario Escobar, moine maronite venu de Colombie et qui a abandonné fortune et confort pour répondre à l’appel de Dieu pour l’inconfort d’une église et son cloitre perchés dans une grotte.

Nous vous invitons également à revoir notre infographie sur le Monastère Saint Antoine de Qozhaya.

La Banque Audi n’héberge pas de compte à Daech, indique l’établissement financier

427275-1C’est par un communiqué que la Banque Audi a répondu à l’article publié par le journal Al Akhbar qui avait accusé l’établissement bancaire d’héberger des comptes appartenant à l’organisation terroriste Daech via sa filiale turque, Odea, suite à la visite d’un responsable du trésors américain en charge de la lutte contre le terrorisme.

Selon le quotidien Al Akhbar, les autorités américaines auraient obtenu un certain nombre d’information confirmant les activités illégales entre l’organisation terroristes et des banques turques et irakiennes, suscitant la crainte que les filiales dans ces pays des banques libanaises puissent agir comme proxies pour atteindre les marchés internationaux via notamment le secret bancaire qui a toujours cours au Pays des Cèdres. Ainsi, les établissements libanais pourraient tentés de compenser la perte de compétitivité sur les marchés locaux.

Indiquant que le rapport publié dans les colonnes du journal libanais serait totalement imprécis et ne reflétant en aucune manière le contenu des discussions abordées avec le responsable américain, le communiqué de la Banque Audi a noté que son nom n’a jamais été mentionné à aucun moment et que les autorités turques n’ont jamais demandé à la filiale turque de prendre des mesures spécifiques dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le recyclage d’argent sale.

« La Banque Audi, ainsi que ses filiales présentes au Liban et à l’étranger, appliquent les standards les plus strictes concernant l’éthique et la pratique bancaire et obéit aux régulations locales et internationales dans tous les pays dans lesquels elle est présente », peut-on également lire.

Le Gouverneur de la Banque du Liban Riad Salameh avait déjà démenti tout financement par les banques libanaises de l’organisation terroriste Daech présente en Syrie et en Irak.

Note stable pour le Liban selon S&P

Le siège de S&P, crédit photo: Wikipedia

Le siège de S&P, crédit photo: Wikipedia

L’agence de notation Standard & Poor’s a maintenu la note B-/B pour le Liban sur les crédit à court et moyen terme sur en monnaie locale et étrangère et une perspective stable à long terme  en raison du maintien des transferts financiers vers le Pays des Cèdres, permettant au gouvernement de maintenir le niveau de ses déficits publics en dépit de la situation qualifiée difficile à la fois sur un plan domestique et international.

Ces transferts, notamment de la diaspora, vers le Liban permettent aux autorités libanaises de financer ses déficits publics et le service de la dette, note le même rapport qui salue également la résilience des institutions financières libanaises et le soutien de la Banque du Liban via le haut niveau de ses réserves en devises étrangères, sa politique en faveur de la stabilité des prix à la consommation et l’offre d’un taux d’intérêt favorable à l’activité économique.

Pour rappel, Moody’s a accordé au Liban une note B2 avec une perspective négative, Fitch a également donné au Liban la note B avec une perspective négative.

Le Liban connait actuellement une grave crise économique avec notamment une crise dans le secteur immobilier avec un nombre important d’unités invendues. Un rapport économique de la Banque Mondiale prévoit une croissance de 2,2% pour l’année 2015, en deçà des 2,4% nécessaires afin de juguler la hausse des déficits publics. Ce même rapport ne prévoit aucune amélioration tangible avant 2017. Ces difficultés économiques sont d’autant plus exacerbées par l’impact de la crise syrienne sur le Pays des Cèdres qui héberge plus de 1,5 millions de réfugiés de source officielle, réfugiés à qui l’état doit fournir une assistance médicale, éducation, eau et électricité alors qu’il est déjà très endetté. Le coût de ce conflit également a été également estimé à 7,5 milliards de dollars en 2013 selon une recherche effectuée par une ONG américaine, notamment en raison des difficultés faites aux entreprises libanaises d’accéder non seulement à la Syrie mais également aux pays du Golfe via le trafic routier pour y écouler leurs marchandises.

Sur le Net: Découvrir les notes accordés par S&P et d’autres agences des différents pays ici