Liban: le Déficit commercial en hausse

Le port de Beyrouth, crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Le port de Beyrouth, crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

En dépit d’une diminution des déficits publics à 21.89% pour les 9 premiers mois de 2014, le déficit commercial s’est accru, se portant à 83,63% en 2014 contre 81,51% en 2013, selon les statistiques publiées par les douanes libanaises. Les exportations ont ainsi atteint 3,313 milliards de dollars, en baisse de 15,8% par rapport à 2013, principalement à destination de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, de l’Afrique du Sud et de la Syrie. A noter une petite amélioration en décembre 2014, avec une augmentation des exportations de 10% par rapport à la période comparable de 2013. Cette dégradation serait essentiellement liée à la situation actuelle en Syrie, par lequel transite l’essentiel des marchandises libanaises.

Coté importation, le montant total est estimé à 20, 494 milliards de Dollars. Les premiers pays importateurs sont la Chine, l’Italie, suivie par les USA, la France et l’Allemagne.

73% des marchandises à destination du Liban sont arrivées via le port de Beyrouth, 17% par l’aéroport et seulement 5% par le port de Tripoli. Suite à la détérioration de la situation en Syrie, le transit cargo via l’aéroport de Beyrouth a augmenté de 80%. Ainsi, coté exportation, le port de Beyrouth représente désormais 43% du transit, 28% par l’aéroport et 15 via le point de passage libano-syrien de Masnaa.

Liban: Diminution des déficits publics à 21,83% pour les 9 premiers mois de 2014

Le siège de l'EDL, crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Le siège de l’EDL, crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Le ministère des finances a indiqué que les déficits publics ont été réduits de 31,89% à 21,93% pour les 9 premiers mois de l’année 2014 par rapport à la période comparable de 2013, selon les dernières statistiques publiées, en raison d’une augmentation des revenus publics.

Bémol à cette amélioration, les dépenses publiques ont poursuivi leur hausse, s’établissant désormais à 10520 billiards de Livres Libanaises, soit 7,79% de hausse par rapport à la période comparable de 2013. Les revenus de l’état n’ont augmenté que de 5,65% durant la même période. L’amélioration du déficit est surtout lié à une diminution du cout de la dette publique accompagnée à une diminution également des subventions liées à l’EDL.

Le ministre des finances, Ali Hassan Khalil a d’ailleurs estimé s’attendre à une poursuite de cette baisse en raison de la diminution des prix du pétrole, l’un des principaux postes de dépense des finances publiques étant liée aux subventions à la production d’électricité de l’EDL.

Les Conquérants de l’Inutile

Charles Malek aux Nations Unis

Charles Malek aux Nations Unis

Cette semaine a été marquée par l’entrée triomphale de Hiba – Tawaji pour ne plus la présenter – dans le concours de The Voice organisé en France ou on était pratiquement tous knockout après sa prestation, qui a allié charme et grandeur. Amal – Alamuddin -, désormais épouse de George Clooney qui passe maintenant même au dernier plan face à elle -, avant elle s’était fait connaitre par le monde entier sur un tout autre registre, celui de la Justice Internationale, n’hésitant pas à combattre  les pires injustices au Monde, celui du conflit israélo-arabe ou les violations des droits de l’Homme commises par des régimes pas vraiment démocratiques. Moins connues, Sarah, étudiante en Science Politiques à Harvard, Alicia, chercheuse au CDC d’Atlanta, Nathalie, entrepreneuse, toutes ces libanaises qui n’hésitent pas à porter haut les couleurs de leur pays à l’étranger. Et peut-être n’ont-elles guère d’autre choix, soumises au Liban à des lois d’un autre âge, discriminatoire, en raison d’une société caractérisée par l’emprise politique et économique de quelques mafias.

Quel contraste, quelle déception de les voir s’exiler au lieu de nous apporter les lumières qu’elles portent. C’est bien un rappel, une claque, qu’elles nous ont dernièrement affligé.

« Nul n’est prophète en son pays », prétendait Gibran Khalil Gibran, autre exilé célèbre, reprenant une phrase des Evangiles. Il fut néanmoins un temps ou les libanais étaient des hommes et pouvaient sortir du lot dans leur propre pays. Un temps ou des Riad el Solh en compagnie de Béchara el Khoury et tant d’autres, s’unissaient, mettant de coté leurs communautés respectives pour établir une nation libanaise, concept de partage. Un temps ou plus proche de nous, Fouad Chéhab imposait le concept de l’état face au féodalisme imposé par quelques grandes familles; un temps ou Maurice Chéhab, lui aussi, opposait à la destruction culturelle et patrimoniale, la protection de l’Etat. Un temps enfin ou les Charles Malek, participaient à la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme au sein d’un comité des Nations-Unis, qui venaient de gagner la IIème guerre mondiale, un temps ou ces Charles Malek devenaient les premiers présidents de l’Assemblée de ces mêmes Nations Unis qui tendront la main aux vaincus pour se réconcilier avec eux et construire un avenir commun. Un temps ou les Libanais rayonnaient aussi bien dans leur pays qu’à l’étranger. Ils étaient nos conquérants portant les valeurs de l’Humanité comme leur drapeau avec la fierté du Cèdre. Une grande époque.

Un temps bien loin … dont nos ainés demeurent nostalgiques et auquel on a bien du mal à croire, « Jeunesse rêve, vieillesse décompte« , dit l’adage, sauf qu’il s’agit là du contraire, le Liban était synonyme de civilisation dans cette partie du Monde encore sauvage, tout le contraire d’aujourd’hui.

Jean Giono prétendait que « la jeunesse, c’est la passion pour l’inutile ». Je suis au regret de lui dire qu’il avait tord dans le cas présent: Nul ne peut prétendre que les véritables conquérants de l’inutile que le Liban connait en sont les dignes héritiers, une classe politique occupée à se chamailler au lieu de jeter les ponts d’une entente, à s’étaler sur les photos selfies de Miss Liban au lieu de faire face aux dangers qui menacent d’abattre le Cèdre de notre drapeau – nul besoin de rappeler que Daech est à nos portes et même déjà se confronte à notre armée -.

Il faut également rappeler qu’une mafia économique existe et est plus occupée à amasser richesses au lieu de partager – 34 % de taux de chômage chez les jeunes aujourd’hui alors que les banques libanaises possèdent plus de 150 milliards de dollars d’actifs qu’elles pourraient plutôt investir en emploi au lieu de s’assoir dessus. Ce ne sont pas les idées qui manquent à ces jeunes pour créer des entreprises mais généralement l’absence de fonds -.

Enfin, une mafia culturelle exerce sa tyrannie, une véritable dictature culturelle si jamais on la critique, une pseudo-élite sociale, plus « anciens riches de la guerre civile » que personnes cultivées en parlant de terrorisme culturel, ils seront d’ailleurs les premiers à avoir un comportement digne de voyous en sortant des armes au détour d’une bagarre nocturne.

Et pendant ce temps-là, les libanais souffrent en silence, s’exilent dans un ultime souffre pour réussir ailleurs et obtenir une chance de briller, ce que dans leur pays qui le leur refuse. 30 000 jeunes quittent chaque année, à l’image des Hiba, Amal, Alicia, Nathalie, Sarah, et tant d’autres qui construisent leurs avenirs dans des pays lointains et qui leurs offrent richesses, leurs talents qui peut enfin s’y exprimer, ailleurs que dans un Liban qui en aurait pourtant tant besoin. Une fuite de talent.

François el Bacha

Liban: Baisse du prix du pétrole et nouvelles taxes

Puit de pétroleAlors que le Liban reste l’un des premiers bénéficiaire de la baisse du cour mondial de pétrole selon le FMI, en raison de l’impact de cette baisse sur les finances publiques, ramenant le déficit de 19% à 15%, l’Etat Libanais a décidé de l’instauration d’une nouvelle taxe de 500 livres libanaises par bidon d’essence, (soit de 25 LL par litre) auquel se rajoute une taxe de 2 200 LL déjà existante. Réclamée par les économistes, cette mesure aurait été motivée par la baisse des revenus publics liés à la vente d’essence et qui pourrait atteindre, selon le quotidien Al Akhbar jusqu’à 300 milliards de Livres pour 2015 si cette tendance baissière se confirme. Ces revenus ne dépassent actuellement pas 20 à 30 millions de dollars par mois.

Le prix actuel du bidon atteindrait par conséquence 22 300 LL (soit 0,74 USD par litre) pour le sans-plomb de 98 octanes et de 21 700 (0,72 USD) pour celui de 95 octanes soit toujours en dessous de la moyenne mondiale qui est estimée à 1,08 USD par litre.

De nombreux analystes estiment que le cours du pétrole devrait poursuive sa baisse et attendre jusqu’à 40 USD/Baril en dépit aujourd’hui de la mort du Roi Abdallah d’Arabie Saoudite contre 47,3 USD/Baril aujourd’hui, après un maximum atteint de 110 USD au cours de l’année dernière. Cette chute du prix du pétrole s’explique d’une part par la surexploitation de cette ressource notamment aux USA qui sont redevenus pays exportateurs et le refus des pays membres de l’OPEP à réduire leurs quotas de production. Certains accusent l’Arabie Saoudite et les Etats Unis de vouloir ainsi financièrement étouffer la Russie d’une part et l’Iran d’autre part en raison d’impératifs géostratégiques et de l’implication de ces pays en Ukraine ou en Syrie, ou de la volonté de la part de Ryad de ne pas laisser les énergies alternatives et les ressources pétrolières annexes comme le gaz de schiste se développer dans le monde.

Plaidoyer en faveur de l’emploi au Liban

Le siège de la Banque Mondiale à Washington.

Le siège de la Banque Mondiale à Washington.

Une délégation la Banque Mondiale en déplacement au Liban a indiqué, au cours d’une visite non officielle, que le Pays des Cèdres devrait mettre en oeuvre une politique économique visant soutenir la création d’emplois notamment aux jeunes. Citant une étude effectuée en 2013, Nigel Twose, haut responsable de l’institution financière internationale, a indiqué que parmi les 23 000 nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi, seuls 3400 trouvaient un débouché au Liban même. Ainsi, la banque mondiale estime que le taux de chômage au Liban atteindrait les 20 % fin 2014, et plus spécifiquement 34 % parmi les jeunes et 18 % pour les femmes.

Parmi les sources d’inquiétude de l’institution financière internationale, le manque de coopération de la part des autorités libanaises, citant également l’absence par celles-ci de tout suivi des recommandations pourtant faites dans le rapport remis au gouvernement libanais en 2012. Le responsable de l’institution internationale note également que les conditions économiques se sont depuis dégradées notamment en raison de l’impact de la crise syrienne.

Nigel Twose estime également qu’il est nécessaire au Liban de repenser sa politique d’accès au travail afin de diminuer les barrières à l’emploi et une meilleur flexibilité. Il recommande également une réforme fiscale afin de ne permettre la levée des barrières à l’investissement, à l’augmentation de l’efficacité des investissements publics et à la mise en œuvre d’une politique visant à la création d’emplois dans des secteurs considérés comme productifs. Enfin, la banque mondiale appelle à réformer le système de sécurité sociale enfin de réduire le travail au noir et d’encourager la mobilité des travailleurs.

Par ailleurs, la banque mondiale pourrait lancer un nouveau programme au Liban visant au développement de Startups dans les domaines de télécommunications et de l’Internet mobile, mettant en avant que le pays des Cèdres est un environnement favorable à ce type d’entreprises en raison de la présence universités de haut niveau, ainsi que du nombre important de personnes parlant couramment de nombreuses langues. Ce programme attend cependant l’approbation du conseil des ministres et sa ratification par le Parlement libanais…

Francois el Bacha

Liban: tentative de régulation du marché de l’automobile

SpeedTest ATCL at Beirut WaterFrontAlors que la hausse des ventes de véhicules est en augmentation de 4,7 % en 2014 selon l’association des importateurs des voitures, soit 37 816 automobiles neuves, avec 90 % du marché représentant les véhicules de moins de 15 000 $, les autorités libanaises ont décidé par l’intermédiaire de la Banque Centrale de réguler ce marché. Kia serait ainsi la première marque vendue au Liban, avec 8350 véhicules vendus, suivi de Hyundai (7128 véhicules), Toyota (4865 véhicules et Nissan (4767 véhicules). Seules 3,5% des automobiles neuves vendues à un prix supérieur à 100 000 USD.

Ainsi, la BDL a mis en place une circulaire, le 21 août 2014 exigeant des sociétés bancaire et de crédit offrant des prêts d’achat de véhicules neufs d’exiger un dépôt préalable équivalant à 25 % du prix du véhicule acheté. Cette mesure concerne également les prêts à l’achat de biens d »immobiliers, et cela afin de lutter contre les défauts de paiement affectant certains consommateurs. Cette même mesure appelle également à ce que les sommes remboursées mensuellement ne dépassent pas 45 % des revenus du foyer. Cette décision est motivée par une étude effectuée par la banque centrale démontrant que de nombreux clients méconnaissent le coût du prêt à long terme et se révèlent incapable à la longue d’en payer les mensualités.

L’Association des importateurs de voitures a indiqué que l’entrée en fonction de cette mesure aurait déjà provoqué une diminution de 3 % de la vente des véhicules neufs par rapport à l’année dernière et de 8% par rapport aux périodes comparables des années 2012 et 2013 et d’estimer que cette décision de régulation du marché profite avant tout aux vendeurs de véhicules de seconde main. Ils dénoncent également le fait que des foyers à faible revenu pourraient ainsi avoir des difficultés à acheter un véhicule neuf.

Par ailleurs, les autorités libanaises pourraient prochainement baisser le coût du transport public en raison de la diminution du prix des produits pétroliers. Pour rappel, l’achat de nombreux véhicules de moins de 15 000 $ est motivé par l’absence de structures adaptées dans le domaine du transport public. Est ce que l’entrée en vigueur de la circulaire de la banque centrale et de l’annonce de la diminution les prix des billets de transports publics est une coïncidence? Nul ne peut actuellement y répondre.

François el Bacha

Liban: Pas d’amélioration tangible avant 2017 note la Banque Mondiale

Capture d'écran de la page du rapport Global Outlook du Site de la Banque Mondiale

Capture d’écran de la page du rapport Global Outlook du Site de la Banque Mondiale

Dans un rapport publié le 13 janvier 2015 et intitulé Global Economics Prospect, la Banque Mondiale estime que l’amélioration de la situation économique au Liban se fera attendre jusqu’en 2017, indiquant par ailleurs que le Pays des cèdres connaitra une croissante lente pour les années 2015 et 2016, insuffisante pour juguler le déficit budgétaire.

Pour rappel, le Liban passe actuellement dans une grave crise économique notamment dans les secteurs du BTP et de l’industrie touristique.

Selon Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale, après des années de turbulences, certaines économies du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord semblent se stabiliser, bien que la croissance reste fragile et inégale. La croissance des pays importateurs de pétrole a généralement stagné en 2014, tandis que celle des pays exportateurs a légèrement augmenté après une période de contraction en 2013. Les déséquilibres budgétaires et extérieurs restent importants. La croissance devrait progressivement augmenter jusqu’à 3,5 % en 2017 (contre 1,2 % en 2014). Les risques liés à l’instabilité régionale et à la volatilité du prix du pétrole sont considérables tandis que les transitions politiques et les problèmes de sécurité persistent. Les mesures visant les défis structurels à long terme ont été reportées à maintes reprises et le fort taux de chômage reste un important problème. La baisse du prix du pétrole offre l’occasion de supprimer les importantes subventions à l’énergie en place dans les pays importateurs de la région.

Parmi les pays arabes non producteurs de pétrole, la situation libanaise a été particulièrement marquée par les impacts des défis sécuritaires et politiques avec notamment les tensions causées par la guerre civile syrienne et cela en dépit d’un soutien des pays du Conseil de Coopération du Golfe et de l’Arabie Saoudite. Ainsi 1,5 millions de réfugiés syriens seraient présents au Liban soit, 25% des personnes résidant actuellement au Pays des Cèdres. La Banque Mondiale estime par ailleurs que ce chiffre serait sous-estimé par rapport à la réalité et indique que la plupart d’entre eux subsistent sans emplois et alors que l’aide internationale promise à Beyrouth manque toujours à l’appel.

Ainsi, en dépit d’une légère hausse des activités d’exportation et de certains secteurs d’activité, la Banque mondiale note que le sentiment général des acteurs économiques reste pessimiste en raison de l’incertitude politique, l’activité économique poursuivant sa contraction pour son 16ème mois consécutif, notamment dans le secteur touristique.

L’institution internationale indique également, qu’en dépit de ces facteurs, le Liban a réussi à lever des fonds internationaux sans garantie extérieure comme ce fut le cas de la Tunisie qui a vu ses obligations garanties par les Etats-Unis et le Japon. Elle note également s’attendre à une progression du taux de croissance du PIB, qui passerait de 1.5% pour l’année 2014, à 2% pour l’année en cours et s’accélérer à 3.4% puis 3.6% pour respectivement 2016 et 2017, soit un peu au dessus de la moyenne régionale. Le solde des comptes courants pourrait également s’améliorer en profitant d’une croissance supérieure à 2.4% nécessaire afin de résorber les déficits publics, passant ainsi d’un déficit de 8.3 milliards de dollars en 2014 à 7.1 milliards de dollars de déficit en 2017.

La banque Mondiale estime cependant que les risques d’escalades en Syrie pourraient fortement impacter les pays voisins comme le Liban, l’Irak et la Jordanie et nuire aux améliorations en cours.

Rapport Global Economic Prospect Janvier 2015 (Anglais)

François el Bacha

En Image: Le Liban tout simplement en Blanc

«La neige du Liban abandonne-t-elle le rocher des champs, ou voit-on tarir les eaux qui viennent de loin, fraîches et courantes ?» (Le Livre de Jérémie, 18, 14)

C’est du moins ce qu’on aurait presque plus penser de l’année 2013, année difficile ou la neige et au delà, la pluie même était bien rare. Après une année de répit ou les skieurs plus ou moins aguerries désespéraient même de voir la neige, le Liban se réconcilie avec le manteau blanc,qui orne à nouveau les sommets des montagnes du Mont-Liban. Alors que la saison hivernale commençait, il y encore une dizaine d’année, vers la moitié du mois de novembre, la neige se fait désormais attendre jusqu’au mois de janvier.

Introduit officiellement dans les années 1930 par des officiers français de l’Armée du Levant, le ski se pratique assez couramment au Liban, le pays des Cèdres étant l’un des rares pays ou selon le cliché local, « on peut skier le matin et aller à la plage l’après-midi », chose qui peut être assez facilement vérifiable à partir du mois d’avril.  Le Pays des Cèdres compte d’ailleurs plusieurs stations de ski, les plus connues étant celle de Kfardebian, à 40km de la capitale Beyrouth et dont le sommet atteint 2500 mètres, et celle des Cèdres, à proximité de la forêt homonyme et qui s’étale entre 2000 et 3000 mètres d’altitude.

Conseils: 

Essayer d’éviter les weekends, il y a généralement trop de monde, il s’agit plus « de se faire voir et de prétendre skier » au lieu de pratiquer ce sport. Il est également préférable d’y arriver au maximum à 9h. 

La neige est assez changeante, généralement bonne le matin et très mollasse l’après-midi donc plus difficile à la pratique. Il est donc préférable d’aller à partir de Midi sur des versants qui sont sujets à l’ensoleillement et un peu plus éloigné des pistes les plus fréquentées. 

Sur le Net:  

Skileb (anglais), site web donnant une série d’information, notamment sur l’accès des stations de ski ainsi que sur leurs enneigements respectifs. Des réservations de chambre d’hotel y est également possible. 

L’histoire du Ski au Liban par le Club de Faqra (document PDF, 2ème page) nous apprendra que ce sport se pratique depuis 1913 de manière amateur sur les pentes du Mont Liban.

Une bonne critique de la pratique du ski au Liban se trouve également sur le site CamptoCamp avec notamment, pour celles et ceux qui espèrent découvrir de nouvelles sensations loin des foules qui fréquentent généralement les pistes les plus connues. Ce site nous fait également découvrir et nous donne des conseils concernant le Ski de Randonnée. 

Drôle de Pays que ce Liban

Beyrouth dans le brouillard, crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Beyrouth dans le brouillard, crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Drôle de ce pays que ce Liban, ou il est tout simplement permis de s’auto-prolonger du moment ou on est élu, ou il est permis de voler, du moment ou on est politicien, et même ou il est permis de tuer du moment ou on a un soutien politique. Avoir une arme pour sortir faire des courses, aller en boite, cela semble aujourd’hui même normal. « Tiens on va s’amuser à se battre après le NightClub, à tuer une personne à défaut de tuer le temps ». Shérif ou es-tu dans ce Far pas vraiment West, mais plutôt complètement à l’ouest mes pauvres ». Tout va mal direz-vous, on n’a même plus envi de se mobiliser, défaitisme, certains diront également, non, lassitude plutôt peut-être

Drôle de pays que ce Liban, ou l’on peut commettre les pires crimes sur la route, mais prière de tout de même respecter les limitations de vitesse. Les lignes sur la route, des dessins, il faut bien rouler au milieu ni à droite, ni à gauche et surtout lentement. On peut prendre des sens interdits, même sur une autoroute qui n’en ait d’ailleurs même pas une, magasins et autres boutiquiers sur les cotés le démontrant, ou encore faire des Between comme on appelle ici les queues de poisson devant un flic, il ne réagirait pas, même lui-même victime. Lassitude? Peut-être. Défaitisme, probablement. Ignorance du code la route, très probable d’un coté comme de l’autre. Manque de savoir-vivre, de bonnes manières, cela est certain.

Drôle de pays que ce Liban qui oublie ses richesses patrimoniales, identitaires, sa culture, au profit au sens propre de quelques promoteurs avides de richesses personnelles, parfois avec la complicité de politiciens ou de fonctionnaires eux-même souvent corrompus, l’argent au détriment de la fierté et de l’honneur de servir son pays.  Drôle de pays ou on élit une capitale pourrie par la pollution, le trafic, 7ème merveille mondiale dans un soucis de marketing, Merchandising d’une image de marque bien décrépie, ou le Loubnan al Akhdar ou Liban vert a été remplacé par le Loubnan al Batoun ou Liban bétonné. Peut-être est-ce la une manière de redistribuer les richesses, en faveur du haut de la pyramide, le reste doit se contenter des quelques miettes restantes. En parlant de miette, drôle pays que ce Liban, ou aller dans des restaurants, se montrer, culture du show-off oblige, pour être malade ensuite, insécurité alimentaire oblige, voir parfois prolonger un séjour dans un hôpital voir même risquer de gagner une hospitalité permanente, six pieds sous-terre. Un pays également ou les artistes se meurent littéralement à la tâche, défaut de sécurité sociale oblige, même si aujourd’hui la chose est corrigée, beaucoup, et non des moindres, ont déjà trépassé faute de soin adéquat.

Drôle de pays que ce Liban dont la population se mobilise pour l’étranger, oubliant bien vite ses propres victimes et bourreaux. #OnnestpasLibanais, #Onnestpassolidaire en fin compte, #onestcommunautaire souvent, pas tout le temps tout de même, il faut bien faire passer ses intérêts personnels avant toute chose, #onestindividualiste, la plupart du temps, « OH OUI » dans un réflexe presque orgasmique. Nos terroristes ont le droit de communiquer avec leurs complices, la liberté d’expression, voyons au Liban est complète et concerne tout le monde y compris les pires – sauf les citoyens les plus honnêtes qui sont obligés de se la fermer, menaces obligent – , Internet et réseaux mobiles étant disponibles à Roumieh même, il faut bien les laisser coordonner les prochains attentats, amusant la galerie, et donner des prétextes bien futiles permettant à nouveau à la classe politique de polémiquer sur les responsabilités de chacun à défaut de considérer leurs propres responsabilités réciproques. Exit également, les disparus de la guerre civile depuis fort longtemps, exit les victimes des conflits  qui ont jalonné même notre histoire récente, Denniyeh de 2000, Guerre israélo-libanaise de 2006, Nahr Bared en 2007, le souvenir des derniers évènements de Tripoli, de Saida ou d’Arsal s’estompe déjà. Beaucoup de pays se recueillent sur les tombes des soldats inconnus, le peuple lui-même victime ne se recueille même plus sur ses propres tombes. Peuple tout simplement amnésique.

Drôle de Liban que les Libanais rêvent de quitter quand ils y sont domiciliés et ou ils rêvent de revenir une fois à l’étranger. Une relation quasi-sadomasochiste, pimentée par un syndrome de Stockholm ou, otage d’une situation qui la dépasse le plus souvent, la population – victime souvent mais aussi mouton de Panurge en fin de compte – fini par admirer et travailler pour ses kidnappeurs préférés, pays étrangers sous-traitant aux mafieux locaux.

Un jour quelqu’un m’a dit « ah oui, mais toi, tu n’aimes pas le Liban », chose qui m’a choqué. Je suis un citoyen qui rêve d’un autre pays et qui se retrouve coincé dans un Liban qui ne lui ressemble effectivement pas, drôle de pays que ce Liban ou tout va mal, certes, mais ce n’est pas mon Liban auquel j’ose espérer un jour prochain et j’espère qu’il reste encore des rêveurs comme moi d’un Liban meilleur demain.

François el Bacha

La réplique de l’IDAL

La capitale Liban, Beyrouth.

La capitale Libanaise, Beyrouth.

Dernièrement attaquée notamment par le Magazine Executive qui s’interroge dans un article sur la gouvernance de cette institution qu’il estime mauvaise, l’IDAL (Investment Development Authority of Lebanon) réplique en annonçant la constitution de 4 zones industrielles dans différentes régions libanaises.

Etablie en 1994 et répondant directement au Premier Ministre Libanais et non à une quelconque autre tutelle, l’IDAL a pour objectif de promouvoir l’investissement étranger au Liban dans différents secteurs, dont l’Industrie, l’agriculture, l’industrie agro-alimentaire, le tourisme, l’information, la communication et les technologies liées ainsi que dans les médias. Depuis par exemple, l’IDAL a permis notamment de simplifier les opérations administratives permettant l’installation de  sociétés étrangères au Liban. Ils auraient encore permis de mener à bien plus de 35 projets différents pour une somme totale de 500 millions de dollars – dont 71% dans le secteur touristique et 25% dans le secteur industriel sans plus de détails – et la création d’un peu plus de 1500 emplois . Détail important à souligner, 90% de ces investissements sont effectués par des ressortissants libanais résidant à l’étranger, ce qui dénote tout de même un problème au niveau de l’attractivité du Pays des Cèdres au niveau international.

C’est sur le constat qu’en réalité, l’investissement étranger au Liban continue par décroitre, de 4,28 milliards en 2010, 3,67 milliards de dollars en 2012 pour atteindre seulement 2,83 milliards en 2013 et cela en raison des conditions politiques et géopolitiques difficiles par lesquelles passe le Pays des Cèdres, mais également, selon le magazine, en raison du nom renouvellement du Conseil d’Administration de l’IDAL, nommé en 2005 – dont il précise toujours sous l’hégémonie syrienne – et dont le mandat est arrivé à expiration en 2009 et qui s’attaque à son incompétence, selon ce média, en soulignant l’absence de stratégie. Cependant, Executive convient que les crises politiques que connait depuis lors et la paralysie politique qui s’en suit a bien entendu impacté l’institution publique mais que cela n’exonère en rien la responsabilité d’un leadership qui utilise cette excuse pour expliquer ses échecs et suggère qu’un sang nouveau doit arriver à la sa tête afin de la relancer.

Et effectivement pour sa défense, outre la situation politique et économique qui est guère favorable, comme toute autre institution étatique et elle même le convient par l’intermédiaire de son président, Nabil Itani, l’IDAL souffre de certains maux, comme l’absence de nombreux fonctionnaires, 21 à l’heure actuelle en activité pour plus de 80 postes. La paralysie de l’état, comme l’absence de budget, l’absence de toute politique économique claire, le fait qu’aucune modernisation du cadre économique via les lois ne peut être effectuée, vacances parlementaires obligent, sont autant de raisons pour que cette institution ne puisse accomplir ses taches. Cette institution réplique aux critiques précédentes par un plan visant à établir des zones industrielles sensées attirées des FDI dans le Sud Liban, dans le Nord Liban et dans la plaine de la Békaa. Cette annonce, qui suit les attaques subies par ses dirigeants dans la presse semble plutôt être une réponse dans l’urgence puisque peu de détails sur les zones proposées – avec notamment un soucis environnemental et on a pu être témoin des incidents qui se sont déroulés quand les frères Fattoush ont voulu monter une « cimenterie » à Zahlé – , le type d’industrie concerné à juste titre, etc… et surtout ce plan doit être encore examiné et approuvé par le gouvernement libanais, ce qui est loin d’être acquis.

Ce que ne disent aucune de ces 2 parties, et c’est sur ce point que doit principalement porter le débat, c’est qu’investir au Liban, coute en fin de compte cher et le retour sur investissement n’est peut-être pas garanti en raison des différents écueils que la situation actuelle pose. A l’exemple des investissements dans l’immobilier, le Liban est cher et beaucoup trop cher par rapport à ses concurrents régionaux et internationaux. De plus, contrairement aux pays du Golfe par exemple auquel il aime se comparer, le Liban n’a pas de connu de hausse significative de son pouvoir d’achat, bien au contraire.  Plus encore, la structure économique même du Pays, avec les agences exclusives ne permet pas la libre concurrence et donc ne permet pas l’abaissement des couts d’entrée des acteurs tant aussi bien locaux mais également étrangers.

François el Bacha