Prudence

Les derniers évènements de Syrie sont quelque peu troublants et méritent qu’on les aborde avec prudence voir méfiance pour les raisons que je détaillerais ici, les manifestants de Daraa utilisent des slogans rappelant ceux des Frères Musulmans dans les années 70 et 80 et le régime de Damas semblait être immunisé via le conflit israélo-arabe, chose que les troubles semblent démentir.

On ne peut que déplorer l’absence de grille de lecture correcte dans l’analyse de ces manifestations et donc en déduire plusieurs scénarios. Lire la suite

Faut-il intervenir en Libye

La décision du Conseil de Sécurité de l’ONU en faveur d’une intervention d’une coalition internationale en Libye, pays par nature pétrolier, met quelque peu en difficulté nos schémas habituels. Faut-il ou non intervenir dans ce pays, faut-il intervenir au coté des rebelles ou, au nom du principe de non-ingérence, échaudé par le précédent de l’intervention américaine en Irak, laisser faire le régime de Mouammar Kadhafi écraser la rébellion. Il y a là, un important dilemme. Lire la suite

Facebook, la première armée du Monde

Avec l’humour habituelle des Guignols de l’info qui abordent la situation au Moyen Orient.

Nos pensées vont évidemment à la population japonaise, faisant face aux conséquences du séisme, à savoir au Tsunami et à l’accident nucléaire qui ont suivi.
Je vous invite à suivre la situation au Pays du Soleil Levant à ce lien.

Manifestation pour un Liban Laïc

La semaine dernière, a eu lieu plusieurs manifestations réclamant l’instauration d’un Liban laïc et l’occasion s’offre pour y revenir, non pas que j’y suis fondamentalement opposé mais mais que les méthodes ne correspondent pas aux meilleurs moyens d’y parvenir. On a pu voir que les participants à cette manifestation réclamaient plusieurs choses dont la déconfessionnalisation de notre système politique, l’instauration d’une société civile, etc… ainsi qu’à l’image des révolutions dans les autres pays arabes, chose que je n’aborderais ici superficiellement, contre la corruption politique.

Les motifs sont nobles, mais il faut craindre qu’à force d’amalgamer plusieurs points, on finisse par tuer l’ensemble pour un détail non rassembleur. Sous couvert de rassembler large, certains ne pourront plus s’y reconnaitre et j’en fais malheureusement parti.

Pour argumenter sur ce point, il faut aborder les choses logiquement. Le Liban était à la pointe d’un progrès et sur le point de devenir la première société laïque du monde arabe durant le mandat français. Cependant l’instauration du Pacte National  en 1943, a tué la logique de la recherche de la compétence au détriment de la réservation à telle ou telle communauté de tel poste politique avec pèle mêle, la présidence de la république réservée aux maronites, la présidence du conseil aux sunnites et la présidence de la chambre à la communauté chiite. Il n’était à l’époque pas question encore de l’équilibre confessionnel. La mise en place dans les années 50 de circonscriptions à poste réservée à telle ou telle communauté est allée dans le même sens, et la guerre civile de 1975 à 1990 a achevé l’idée d’un Liban laïc au niveau même de la société civile qui s’est trouvée géographiquement et démographiquement morcelée à l’échelle local entre régions chrétiennes, musulmanes et aujourd’hui sunnites et chiites.

Je prioritiserais ainsi:
1 – fin du confessionnalisme politique, avec comme base une circonscription par député sans aucune mention de la religion pour chercher des personnes capables et compétentes, connaissant bien leurs électeurs et non des personnes parachutées. La circonscription unique par député a aussi l’avantage de mettre fin aux partis politiques « corrompus » pour revenir à des convergences d’intérêts, un partenariat en fin de compte. Cela mettra fin à la corruption politique.

Il faudra également rebâtir une véritable société civile libanaise et non avoir des sociétés communautaires chrétiennes, sunnites, chiites, druzes mais revenir à une coexistence totale, même pas une coexistence totale, coexistence signifiant vivre les uns à coté des autres mais vivre les uns avec les autres, ce qui n’est toujours pas le cas 21 ans après la fin de la guerre civile qui a terminé de morceler le Liban.

2- droit de la femme: elle doit être construite avec l’éducation, cela change l’échelle puisqu’il faut éduquer à commencer les jeunes depuis la maternelle. Je m’oppose aux quotas ou à la discrimination positive parce que cette dernière peut être aisément rejetée par un processus logique stipulant que chaque citoyen est égal à l’autre en droit et en devoir. Les femmes doivent donc obtenir certes les mêmes droits mais également les mêmes devoirs quand il s’agit par exemple du cas du service militaire (aujourd’hui inexistant au Liban) à l’image de ce qui se passe au Sud de chez nous.

Plus important, il s’agit de la gestion centralisée de l’état civil, mais on donne ici qu’il s’agit ici de la principale difficulté parce que « fond de commerce » des religieux qui utilisent la foi pour défendre leur gagne pain. Il faut expliquer aux gens que la foi est une chose « personnelle » et qu’elle demeure même si l’état civil est « étatisé » et cela vu, avec ma vision carthésienne et laique française, résultat d’une éducation en France justement, de l’extrémisme religieux au Liban, n’est guère probable pour le moment. Il ne s’agit pas d’une lutte contre la religion des uns ou des autres mais d’une lutte pour que ces religions cohabitent toutes ensembles ne puissent devenir la source de conflits. Je peux me prendre en exemple, je suis et je me ressens comme ayant une certaine foi, mais je pense que ma foi est personnelle et je ne veux pas la montrer, elle est dans mon cœur. Mais combien d’autres ici l’exposent ouvertement avec des colifichets affichés sur leur voiture, voir sur leurs propres personnes avec collier en forme de croix ou la profession de foi musulmane…

Plus encore, certains manifestants le faisaient pour des raisons personnelles, cela peut être lié à un problème d’héritage (chez les sunnites, la femme n’hérite pratiquement rien par exemple) ou d’amour inter communautaire impossible non pas en raison du sectarisme mais en raison de non flexibilité des familles et de l’entourage à accepter. Ce n’est pas la faute là, à la société civile mais à l’entourage lui même. Ils se trompent alors dans le sens de la revendication véritable pour un Liban Laïc, ils manifestent dans un but personnel, mais ce n’est pas la faute du système en lui-même, mais la faute de l’éducation faite au sein même de leur entourage immédiat. Ce n’est pas en manifestant dans la rue qu’ils changeront la mentalité de leur parent ou de leur famille mais en s’exprimant déjà voir en ouvrant un conflit avec leur famille qu’ils pourront changer les schémas mentaux préexistants chez eux.

Il faut également éviter une tentative de récupération politique par quelques personnes et notamment Berri, Al Mouskbal etc…

Le débat est désormais ouvert, et le chemin sera plus long que l’on peut croire, ce n’est pas quelques manifestations qui changeront actuellement quoi que cela soit, puisqu’il s’agit d’une lutte de longue allène contre ce qui a amené à différentes phases du conflit interlibanais par lesquelles se sont « infiltrées » les ingérences étrangères.

d’ailleurs, il s’ouvre de manière intermittente, pour ne pas rappeler la polémique qui a eu lieu dans les années 90 lors de la proposition par Elias Hrawi de l’instauration d’un mariage civil au Liban, sous couvert de lutte politique avec Rafic Hariri. Les hommes de religion s’étaient rapidement opposés à cela,

Liban Laïc

La semaine dernière, a eu lieu plusieurs manifestations réclamant l’instauration d’un Liban laïc et l’occasion s’offre pour y revenir, non pas que j’y suis fondamentalement opposé mais mais que les méthodes ne correspondent pas aux meilleurs moyens d’y parvenir. On a pu voir que les participants à cette manifestation réclamaient plusieurs choses dont la déconfessionnalisation de notre système politique, l’instauration d’une société civile, etc… ainsi qu’à l’image des révolutions dans les autres pays arabes, chose que je n’aborderais ici superficiellement, contre la corruption politique. Lire la suite