Les Gris
On ne peut que saluer les derniers faits des Forces de Sécurité Intérieure qui paraissent en première ligne sur différents sujets, que cela soit la lutte contre les réseaux d’espionnages ou encore la volonté actuelle de cette institution de rééquilibrer les quotas confessionnels, les FSI ayant été accusés, ces dernières années d’avoir été transformés en milice proche du Courant du Futur ou des Forces Libanaises, à tord ou à raison selon le point de vue à partir duquel on se place. Cependant, les dernières déclarations du Ministre de l’Intérieur, Ziad Baroud, de réprimer plus durement les infractions de la route me laissent au mieux dans l’incertitude et au pire, sans voix.
En effet, pour appliquer le code de la route, nos chers gendarmes devraient déjà le connaitre. Faut-il rappeler également que ce même code de la route reste obsolète, il donne par exemple la priorité aux ânes, qui comme nous le savons tous, sont fréquemment sur les routes libanaises. A défaut de la bonne bébête, s’agit-il des nombreux conducteurs qui collectionnent les hauts faits de la route? La seule région ou j’ai pu remarquer le respect en apparence de ce même code, a été paradoxalement le Sud du Liban, l’année dernière.
« Between » comme on appelle communément les queues de poisson, passage à contre-sens, etc… il ne s’agit non pas seulement des conducteurs libanais qui sont mis en cause, mais également de nos chers fonctionnaires. Ce n’est pas la fiancée qui me contredira, elle qui a été victime, l’année dernière, d’un accident de la route, le pare-choc enfoncé par un véhicule des FSI qui s’est rapidement éclipsé sans qu’elle ne puisse même avoir le temps de noter la plaque d’immatriculation. Il a simplement fui.
Par le passé déjà, les ministres de l’intérieur – Elias Murr en premier – avaient tenté de mettre fin aux violations du code de la route, radar à l’appui, radars qui ont depuis disparu, on se demande bien ou, sans suite malheureusement. J’ai été, moi même victime, d’une contravention pour excès de vitesse sur l’autoroute de Halate. Cependant, je me rappelle qu’il y a quelques années, une voiture privée, faisait « des betweens » dont je fus victime également à plusieurs reprises. En ayant eu marre, je me suis vengé, mais le flic en moto, au lieu de sermonner le coupable qui avait excédé de nombreux automobilistes, s’en était pris à moi. Deux poids et deux mesures. Les voyous ont le droit à tout faire, y compris à faire tuer les autres, mais quand il s’agit du commun des mortels, alors « sévissons » à ce moment là.
Non pas que le ministre soit mis en cause dans le comportement de ses troupes, bien au contraire, son action ne peut être que salutaire, la jeunesse libanaise est en effet victime des chauffards, comme Odette, des mères de la place de l’Escwa, tuée, il y a plus d’un an aujourd’hui, rejoignant ces 4 000 personnes tuées sur les routes, mais avant de s’adresser aux civils, il faudrait déjà éduquer les FSI et réformer ce fameux code, quitte à le faire repasser à la population dans son ensemble.
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