Il y a 20 ans…

La chute du mur de Berlin
Il y a 20 ans, un mur tombait, changeant profondément l’impensable, la disparition de la menace soviétique sur l’Europe et comme vous le devinez, il s’agit du mur de Berlin.
Il y a quelques années de cela, m’étant rendu dans les pays de l’Est et plus précisément du coté de Bialistok, la porte polonaise sur la Biélorussie, on pouvait encore deviner ce qu’était le système mis en place, à coté de l’Européanisation par exemple de Gdank, plus à l’Ouest.
Deux systèmes coexistaient ainsi encore et toujours, exemple pris sur les chemins de fer locaux, avec une voie de type « soviétique » à l’élargissement plus important et une voie européenne moins importante, des magasins collectifs, vides, des magasins privés, remplis de diverses marchandises, des usines vidées de leur marchandises, avec par ci ou par là des fantômes errants et de l’autre des hypermarchés remplis à raz bord, pour les touristes russes de passage qui n’était pas habitués à la profusion des produits alimentaires à l’époque.
Deux systèmes s’affrontaient avant la fin du mur de Berlin, un système avait donné l’impression de perdre avec la fin de ce mur. Pourtant aujourd’hui, avec la crise financière, le capitalisme n’est plus aussi triomphant.
Lors de la chute du mur de Berlin, ma génération n’avait pas encore saisie l’importance des changements que nous connaissons aujourd’hui. J’étais en 4ème, me semble-t-il, notre professeur d’allemand nous avait demandé de constituer un dossier de presse sur les évènements. Je l’ai toujours.
Mais je ne puis m’empêcher de penser à ces murs aujourd’hui qu’on construit, murs sociaux avec le décalage des richesses, mur ou fossé qui ne fait que s’agrandir, murs entre peuples, comme l’exemple du mur entre Palestiniens et Israéliens, mur de la honte comme celui de Berlin, mur qui nous sépare un peu plus de la Paix. Au Liban aussi, on construit des murs, mais ceux là sont virtuels, des murs racistes, ségrégationnistes entre communautés, entre partis au lieu du dialogue. On rêve au jour ou un militant des Forces Libanaises pourrait parler à un militant du Hezbollah par exemple, non il faut qu’ils se traitent de traitres, sans rien reprocher à leurs maitres.
C’est en faisant tomber ses murs qu’on arrive à la paix, à la justice, à la vérité, celle qu’on n’oublie trop souvent, il ne doit pas y avoir des murs pour nous séparer mais au contraire des espaces pour nous rassembler.
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Mots-clefs :14 Mars, Bordel, CPL, Dialogue National, Forces Libanaises, Hariri, Hezbollah, Israël, Liban

Ce que tu dis expliques un commentaire qu’on m’a fait là bas. Mais j’ai une question. Est-ce que ces tentions ont toujours été là mais sont exacerbées ces derniers années ou bien est-ce que c’est un phénomène récent (par récent j’entends que cela daterait du 20ème siècle)?
Hello
Je tends à accuser le phénomène de tension au Liban à plusieurs facteurs,
il y a indéniablement un facteur interne, la rigidité du système politique qui est confessionnel et qui empêche de prendre en considération les changements démographiques au Liban, c’est un prolongement de ce qui existait depuis la moitié du 19ème siècle et les premiers massacres de chrétiens par les druzes dans la montagne en 1861.
Ce facteur interne a été prolongé par le système constitutionnel instauré par le mandat français dans les années 20 au profit à l’époque des chrétiens (qui constituaient 61% de la population à l’époque), il y a eu le conflit entre chrétiens et musulmans à partir de 58 avec l’irruption dans le Liban non plus d’influences occidentales (françaises et britanniques puis à partir des années 50 américaines qui sont le prolongement de l’influence anglaise) mais du phénomène Panarabe. (Nasser et la cause palestinienne via l’installation de réfugiés au Liban, l’irruption des idéologies baathistes, point d’entrée de la Syrie au Liban etc…)
Aujourd’hui ce conflit est remplacé par une nouvelle donne, l’antagonisme au sein même des communautés musulmanes, celui des sunnites vis à vis des chiites, à placer dans un contexte de lutte entre arabes et israéliens. Il faut savoir que les chiites libanais sont aussi arabes que les sunnites libanais et qu’ils ne sont pas perses mais que la dimension religieuse est différente. Les chiites libanais sont une communauté lésée qui n’a par exemple pu avoir droit à des représentants religieux qu’à partir des années 50 me semble t-il, ils étaient une communauté régie par un système tribal et clanique, (famille Assaad au Sud Liban, famille Husseini dans la Békaa par exemple) mais que l’irruption de mouvements comme Amal ou le Hezbollah a remplacé ces systèmes claniques ce qu’on pas su faire les autres communautés libanaises. Les autres ont un système héréditaire, les chrétiens avec les Gemayel ou les Franjieh ou les Khazen etc… les sunnites avec les familles salam et même Hariri aujourd’hui puisque le fils a succédé au père et ainsi de suite), druze avec les joumblatt et les arslan
Un nouveau paramètre au conflit ici entre en jeu, ces familles qui ont pris le pouvoir pour la plupart durant les conflits, ou durant la période de dynamique positive pour leur communauté et qui est aujourd’hui sur le déclin, ont du mal à laisser ce pouvoir à la communauté à la dynamique positive actuelle.
Il s’agit donc d’un ensemble et il faut comprendre le tout pour pouvoir analyser correctement si les tensions ont toujours été la si elles sont exarcebées.
Maintenant à ce coté interne, il y a une dimension externe déjà évoquée par les réfugiés palestiniens par exemple ou la constitution libanaise, via la faiblesse d’institutions comme l’armée libanaise qu’on a empêcher de renforcer depuis les années 50 par des pressions étrangères (l’armée libanaise était la seule à avoir vaincu tsahal en 1948) – ou à cause de craintes d’une classe politique vis à vis de coups d’états comme ce fut le cas dans les pays arabes alentours – qui permet à des ingérences étrangères de de concrétiser au Liban. Ces ingérences ont pour but de déplacer des tensions de l’étranger vers le Liban, exemple l’Arabie Saoudite aurait une majorité chiite dans les zones pétrolières. Il est pour elle inadmissible d’y avoir un conflit, donc elle « crée » un problème sunnite chiite au Liban pour exporter ses tensions locales, idem pour certains pays du Golfe ou la minorité sunnite regne et une majorité chiite est silencieuse, idem pour Israël ou il y a des problèmes entre arabes et juifs et je ne parle pas de problèmes entre israéliens et palestiniens, idem pour l’iran enfin ou il y a des sunnites et des chiites qui parfois se tapent dessus sans qu’on le dise.
Ok donc c’est en plus détaillé et plus complet ce que ma mère me dit depuis que je suis petite: c’est les autres qui font leur guerre au Liban. C’est un peu réducteur mais c’est ce que je comprends de ce que tu dis.
Bon il y a le coté interne aussi mais est-ce que cela mènerait vraiment à des guerres s’il n’y avait que les problèmes internes? Je veux dire quel pays en ce moment n’a pas de forte tentions internes?
J’ai en ce moment une Américaine chez moi qui est complètement de parti pris mais qui fait de gros efforts pour écouter et s’ouvrir. Son frère est venu et j’ai eu du mal à croire les bêtises qu’il me disait. Entre son parti pris et sa mauvaise foi il a fallu que je me morde la langue très fort pour ne pas lui en coller une. Mais ça m’a permis de comprendre ce que je lis sur la proposition 8 en Californie et autres problème.
Regarde chez nous en France entre les mensonges (qui en sont pas toujours de la part de ce qu’on imagine) et la médisance…
Je regardais un documentaire sur l’entre deux guerres à la TV l’autre soir et j’ai été saisie par l’impression de déjà vu que j’éprouvais. C’est vraiment comme si l’humanité était incapable d’apprendre.
Ca ne me donne pas envie d’avoir des enfants.
Bon pour simplifier le coté interne du conflit
On a un des conflits religieux et communautaires
2 des conflits de classe dirigeante vis à vis de nouveaux parvenus ou de classes minoritaires.
Les personnes qui en sont victimes ou bénéficiaires, vont voir à l’étranger si elles peuvent ou non avoir des soutiens pour faire face à leurs ennemis internes. Il n’y a pas beaucoup de pays ou les tensions internes aboutissent à des ingérences étrangères.
Pourquoi?
Parce que le Liban, contrairement aux autres pays de la région, n’a pas réussi la construction du concept de nation. C’est un pays de nations sunnites, maronites, chiites etc… mais pas de lien unificateur « nation libanaise ». Maintenant pour revenir sur ce sujet, durant la guerre civile, les sunnites parlaient de combat panarabe pour la oumma al arabia ou islamiya (cad la nation arabe ou islamique dans l’ensemble) et cherchaient de l’aide principalement des pays arabes, les chrétiens parlaient de cantons chrétiens et à défaut de l’aide occidentale, sont allés chercher l’aide israélienne (et à un moment l’aide irakienne en raison du conflit irak-syrie) , les druzes de canton druze, je mets de coté les chiites, parce qu’ils ne se sont impliqués dans le conflit de la guerre civile libanaise que tardivement, après l’invasion israélienne de 1982. Avant l’imam moussa sadr, qui était le chef spirituel de facto de la communauté chiite (je ne suis pas chiite mais chrétien, mais je considère qu’il est important aujourd’hui de comprendre tout cela pour comprendre les réels aboutissants actuels), participait aux messes et cérémonies religieuses chrétiennes. Il a constitué Amal qui s’est divisé en ce qui est le mouvement Amal actuel et le Hezbollah par la suite (qui s’était d’abord appelé Amal Islamique). La disparition de l’Imam Sadr en 1978, et l’invasion israélienne du Sud Liban en 1982 est la principale cause qui a poussé les chiites libanais vers l’Iran. Avant cela, les chiites libanais étaient soit divisés en partisans de chefs tribaux, Assaad au Sud Liban soit devenus pro communistes.
Maintenant pourquoi on en arrive là? La faiblesse structurelle de l’état libanais, sa constitution communautaire, le manque de clarté historique d’une classe politique, les erreurs historiques répétées comme celle des 200 000 chrétiens morts durant la guerre 14 – 18, pour ne pas heurter une partie de la population (ici les sunnites qui étaient plutôt en faveur des ottomans), etc… etc… la répétition de ces erreurs a empêché l’instauration d’une histoire commune et a permis à des étrangers de profiter de divisions libanaises, et qui exacerbent encore aujourd’hui des tensions préexistantes, contrairement aux autres pays.
Il y a donc une responsabilité libanaise mais également une responsabilité étrangère. Oui d’autres pays ont des problèmes internes mais ils ne laissent pas d’autres les régler pour eux sans rien dire et ils n’ont pas une situation aussi complexe que la notre, avec des tensions sociales, communautaires, ethniques, régionales, internationales etc… et…