Archive for mai, 2008

 

La fin du cauchemar libanais?

mai 21, 2008 in Actualité

La conclusion d’un accord à Doha sonne peut être le glas de la fin du cauchemar que le Liban a connu dernièrement.

Il est malheureux qu’on en ait arrivé à être à coté d’une guerre civile pour qu’enfin le compromis entre majorité et opposition puisse se faire et alors qu’on prépare une élection présidentielle pour dimanche prochain.

Les nouvelles se multiplient avec notamment l’annonce de négociations indirectes entre la Syrie et Israël, faisant donc penser que le bras de fer au Liban était bel et bien celui des puissances étrangères, chacun ayant essayé de grappiller un avantage au détriment de la population libanaise.

Le Liban dans tout cela peut espérer un calme relatif, du moins pour l’année à venir avec la tenue d’élections parlementaires via une loi égalitaire entre toutes les régions libanaises, mais le plus dur reste à venir:

Quels seront les strapontins ministériels accordés aux uns et aux autres?

Est ce que la loi électorale sera réellement adoptée ou ne s’agissait-il que d’un mirage?

Au delà de ces questions, quelle place désormais aux armes présentes dans les camps palestiniens, et au main des factions libanaises du Hezbollah et de la majorité? Quelle place à accorder aux miliciens? Quelles méthodes permettront la résolution de cette problématique, et resterons nous dans une pratique des slogans partisans et utopiques ou parlerons nous avec réalisme?

Des réponses de ses questions dépendront la stabilité du Pays des Cèdres. Trop de fois, on a finalement été déçu que ce n’est qu’une fois ces questions résolues qu’il sera temps de vraiment se réjouir

Autre sujet, notre ami et commentateur Kheir s’est finalement décidé à écrire sur son blog, et je vous invite donc à aller le voir

Khalass, ca suffit!

mai 20, 2008 in Actualité

Je voudrais partager avec vous ce mail reçu ce matin:

Help demand civil, peaceful solutions out of the deadlock.
Together we can make a difference!

Enough! Crisis
Enough! Provocation
Enough! Deadlock

Khalass! Together for Lebanon

Today the leaders in Doha were in deadlock once again and nearly returned to Lebanon. This is completely unacceptable that after all we have suffered due to their irresponsibility that they would even consider returning without solutions!

We will not sit back and watch in silence!

These leaders must be reminded that we will not accept their return without solutions that will end the deadlock and ensure peace and stability for the country.

Together, with citizens from all walks of life, we will once again gather along the airport road citizens to demand that politicians in Doha do not come back until they have reached binding, civil solutions that resolve the current crisis and reactivate state institutions.

Join us on the airport road starting at 9am Tuesday (20 May) to demand your right as a citizen to enjoy peace and security.

We have had ENOUGH of crisis and provocation. It’s our turn to choose the Lebanon WE want.

Show your support for dialogue and civil peace by signing the Khalass petition at www.khalass.net

Khalass! Together for Lebanon is an independent non-partisan campaign led by Lebanese civil society in all its components – syndicates, associations, non-governmental organizations, private sector, academics, students, celebrities, and individuals.  For more information, visit www.khalass.net or call 70-177070.

Illusion et désillusion au Liban

mai 19, 2008 in Actualité

Il était beau de rêver à un compromis mais il est illusoire d’espérer que dans un pays comme le Liban, on puisse arriver à un compromis.

La chronologie des évènements du jour, et l’échec annoncé aujourd’hui des pourparlers de Doha illustrent une nouvelle fois la désillusion des libanais. On peut toujours croire, on veut bien croire à ce fameux compromis mais la classe politique libanaise a cultivé la haine des uns vis-à-vis des autres, contaminant leurs partisans décérébrés.

Lors de ma participations aux manifestations pour la liberté du Liban, j’avais osé croire que les derniers épisodes de la guerre civile allaient finalement se clore, mais l’occupation syrienne du Liban n’a été en fait de compte qu’une anesthésie de nos vieux démons, et chasser les, “le naturel revient au galop”, on retombe dans notre guerre civile, sectaire, communautaire. Nos démons ceux la même qui acteurs de cette guerre civile nous ont confisqué notre révolution, celle de la jeunesse qui pacifiquement a réussi ou nos parents se sont battus et ont fait couler le sang.

Sur les propositions elles-mêmes. Depuis 2005, comme nous savons tous, je soulignais le besoin de nouvelles élections justes et égalitaires, étant conséquent avec moi-même, constatant que s’il y a un doute sur le parlement actuel en raison de la loi électorale, ce doute contaminera à son tour la présidence de la république comme ce fut le cas historiquement avec le mandat Franjieh, le mandat Hraoui et le mandat Lahoud et donc seul un nouveau parlement avec une loi juste et égalitaire pourrait guérir le système politique libanais.

Malheureusement ce scénario ne s’est pas déroulé, nos hommes politiques ont refusé le recours à de nouvelles élections, préférant garder le ridicule strapontin parlementaire voir ministériel, nous confisquant une révolution que nous avons su mener pacifiquement quand d’autres ont essayé par le sang.

Aujourd’hui, faut être réaliste, ce n’est pas cette classe politique qui sauvera le Liban. Ils ont réussi en 3 ans à gâcher les acquis de la révolution de la jeunesse, celle d’un soir de 14 mars 2005. En 3 ans, ils ont permis au Liban de retrouver ses vieux démons de la sédition, de la haine, par leur discours et leurs actes. Ils nous ont fait vivre une guerre, ils nous ont conduit au bord du précipice d’une guerre civile, toujours incertaine aujourd’hui. La haine entre frères et de religion, la haine entre frères de sang, la haine tout court, voila se qu’ils nous ont inspiré.

Au delà de la propagande politique, il faut aujourd’hui voir quels sont les actes concrets à faire pour parvenir à la paix. Malheureusement, les partisans des uns et des autres sont aujourd’hui malades de leur propres propagandes, refusant la discussion, à l’image de leur “saigneur” et maitres.

Avec rétrospective aujourd’hui, la jeunesse vit cette désillusion, et on peut la voir quitter le Liban, sans espoir d’un avenir meilleur. Cette jeunesse qui pourtant s’était mobilisée pacifiquement sans aucune frontière de religion, cette jeunesse qui s’est rassemblée dans l’espérance commune d’un projet de société, cette jeunesse est peut-être perdu pour le Liban, laissant juste derrière elle quelques brebis égarés et futurs miliciens. Je ne sais pas personnellement penser, à croire que ce pays ne peut être occupé que pour sauver ses habitants des guerres civiles.

Quelle solution alors proposer?

Certaines associations comme Hayyabina dont je connais une des fondatrices ont tenté de sensibiliser dès 2005 la population face à ces démons qui nous reviennent, à la construction d’un Liban peut être laïc, ce qui signifie la fin du Liban de coexistence, donc ou l’on vit cote à cote pour un Liban ou l’on vit ensemble. Ces associations comme PourqueviveleLiban se sont regroupées au sein de Khalass et on se souviendra la mobilisation de cette association d’associations en faveur de la paix et du dialogue interlibanais. Mais il semble être vain de se mobiliser quand la bataille pour la Paix semble être perdu et quand le sang de ces batailles, cette jeunesse s’est déjà exilée.

Comment donc résoudre ce dilemme pour obtenir le calme et la prospérité.

Au lieu de nous accuser les uns les autres d’être pro syriens, pro iraniens, pro sionistes, pro américains, revenons sur nos points communs, nous sommes tous libanais après tout. Reconnaitre ce simple fait est la première étape de la compréhension et du dialogue. Comprendre les craintes des uns et des autres également, si les chiites ont des armes, ce n’est pas être se considérer être fort mais craindre la force des autres, si les autres ont peur des armes du Hezbollah, ce n’est pas être faible et donc à son tour une excuse pour s’armer. Le principal problème est un problème de confiance, parce que nos “amis” externes ont attisé la haine et le conflit. Nous devons au contraire nous défendre par ce dialogue et cette compréhension commune et oublier cette haine qu’on nous a inculqué.

C’est en cela que peut-être encore plus encore que la guerre pour la paix n’est pas terminée et Doha ne constitue qu’une étape. Libanais malgré toutes les différences et dans la différence, voila le cheval de bataille que devrait alors soutenir la jeunesse en lieu et place d’un Liban Laïc que les échecs du travail associatif ont démontré.

Je vais conclure tout de même cette note pessimiste sur un point optimiste. Il ne faut pas aujourd’hui nous écarter de la lutte pour la Paix, il faut au contraire rester conséquent avec soit même et même si Doha est un échec, la guerre, elle n’est jamais une option. Elle ne fait que le jeu de “saigneurs de guerre” et de voisins qui ne nous veulent pas du bien.

Un coup pour rien … à venir

mai 17, 2008 in Actualité

Finalement la conférence de Doha, ou du moins son début a eu lieu aujourd’hui. On peut cependant craindre que rien n’en ressorte, tant le problème libanais parait compliqué.

D’un coté, restons optimistes tout de même, ce sommet a pour intérêt d’avoir un peu de calme ramené. On pouvait craindre le pire, on voit que tout le monde est désormais armé, il n’y a pas que les armes du Hezbollah qui posent donc problème même si certains aujourd’hui ont voulu se concentrer dessus à Doha.

Cependant, que faut-il sauver en premier si ce n’est les institutions du Liban. On doit désormais rendre à nouveau crédible ces institutions. A ceux qui ne me connaissent que depuis peu, j’exprimais mon doute depuis 2005, prédisant que les institutions libanaises, à commencer le parlement, le gouvernement et la présidences posaient un problème de légitimité en raison d’un système parlementaire issu d’une loi injuste. J’avais toujours à l’époque indiqué ma préférence pour des élections législatives anticipées avec une nouvelle loi électorale pour relégitimiser toutes les institutions via le pouvoir parlementaire. On n’a perdu que trop de temps et l’origine de la crise est bien la. A force de pourrir les piliers de nos institutions, nos institutions ont fini par céder et à nous ramener vers nos vieux démons.

Non, Doha aujourd’hui ne résoudra plus nos problèmes, un président tout autant consensuel qu’il peut être, élu par un parlement que certains pourront pour des raisons évidentes de loi électorale utilisée en 2005, prétendre illégitime, amènera à douter de sa réelle représentativité. Mais avons nous un autre chose. A force d’avoir attendu la fin du mandat Lahoud, je crains que désormais, ce choix est dépassé, enterré et la crise constitutionnelle se poursuivra, au mieux au calme pour les 6 prochaines années, au pire par la guerre et nous avons eu le précédent du mandat de Franjieh qui était un pseudo coup d’état et on sait ce qu’il en est advenu.

Alors Doha ne qu’être un coup pour rien à venir fort malheureusement…

Une centaine de morts plus tard …

mai 14, 2008 in Actualité

Le gouvernement a annulé sa décision de révoquer le responsable de la sécurité et d’enquêter sur le réseau de télécommunication du Hezbollah, faisant illusion que la paix reviendra.

Je dis bien illusion:

Maintenant qu’il y a eu cette déflagration, ce n’est que partie remise, j’ai envi de dire que “c’est reculer pour mieux sauter” au sens propre comme au sens figuré.

Les faiblesses de l’état ont en effet été exposées, la majorité a perdu militairement et peut-être même politiquement maintenant avec ce recul, les armes du Hezbollah ont été sanctuarisées alors qu’il y avait une voie de discussion à ce sujet, souvenons nous du discours d’Hassan Nasrallah en aout 2006 déclarant que les armes ne sont pas éternelles. Aujourd’hui, elles sont d’une certaine manière devenues éternelles, divines et remercions ironiquement les déclarations incendiaires de certains poussant à l’extrémisme. Merci messieurs les pyromanes pour avoir repris après 20 ans de retraite votre sale boulot de division du Pays et surtout sincèrement merci que vous avez eu peur de tout perdre aujourd’hui, parce que sinon, on serait toujours la à se faire massacrer pour vos sales gueules par vos partisans pas moins aussi “fou de dieu” ou “fou de vous” que vous-même.

Le prochain round se prépare à mon avis déjà. Soulignant les faiblesses de l’armée libanaise, pauvre armée aujourd’hui manquant d’équipements tout aussi bien offensifs que défensifs, cela amènera les partis en place ou à poursuivre leur achats massifs d’armes ou à encore fortifier leurs positions.

Quelques bémols à cette vision assez pessimiste, mis-à-part le fou de Maarab, l’heure est aux concessions aussi bien que du coté de Saniora donc de Saad avec cette concession de taille, l’abandon des 2 décisions que du coté d’Amine ou d’Aoun, qui ont souligné aujourd’hui qu’il est nécessaire que chacun mette de l’eau dans son vin (ok quelques uns se passeront d’alcool) pour avancer vers un compromis nécessaire.

Un compromis est aujourd’hui plus que nécessaire et j’espère que dans leurs folies, ils temporiseront désormais au sujet des armes du Hezbollah via l’armée libanaise et non via des milices privées. Seul l’armée libanaise a le droit de détenir des armes comme ils se plaisaient à dire, qu’ils soient désormais conséquent avec eux même. On ne lance pas une armée de 50 000 hommes contre une organisation comptant 90 000, surtout que l’armée compterait 60% de chiites, ce qui aboutirait à sa partition.

Une prière ce soir, que nos hommes politiques aient un peu la sagesse qui leur fait tant défauts d’habitude et qu’ils puissent ainsi sauver un pays qui a été une nouvelle fois plus que jamais au bord d’un gouffre

Si j’étais président

mai 13, 2008 in Actualité

Ou du moins si j’avais été au pouvoir en 2005, bien des choses auraient été différentes.

Tout d’abord, il fallait relégitimiser toutes les institutions libanaises via une élection législative libre et égalitaire dans toutes les régions. Les élections de 2005 avec la loi de 2000 auraient due ouvrir la voie à l’adoption rapide d’une nouvelle loi électorale et la reconvocation dans le mois suivant à de nouvelles élections et j’aurais favorisé la plus petite circonscription, c’est à dire une circonscription uninominale.

D’un point de vue étatique, j’aurais fortifié les structures propres de l’état avec un état de droit et l’état de droit est en premier lieu un conseil constitutionnel, ce qui nous aurait éviter bien des discussions sur la légitimité ou non d’institutions dépassées.

Si j’étais au pouvoir, j’aurais mis en cause la loi d’amnésie collective, et envoyé les anciens seigneurs de guerre devant les familles de leur victimes. Oui à une amnistie mais non à une amnistie à tout prix. Un processus comme en Afrique du Sud avec les aveux contre non pas l’oublie mais l’arrêt des poursuites. Les criminels de guerre précédents et à venir auraient à se soucier des conséquences de leur actes, de leur crimes.

Si j’étais au pouvoir, la guerre n’est pas une option. Face aux armes du Hezbollah, je n’aurais pas armé mes miliciens. Il faut être 2 pour faire la guerre, il fallait temporiser et ne pas perdre tous les acquis d’un 14 mars 2005. Seule l’institution à armer, l’armée et au lieu de quémander l’aide de la communauté internationale, je serais allé voir du coté russe pour avoir de nouveaux avions à bas prix, j’aurais acheté des armes au lieu de recevoir des Hummers. Avec ce matériel, un meilleur contrôle des frontières aurait été possible, ce qui aurait amené de facto au désarmement au long terme du Hezbollah. A court terme, j’aurais exigé le désarmement des camps palestiniens par la force si nécessaire pour que éviter la dissémination d’armes ne se fasse entre autres.

Constatant que chaque rupture des équilibres confessionnels internes amène historiquement à la guerre, j’aurais réformé l’état pour le rendre réformable, donner la voix à tous ceux qui ne croient pas l’avoir via l’abolition justement du confessionalisme politique. Exit les postes non par l’appartenance à un groupe mais par la compétence.

L’affirmation d’un pouvoir de droit, fort et crédible aurait amené de facto à la destruction des milices armées encore présentes, l’affirmation d’un pouvoir de droit aurait amené plus de personnes vers l’état au lieu de les en éloigner. L’affirmation de cet état aurait évité au Liban de connaitre à nouveau le prix du sang et des larmes.

Sur le plan économique, j’aurais mis à plat le système de politiques monétaires et financières et je ne protègerais plus la Livre Libanaise au détriment de la population.

Sur un plan de la société, l’abolition du confessionalisme politique via les circonscriptions uninominales aurait été possible, éliminant du même coup ses grands partis peu représentatifs de la population au détriment de jeunes dirigeants plus locaux mais qui n’ont pas les moyens ni la machinerie électorale.

On peut rêver ? Mais ce soir, on est dans la merde.

Guerre du Liban, une note optimiste et une analyse

mai 10, 2008 in Actualité

Je vous avais dis que je mettais le blog en parenthèse, mais bon j’ai pas pu tenir plus longtemps.

Tout d’abord, une note optimiste, il n’y a pas eu de massacres de massacres de population sur présentation de carte confessionnelle jusque la contrairement à 1975, ce qui mérite d’être remarqué tout de même. Hassan Nasrallah a démenti par lui même le fait que cela est une guerre entre sunnites et chiites même si on peut dire ce soir que le Mouvement du Futur et sa milice (on peut en toute logique parler de milice) sont les plus grands perdants des affrontements avec la perte de Beyrouth Ouest, de la Békaa en grande partie et ils viennent de remettre les bureaux et permanences de Saïda sous contrôle de l’armée libanaise. Il ne leur reste que Tripoli désormais. Le Mouvement du Futur semble être le plus grand perdant, le Hezbollah semble être le plus grand gagnant sur le terrain, Joumblatt et Geagea ont gagné le retour vers la constitution de leur fief respectifs, druze et chrétien.

Sur ce qui pourrait se passer.

L’absence de massacre pourrait être le signe révélateur d’une politique du Hezbollah de permettre une recomposition du paysage politique sunnite au détriment du courant du futur avec l’émergence de leaderships locaux sunnites à Beyrouth-Ouest, Saida et dans la Békaa inféodés au Hezbollah. Cela rejoint une théorie entendu il y a quelques mois selon laquelle l’Arabie Saoudite et la Syrie étaient en négociation pour une recomposition politique du paysage sunnite: Beyrouth Ouest serait confié à Taeb Salam, Saïda à l’ancien député Saad, qui seraient alors proches du Hezbollah et Tripoli resterait aux mains du Courant du Futur. De facto, cette théorie semble ce soir se confirmer.

Un point intéressant à noter également:

Hassan Nasrallah parlait dans son discours du gouvernement de Joumblatt et non de Saniora.

Ce point m’a amené à penser à ce qu’il s’était déroulé en juillet 2006 et notamment au réseau de communication. Souvenons-nous que le réseau cellulaire avait été piraté par les Israéliens et qu’à un moment, Marwan Hamadé avait été accusé d’avoir fourmenté une tentative d’assassinat de Hassan Nasrallah. Souvenons nous également que les israéliens avaient effectivement bombardé un bunker dans lequel ils pensaient que le secrétaire général du Hezbollah était présent, sur base d’informations faisant état d’une interception de communication par les services de renseignement à l’époque. Suite à cela, la méfiance entre majorité et Hezbollah avait éclaté au grand jour et on en connait aujourd’hui le paroxysme.

La mise en question du réseau de communication du Hezbollah pourrait à ce moment être lié à cette affaire, je ne peux dire rumeur, il n’y a jamais de fumée sans feu. Le Hezbollah semble en effet tenir à son réseau de communication, appelant le cabinet actuel, “gouvernement de Joumblatt”, Hassan Nasrallah faisant de Joumblatt et de Marwan Hamadeh la principale cible de ses attaques dans son discours.

Cette théorie mérite à mon avis d’être prise en considération dans la crise actuelle et peut-être que seul la démission de Marwan Hamadé du gouvernement pourrait être un premier pas vers un semblant de retour à la confiance entre mouvement du Futur et Hezbollah, un pas vers la paix civile, du moins temporairement.

Liban entre guerre et guerre

mai 09, 2008 in Actualité

Voila, cela faisait 2 ans que je disais qu’un conflit était inévitable vu la politique insensée conduite par certains et par les propos inconciliables d’autres que je soupçonnais vouloir construire des cantons religieusement “propres”

On en est la aujourd’hui.

Je n’aime pas parler de guerre, c’est pour cela que je pense temporairement fermer ce blog ou parler d’autre chose.

Je n’aime pas parler de guerre, parce que je suis un fils de la guerre civile. Je suis née durant la guerre civile, j’ai vu des personnes décédés, j’ai vu mon propre père ensanglanté mais vivant, j’ai vu le pire durant mon enfance.

Je ne peux souhaiter la guerre, la guerre n’est pas une option, la guerre est un échec. Un échec à cause du manque de vision, la politique menée aurait dû être différente. Notre révolution est désormais un échec, en raison du manque de maturité de certains hommes et du non renouvellement d’une classe politique déjà seigneur de guerre plus rêveurs de leur ancienne gloire de criminels que de personnes de paix.

Je voudrais dire merde à ceux qui durant les 3 dernières années étaient les prophètes du conflit fratricide, je pense à certains individus qui dénués aujourd’hui de tout scrupule veulent reprendre leur ancienne gloire.

Je voudrais dire merde à ces médias dit traditionnels mais au combien partisans qui ont abouti à non pas limiter la casse sociétale du partisianisme mais au contraire ont augmenté les tensions sociétales. Il faut être 2 pour faire la guerre, on connaissait le Hezbollah, on découvre aujourd’hui les autres milices dont celles de la majorité.

An Nahar, Al Manar, Futur, LBC, OTV, tous pareils en fin de compte, tous coupables.

Je voudrais bien clore ce sujet morbide en vous disant, en vous souhaitant le meilleur, celui d’être en vie, le meilleur, celui du bonheur et de brûler ces suppôts du malheur.

Qui sème récolte …

mai 07, 2008 in Actualité

Les évènements d’aujourd’hui viennent une nouvelle fois confirmer mes analyses et propos écrits sur ce blog depuis plus de 3 ans.
La situation est certes grave, mais elle traduit une facette ce qu’on pouvait depuis longtemps penser, le conflit n’est pas entre majorité et opposition, mais entre sunnites et chiites, d’autres facettes se surajoutent à cela tel que le conflit exporté au Liban entre l’Arabie Saoudite, les USA et Israël d’un coté et même l’ancienne garde prétorienne d’Assad père et la nouvelle garde prétorienne de junior et de l’Iran, donc une guerre d’axe.

De l’autre coté, la communauté chrétienne a, quant à elle, démontré sa maturité démocratique (pour une fois) laissant les grévistes faire grève (les écoles et universités bien qu’ouvertes avaient peu d’étudiants, les premières infos font état de peu de trafic) et les anti-grèves aller au boulot.

Il ne s’agit donc pas d’une victoire entre grévistes et non grévistes, mais d’une nouvelle épreuve de force qui était cependant prévisible.

Le 14 mars 2005 s’est forgé sur des convergences d’intérêt soit disant, ces convergences d’intérêt positifs ont aujourd’hui changé.

La majorité parlementaire est essentiellement responsable de la crise politique en ayant écarté le CPL du pouvoir avec laquelle cependant elle partageait quelques valeurs nouvelles acquises comme une soit disante lutte pour l’indépendance et la souverainté. D’un autre coté, elle a choisi de s’allier avec le Hezbollah et Amal avec lesquelles elle avait déjà par le passé gouverner pour ensuite s’opposer à eux. La responsabilité première revient donc à la majorité en raison de son manque de vision politique. Ce manque de vision politique est d’autant plus grande pour une majorité qui gouverne.

La responsabilité est partagée mais amoindrie pour l’opposition: son manque de responsabilité dans la crise ne permet peut-être pas de construire une alternative politique crédible face à la majorité.

Au total, la responsabilité est aussi partagée en majorité et opposition, parce que n’ayant pas pu dialoguer.

On ne peut que constater qu’aujourd’hui de nouvelles convergences se sont installés sur un manque de vision politique et la convergence positive à laquelle on pouvait aspirer tous comme acteurs de la libération du pays des syriens s’est transformée en convergence négative et de haine.

La haine, celle qui nous désuni.

Le 14 Mars d’aujourd’hui s’est construit avec paradoxalement une alliance électorale avec le Hezbollah et Amal sur la haine d’Aoun et non sur des principes communs.

L’opposition s’est construite sur plusieurs haines, celle d’Aoun d’avoir été écarté comme partenaire au pouvoir, la haine du Hezbollah et d’Amal d’avoir eu le sentiment d’être trahi par le 14 mars, leur ancien partenaire, haine qui s’est muée en conflit entre sunnites et chiites.

C’est cette haine aujourd’hui qui est la cause des morts et qui blâmer le plus si ce n’est ceux qui détiennent le pouvoir et qui par leur manque de vision politique ont conduit le pays au bord de la guerre civile.

Il y a 20 ans

mai 05, 2008 in Actualité

Il y a 20 ans, étaient libérés les otages français du Liban. La population libanaise demeure cependant toujours otage de la même classe politique.