Illusion et désillusion au Liban
Il était beau de rêver à un compromis mais il est illusoire d’espérer que dans un pays comme le Liban, on puisse arriver à un compromis.
La chronologie des évènements du jour, et l’échec annoncé aujourd’hui des pourparlers de Doha illustrent une nouvelle fois la désillusion des libanais. On peut toujours croire, on veut bien croire à ce fameux compromis mais la classe politique libanaise a cultivé la haine des uns vis-à-vis des autres, contaminant leurs partisans décérébrés.
Lors de ma participations aux manifestations pour la liberté du Liban, j’avais osé croire que les derniers épisodes de la guerre civile allaient finalement se clore, mais l’occupation syrienne du Liban n’a été en fait de compte qu’une anesthésie de nos vieux démons, et chasser les, “le naturel revient au galop”, on retombe dans notre guerre civile, sectaire, communautaire. Nos démons ceux la même qui acteurs de cette guerre civile nous ont confisqué notre révolution, celle de la jeunesse qui pacifiquement a réussi ou nos parents se sont battus et ont fait couler le sang.
Sur les propositions elles-mêmes. Depuis 2005, comme nous savons tous, je soulignais le besoin de nouvelles élections justes et égalitaires, étant conséquent avec moi-même, constatant que s’il y a un doute sur le parlement actuel en raison de la loi électorale, ce doute contaminera à son tour la présidence de la république comme ce fut le cas historiquement avec le mandat Franjieh, le mandat Hraoui et le mandat Lahoud et donc seul un nouveau parlement avec une loi juste et égalitaire pourrait guérir le système politique libanais.
Malheureusement ce scénario ne s’est pas déroulé, nos hommes politiques ont refusé le recours à de nouvelles élections, préférant garder le ridicule strapontin parlementaire voir ministériel, nous confisquant une révolution que nous avons su mener pacifiquement quand d’autres ont essayé par le sang.
Aujourd’hui, faut être réaliste, ce n’est pas cette classe politique qui sauvera le Liban. Ils ont réussi en 3 ans à gâcher les acquis de la révolution de la jeunesse, celle d’un soir de 14 mars 2005. En 3 ans, ils ont permis au Liban de retrouver ses vieux démons de la sédition, de la haine, par leur discours et leurs actes. Ils nous ont fait vivre une guerre, ils nous ont conduit au bord du précipice d’une guerre civile, toujours incertaine aujourd’hui. La haine entre frères et de religion, la haine entre frères de sang, la haine tout court, voila se qu’ils nous ont inspiré.
Au delà de la propagande politique, il faut aujourd’hui voir quels sont les actes concrets à faire pour parvenir à la paix. Malheureusement, les partisans des uns et des autres sont aujourd’hui malades de leur propres propagandes, refusant la discussion, à l’image de leur “saigneur” et maitres.
Avec rétrospective aujourd’hui, la jeunesse vit cette désillusion, et on peut la voir quitter le Liban, sans espoir d’un avenir meilleur. Cette jeunesse qui pourtant s’était mobilisée pacifiquement sans aucune frontière de religion, cette jeunesse qui s’est rassemblée dans l’espérance commune d’un projet de société, cette jeunesse est peut-être perdu pour le Liban, laissant juste derrière elle quelques brebis égarés et futurs miliciens. Je ne sais pas personnellement penser, à croire que ce pays ne peut être occupé que pour sauver ses habitants des guerres civiles.
Quelle solution alors proposer?
Certaines associations comme Hayyabina dont je connais une des fondatrices ont tenté de sensibiliser dès 2005 la population face à ces démons qui nous reviennent, à la construction d’un Liban peut être laïc, ce qui signifie la fin du Liban de coexistence, donc ou l’on vit cote à cote pour un Liban ou l’on vit ensemble. Ces associations comme PourqueviveleLiban se sont regroupées au sein de Khalass et on se souviendra la mobilisation de cette association d’associations en faveur de la paix et du dialogue interlibanais. Mais il semble être vain de se mobiliser quand la bataille pour la Paix semble être perdu et quand le sang de ces batailles, cette jeunesse s’est déjà exilée.
Comment donc résoudre ce dilemme pour obtenir le calme et la prospérité.
Au lieu de nous accuser les uns les autres d’être pro syriens, pro iraniens, pro sionistes, pro américains, revenons sur nos points communs, nous sommes tous libanais après tout. Reconnaitre ce simple fait est la première étape de la compréhension et du dialogue. Comprendre les craintes des uns et des autres également, si les chiites ont des armes, ce n’est pas être se considérer être fort mais craindre la force des autres, si les autres ont peur des armes du Hezbollah, ce n’est pas être faible et donc à son tour une excuse pour s’armer. Le principal problème est un problème de confiance, parce que nos “amis” externes ont attisé la haine et le conflit. Nous devons au contraire nous défendre par ce dialogue et cette compréhension commune et oublier cette haine qu’on nous a inculqué.
C’est en cela que peut-être encore plus encore que la guerre pour la paix n’est pas terminée et Doha ne constitue qu’une étape. Libanais malgré toutes les différences et dans la différence, voila le cheval de bataille que devrait alors soutenir la jeunesse en lieu et place d’un Liban Laïc que les échecs du travail associatif ont démontré.
Je vais conclure tout de même cette note pessimiste sur un point optimiste. Il ne faut pas aujourd’hui nous écarter de la lutte pour la Paix, il faut au contraire rester conséquent avec soit même et même si Doha est un échec, la guerre, elle n’est jamais une option. Elle ne fait que le jeu de “saigneurs de guerre” et de voisins qui ne nous veulent pas du bien.
Recently
May 20th, 2008 at 3:42 am
Visitez mon Blog! Finalement, je me suis finalement décidé à écrire!
http://blog.libnanews.com/beiruti/
May 20th, 2008 at 1:29 pm
Mabrouk
il ne faut pas oublier de mettre à jour les pluggins, normalement vous allez dans pluggin puis y a un lien sur lequel cliquer
j’ai hate de vous lire