Archive for May, 2008

 

le partage

May 30, 2008 in Citoyen

Former un nouveau gouvernement au Liban, c’est un peu comme partager un butin. Non pas qu’on recherche des personnes capables et compétentes, mais plutôt des personnes liées à telle communauté ou sectes religieuse.

Ainsi, nommera-t-on ou plutôt a-t-on nommé dans le passé, un médecin ministre du pétrole, un illettré ministre de la culture, un mafioso à la tête du ministère de l’intérieur, un fils à papa au ministère de la défense et bien sûre sans oublier, quelques criminels de guerre pour occuper le reste des strapontins, pour bien boucher les trous.

former un gouvernement au Liban, c’est un peu comme se partager un gâteau. Ainsi certains voudront s’accaparer la vache à lait pardon, le ministère des télécommunications. D’autres seront intéressés par le ministère des finances aux caisses bien vides, d’autres plus attachés à la consolidation de leur pouvoir demanderont le ministère des transports, de la santé mais également de l’intérieur, véritable faiseur de députés.

Former un gouvernement, ce n’est pas pour le bien un pays tant habitué au chaos, les gens parfois préfèrent ce chaos d’ailleurs que se laisser gouverner par des gens beaucoup moins incapables qu’eux mêmes.
Mais tous ces avantages doivent bien avoir quelques inconvénients, comme se faire des ennemis à vie, se faire exploser au passage d’une bombe bien maladroitement déposée, se faire emprisonner pour corruption une fois que son ennemi arrive au pouvoir, se remplir les poches jusqu’à ne plus savoir comment se les vider. Ah, j’oubliais oublié ceci n’est pas un inconvénient.

être gouvernement est le rêve de bien des hommes politiques au Liban, courageux ils sont de vouloir braver les tempêtes, de savoir retourner leur veste à temps, au risque de se faire exploser la tronche.

Oui, être au gouvernement, réclame certain courage, mais les Libanais se passeraient bien de ses hommes de la, tant leurs inconvénients sont beaucoup plus grands que leurs avantages.

Histoires protolaires.

May 30, 2008 in Uncategorized, à coté

Le protocole de l’État est quelque chose parfois bien ridicule. Saluons ainsi la décision du président Sleiman de ne pas recevoir 33 jours consécutifs les félicitations de quelque quidam, dirigeant quelque localités plus ou moins d’importantes, et surtout nous pouvons le saluer pour cette décision à ne pas procéder aux tirs de 21 coups de canon pour marquer le début de sa présidence. Il en aurait été fort mal à propos, après tous les bruits de canons qu’on a pu entendre dernièrement, et les bruits de bottes qui résonnaient à quelques pas de Baabda, il aurait également nui à la mémoire de son camarade assassiné, le général François Hajj, à 2 pas de là. Michel Sleiman a ainsi inauguré une présidence rendant hommage indirectement à la mémoire des victimes de la terreur.

Le ridicule a cependant repris ses droits hier avec un Fouad Saniora allant rendre visite aux anciens premiers ministres, Amin el Hafez, Salim Hoss, Michel Aoun, Omar Karamé, puis avec les dirigeants religieux, Nasrallah Sfeir (il s’ingère également ce Nasrallah dans les affaires politiques), Qabbani, Qabalan, Fadlallah, Grégorios, Laham pour seulement aujourd’hui prendre son problème de gouvernement à bras le corps, finalement en consultant nos députés et permettez-moi de dire que la tâche sera bien ardue, parce que ce premier ministre s’est déjà largement usé la tâche. On peut ainsi entendre dans les rues, un grand mécontentement en raison du non renouvellement d’une classe politique corrompue, d’une classe politique dont on voudrait tourner la page de manière définitive et non dont on voudrait voir le retour.

Il respecte ainsi un protocole lui, na!

Les libanais sont à la point du progrès … dans le pire

May 28, 2008 in Actualité, Citoyen

Dernière nouvelle ce soir, certains partisans de la majorité ont laissé éclaté leur joie suite à la désignation du premier ministre Fouad Saniora qui se succèdera ainsi à lui même , au sens propre et au sens figuré … par le tir de roquettes RPG à Tripoli et dans la Békaa, ne connaissant peut-être pas la loi de la gravité, tout ce qui monte fini par redescendre, parfois même sur eux-même, comme le faisait remarquer ma mère durant la guerre civile.

Les libanais sont donc à la pointe de ce qu’ils croient être le progrès, et disons voir qu’il s’agit alors du progrès du pire, passant allègrement des armes automatiques, qu’on peut presque considérer comme légères aux armes lourdes.

Oui les libanais innovent, après la réputation d’entrepreneurs, les voila innovateurs, jamais à défaut d’idée, surtout dans la fête. On pouvait faire péter les bouchons de champagne au Crystal en présence de charmante compagnie, voila qu’on fait péter la gueule des autres au sens propre.

Aller messieurs, mesdames, sortons tous nos armes, et au lieu de tous s’aimer, entretuons nous tous, y aura ainsi moins de cons au Liban.

Un jeu d’échec

May 27, 2008 in Actualité

Nous assistons à la concrétisation des accords de Doha, mais comme on pouvait s’y attendre, le jeu qui s’en suit ressemble plus à un jeu d’échec avec l’avancée de pions ou plutôt de fous de rois.

Le premier fou de Dieu n’est autre que Nasrallah, qui hier soir a avancé ses premiers pions dans la nouvelle partie après avoir remporté la précédente en faisant sortir sa reine armée. Il avait ainsi remporté haut la main, les volets politiques et militaires suite à l’aventurisme israélien de juillet 2006 et encore dernièrement avec les accords de Doha, comprenant l’essentiel de ses demandes, notamment l’obtention d’un droit de véto dans le prochain gouvernement. Dans ce jeu d’échec, les pions Aoun et Amal ont remporté chacun une part du gâteau avec d’un coté la nouvelle loi électorale et de l’autre coté l’élection du général Sleiman à la présidence, vu que c’était ce dernier qui l’avait déjà proposé.

Mais le jeu n’était échec et mat. Il semblerait ce soir que la majorité parlementaire du 14 Mars comptant les fous de Dieu de Samir Geagea entre autre tente une manœuvre que je qualifierais “de diversion” en proposant Fouad Saniora qui s’était largement décrédibilisé comme nouveau Premier Ministre notamment sur le volet économique via la bunkérisation de la Livre Libanaise ou sur le volet politique par son échec à faire face au volet du désarmement des milices libanaises dont celle justement du fou de dieu..

Cette manœuvre politique et risquée qui ne manquera pas d’être refusée par l’opposition quitte à relancer la crise politique pourrait cacher en fait un autre jeu, celui de proposer ensuite le député Saad Hariri qui apparaitra alors comme plus acceptable pour l’opposition, comme Premier Ministre, une fois que l’échec de la candidature de Saniora serait repoussée et cela dans le cas du scénario le plus optimiste.

En tout cas, le jeu d’échec international semble se poursuivre et la population libanaise en payera une nouvelle fois le prix si tel est le cas.

Let’s wait and see…

Les Nageurs

May 26, 2008 in Actualité

Une caractéristique assez étonnante au Liban est que tout locataire du Palais de Baabda est assez sportif, (bon mis à part quelques exceptions) jouissant notamment d’une piscine qui contrairement à ce que prétend les rumeurs n’a pas été construite sous le mandat d’Emile Lahoud mais d’Amine Gemayel dans les années 80.

Ils nagent nos présidents depuis quelques temps, ils se sont habitués à se débattre dans les méandres, les eaux troubles de la politique libanaise, consciemment ou inconsciemment, parfois succombant aux appels des sirènes de la collaboration et de l’occupation, mais le plus souvent se bornant juste à faire de la planche, quand on s’attendait à un champion de natation et alors que le pays lui coulait dans les bas-fonds de la guerre et de la corruption.

Le 14 février 2005, alors que je participais à la fameuse manifestation, je voyais la fin de la pensée de la guerre civile, le début d’un rêve d’un Liban, libre, prospère mais également un Liban Nation, ou tous au delà de nos religions se verraient appartenir à ce bout caillou vert dans un désert pas vraiment démocratique. Il s’agit la d’une erreur que j’ai faite, nous avons libéré les démons du passé qui avaient consumé le cèdre après l’avoir abattu et découpé. Ils ont failli, à nouveau, emporté dans leur folie la nouvelle pousse du 14 février 2005 avec leur manque de discernement pour certains, leur objectifs inavoués pour d’autres.

Après tout ce que le Liban a dernièrement connu, l’espoir de la libération, le désespoir de la guerre, l’appel des démons, on ne peut que rebondir après être tombé si bas. Le mandat du nouveau nageur de Baabda ne peut amener qu’à l’optimiste d’une renaissance nouvelle après le cauchemar vécu ses 2 dernières années à l’ombre des conflits sectaires, inter et intra-communautaires. Le Liban a besoin de paix, le Liban a besoin de se reconstruire et il ne s’agit pas d’immeubles comme au centre-ville, il s’agit de faire ce qu’on a jamais su faire, reconstruire des ponts, non pas entre les régions comme ceux détruits en juillet 2006, mais entre les personnes, celles qui ont cessé de se connaitre, de partager leur envies, leur sentiments, leur pensées depuis la guerre civile de 1975 à 1990.

Alors que l’élection puisse permettre finalement la concrétisation de ce rêve d’un Liban Nation, d’un Liban Uni entre ses frères et oui je veux en rêver.