Archive for April, 2008

 

Coexistence ?

Apr 20, 2008 in Citoyen

Le modèle qu’on nous propose souvent au Liban est celui d’un modèle de coexistence entre les 19 communautés libanaises. A ce concept, s’ajoutent ensuite les polémiques habituelles mais qui n’aboutissent à rien au sujet de la laïcisation du système politique voir de la question du mariage civile.

Hier mon séjour dans le Chouf et notamment aux explications de la manière dont les villages autrefois mixtes entre chrétiens et druzes sont devenus pratiquement tous mono-confessionnels à quelques exceptions prêt m’a amené à méditer au sujet même de la coexistence politique et donc sociétale libanaise.

Est-ce que cette coexistence existe-t-elle toujours?

On peut en douter, en passant successivement par Beyrouth, puis la banlieue Sud, puis Damour et enfin le Chouf. Plus d’espace de dialogues inter-communautaires, juste des lignes de démarcations intangibles entre communautés religieuses, avec d’un coté une église ou une mosquée et vice-versa de l’autre.

Il faut y voir le résultat de la dernière civile, on nous parle de dialogue politique mais les espaces de dialogues de la société n’existent plus. Il faut reconstruire ses ponts et aujourd’hui, les hommes politiques actuels, à de rares exceptions n’effectuent rien pour y parvenir.

Alors le Liban pays de coexistence, modèle pour le Moyen-Orient existe-t-il toujours ou est un autre rêve qui n’a pas survécu à la réalité? Est-ce qu’un nouveau modèle se doit d’être mis en place? Toutes ces questions ne sont pas écartés mais au contraire à méditer.

Des charognards

Apr 17, 2008 in Actualité, Citoyen

Ainsi, une nouvelle polémique est apparue au sujet des charniers de la guerre civile. La classe politique s’est rapidement emparée de ce nouveau thème de bataille politique sans pour autant saisir l’occasion de se montrer à l’écoute de la population.

Non, la mort de personnes ne doit faire partie d’un marchandage politique, ces morts pour le pire d’un pays doit se faire pour le travail de mémoire. Mais de mémoire, on a tendance à trop vite oublier nos propres démons du passé pour s’empresser de leur redonner un quelconque pouvoir ou un strapontin parlementaire ou ministériel voir plus encore.

Effectivement, 17 000 personnes ont disparu durant la guerre. De mémoire, selon les chiffres que j’avais par le passé lu sur le site de Solida que je vous conseille justement de consulter, 3 000 durant les opérations israéliennes, un nombre estimé de plus de 600 prisonniers qui seraient toujours emprisonnés dans des geôles syriennes et, selon une thèse effectuée non pas au Liban - cela causerait trop de problèmes - mais dans une université au Koweït, le solde très important de victimes fait par les combats interlibanais (mieux vaut pour les puissances qui se disputaient le Liban, tuer par des intermédiaires que se salir les mains, voir pour certaines factions libanaises, tuer des adversaires potentiels pour les empêcher de devenir trop puissant).

La polémique de Halat, m’a rappelé une autre histoire, mais celle-la “de cubes de béton” immergés au large des côtes libanaises entre Jbeil, Jounieh et Beyrouth. Une spécialité des FL de Hobeika m’avait-on dit à une certaine époque. D’autres milices libanaises, peuvent prétendre ne pas avoir effectivement de charniers à ciel ouverts, mieux vaut brûler les preuves de leurs crimes. D’autres encore, peut-être inspirés par un film de quelconque mafioso, immergeaient les victimes dans de l’acide.

Plus de traces, plus de crimes, plus de poursuites possibles et les familles des victimes n’ont-elles pu faire leur deuil, la vérité si chère d’autre, justement, pour eux, c’est trop chère pour être connue.

Pause Photo

Apr 16, 2008 in à coté

13 avril 1975, le combat pour la paix continue

Apr 14, 2008 in Actualité, Citoyen

Le 13 avril 1975, une date à jamais gravé dans l’inconscient collectif libanais même si officiellement on ne veut pas s’en souvenir.

Le début d’une guerre entre frères commise au nom des autres.

Je n’ai pas connu le début de la guerre, je n’ai fais que naître durant le conflit, grandir en voyant un pays se détruire par l’idiotie de ses dirigeants qu’on retrouve toujours aujourd’hui à la tête de parties et voir à la tête du pays des cèdres.

Je me souviens de mes cauchemars de gamins, de voir disparaître mes parents, je me souviens des bombes et des blessés emportés dans la folie meurtrière de seigneurs de guerre plus mafioso que combattants de la liberté. Je me souviens de mon propre père blessé par une bombe, annoncé mort et pourtant, oh miracle, en vie … 5 heures après.

Au début, bien sûr, gamin qu’on est, on se prend à être sensible à la violence gratuite, on veut ressembler aux « Abbaday » du coin, devenir chef à la place du chef. Mais petit à petit, la conscience de l’inhumanité de la chose et du sentiment d’injustice vis-à-vis des crimes s’est réveillé en moi, me faisant prendre conscience du bien et du mal, du mal surtout de combattre ses compatriotes simplement par ce qu’ils sont différents, alors que c’est cette différence qui est la source de richesse et le défi d’avenir de la nation.

Je me souviens des voitures piégées, celles qui tuaient une centaine d’innocents d’un coup, la terreur bien avant la reconnaissance de la terreur, citoyens qui avaient juste la malchance d’être à tel endroit, à telle heure. Des attentats commis à l’époque par tout le monde, syriens, israéliens et même français et américains. On tuait par intermédiaire, le marché de la terreur existait bel et bien au Liban et à côté, les attentats d’aujourd’hui ne sont qu’un travail d’amateur. Je me souviens des noms de personnes décédées, plus ou moins célèbres dans les combats à cause de l’imbécillité du crime gratuit, tuer son frère de sang parce qu’il ne partage pas les mêmes idées ou pire encore la même religion ou la même communauté.

Pourtant, les Libanais en général ne veulent pas se souvenir de cette blessure à jamais gravée dans la peau de notre génération. On détruit les ruines pour bâtir des palais et des gratte-ciels, vaine tentative d’exorciser nos démons bien libanais, celui d’une lutte des uns contre les autres, entre frères tel le conflit larvé qu’on connaît aujourd’hui.

Pourquoi alors se souvenir du 13 avril 1975, quand le combat pour la paix lui n’a jamais cessé. La lutte contre le combat fratricide, la lutte pour la paix au Liban, elle continue.

Lebanon, sweet Lebanon

Apr 11, 2008 in Uncategorized

Il est des fois où un pays paralysé par ses factions, rongé par les affronts verbaux ou armés, bloqué dans ses institutions et foulé aux pieds par ses dirigeants, peut paraître le meilleur endroit au monde qui puisse exister.

Tout simplement, parce qu’un fils de cette terre des cèdres est de retour, parce que deux cœurs ont pu à nouveau se retrouver.

Tout cela pour dire que Frenchy se trouve actuellement au Liban :-)

Ce qui fait qu’un petit break d’une semaine s’avère nécessaire.

Frenchy et moi Ishtar, nous vous disons à très bientôt