Paris sera toujours Paris

Paris sera toujours Paris dit-on et je déteste Paris, sa circulation, son anonymat… se sentir toujours étranger, sa froideur d’une certaine manière malgré le fait de connaitre du (beau) monde…

En cela, Beyrouth m’attire, Beyrouth m’électrise (désolé pour le jeu de mot suite aux émeutes) Beyrouth, ses rues, on a toujours cette adrénaline qui nous monte au nez à défaut de moutarde, Beyrouth a sa magie des boites de nuits, ses charmes du jour, une situation mouvante, bref Beyrouth me manque.

Ce n’est pas tout, mes amis, mon amour me manque, Beyrouth est le lieu ou vit mon cadre de vie justement, je me sens étranger ailleurs qu’au Liban et surtout en France ou je ne me reconnais plus. J’ai beau aller à mes “anciens coins”, lycée, collège, restaurants préférés, ce n’est plus pareil après avoir gouté à l’orientalisme.

Bref plus je suis en France et je me dis que je ne peux vivre sans mon Liban, mon Liban cosmopolite, mon Liban électrique, mon Liban tout simplement, mon monde à moi

Un retour …

Comme certains le savent déjà, je suis finalement de retour au Liban. Quelques rigolos ont pris la peine d’organiser un funeste feu d’artifice pour fêter ce retour et je m’en serais bien passé. Vous aurez compris que je parle du général François Hajj lâchement assassiné hier.

Sur cet acte odieux, je m’adresse aux familles des victime tout d’abord pour leur adresser ma profonde sympathie. Je suis entré en contact hier avec un ami qui vit à proximité des lieux et qui m’a fait part de son dégout et de son incompréhension…

Les lieux tout d’abord se prêtent à un attentat, on a la symbolique de la proximité du palais présidentiel, toujours 3 routes pour pouvoir fuir et ainsi de suite. A noter également que la coïncidence veut que qu’une bombe de 900 kilo israélienne datant du conflit de juillet 2006 a été neutralisé y a quelques mois sur ce tronçon.

Je ne comprends pas comment un tel acte soit possible dans un tel lieu si bien surveillé. Il n’est pas possible de rentrer un pétard à Yarzé ou à Baabda sans avoir les forces de l’ordre qui neutralisent les simples quidams que nous sommes. Cet attentat amène donc une nouvelle fois à douter ou de la complicité des forces sécuritaires et je vois mal l’armée organiser un attentat pour viser ses propres hommes ou de la complicité politique de certains organismes de l’état. La question de la responsabilité politique des personnes au pouvoir et en charge de la sécurité de tous se pose à nouveau. Baabda, Yarzé sont des périmètres ou se trouvent de nombreuses ambassades, un palais présidentiel, etc… c’est un lieu ou même les fréquences radios se trouvent être surveillées, un périmètre peut être le mieux sécurité de l’état libanais et pouf une bombe. Il s’agit donc de souligner une nouvelle fois les faiblesses de l’état et ce n’est pas un tribunal international ou un gouvernement ou un nouveau président qui viendra renforcer l’état mais bel et bien un renforcement de l’état en lui même et de ses organes et cela actuellement n’est null à l’ordre de l’agenda politique.

Aux dernières nouvelles, un groupe islamique palestinien serait à l’origine de l’attentat. Je le prévoyais depuis hier, j’en avais parlé avec Ishtar et elle peut vous le confirmer donc je ne suis pas surpris mais une fois de plus cela démontre qu’il existe une implantation des islamistes au Liban et que cette implantation est néfaste au système libanais comme l’a été le nationalisme arabe dans les années 50 et 60. Cette implantation dans les camps palestiniens rend urgent la mise sous souveraineté libanaise des camps et l’entrée des services sécuritaires libanais sur ces zones. François Hajj a été l’homme qui supervisa l’entrée des troupes libanaises dans les camps palestiniens, sa mort ne doit pas sonner le glas à cette mission de l’armée, la sécurité sur tout le territoire par l’armée et non par des milices d’auto-défense d’ailleurs comme c’est déjà le cas à proximité de Baabda d’un coté avec le Hezbollah et de l’autre avec les forces libanaises à Ein Remeneh… L’irruption de telles milices d’autodéfenses en 1975 ont été à l’origine de la guerre avec les palestiniens. Nous sommes malheureusement assez immature pour recommencer les mêmes erreurs.

Sur l’homme en lui même , le dossier de la victime témoigne de son attachement au Liban et à son combat contre les milices depuis 88 et l’affirmation d’un état, son combat non seulement contre Fatah al Islam, mais également contre les forces libanaises en 89, contre les factions islamiques de Denniyé. Successeur annoncé de Souleiman à la tête de l’armée libanaise, il n’a pas échappé dernièrement aux critiques de la majorité pour ne pas avoir ouvert le feu contre la population les 21 et 23 janvier derniers. Ce n’est pas la peur du combat, et on dit d’ailleurs qu’il n’avait pas peur d’aller au feu et qu’il a combattu par lui même à Nahr Bared. Le Liban a perdu un être de courage et nous devons à notre tour nous en inspiré.