Enough…
jan 14, 2008 in Actualité, Citoyen
Les plus fidèles l’auront déjà remarqué mais il est de moins en moins question de politique sur ce blog:
Tout simplement parce que les choses sont répétitives et prévisibles.
Cela donne l’impression de continuer à radoter, à souligner les erreurs de chacun, à tenir et souligner le rôle des responsables etc…
Il n’y a rien à dire tant que les choses ne bougent pas et j’avais déjà écris quelque chose en date du 6 janvier et malheureusement cela reste d’actualité. Je vous le livre ici avec un peu de retard
Le sommet de la ligue Arabe, un coup pour rien ?
La déclaration des ministres des Affaires étrangères de la Ligue Arabe appelant à l’élection immédiate du général Michel Sleimane à la présidence de la République et à la formation d’un gouvernement d’unité nationale semble couper la poire de la crise en deux ans pour autant apporter de solutions, ne satisfaisant en réalité aucun des partis, en raison de la non résolution justement du problème de la composition du prochain cabinet qui sera nommé suite d’élections.
On décrit les ingérences syriennes, iraniennes, françaises et américaines d’un coté politique comme de l’autre, paramètre qui dépend des allégeances respectives sans pour autant poser ni le diagnostic et encore moins la méthode de résolution des conflits des crises récentes et à venir.
Le système politique libanais a aujourd’hui trouvé ses limites, avec l’absence de mécanismes internes de résolution, les différents partis politiques libanais faisant appel à l’étranger. Ainsi ce qui se réclamait souverainiste dans un temps, sont obligés à faire revenir dans la bergerie les loups qui nous ont déjà massacré plus d’une fois. Je vous épargnerai les similarités que l’on peut faire de notre classe politique avec celle d’un poulailler.
Les résolutions de la ligue Arabe, tout comme les conseils de nom pas très avisé amis et frères, plus soucieux d’exporter leur intérêt au Liban au lieu de nos intérêts ne sont pas là pour nous épargner à l’avenir de nouvelles crises identiques. Nous nous devons de réformer notre système pour mettre en place les mécanismes d’arbitrage sur les questions.
Cela fait deux ans que je prévoyais une crise politique majeure au Liban en raison de la décrédibilisation d’un système politique basé sur des élections mon égalitaire entre libanais. Alors qu’on nous prenait pour un fou au début, qu’on m’accusait à tort et à travers surtout de travers, je pense qu’aujourd’hui on ne peut qu’admettre que j’ai eu raison. Cette crise s’est aggravée avec l’absence d’organisme d’arbitrage pour trancher, vous reconnaîtrez là que je parle du conseil constitutionnel entre autres. L’absence de ces mécanismes d’arbitrage a posé la question de la légitimité de la présidence, du conseil des ministres mais également de la proportion entre ceux qui aujourd’hui s’appellent majorité et minorité ou opposition, contaminés justement par des élections non égalitaires entre les différentes régions libanaises. Ceux qui prétendent aujourd’hui que la majorité doit gouverner que l’opposition se soit ceux de se taire ont tort dans le sens où la situation libanaise mais pas une situation actuellement normale. On ne peut comparer par exemple la notion de majorité de minorité dans une situation normale comme c’est le cas en France où nul doute n’existe quant à la légitimité de la majorité et donc du pouvoir à celle d’un Liban avec une loi électorale qui s’est faite au détriment des électeurs de certaines régions. Si on doit comparer la France et le Liban, on aurait dû la comparer avec la France aux sorties de la guerre de 39-45 et la constitution d’un gouvernement d’union nationale rassemblant tous les partis pour décider d’un nouveau système politique est ainsi relégitimiser l’ensemble de l’État
Depuis deux ans, j’appelais l’organisation d’élections législatives prématurées sur la base d’une loi électorale remaniée et prenant par exemple comme modèle à celle existante avant 1958 avec pour circonscription, des circonscriptions uninominales c’est-à-dire un député par circonscription mais avec comme le système politique libanais est confessionnel, l’abolition justement du confessionnalisme à cette échelle pour permettre une ici nation progressive du système politique et l’émergence de nouvelles forces politiques nationales et non plus communautaires. Une telle décision aurait eu comme conséquence une révolution d’une part contre les partis libanais actuels de nature confessionnelle, d’autre part contre les dirigeants religieux parfois impliqués dans la politique fort malheureusement, la domaine de la croyance restait du domaine privé et non pas du domaine public, et contre les dirigeants féodaux, accaparant des régions entières et ne pouvant désormais que s’accaparer encore un fief bien réduit face à de nouveaux dirigeants locaux. J’ai bien envie d’être rêveur, rêver d’un nouveau Liban, où un tel système pourrait enfin s’appliquer.
En ce sens, le plan de la ligue Arabe me paraît bien restreint et ne répond pas à mes appréhensions face aux crises futures que le pays pourrait connaître par rapport à un système politique n’ont pas être démocrate mais permettant l’émergence d’une oligarchie. Une la véritable révolution se fera quand on proposera de remettre en cause cette oligarchie pour construire une véritable démocratie.

