Archive for janvier, 2008

 

Enough…

jan 14, 2008 in Actualité, Citoyen

Les plus fidèles l’auront déjà remarqué mais il est de moins en moins question de politique sur ce blog:

Tout simplement parce que les choses sont répétitives et prévisibles.

Cela donne l’impression de continuer à radoter, à souligner les erreurs de chacun, à tenir et souligner le rôle des responsables etc…

Il n’y a rien à dire tant que les choses ne bougent pas et j’avais déjà écris quelque chose en date du 6 janvier et malheureusement cela reste d’actualité. Je vous le livre ici avec un peu de retard

Le sommet de la ligue Arabe, un coup pour rien ?

La déclaration des ministres des Affaires étrangères de la Ligue Arabe appelant à l’élection immédiate du général Michel Sleimane à la présidence de la République et à la formation d’un gouvernement d’unité nationale semble couper la poire de la crise en deux ans pour autant apporter de solutions, ne satisfaisant en réalité aucun des partis, en raison de la non résolution justement du problème de la composition du prochain cabinet qui sera nommé suite d’élections.

On décrit les ingérences syriennes, iraniennes, françaises et américaines d’un coté politique comme de l’autre, paramètre qui dépend des allégeances respectives sans pour autant poser ni le diagnostic et encore moins la méthode de résolution des conflits des crises récentes et à venir.

Le système politique libanais a aujourd’hui trouvé ses limites, avec l’absence de mécanismes internes de résolution, les différents partis politiques libanais faisant appel à l’étranger. Ainsi ce qui se réclamait souverainiste dans un temps, sont obligés à faire revenir dans la bergerie les loups qui nous ont déjà massacré plus d’une fois. Je vous épargnerai les similarités que l’on peut faire de notre classe politique avec celle d’un poulailler.

Les résolutions de la ligue Arabe, tout comme les conseils de nom pas très avisé amis et frères, plus soucieux d’exporter leur intérêt au Liban au lieu de nos intérêts ne sont pas là pour nous épargner à l’avenir de nouvelles crises identiques. Nous nous devons de réformer notre système pour mettre en place les mécanismes d’arbitrage sur les questions.

Cela fait deux ans que je prévoyais une crise politique majeure au Liban en raison de la décrédibilisation d’un système politique basé sur des élections mon égalitaire entre libanais. Alors qu’on nous prenait pour un fou au début, qu’on m’accusait à tort et à travers surtout de travers, je pense qu’aujourd’hui on ne peut qu’admettre que j’ai eu raison. Cette crise s’est aggravée avec l’absence d’organisme d’arbitrage pour trancher, vous reconnaîtrez là que je parle du conseil constitutionnel entre autres. L’absence de ces mécanismes d’arbitrage a posé la question de la légitimité de la présidence, du conseil des ministres mais également de la proportion entre ceux qui aujourd’hui s’appellent majorité et minorité ou opposition, contaminés justement par des élections non égalitaires entre les différentes régions libanaises. Ceux qui prétendent aujourd’hui que la majorité doit gouverner que l’opposition se soit ceux de se taire ont tort dans le sens où la situation libanaise mais pas une situation actuellement normale. On ne peut comparer par exemple la notion de majorité de minorité dans une situation normale comme c’est le cas en France où nul doute n’existe quant à la légitimité de la majorité et donc du pouvoir à celle d’un Liban avec une loi électorale qui s’est faite au détriment des électeurs de certaines régions. Si on doit comparer la France et le Liban, on aurait dû la comparer avec la France aux sorties de la guerre de 39-45 et la constitution d’un gouvernement d’union nationale rassemblant tous les partis pour décider d’un nouveau système politique est ainsi relégitimiser l’ensemble de l’État

Depuis deux ans, j’appelais l’organisation d’élections législatives prématurées sur la base d’une loi électorale remaniée et prenant par exemple comme modèle à celle existante avant 1958 avec pour circonscription, des circonscriptions uninominales c’est-à-dire un député par circonscription mais avec comme le système politique libanais est confessionnel, l’abolition justement du confessionnalisme à cette échelle pour permettre une ici nation progressive du système politique et l’émergence de nouvelles forces politiques nationales et non plus communautaires. Une telle décision aurait eu comme conséquence une révolution d’une part contre les partis libanais actuels de nature confessionnelle, d’autre part contre les dirigeants religieux parfois impliqués dans la politique fort malheureusement, la domaine de la croyance restait du domaine privé et non pas du domaine public, et contre les dirigeants féodaux, accaparant des régions entières et ne pouvant désormais que s’accaparer encore un fief bien réduit face à de nouveaux dirigeants locaux. J’ai bien envie d’être rêveur, rêver d’un nouveau Liban, où un tel système pourrait enfin s’appliquer.

En ce sens, le plan de la ligue Arabe me paraît bien restreint et ne répond pas à mes appréhensions face aux crises futures que le pays pourrait connaître par rapport à un système politique n’ont pas être démocrate mais permettant l’émergence d’une oligarchie. Une la véritable révolution se fera quand on proposera de remettre en cause cette oligarchie pour construire une véritable démocratie.

Fishing Club

jan 13, 2008 in Citoyen, Histoire, international

Fishing club

Le Fishing Club ou plutôt pour les intimes chez Pépé, c’est un peu comme voyager, hors du Liban pour les plus jeunes, dans l’ancien Liban, le Liban traditionnel, celui décrit d’avant la guerre civile, pour les plus âgés.

Aller chez Pépé, c’est redécouvrir le charme de ces petits ports un peu jet-set, une ambiance unique, une ambiance méditerranéenne, qui a depuis disparu sous l’assaut du béton et des promoteurs immobiliers.

Ce restaurant de Byblos, je ne veux dire Jbeil, pour rappeler les 6000 ans d’histoire de ces lieux, ce lieu de rencontre est toujours resté le même, en dehors du temps, un lieu de mémoire tous ceux qui veulent se souvenir d’un Liban tel que nous le contaient nos aïeux, celui non pas d’une richesse matérielle ou celle de l’argent, mais la richesse de la culture, de la rencontre avec le monde. De ce port en effet est parti l’alphabet, exporté par les Phéniciens  en même temps que ce bois de cèdre, de ces tissus pourpres et bien plus encore. Peut-on dire que le commerce avec plus de valeur capitalistique que celle de l’échange entre nations humaines en devenir ?

Chez Pépé, on transpire la valeur de l’échange, avec d’un côté les photos des personnalités rencontrées, les casquettes des grands navires qui ont accosté au pays des cèdres ou indistinctement mélangées, une casquette soviétique se retrouvant au côté de celle d’un navire américain. Chez Pépé, on  peut voyager en dehors du Liban pour nous les plus jeunes, parce que nous n’avons pas connu cette valeur de l’échange. Nous nous devons de la reconstruire, mais il faut encore que ce soient des gens comme Pépé disparu cette année qui puissent nous montrer ce chemin.

Chez Pépé, on vit l’exemple d’un monde apaisé dans sa globalité, on a l’impression d’être à la fois au Mexique, à Cuba, dans les îles grecques, et avec le bleu de la mer dans les Caraïbes, avec les ruines antiques, on partage un moment d’histoire qu’on a envie de faire renaître, celui d’un Liban « rencontre de tous », d’un Liban partagé et non d’un Liban déchiré.

Caracalla, ses chevaliers de la Lune et les libanais…

jan 12, 2008 in Actualité

On ne peut qu’être enchanté par le dernier spectacle, le dernier ballet du groupe Caracalla qui nous décrit ainsi des contes fortement inspirés par les histoires et les traditions arabes.

On ne peut qu’être subjugué par les différents tableaux de ce ballet relatant de manière indirecte une fable qui s’adresse à ce pays des cèdres déchiré.

Dédicacé par le fameux poète Saïd Akl, je ne peux prétendre à mieux écrire par ces mots :

« Et les deux mots, émules frères, peuvent se dire en deux autres termes : majesté et grâce. Pouvoir émerveiller nos yeux par le frémissement de ces deux devenus un, c’est peut-être le quid de la danse. »

L’histoire relate le jour où un roi d’un certain âge a eu deux enfants. Cependant, l’art de tomber malade fut séparé de son frère et confié à une bohémienne, qui tombe en disgrâce, soupçonnée d’avoir empoisonné cet enfant. Elle fut alors condamnée à être brûlée. Sa fille se vengera en kidnappant le fils du roi, mais tueras malencontreusement son propre fils, pour s’enfuir ensuite avec celui du souverain.

L’histoire commence un peu plus tard, alors que deux tribus ennemis sont représentées d’un côté par un prince cruel et de l’autre côté par le chevalier inconnu, qui se disputent le cœur d’une princesse. De tableau en tableau, je ne vous les relaterais pas ici pour que vous puissiez découvrir par vous-même, comme vous l’aurez pu à deviner, l’histoire s’achève avec la découverte des deux ennemis qui sont en fait frères. Ainsi, le spectacle Caracalla semble être une leçon de morale pour nous Libanais, au-delà de nos luttes, nous sommes tous des frères qui s’ignorent et d’ailleurs, le dernier tableau, celui de la présentation des acteurs, se clôt sur le drapeau du pays et l’emblème national, celui des cèdres.

Des figurants, on ne peut être qu’émerveillé par le talent en particulier des danseuses, dont l’on ne peut que regretter le fait que la plupart sont des étrangères bien que talentueuses. On découvre ainsi le talent particulier de la chorégraphe en charge de la gente féminine. L’exactitude des mouvements de celles-ci est malheureusement remarquée que du côté des danseurs, quelques fautes de synchronisation existent. Dans l’ensemble, se dégage plutôt la force et l’âpreté du combat entre frères et tribus ennemis qui s’ignorent, et la douceur de l’amour pour la conquête de la belle.

Vous l’aurez compris, il s’agit d’un superbe ballet quelque peu gâché par un public qui ne mérite pas d’assister à de tels spectacles. Que dire des personnes qui arrivent en retard, qui bousculent ceux déjà assis, que dire des lumières des téléphones qui s’allument, et que dire de ces conversations qui s’entendre à plusieurs rangs. Et je ne parlerai pas ici également des sifflements quelque peu déplacés quand se produise une belle dame, la sœur de Fairouz sur scène.

Accompagné de mon amour, j’ai toujours eu l’habitude de prendre des places dans un ballet au milieu de la salle, pour être au niveau de la scène afin de pouvoir embrasser de mon regard toute cette scène. Un premier groupe de vieux déjà arrivés en retard vers neuf heures (alors que le spectacle commence 8 h 30) a rompu le charme qui m’avait subjugué. C’est alors, qui est arrivé 10 minutes plus tard un deuxième groupe de personnes du même âge les accompagnants. C’est alors qu’une femme avec un accent quelque peu campagnard nous demande de nous décaler d’une place pour laisser ainsi son compagnon s’asseoir. Ishtar a tenté donc de lui expliquer que nous ne nous bougerons pas des places que nous avons acquises et pour la cause expliquée ci-dessus. C’est alors que cette dame tenta de marchander avec moi. Je lui dis simplement un non qui lui fit comprendre peut-être que j’étais étranger. C’est alors que j’entendis un espèce de « Kiiiiif non ? » suivi de murmures qui laissaient présager de quelques insultes auxquelles je n’ai même pas jugé bon de répondre. J’étais peut-être pour elle un goujat mais en tous cas en Europe, on ne laisse pas rentrer des personnes en retard dans une salle où se produit un spectacle, et ainsi déconcentrer non seulement les acteurs sur scène mais également le public. Non seulement cela, mais j’avais acheté mes places en connaissance de cause il y a deux semaines, bien au milieu, là où je voulais, et je suppose que ce groupe aussi devait savoir qu’ils allaient être séparés. Si tel n’était pas le cas, ils n’avaient qu’à s’abstenir de venir et surtout de venir en retard.

En tant que spectateur, on ne respecte les acteurs ainsi que les autres spectateurs qu’en venant à l’heure et comme l’a si bien dit Marie-Josée citant une expression de Louis XVIII, « l’exactitude est la politesse des rois », en réponse à l’ignorance de certains qui se vantent que « les gens chics arrivent en retard».

Cela m’a rappelé lors de la reprise du festival de Baalbeck en 1995 avec notamment la présence de Rostropovitch, depuis décédé, le retard de la première dame de l’époque de 45 minutes, retard salué par des sifflets ironiques du public avec raison pour que soit donné le coup d’envoi du festival, le premier qui a suivi l’interruption de la guerre civile.

Vous aurez donc compris que ce spectacle est à revoir mais sans ce certain public qui se croit au-dessus des règles de savoir-vivre.

Lupanar de Pompéï au Crystal

jan 05, 2008 in Down

Lupanar de Pompei

Le niveau d’une boite de nuit bien connue des jeunes à Beyrouthins en mal de show off local, celui qui consiste à vouloir paraître important (quand on ne l’est pas en réalité) et a dépensé le plus possible l’argent de papa maman pour montrer combien on est riche donc puissant et ainsi s’accaparer une jante féminine plus pute et bien refaite que réellement désirable, vous aurez compris ici que je parle de la fameuse boîte de nuit dénommée «Crystal”, semble bien être en baisse.

Après avoir connu les affres une fermeture forcée en raison du refus par les gérants d’accorder une table non réservée au fils de l’ex-président de la république Emile Lahoudil y a de cela quelques années, 2003-2004, si je m’en rappelle bien, il s’agit aujourd’hui du fils du responsable de la sûreté générale nommée par le gouvernement Saniora suite à un compromis avec le président de la chambre voulant sauvegarder son domaine de chasse privée des institutions étatiques. Ne pouvant obtenir une table et ainsi prouver son importance, le fils à papa a donc fait appel aux services de son papa pour effectuer une descente en règle et humilier les clients sous couvert d’une chasse aux clandestins et autres illégaux travaillant en ces lieux et forçant la clientèle à demeurer à genoux, humiliée. Imaginez donc ces gamines en minijupe venu à la chasse au fric et de ses gamins venus dépenser l’argent bien mal acquis de leurs nouveaux riches de père. Je me souviens ainsi de l’histoire une amie m’expliquant qu’à telle table où trônait seul un homme accompagné d’un certain nombre de filles, il s’agissait en fait d’un proxénète vende dans les mérites de ses filles à de riches touristes arabes en mal de compagnie. Peut-être également que la sûreté générale au lieu de s’attaquer cas de pauvres qui quidam sans papiers auraient pu aussi faire appel à la brigade mondaine, et ainsi terminer le boulot.

Non pas que je aime cet endroit, je n’y ai mis les pieds que deux fois d’ailleurs pour accompagner une amie travaillant dans une chaîne locale à l’époque où j’étais toujours célibataire. J’étais offusqué par les dérives faits par une société pourrie qui au nom du principe de s’amuser en fait s’amusait a s’humilier dans un pays appauvris par une clique de mafioso. cela me rappelle sans mal les dérives d’une classe de Patriciens Romains en mal d’orgie dans des lupanars, alors que leur empire s’effondrait.

Je regrette l’ancien lieu qui s’appelait le Circus ou de telles dérives n’avaient pas cours à un tel point.

je m’amuse cependant aujourd’hui à constater qu’un fils d’un ex-président de la république bien décrié, annoncé de ce qu’il est advenu durant cette période ou à une mafiocracy en a succédé à une autre, a été remplacé par le fils d’un simple service de la sûreté de l’État. On voit bien comment l’État libanais est devenu une république bananière au service non pas de son peuple mais de quelques puissants ou du moins de quelques-uns qui se croient puissants mais qui en fait sont bien impuissants.de

Aux dernières nouvelles, les trois boucs émissaires arrêté dans le cadre de cette affaire, les officiers ayant effectué cette perquisition à la solde du fils à papa ont été libérés après avoir été a été par la justice militaire. Ainsi, les choses reprennent certaines normalités ou plutôt leur cours normal, on ne se bouffe pas entre loups et encore moins entre louveteaux qui se font leurs dents dans les affaires des autres. Comme d’habitude, c’est le commun des mortels qui se fait baiser par des gens ou de tristes personnes n’ayant pas conscience que leur première responsabilité est de protéger et non pas d’agir dans leurs intérêt ou de se protéger.

Ainsi va le Liban, après tout il a toujours été le bordel des autres et comme dirait un ami à moi… This is Lebanon… Unfortunatly!

discussion, rencontre, et réflexion

jan 03, 2008 in Actualité, Citoyen, Down

Hier soir, nous sommes sortis dans le seul restaurant à peu près potable de la région du Kesrouan tendances mexicaines et vous aurez bien sûr compris que je parlais du Habana. Nous y avions rendez-vous, Marie-Josee (voir également dans son dernier billet) et moi-même, avec un ami que je salue au passage vu que je lui ai passé le lien de ce blog, journaliste à ses heures perdues dans l’édition du dimanche du journal An Nahar que nous connaissons tous.

Cette personne a en effet écrit un livre sur l’histoire de mon berceau familial, les lecteurs les plus fidèles auront bien sur compris que je parle du village de Douma. Admirable bouquin qui succède sur ma table de chevet au mémoire de Pépé de Byblos que je viens tout juste de terminer.

Admirable bouquin que vous ne saurez pour le moment lire vu qu’il n’est pas encore disponible, l’auteur, mon ami je puis dire, ne l’ayant pas encore officiellement lancé. Parmi les photographies des personnalités et des villageois, on peut voir celle de mon grand-père décédé en 2006, et cela m’a fait réaliser combien il me manque aujourd’hui.

Nous avons également abordé un thème tenant à coeur tous les Libanais que nous sommes et qui est celui de la politique. Concordance de vues quant au diagnostic de la situation. La situation reste en effet grave, mais je ne vais quand même pas me tuer à le répéter. J’en ai déjà suffisamment dit au cours des différents billets publiés ici.

Aujourd’hui, un autre ami repart en Afrique, y vivre et y travailler. Le Liban se vide de sa jeunesse en raison de la politique catastrophique non plus seulement économique mais aussi politicienne que s’évertue à mener une classe d’apprentis magiciens au pouvoir. On entend déjà tel ou tel politicien accuser son voisin de vouloir pousser au conflit sans pour autant se jeter la première pierre, sans pour autant voir sa responsabilité, sa propre responsabilité quant au conflit non pas dans l’intérêt des Libanais ou même de sa propre communauté mais dans l’intérêt de puissances étrangères plus ou moins proches.

On nous a déjà privé de notre révolution, permettant ainsi à ceux qui nous gouvernaient déjà avant la guerre civile puis durant l’occupation qu’elle soit syrienne ou Israélienne de continuer leurs propres affaires. Le peuple libanais se doit de s’emparer au sens propre du pouvoir, obligeant les politiciens non pas à être au pouvoir dans leur intérêt privé mais y être au nom de l’intérêt général et les sanctionner si cela n’est le cas.

J’avais déjà par le passé expliqué que l’échec de la révolution des Cèdres était prévisible en raison de la non reconnaissance qui pouvait découler d’une loi électorale non égalitaire entre libanais que l’on soit du mont Liban ou du reste du pays. Aujourd’hui, plus que jamais, la crise politique qui perdure, la demande d’un veto des deux tiers et le refus des partis opposés indique que j’avais déjà raison à l’époque.

Le diagnostic, mon diagnostic, que pourtant certains décriaient, s’est avéré exact et j’avais proposé une solution, celle du recours en 2005 à de nouvelles élections législatives après l’adoption d’une nouvelle loi électorale.

Depuis 2005, on ne m’a guère écouté et pourtant encore aujourd’hui les solutions existent, et même si elles sont proposées par une partie contraire à mes convictions pour des raisons idéologiques, je reste conséquent avec moi-même, parce que ce ne sont que les seules solutions dont on peut disposer.

J’avais en effet décrit à l’époque le mécanisme qui, partant du principe d’un régime parlementaire au Liban, allait aboutir à la décrédibilisation de tout le système politique, à commencer par le Parlement, le gouvernement puis la présidence.

Le gouvernement nommé en apport avec ce parlement a ensuite vu sa légitimité remise en cause à la première crise, cela s’est passé exactement comme prévu après le retrait des ministres chiites en novembre 2006. La présidence aujourd’hui est vacante suite à la délégitimisation du parlement et du gouvernement.

Le Parlement a été décrédibilisé par les élections basées sur une loi électorale injuste. Dans un cas classique, il reviendrait à la majorité de gouverner et à l’opposition d’offrir une alternative crédible à cette majorité lors de nouvelles élections. Cependant, la situation n’était pas normale en raison du sortir d’une période d’occupation mais également une période de guerre civile dont l’occupation avait anesthésié les symptômes. Ôter l’occupation, les symptômes revenaient. Cette guerre civile avec des causes et ses causes demeurent aujourd’hui avec l’ajout de nouveaux paramètres et notamment ceux de changements démographiques. A chaque fois qu’une communauté dominante était défiée dans sa dominance par une communauté minoritaire mais ayant une démographie positive, nous avons vu au Liban un conflit. Ce fut le cas au XIXe siècle entre druzes et chrétiens, puis au XXe siècle entre musulmans et chrétiens et aujourd’hui entre musulmans eux-mêmes sunnites et chiites. Tant que le système politique libanais ne saurait être le reflet de communauté sans savoir s’adapter assez dynamique ou encore sans se laïciser c’est-à-dire sans enlever le paramètre de la communauté ou de la secte religieuse, le Liban connaissant la vie des communautés seront en perpétuel conflit. C’est cela qui arrive aujourd’hui et ceux qui ne veulent pas à mettre sont les premiers responsables de cette crise.

Il était donc prévisible que la situation pouvait virer au pire après l’espoir d’une révolution ratée. et je maintiens que le seul espoir qu’ont les Libanais aujourd’hui d’éviter le renouveau d’un conflit civilet d’avoir confiance en les institutions et sans légitimant avec un nouveau scrutin, représentant mieux pour le moment la distribution des pouvoirs par rapport au poid démographique et ainsi diminuer la tension actuelle pour ensuite laïciser les institutions étatiques à plus ou moins brève échéance. Il s’agit là de la seule manière de faire si on veut pas être au mieux dans une crise chroniques les six prochaines années ou au pire en guerre.

Histoire de guerre civile

jan 02, 2008 in Actualité

Aux premières années de la guerre civile de 1975 qui ravagea le Pays des Cèdres, de courageux députés gardaient dans l’idée de continuer de conserver l’unité nationale du Pays d’une manière assez peu commune.

Je tairais ici les noms de ces personnes, certaines d’entre elles étant toujours aux affaires comme on dirait au sens figuré mais ici, la politique semble être justement un « business » comme tant d’autres.

Un jeune député chrétien célibataire à l’époque et aujourd’hui bien connu avait alors pour maîtresse, la femme d’un collègue à lui, député du Sud du Liban, de secte différente, et elle-même héritière d’une des grandes familles fortunées et tribales de la Békaa. Ils se rencontraient ainsi sous le sceau du secret dans le peu de zones proches des deux bords où ils vivaient leur amour comme si de rien n’était.

Fière femme pouvait-on dire à l’époque avec des cheveux de jais, ressemblant étrangement à une des vedettes de la musique libanaise d’aujourd’hui, la chanteuse qui porte le nom d’une ville de nos voisins du Sud.

La mère de ce jeune député ayant décédé, sa maîtresse accompagnée de son père et de son infortuné député de mari décida alors d’assister aux funérailles. Elle devait alors traverser une zone tenue par les miliciens opposés et protégée comme il se doit par les mâles de la famille, munie d’un laissez-passer ou sauf conduit.

S’engageant sur cette périeuse voie, celle d’aller voir son aimé dans une zone peu sécurisée, c’est alors que les miliciens des forces libanaises ont à l’époque provoqué un accident de voiture, ne pouvant recourir comme à leur habitude aux armes, le carrosse de cette dame ayant été poussée sur les bas côtés de la route.

Quelque peu contusionnée, la gente dame fut alors convoyée à l’hôpital pour vérifier qu’en bonne santé elle était.

Le médecin de garde à l’époque lui demanda alors de bien vouloir se dévêtir. Elle s’exauçait alors, ôtant sa robe noire, celle du deuil pour révéler 2 pistolets de type magnum suspendu à 1 holster de part et d’autre de ses aisselles, n’ayant pour dernier rempart à sa vertu, un haut blanc. Le médecin quelque peu interloqué par la découverte des (gros calibres), ne fit pas part de sa surprise - en ce temps, peu de choses communes se déroulaient dans les cabinets, je pourrais ainsi vous en raconter d’autres - et lui demanda d’ôter son t-shirt. C’est ainsi qu’il découvrit les trésors de cette dame et s’exclama …

Madame, avec ces 2 revolvers-là, vous n’auriez pas besoin des deux autres…

Cette histoire je vous l’ai conté, et il s’agit d’évènements véritables de la guerre civile, de poudre, de sang, d’amour et je pourrais ajouter de désespoir. Les personnages, je ne vous en livre pas les noms, certains étant comme déjà signalés toujours en vie, certains aspirants aux plus hautes charges du pays, toujours donc dans les affaires, et depuis mariés mais qui sait… Ce sont tous les Libanais qui sont victimes de leurs adultères, ceux vendant le pays pour une charge, pour une bouchée de pain accordée à un quelconque milliardaire ou une puissance étrangère.