« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. »

Dimanche, novembre 25th, 2007 @ 15:43 | Actualité, Citoyen, Down, Grognon, Histoire

« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. », écrivait Gébran Khalil Gébran comme un funeste visionnaire de ce que le Liban est aujourd’hui, un Liban avec des communautés, des fragments aux projets différents, un Liban au bord de l’abîme, un Liban plus proche que jamais de ses vieux démons, ceux de l’instrumentalisation étrangère et du conflit interne.

Est-ce la destinée du Liban que de connaître le malheur entre ses frères ? Ne pouvons-nous pas changer le destin ? 

Le problème libanais est qu’il n’y a pas de vision unitaire, le problème du Liban est que chacune de ses composantes ne peut dialoguer en toute confiance avec l’autre. Un autre symptôme du conflit qu’on a déjà connu, le Liban passa juste par une anesthésie temporaire, celle causée par l’union de ses composantes en rapport avec les occupations du Pays mais ces symptômes ressurgissent aujourd’hui tel un démon justement.

Le Liban en a connu des conflits au long de son histoire, à chaque fois qu’une communauté dominante mais sur le déclin fut défiée par une communauté moins dominante mais bénéficiant d’une dynamique démographique positive. 

Ainsi, les Chrétiens devinrent la communauté dirigeante face aux Druzes durant le 19ème siècle, de la sorte la présidence chrétienne perdu ses prérogatives au bénéfice du gouvernement par les accords de Taëf en 1989 et enfin aujourd’hui le Liban connaît de nouvelles tensions. La communautarisation de la scène politique, dont les accords de Taëf devaient venir à bout officiellement, ne furent qu’encore plus exacerbés et on en paye les conséquences aujourd’hui.

Non pas qu’il faille accuser les uns ou les autres, le Liban se doit d’être démocratique et donc on doit accepter cette dynamique mais les tensions existent parce que le système politique libanais n’est pas réformable à cause des résistances des uns et des demandes des autres. Chacun considère comme sacré des textes et dénoncent l’inconstitutionnalité de la réforme. Il serait tellement plus pacifique de ne considérer aucun texte sacré, que cela soit celui de la Constitution ou des accords de Taëf mais qu’ils puissent être réformable, adaptable aux nouveaux défis des situations, notamment face à des parrains aux intentions plus ou moins belliqueuses s’ingérant dans nos propres affaires domestiques et profitant de nos propres divisions. Oui il faut éloigner la religion de la politique, considérer non pas la préférence à telle ou telle personne suivant sa religion mais plutôt suivant ses idées et son programme, pour que le Liban devienne démocratique, pour que ses fils puissent tous se sentir Libanais avant d’être fragmentés par tel ou tel dirigeant. 

Le Liban aujourd’hui, fait face à de nouveaux défis, certains sont externes, le bruit des bottes résonne au Moyen Orient alors que s’annonce un conflit notamment avec l’Iran et le plan américain du Nouveau Moyen Orient ou encore interne, les tensions intra communautaires ressurgissent parce qu’il n’y a plus de zones vraiment mixtes donc intra sectaires au Liban et par conséquent de dialogue à l’échelle de la société. La dernière guerre a contribué à nettoyer ethniquement le Liban et ses criminels courent toujours, et pire encore se chamaillent pour le peu de pouvoir.

La présidence est vide, le pire peut advenir à chaque étincelle. Notre seule chance est qu’aucune partie ne veut prendre la responsabilité de cette première étincelle, celle du pire qui nous ramène 32 ans en arrière.

 

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    8 Responses to “« Plaignez la nation divisée en fragments, et dont chaque fragment se considère comme une nation. »”

    1. alexandre Says:

      Vous avez raison! Il est grand temps que les libanais cessent de penser l’avenir du Liban au travers de leurs identités religieuses respectives; il leur faut désormais se rappeler que, quelque soit leurs convictions religieuses (qui doivent être respectées), ils constituent une seule communauté: une communauté nationale, d’où découle une communauté de destin. Il ne faut pas qu’être maronite, orthodoxe, sunnite, chiite, druze ou autre empêche d’être tout simplement libanais. Il faut se souvenir aussi qu’être libanais n’empêche pas de pratiquer quelque religion que ce soit. La richesse du Liban réside dans la diversité des origines et des croyances des libanais.

    2. kheireddine Says:

      Malheureusement Alexandre, très peu de libanais perçoivent le Liban comme nous espérons. C’est toujours une vision étroite, sectaire voire tribale qui prévaut.

    3. alexandre Says:

      @Kheireddine: J’en ai, hélas, bien conscience. S’il pouvait voir ce qui se passe actuellement au Liban, mon grand père se retournerait dans sa tombe.

    4. kheireddine Says:

      Le confessionnalisme existait du temps de nos grand-parents, mais pas à ce point. Souvent, les quartiers de Beyrouth étaient mixtes et le bon voisinage prévalait sur les opinions politiques et les allégences sectaires et tribales. Malheureusement, nous souffrons encore des séquelles de la guerre des 15 ans et il n’y aura pas d’espoir à moins de remplacer toute cette classe politique pourrie.
      À moins d’un miracle, je vois la dislocation du Liban se préciser de jour en jour.

    5. frenchy Says:

      Quite à choquer, je dirais que le seul avantage qu’on a eu durant la pax syriana a été une sorte d’anesthésie par rapport à la guerre civile.
      par contre, ce qui n’a pas été fait durant l’occupation syrienne est une reconciliation franche, et on peut penser aux responsabilités par exemple de joumblatt avec l’échec de la réconciliation de la montagne ou autre.
      On a aussi les séquelles d’une mauvaise loi d’amnésie collective alors que des crimes ont été commis durant la guerre civile, crimes considérés comme crimes contre l humanité aujourd’hui, nettoyage ethniques et meurtres sur carte d’identité. On souffre également de la séquelle de cette loi qui ne permet pas l’instauration d’une confiance réciproque parce que les criminels courent toujours dans leur communauté respectives…

    6. Anonyme Says:

      Salut Khairedine, tout le monde

      Je ne dirais pas “tres peu des Libanais”; mais la majorite des Libanais qui ignore le faits qu’ils ne pouvaient pas etre une identite sans avoir l’autre.

      Cette absurd ethinic cleansing!

      S’il y’aura jamais une entente civil et politiques dans noted region, ca devais commencer par le Liban.

    7. theCourtFool Says:

      oups, j’ai oublier de metres mes initiales. :)

    8. Nay Says:

      je pense que le debat sur l’identite du liban est toujours aussi vivace qu’avant..les tiraillement aussi…mais peut-etre qu’on est entrain d’aller au bout des choses pour mieux en sortir par la suite? il vaut mieux crever tous les abces que faire la politique de l’autruche et se dire que tout va tres bien et que le confessionalisme n’a plus lieu d’etre au liban, mais seulement par intermittance.le question qui se pose est une question de confiance.A-t-on confiance dans notre voisin concitoyen de religion differente? autrement dit avons-nous confiance que nos interets sont les memes, que nos ennemis sont les meme et que nos buts sont les memes? apres cette guerre qui nous a separé et qui n’a mene a rien,nous sommes prepares a faire cet effort. ce qui passe par le fait de sortir nos angoisses ancestrales et tout mettre sur le tapis,pourquoi pas? pour ne pas retransmettre a la generation cette peur qui vient de l’ignorance.rien qu’a voir certains de nos proverbes, helas issus de faits historiques, on peut se dire que c un vrai defi que d’aller a l’encontre de ce qui a ete fait et vecu et changer la donne a partir d’auj. alors esperons que tous ces exces que nous vivons ne sont que les derniers soubresauts avant une vraie reflexion commune.dernier defi: que la religion ne se mele pas de ce qui ne lui revient pas, et qu’elle rapproche au lieu de separer sur des revendications tres aleatoires et controversees…ce serait un vrai “achievemnt” que d’y arriver un jour!on est capable de le faire si nos dirigeants etaient moins scleroses.

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