Coups de pétoire politiques
Le dernier développement en date, celui du tir des quelques pétoires que possède l’armée libanaise contre 2 avions israéliens survolant le Sud Liban est à considérer non pas d’un point de vue politique, l’armée libanaise n’a pas les moyens de faire face à des menaces externes et beaucoup de difficultés à faire face à des menaces internes.
On peut se souvenir ainsi que dans les années 90, l’armée libanaise ouvrait effectivement le feu sur des avions israéliens survolant et violant l’espace aérien de la capitale même en tirant volontairement de coté. On peut se souvenir que dans les années 80, l’armée libanaise n’a pas eu les moyens d’obéir à l’ordre donné par le ministre de l’époque d’abattre un de ses propres hélicoptères détourné par Joumblatt jusqu’au palais de Beittédine. L’armée libanaise n’a pas eu les moyens en raison des échecs successifs à obtenir un armement et une défense anti-aérienne performante et cela depuis la fameuse affaire des crotales, missiles français des années 70 payés et jamais fournis. Le dernier conflit, celui de 2006, avait une nouvelle fois démontré cette incapacité de défense aérienne. Ce n’était pas toute l’aviation israélienne qui bombardait le Liban mais quelques chasseurs bombardiers. Le Liban n’a donc jamais eu l’occasion et la permission internationale en effet simplement de pouvoir se défendre.
La signification est donc toute autre, la signification de ces tirs est avant tout politique et de politique interne surtout:
Ces tirs confortent ainsi la vision d’une armée capable de défendre son territoire notamment par rapport à la constitution et à la présente de milices, au sud plus particulièrement, région occupée jusqu’à récemment par Israël, région où s’est construit une milice en fin de compte sur les débris d’un état faible, d’un état incapable d’assurer la sécurité de sa propre population avec notamment l’émergence du Hezbollah, région martyrisée par la guerre de juillet 2006. Il s’agit plus de démontrer que l’état libanais, pour paraphraser un président américain ou une chanson de Bruce Springteen “is back”. Il s’agit et la l’armée a compris le jeu, de construire un état détruit et par une guerre civile, et par des occupations successives et par une guerre qui n’était pas la sienne.
Un autre objectif plus personnel pourrait être de soutenir la candidature à la présidence de la république de son commandant, le Général Michel Souleiman alors que semble se profiler à ce propos l’acceptation par le patriarche maronite d’un mandat réduit à 2 ans du contrat de location du palais de Baabda en cas d’élection de ce dernier. L’armée ici démontre que son objectif et donc l’objectif vérifiable sur le terrain, comme cité auparavant reste avant tout la défense de la souveraineté du Liban quelque soit le prix qu’il faille payer et cela devrait être acceptable par tous les partis opposés sur l’échiquier politique libanais. Ainsi, une information qui semble le confirmer, l’Egypte dont le ministre des AF se trouve actuellement au Liban, coïncidence ou autre aujourd’hui, les survols israéliens étant quotidiens, ne semble pas être opposé à l’élection du général Souleiman à la présidence. Affaire donc à suivre
L’objectif externe qu’on pourrait également voir est le suivant: L’armée libanaise ne restera pas les mains croisés en cas de conflit régional Iran/Syrie- USA/Israël. L’armée libanaise prendra ses responsabilités en cas de débordement du probable conflit pour protéger la nation et le peuple libanais. L’armée libanaise prendra ses responsabilités et le sang de ses martyrs pour la nation comme ce fut déjà le cas face au groupuscule islamique du Fatah al Islam.
La défense du territoire étant le premier objectif d’une armée même avant les opérations de police dévolues fort malheureusement, la situation libanaise étant assez “spéciale”, l’armée ici rempli avant tout sa mission première, et de cela, on ne peut qu’en être fier.
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octobre 27th, 2007 at 22:38
octobre 29th, 2007 at 12:38
octobre 29th, 2007 at 14:41
Au début de l’ère Frangieh en 1971-72, l’ancien chef de l’armée Émile Boustani (signataire de l’accord du Caire) avait été traîné en justice pour l’achat de missiles crotale alors qu’ils n’étaient qu’au stade d’étude. Des millions auraient été versés en pot-de-vins aux officier de l’armée. Indirectement, on jugeait l’ère Chéhab qui a certainement connu des excès de la part des officiers de l’armée mais ce n’était que des peccadilles part rapport à la corruption de l’époque Frangieh…
octobre 29th, 2007 at 18:42
Le crotale a été développé par la france à partir de 64 pour le compte principalement de l’afrique du Sud.
Il était devenu opérationnel en 71 et a été depuis décliné en de nombreuses versions et moderné.
Dans les années 80 c’était le milan mais qui est un missile antichar qui avait été même testé en opération au Liban …
octobre 30th, 2007 at 9:57