Archive for juillet, 2007

 

Le retour de la censure

juil 15, 2007 in Actualité, Citoyen, Down, Grognon

A ce qu’il parait, désormais le retour de la censure. Ainsi, le magasine féminin Noun aurait été retiré des différentes librairies libanaises. Nos bons censeurs, qui je doute, fassent dans la dentelle médiatique à défaut de la toile d’internet, auraient ils recruté auprès de la gente féminine ?

La raison de ce retrait semble bien risible. Serait ce comme dans le bon vieux temps en raison de l’article concernant la sexualité d’un quidam connu au Liban, une vengeance personnelle ?

A moins que cela soit l’article de notre Nostradamus local, Michel Hayek qui, de source féminine sûrement, une personne ayant réussi sous le manteau, dans une quête digne des aventures du magasine maudit, suspense, devant passer dans plusieurs échoppes, à se procurer ce Graal pas vraiment saint, me rappelant en cela les journaux de la résistance française sous l’occupation nazi, aurait prédit la décapitation d’une institution libanaise ainsi que d’un certain nombre de personnalités de premier plan dans une explosion. Serait ce le parlement ? Le gouvernement ? L’armée ?

J’écarte de toute façon le locataire de Baabda dont le bail vient à expirer. Ce n’est pas une personnalité de premier plan, mais plutôt une marionnette qui se voulait être un second couteau.

Non pas que je crois personnellement à ce genre de prédiction, je n’y prête guère attention, il s’agit pour moi de racontars de mégères ou de comptoir de café arabe à défaut de téléphone arabe, dont la vérité, Hakika, est vite déformée. Cependant, je regrette que les autorités aient demandé ou suggéré, souvenez vous de cet épisode du Parrain et de la proposition qu’on ne peut refuser, comme durant le bon vieux temps la censure d’un magasine. L’information se doit d’être libre, ce sont aux lecteurs de se forger leurs opinions, de croire ou de ne pas croire, de juger, de dénoncer les mensonges, d’applaudir la vérité.

Est on arrivé, suite à cette censure, à un état de libre opinion, je commence à croire le contraire.

Indigestion

juil 14, 2007 in Actualité

A chaque publication du rapport Brammertz, on ressent une certaine lassitude s’installer.

Ce dernier rapport ne déroge pas à cette règle, ce n’est plus un feuilleton médiatique attendu par tous mais plutôt craint, la population s’attendant comme à l’accoutumée à son lot de bombes, de voitures piégées, d’assassinats d’hommes politiques ou de civils.

Le 8ème rapport Brammertz ne présente aucun intérêt ; il reste le même, on n’avance qu’au sujet du kamikaze Abou Adass, thèse désormais écartée. Ainsi, selon Serge Brammertz, le mobile principal concernerait la prolongation du mandat d’Emile Lahoud, prolongation que j’avais moi-même dénoncé en 2004 dans le courrier des lecteurs du quotidien L’Orient Le Jour, estimant que la piste Al Madina n’était plus que secondaire.

La nouvelle mouture du rapport ne contredit en rien la thèse selon laquelle Rafic Hariri a été tué en raison d’une lutte de pouvoir entre l’ancienne à la quelle il s’était lié, corps, âme et argent et la nouvelle garde de Damas avec laquelle il était plus en froid. Je continue à penser que cela fut le cas, sa mort ayant été paradoxalement une opportunité pour retrouver l’indépendance libanaise, opportunité saisie mais indépendance bien vite menacée avec d’un coté la nouvelle garde menaçant, l’ancienne garde ayant toujours également ses alliés sur place, occupant les rouages de l’état.

Rétrospectivement, comme je le signale assez souvent, notre révolution des cèdres a été un échec, on a écarté le peuple pour continuer les magouilles en douce. Nous n’avons connu qu’une libération des cèdres, la révolution elle, qui implique un changement de régime, la mise à l’écart d’un staff politique corrompu, collaborationniste passé ou présent n’ayant été effectué, les crimes ayant écarté ceux qui auraient pu proposer une alternative sérieuse à ce pouvoir, et en particulier Gébran Tuéni ou plus encore Samir Kassir, morts trop tôt pour leur pays.

La poursuite de cette lutte de pouvoir transposée au Liban entre des pro syriens et des anti, pas si anti en fin de compte pour certains, s’est muée en crise politique, celle que nous connaissons aujourd’hui, avec en prime l’ingérence manifeste de puissances étrangères mondiales comme les USA ou régionales comme l’Iran. La décision populaire elle a été annihilée, les institutions politiques actuelles dans leur ensemble n’étant toutes pas légitimes comme je l’avais déjà signalé également, cela ne dépend que de l’optique par laquelle on regarde nos institutions, mais selon le point de vue, tout revient à la même, il n’y a pas de consensus au sujet d’un seul rouage de l’état qui demeure légitime, si ce n’est l’institution militaire, cependant trop mature pour prendre le pouvoir. La crise était manifeste, et nous payons encore aujourd’hui ce prix, un prix qui nous a conduit à une banqueroute politique.

Ce 8ème rapport Brammertz n’apporte en rien quelque chose de concret pour enlever les menaces qui continuent à planer au dessus du Liban. Le juge prétend avoir cerné les circonstances, avoir une idée sur les personnes suspectées mais ne donne aucun indice à ce sujet, et pendant ce temps, le mal de cette attente continue à ronger le Liban, comme une rouille qui dissous ce état, comme ces maladies qui rongent notre cèdres, communautarisme, et sectarisme.

Le retour de la connerie humaine

juil 13, 2007 in Citoyen

Durant la guerre civile, il m’a été donné de rencontrer une personne liée à l’Action Française, assez royaliste, venue au Liban soutenir les chrétiens notamment en raison des massacres de Damour en 1976 par les milices palestiniennes, non pas que je dénie la gravité des massacres mais il semblerait que dans la difficulté, toute sorte de désespérado soient attirés par le Liban.

Plus grave, un certain adepte du National-Socialiste qui se retrouve à insulter quiconque qui ne partage pas son avis sur un blog listé de coté, preuve une fois de plus de son extrémisme affiché. La neutralité politique ou encore l’examen des faits, être l’avocat du Diable, ne peut exister. Ce n’est que la dictature de la pensée unique, je dirais inique, celle qu’on ne peut partager.

Cette personne continue à défendre l’indéfendable, le culte de l’assassinat d’un pays entier qu’il semble plus haïr qu’aimer, à moins d’être Sado-masochiste-frustré…

Les vilaineries n’ont plus de limites, ainsi il a insulté un commentateur présent sur ce blog également qui se reconnaîtra. Non pas seulement que ce commentateur soit une personne de qualité, je préfère justement la qualité à la quantité, mais également, la plupart des commentaires postés sont d’un intérêt, amenant justement une perspective historique, un échange de point de vue. Si on avait au contraire plus de personnes de cette trempe avec ses histoires, l’état libanais ne serait plus non seulement un état mais une véritable nation.

De mon coté, Il me semble justement, un an après notre dernière prise de bec l’année dernière, il semblerait que le retour de ce mauvais esprit soit saisonnier, que les faits, ce qu’il s’est passé, m’ont malheureusement donnés raison alors que tout était possible pour éviter le pire et malheureusement si on écoute ce genre de personne, le pire n’est qu’inéluctable :

La vision erronée des équations politiques de cette personne, expliquées par le coté exigu non seulement de son analyse mais son parti pris dès le départ, l’avait déjà conduit à se faire l’avocat d’une solution finale au Hezbollah, ne comprenant pas qu’il s’agisse tout simplement d’une solution finale pour le Liban. Il justifiait ainsi la mort de 1200 civils dont 30% d’enfants, il justifiait les bombardements sur l’ensemble des régions libanaises, notamment le kesrouan où ne peut être présent le Hezbollah. Il justifiait des crimes contre les populations civiles comme les criminels de Nuremberg, il n’y a pas d’échelle dans l’horreur, toute vie reste précieuse, que cela soit celle d’un enfant ou d’une population entière, un crime reste un crime et la justification de ce crime rend cette personne coupable de ce même crime.

Défendant une approche plus pacifique et plus réaliste, pour éviter le drame vécu de la guerre civile, au problème du Hezbollah, estimant que cette organisation est plus un symptôme d’un mal, celui du manque d’état et estimant que seule la constitution d’un état fort rendra caduque la présence armée du Hezbollah pour être purement politique peut-être, je me suis fais traiter d’ « Iranian eagle » dans un de ses derniers commentaire depuis effacé par les auteurs du même blog précité. Je m’en trouve donc honoré par ce qualificatif en provenance d’un ignorant, les perses, une des plus vielles civilisations dont on ne peut qu’admirer la longévité par rapport à celle d’un Liban déjà déchiré en factions religieuses et communautaires, et ayant été les inventeurs des Echecs, le plus vieux jeu de stratégie, chose dont il semble justement manquer.

On a bien vue les tenants étrangers du Fatah Islam, en voila un présent de l’extrême autre coté, tout aussi dangereux pour les messages véhiculés.

Ce genre d’étranger, donneur de leçon à deux balles de Kalachnikov, fuyant à la première menace en France, comme ce fut le cas l’année dernière, apôtre de la sédition, de la division, de l’annihilation d’un Liban, on pourrait bien s’en passer.

12 juillet 2006, la guerre du Liban- 12 juillet 2007, l’amour

juil 12, 2007 in Actualité, Citoyen

J’étais au Liban, je me préparais à passer un été, à continuer à faire avancer les différents projets auxquels j’avais participé et notamment la mise en place d’une chaîne de boutique hotels à travers le Moyen-Orient. Nous recevions également des amis français et notamment un ami médecin et sa mère d’origine libanaise. Il n’était plus venu au Liban depuis les années 70.

Le 12 juillet 2006, je me trouvais le soir au Pacifico, rue Monnot en sa compagnie d’ailleurs à fumer le cigare et à boire une coupe de champagne, puis une autre offerte par la maison, j’étais un habitué, je ne sais pas si je le suis encore.

Dès l’annonce de l’embargo israélien suite à l’opération de kidnapping de 2 soldats israéliens menée par le Hezbollah, j’avais compris…

Tout le Liban était menacé, nous étions unis dans la douleur, dans la souffrance, nul ne serait épargné. J’avais déjà connu la guerre civile, je connaissais ses souffrances, son prix.

Très tôt, du nord au sud, les infrastructures routières et électriques, avec la centrale de Jieh ont été touchée, m’amenant à penser qu’ils voulaient sectoriser les zones libanaises pour peut-être les prendre les unes après les autres, pousser les uns contre les autres.

Mais très tôt j’avais également compris de la futilité d’une telle opération, les libanais, s’unissant malgré tout dans le malheur si l’auteur de ce malheur est étranger.

Le 17 juillet, étant donné que mon neveu de 5 ans en compagnie de sa sœur de 3 ans était venu au Liban sans leurs parents, j’ai dû aider ma mère à les raccompagner en France. Nous leur préparions une fête au Liban et nous avions dû leur mentir. Rdv devant l’ambassade de France avec valises mais surtout affaires de petits. Au loin, les détonations des bombes tombant sur la banlieue sud de Beyrouth, dévastant la vie. Nous leur expliquions que ce n’était que des feux d’artifices, alors qu’ils avaient déjà vu les hélicoptères israéliens lancer leurs missiles contre le port de Jounieh. Je m’étais de mon coté investi auprès de jeunes gens à l’aide des civils fuyant le pays. Nous avions également été investi de la mission d’accompagner deux jeunes gens de moins de 10 ans en France, jeunes dans le même cas que ma nièce et mon neveu. Le personnel de l’évacuation était avant tout à l’époque bénévole. Je me souviens d’un français par exemple fraîchement venu du Sud Liban où il exerçait la profession d’instituteur, et qui n’avait plus que ces habits sur lui comme bien, sa maison ayant été détruite lors des premiers jours. Pourtant, il aidait à l’évacuation.

Nous étions le premier bateau qui soit parti et à l’époque, nous ne savions même pas quand et comment nous allions partir. Les israéliens nous ont même menacé de bombarder le bateau… de le couler avec femmes et enfants à bord. En parlant de bateau, nous avions d’ailleurs été accosté par la marine israélienne durant la nuit et les bagages semblaient avoir été fouillés le lendemain.

Arrivé en France, après que les enfants étaient été rendus à leurs parents, nous nous sommes rendu à Strasbourg avec toujours en tête de mon coté, la promesse faîte à un chargé des affaires militaires de témoigner par rapport aux évènements en cours au Liban. Mes amis et moi avions mis en place dans cette optique dès les premiers jours le blog Libnanews, pour témoigner, pour relayer l’information qui à l’époque était mal relayée, et ce succès est à mettre au compte d’une équipe d’horizons divers avec notamment la présence d’un journaliste israélien vivant à Londres que je salue ici par ce clin d’oeil pour son interview du 2ème objecteur de conscience qui a refusé de participer au massacre du Liban. Cette ouverture d’esprit à tous les points de vue est l’explication de notre succès, succès que je trouve cependant toujours entaché par l’horreur de la guerre, ce n’est donc pas pour cela que je commémorerais par exemple le lancement de Libnanews qui se destinait à l’origine d’être autre chose.

Ce qui était cependant sur pour moi, c’est que les objectifs affichés par les israéliens étaient irréalisables et qu’il y avait anguille sous roche. Une armée moderne ne peut gagner contre une guérilla, elle ne peut qu’avoir des pertes. La stratégie israélienne consistait à faire plier le Liban, mais paradoxalement parlant elle n’a fait que renforcer le Hezbollah, notamment au sein de sa base électorale, l’état ayant été impuissant à sécuriser le Liban, ayant été impuissant à empêcher que des raids puissent viser indistinctement chrétiens et musulmans, la question déjà de l’après conflit se posait avant que s’achève cette véritable guerre contre le Liban.

L’opération terrestre israélienne n’a été que trop tardive pour avoir un impact réel, les bombardements israéliens continues devenaient de plus en plus illogiques, ils bombardaient par haine, non plus seulement des régions chiites, mais également des régions chrétiennes, sunnites, druzes, non seulement des infrastructures de transport mais également des usines de lait, des infrastructures de communication, de production d’électricité. C’était une haine envers le Liban qui se déversait du ciel.

Des rumeurs, il y en a eu beaucoup durant ce conflit, mais rétrospectivement parlant aujourd’hui, non pas avec les articles de Hersch ou autre, je pense que ce conflit était prémédité du coté israélien, le Hezbollah ayant mis en garde contre un possible acte pour obtenir la libération des prisonniers libanais toujours détenus par l’état hébreu alors que la négociation pour cela était dans l’impasse, quelques mois déjà avant le 12 juillet. Le Hezbollah a commis une erreur en fournissant un prétexte et tout le Liban l’a payé.

J’étais sur que le Hezbollah offrirait de reconstruire une partie des domiciles détruits, ce qui fut confirmé. J’étais sur que le renforcement politique du Hezbollah arriverait à mettre en cause le status quo politique précédent, ce qui fut le cas également… J’étais sur que les difficultés ne faisaient que commencer. Nombreux sont ceux qui par méconnaissance avaient et aujourd’hui encore sous-estiment le Hezbollah, ne comprenant pas que cette organisation n’est pas seulement une milice, mais un état dans l’état avec un système social, sanitaire qui fortifie sa base la communauté chiite. Il ne sert à rien de vouloir provoquer un conflit frontal avec le Hezbollah sauf si on veut provoquer une guerre civile, chose à mon avis qu’il faut éviter. Le Hezbollah ne peut être vaincu que par l’édification d’un état libanais réel et fort et non par l’étranger comme les israéliens l’ont tenté, et non par des hommes politiques qui ne peuvent répondre aux attentes de cette base électorale. Le Hezbollah ne peut être vaincu que dans le long terme et pacifiquement.

Les hommes politiques libanais ont la première responsabilité dans l’émergence d’une grave crise politique, on pouvait déjà ressentir les prémisses de cette crise dans les discours de Geagea à Harissa à l’époque. Il fallait mieux se taire que de provoquer gratuitement.

Ceux qui aujourd’hui comme hier défendaient l’offensive israélienne soit disant pour résoudre le problème que pose le Hezbollah, n’ont décidemment rien compris. Ils deviennent les complices d’un assassinat de masse, celui de 1200 civils dont 30 pourcents d’enfants libanais.

Pourtant, je suis revenu le 19 septembre 2006 au Liban, je ne voulais quitter un pays détruit mais je voulais quitter un pays qui se construisait, comme à l’époque, je pensais que mon temps ici s’achevait.

Au lieu de cela, l’amour m’a rattrapé en la personne de Marie-Josée qui collaborait a Libnanews également, ce n’était pas quelque chose de préparé, cela arrivait juste ainsi, nous nous découvrîmes des sentiments réciproques par l’intermédiaire d’une carotte dans un bar-restaurant de Jounieh. Et aujourd’hui, le 12 juillet 2007 est avant tout l’anniversaire du 9ème mois qu’on est ensemble.

Et après la guerre, l’Amour ne peut que rendre, renforcer la fureur de vivre.

Soldissimo à Paris

juil 11, 2007 in Actualité

Au delà de la politique actuelle sur le status du Hezbollah, la rencontre parisienne se préparant, the french doctor, Bernard Kouchner, a pris l’initiative d’inviter ses propres amis comme représentant des différents partis libanais soi-disant au pouvoir, et dans l’opposition.

Ainsi, au lieu d’inviter les personnalités politique de second plan mais de poids, comme Ghassan Salamé, ancien représentant même de l’ONU à l’Irak, et étoile toujours montante de la diplomatie et de l’analyse internationale et malheureusement absente de la diplomatie non-libanaise, seraient invités deux médecins, quasiment inconnus, si ce n’est pour l’un, un certain Boustani, une tentative de se faire élire au conseil de l’ordre des médecin, tentative d’ailleurs ratée en beauté.

Ces deux personnes seraient connues pour s’être liée d’amitié avec Bernard Kouchner, cette invitation tombant à poings nommés pour leurs épouses, au lieu d’être un combat de poing sur une scène politique, les défilés de mode parisiens se déroulant actuellement, on pourra peut-être avancer la date des soldes… à moins qu’il s’agisse de solder un pays entier, le Liban.

On voit ainsi bien l’importance de l’amitié personnelle dans la diplomatie française, à force de vouloir inviter des personnalités de second plan pour résoudre la crise politique que traverse le Liban, on finit par en inviter de la troisième catégorie.

Cela augure de l’échec à venir, pardon Futur, d’une rencontre interlibanaise, qui discutera plutôt des dentelles ou d’un dîner à venir chez Mme Kouchner, en lieu et place de nos problèmes bien libanais, à moins que cela s’appelle « rompre la glace » comme prétend le Quai d’Orsay être l’objectif de ces rencontres.

La prochaine rencontre interlibanaise pourrait à ce sujet, avoir lieu au fin fond de la baie de Jounieh, entre club de plongée du bain militaire de Beyrouth, de Tyr et de Tripoli pour tenter de repêcher un Liban qui en attendant a coulé.

Bouffonneries Politik du Liban

juil 09, 2007 in Actualité

Après les clowneries quasi quotidiennes de Wi’am Wahab, dont la dernière déclarant qu’il ne désirait pas aller au Disney Land suite à son interdiction de se rendre aux Etats-Unis, Samir Geagea, docteur es hématologie généralisée de la population civile, se met également, à son tour en pitrerie.

Ainsi, a-t-on pu entendre au cours de sa réponse au sujet de la polémique en cours entre les évêques et le gouvernement, en vrac qu’une autorité religieuse qu’il ne nomme pourtant pas – qui pourrait être l’aumônier des FL, ou bien Saint Gaga lui-même (notre Saint Glinglin national) – pourrait avoir choisi parmi une liste des jours fériés chrétiens le Vendredi Saint.

Autre clownerie à remarquer, cette fois-ci, dans un aparté diffusé par la chaîne de télévision New Tv, notre grand défenseur des Chrétiens, ira même jusqu’à avouer avoir trouvé un complice à sa croisade en la personne du Premier ministre libanais Fouad Siniora qu’il décrit comme affaiblissant les Musulmans du Liban, donnant juste ainsi à nos islamistes de tous mauvais poils la suprême excuse du Jihad contre le pouvoir établi.

Dans le genre, pourtant, notre bien-aimé fou de la montagne, a bien tenté de revenir dans le match. Après avoir donc déclaré que le temps d’un Liban indépendant n’était pas encore venu il y a quelques jours, il a ainsi invité l’ambassadeur de France, Bernard Emié à venir en son manoir ancestral de Moukhtara.

Au palmarès de nos politiciens changeant de vestes assez rapidement, s’ajoute désormais à notre sieur De Joumblatt, celui des retournements historiques des druzes du Liban, qui ont, histoire à l’appui, toujours été sensibles, depuis feu Lady Sanhope, à une influence anglo-saxon et non française, accusée d’être proche au XIXème siècle des Maronites. Citant le nom de son père au cours de son discours, Walid Beik Joumblatt, aurait-il oublié que son père participa à la mise à l’écart de l’influence française au Liban.

Au palmarès donc du bêtisier des hommes politiques libanais, nous ne pouvons que garder Wi’am Wahab en premier, personne ne pouvant l’égaler, ni en fréquence ni en qualité, sa présence quasi quotidienne sur les chaînes libanaises, ajoutant une note d’humour aux nouvelles du soir, à travers ses perles dont lui-même a même fini par en rigoler.

Exit du palmarès Sleiman Frangié, mis à part le fait que de n’avoir que son brevet, et d’avoir été nommé ministre malgré ce handicap, pour sa fameuse dissertation au sujet des femmes du 14 mars pourtant pas si excitantes, et de l’excitation supposée du patriarche Sfeir, et sa fameuse comparaison du sieur de Bzoummar avec Satan, figure de style qui serait plutôt au propre qu’au figuré.

Nous devons cependant accorder une deuxième place bien mérité à sa sainteté Gaga, et une place honoris cosa pour les efforts accomplis aux fans de Harley Davidson, de Jeans Levis, et de Matté encockaïnée, au sieur de la montagne.

Crise dans l’Eglise Maronite

juil 07, 2007 in Citoyen, Grognon

Je me permets, faute de pouvoir le faire demain dimanche de poster ce billet ce samedi. Je vous souhaites également un bon dimanche en avance.

Se profile à l’image de la divergence d’intérêt au sein de la majorité et de l’opposition une nouvelle donne et une nouvelle divergence, cette fois-ci au sein de l’Eglise Maronite elle-même.

Il y a maintenant quelques mois, un ami religieux haut placé nous faisait part de certaines informations et cela avant le départ du patriarche Sfeir pour Rome.

Je tiens à dire personnellement que je pense que les religieux n’ont aucune place à tenir dans le débat politique comme homme de religion. Dès qu’ils intègrent l’échiquier politiques, ils ne sont que des hommes comme les autres et donc sujet aux mêmes critiques et cela est vrai pour les hommes de religion chrétienne ou musulmane. Il n’empêche que le système politique restant communautaire, la religion a malheureusement un impact sur la scène politique. Je rappelle d’ailleurs que j’avais dénoncé les Fatwas qui demandaient aux électeurs de voter ou Hezbollah ou Futur en 2005 déjà. Aujourd’hui donc, ceux qui critiquent l’aspect religieux du Hezbollah ne devraient pas oublier l’instrumentalisation de fatwa notamment dans le Nord Liban pour voter pour la liste Hariri, à l’image de ce qu’il s’est passé dans les régions chiites avec le Hezbollah.

A l’époque, il y a donc moins de 6 mois, me semble-t-il, ce religieux nous faisait part de l’insatisfaction grandissante du clergé maronite notamment par rapport à son soutien sous-jacent à une majorité au pouvoir déjà accusée en sous-main des mêmes propos tenus par l’évêque maronite Rai, il y a 2 jours.

Cette même source proche nous faisait également part d’une possible révocation du patriarche maronite par Rome qui a l’époque aurait également été convoqué par le Pape à ce propos, le Pape étant assez mécontent par ailleurs du positionnement politique de Sfeir.

J’avais déjà prudemment remarqué le changement latent de positionnement politique de Sfeir à son retour de Rome et sa plus grande prudence par rapport à ses prises de positions pro gouvernementales pour une approche plus neutre.

Dernièrement, avant la polémique au sujet du vendredi saint, une autre source proche du patriarcat me confirmait indirectement ces informations ajoutant que désormais le siège patriarcal redoutait en fait, sur les informations qu’il possédait et il ne faut pas oublier qu’un des meilleurs services de renseignement au Monde est en fin de compte l’Eglise,l’explosion d’un conflit entre palestiniens et chiites, à l’image de ce qu’il se passait en Irak, d’où également l’explication d’une divergence d’intérêt au sein même du 14 mars entre Joumblatt et Geagea et notamment par rapport à l’initiative française et Saad Hariri. « Les minorités se comprennent en fin de compte », me disait-on.

Une autre source m’indiquait que les autorités religieuses maronites n’ont pas apprécié que le dirigeant Saad Hariri ait balayé dans un geste très symbolique, de la main, la place dévolue politiquement aux chrétiens au cours d’une conversation qui s’était tenu il y a quelques mois. C’est ainsi que certains religieux estimaient que le gouvernement islamisait le Liban. Ce geste si confirmé, a été une grossière erreur de la part de quelqu’un qui veut diriger un pays, se mettant à dos une composante essentielle du Liban.

Depuis la polémique au sujet du vendredi saint, depuis les propos de l’évêque Raï accusant le gouvernement de vouloir islamiser le Liban via l’adoption de la Charte des droits de l’enfant musulman, on a la révélation de la profondeur de la crise « au saint » je devrais dire, de l’Eglise maronite de la crise actuellement en cours, entre le clergé émergent proche de l’électorat chrétien qui reste malgré tout aouniste et la veille garde patriarcale proche elle du mouvement des FL. On a vu d’ailleurs à ce sujet l’évêque Raï interrogé au sujet du vendredi saint, ne même pas vouloir répondre aux propos du ministre du tourisme Joe Sarkis, FL, sous-entendant que celui-ci « serait minable » selon les propos qui m’ont été rapportés.

On a également trouvé depuis les propos du patriarche maronite assez illogiques dernièrement, soutenant ou la majorité ou l’opposition selon la visite ce jour la de visiteurs d’un parti ou de l’autre. Ainsi, le patriarche, se sentant menacé par l’avènement de possibles successeurs, on a l’impression qu’il ne sait plus où se placer, quitte à donner l’impression de devenir gâteux.

Se profile donc dans cette crise également, la question de la succession du patriarche Sfeir qu’on commence à évoquer et là l’évêque Raï prend une longueur d’avance.

Ad momentum:

 Je tiensà faire remarquer quelques mises à jours dans les équations politiques libanaises, notamment dans le jeu de Joumblatt qui ne se fait pas tellement remarquer dernièrement après avoir déclaré que “le temps d’un Liban indépendant n’est pas encore venu”.

Ce soir également, Marwan Hamadé a déclaré que le Liban se doit d’être ami avec la Syrie…

Il faudra voir où cela mène même si cela rappelle que Joumblatt et sa clique nous avaient habitué à de nombreux retournements de veste….

Quelques remarques et une excuse

juil 07, 2007 in Uncategorized

Tout d’abord une excuse:

Je vous pris de m’excuser pour l’interruption momentanée de l’accès au blog hier dû à une mise à jour des serveurs hébergeants ce dernier et donc indépendant de ma volonté.

Les remarques  pour ouvrir le débat concernent la dernière publication du Mideast Monitor, dont je vous livre le lien ici et qui sont assez interessants et je vous demande donc de consulter ce lien et de dire ce que vous en pensez.

Ce qui est assez interessant sur le Mideast Monitor, c’est la synthèse fait d’éléments très différents pour arriver une analyse de la chose.

22, les r’voila

juil 05, 2007 in Down, Grognon

Ainsi, les troupes syriennes sont de retour au Liban avec la présence des soldats syriens dans la partie sud est de la vallée de la Békaa à 3 km de la frontière.

Ma première réaction a été par rapport au projet historique du Liban.

La mise à l’écart en 2005 de composantes essentielles du pouvoir à été la principale cause de cet échec, cela a abouti à une dé-légitimisation des institutions déjà mal en point. Le maintien de Lahoud au pouvoir, la mise en place d’un parlement via une loi électorale biaisée, le gouvernement formé en l’absence de la composante chrétienne majoritaire poussée dans l’opposition, cette opposition ensuite rejointe par une composante toujours pro-syrienne de la coalition parlementaire en raison de l’hétérogénéité des objectifs à moyen terme avec les anciens prosyriens aujourd’hui converti à un autre axe américano-saoudien, etc… a abouti à l’anéantissement de ce que la volonté populaire avait obtenu pacifiquement.

A l’image de la France en 1944 à 1946 après l’occupation nazi et de son gouvernement d’union nationale où se trouvait au grand damne des Américains, les communistes, le Liban avait besoin d’un gouvernement d’union nationale pour relégitimiser toutes les institutions politiques en 2005 puis l’organisation de nouvelles élections législatives avec une loi électorale égale pour tous où une majorité gouvernerait et une opposition critiquerait et ferait la promotion d’une politique alternative. La question de la légitimité réciproquement non reconnue est l’échec le plus flagrant de nos hommes politiques.

Nos hommes politiques ou plutôt nos seigneurs de guerre et de rhétorique mal placée a failli, a poussé le Liban en banqueroute, ils ont vendu notre rêve d’un Liban libre, d’un Liban souverain.

Il n’y a pas eu de vision sociale, sécuritaire ou économique unificatrice mais plutôt la politique menée qui n’a fait qu’exacerber les tensions communautaires et sectaires. On aurait pu remettre par exemple à plus tard la question du tribunal international, le temps de solidariser les libanais, le temps de forger une identité nationale, le temps de renforcer les institutions politiques, sécuritaires, le temps on l’avait, la question du tribunal comme tout tribunal international s’étalant sur des années voir des décennies.

On exacerbe encore plus les sentiments communautaires par faute politique, on continue à commémorer chaque année depuis 2005 l’assassinat de Rafic Hariri, mais on voulait annuler le vendredi saint, mesure depuis annulée. Aujourd’hui, le gouvernement refait cette erreur en voulant ratifier la charte des droits des enfants islamiques en oubliant que la constitution libanaise stipule l’égalité entre toutes les religions reconnues. On change l’idée même d’un Liban multiconfessionnel et vivant dans une harmonie pour un Liban qui ne peut vivre ou chaque communauté s’affronte pour gagner ou garder des privilèges par rapport aux autres communautés.

Autre rumeur actuelle, selon des sources de Bkerké, siège patriarcal, ce qui se prépare est un affrontement communautaire entre chiites et palestiniens, proxi des sunnites. Toujours selon ces mêmes sources, on pourrait donc assister également à la conclusion prochaine d’une alliance entre chrétiens et druzes pour faire face à ce risque, les minorités se comprenant.

L’élément commun dans cette description faite de rumeurs non fondées peut-être, d’informations diverses, est que l’identité libanaise n’existe pas. Le grand Liban du patriarche Hohayek est un flagrant échec. Le Liban est trop hétérogène pour être aujourd’hui une nation, ceci était prévisible depuis la constitution de ce qu’on a appelé « le Grand Liban » qui a plutôt été une erreur historique.

Il aurait été préférable dans les années 1920 de constituer le Liban sur une base de population plus homogène, sur le Liban historique afin de promouvoir même l’identité libanaise et de permettre ainsi l’émergence d’un état nation. Il aurait fallu revenir au petit Liban, limité au Mont-Liban et à quelques régions limitrophes, plus homogènes. C’est cette identité libanaise qui nous manque aujourd’hui et qui permet aux puissances étrangères de se mener leur guerre par libanais interposés.

Père Jacques

juil 03, 2007 in Histoire

Dans un article publié dans L’Orient Le Jour, j’ai appris la prochaine béatification de père Jacques qui a entre autre fondé l’hôpital St Joseph.

Cet article fait également mention de miracles mais ne parle pas d’un miracle en particulier.

Mon père, chirurgien et orthopédiste, ancien assistant en anatomie de Strasbourg, a participé au procès de béatification de père Jacques en reconstituant sa dépouille mortelle au début des années 80.

Un soir, il revenait, sa voiture est passé au dessus d’un obus qui a explosé, 17 morts autour de lui d’après mes souvenirs de gamin de 5 ans, on l’avait même annoncé mort à la radio. J’étais et je ne peux l’oublier encore aujourd’hui sur la terrasse des chalets du Holiday Beach, à peine à 500 m du lieu où sa voiture a été touchée. Je me souviens de ma mère effondrée par la nouvelle, je me souviens que malgré les bombes qui continuaient à pleuvoir, je pleurais sur la terrasse du Holiday. Je me souviens du coup de fil, de la bonne nouvelle, Il était en VIE! Un samaritain du sud Liban passant avec sa femme, malgré les bombes, s’était arrêté et avait pris mon père à son hôpital où on l’a reconnu, où on l’a soigné.

La personne qui l’avait receuilli, sonné mais en vie avait disparu pendant des années, un inconnu pour lequel nous avons tous une dette d’honneur ou plûtot une dette de vie. Ce n’est que dernièrement qu’on a appris qu’il s’est déclaré, il habite le Sud Liban.

La bombe avait explosé sous sa voiture, lui même avait été protégé par le blindage du moteur, les Renaults étant les seuls véhicules à blinder les moteurs. Sous l’effet du choc, il s’était recroquevillé et ainsi a pu éviter un éclat d’obus qui a transpercé l’appui-tête. Seuls des contusions légères en raison des bris de verre et un éclat d’obus qui s’est fichu dans la tête mais lui de tout centre vital ou critique a été constaté. Un véritable miracle … également.