Balade à Beyrouth

Une balade à Beyrouth m’a donné l’occasion de renouer quelques amitiés avec des personnes que je n’ai pas eu l’occasion de voir depuis le conflit de juillet dernier.

Inévitablement cependant, nous avons bien entendu parlé politique … et quel n’a pas été ma surprise de constater le changement d’attitude des grandes familles beyrouthines sunnites.

Ainsi, la politique suivie par Saad Hariri commence à provoquer parmi ces personnes un malaise, une série d’interrogation.

On s’interroge ainsi sur les capacités et les compétences réelles d’un Hariri, accusé de suivre bêtement les conseils de Joumblatt et de Geagea, on parle bien sur des dernières élections et notamment des 20 millions de dollars versés à Amine Gemayel pour les élections du Metn, estimant que tout le monde profite de sa personne sans pour autant qu’il n’ait un impact sérieux, faute de quoi, la situation aurait réellement changé.

Les sunnites beyrouthins s’estiment également économiquement lésé. A ma grande surprise, Hamra était vide, je m’y étais habitué à un Hamra plein de vie, ce n’était guère le cas. Mes amis autrefois fans du Futur ont alors répondu que la politique économique suivie était catastrophique et que parmi les élites locales, on n’hésitait même plus à s’expatrier pour l’Arabie Saoudite ou pour Dubaï, nouveau exemple de manque de confiance en un mouvement du Futur dont la politique ne promet un avenir guère brillant.

Cette migration est aussi expliquée par les craintes réelles et relancées hier par Bernard Kouchner d’une nouvelle guerre civile. Les grandes familles beyrouthines sunnites ont peur d’une nouvelle guerre civile et l’estiment de plus en plus probable. Ils critiquent ainsi également la politique suivie par une majorité, politique ne faisant qu’extrémiser les masses.

Abordant le sujet de Najib Mitaki qui a effectué dernièrement une interview sur la chaîne Al Arabia, on m’a confirmé que celui-ci serait considéré de plus en plus comme un recours par rapport à un Fouad Saniora grillé par la politique sans aucune logique menée par Saad Hariri. Najib Mitaki, profitant de ses amitiés syriennes et américaines pourrait ainsi restabiliser le Liban selon ces personnes.

Ce fut donc des amis désabusés par l’atmosphère locale, rejetant toute la classe politique ayant mis le pays à terre que j’ai rencontré.

Cependant, note d’espoir, le dialogue a continué, malgré quelques divergences politiques, pour arriver à désamorcer une crise qui semble être cependant inéluctable, nous avons plus que jamais besoin de rencontres au niveau individuels, expliquant la vision de chacun à l’autre.

Nous avons donc convenu que trop de temps s’est passé et qu’à notre échelle individuelle, il faut le dialogue continue et nous nous rencontrerons à nouveau prochainement.

Et si ?

Des experts américains avaient prétendu dans un rapport publié en décembre 2006 que le programme nucléaire iranien serait motivé par des soucis notamment financiers et plus particulièrement pour pouvoir garder des exportations et donc un financement de leur économie malgré l’obsolescence de leur infrastructure pétrolière et la diminution inéluctable des réserves, en plus d’une croissance démographique créant de nouveaux besoins, une croissance économique, l’achat par de plus personnes de véhicules etc…

Je cite:

“Iran earns about $50 billion a year in oil exports. The decline is estimated at 10 to 12 percent annually. In less than five years, exports could be halved, and they could disappear by 2015, Stern predicted.

(…)

Iran produces about 3.7 million barrels a day, about 300,000 barrels below the quota set for Iran by the Organization of Petroleum Exporting Countries. The shortfall represents a loss of about $5.5 billion a year, Stern said. In 2004, Iran’s oil profits were 65 percent of the government’s revenue.”

J’avais déjà fais observer lors de la proposition d’Ahmedinejad qu’un consortium international et notamment via Eurodiff où l’Iran possède des actions depuis l’époque du Shah, surveille la production d’uranium enrichi et garantisse sa destination civile, ce qui constituait un avancement considérable à mon avis vu que l’AIEA semblait-elle ne plus avoir accès à ces sites Ceux qui prétendent que l’Iran n’a nul besoin d’avoir l’arme nucléaire parce que, disposant de réserves d’énergie locales, devraient savoir qu’il existe des gisements d’uranium dans ce pays, il s’agit d’une ressource naturelle au même titre que le pétrole.

A l’époque, cette proposition avait été refusée par les Américains et le reste de la communauté internationale avait suivi.

Hier autre nouvelle en provenance de L’Orient-le-Jour, le rationnement de l’essence commence à Téhéran, provoquant des émeutes.

Émeutes à Téhéran, après l’entrée en vigueur du rationnement de l’essence

Des jeunes ont attaqué hier soir une station-service dans le nord-ouest de Téhéran, brûlant notamment une voiture et des pompes à essence, après l’annonce du plan de rationnement de l’essence. Les jeunes ont également lancé des pierres et scandé des slogans contre le président Mahmoud Ahmadinejad. Depuis l’annonce du plan de rationnement de l’essence, qui prévoit seulement 100 litres d’essence pour chaque voiture particulière par mois, d’énormes files d’attente se sont formées devant les stations-service à Téhéran, mais aussi dans toutes les villes du pays. Selon un journaliste iranien, une autre station-service dans le sud de Téhéran a également été attaquée. Le projet de rationnement de l’essence, qui doit permettre à l’Iran de réaliser des économies d’énergie, prend effet aujourd’hui, a annoncé le ministère du Pétrole dans un communiqué diffusé hier soir par la télévision d’État. Cette période de rationnement a été fixée à quatre mois, durée qui pourra être prolongée jusqu’à six mois. De nombreux analystes avaient mis en garde contre les conséquences de l’application du plan de rationnement.

Ces rationnements visent à faire des économies d’énergie dans un pays qui est quant même pétrolier. Je ne pense pas que l’Iran prendrait des mesures telles que celles-ci, qui pourraient nuire à la stabilité de son régime sans sérieuse raison et cela confirme d’un autre coté donc le contenu du rapport de 2006.

Peut-être que l’Iran veut effectivement se doter de l’arme nucléaire mais également que, peut-être, le fait de se doter de l’arme nucléaire sert 2 objectifs, le premier étant de pouvoir se protéger, par un mécanisme de dissuasion contre les engins nucléaires israéliens estimés à 200 têtes, l’autre serait également de pouvoir garantir à ce que ses installations civiles ne soient pas attaquées.

La situation actuelle de crescendo du pire pourrait être expliquée peut-être par le ressentiment mutuel d’une menace et cela surtout depuis la notion de guerre préventive comme celle qui a été lancée par les USA contre l’Irak, accusée de développer un programme nucléaire, d’avoir des liens avec Al Qaida … et pourtant  4 ans après les preuves se sont effondrées. On s’arme ainsi, on se fait une guerre froide les uns aux autres et comme dans toute guerre froide, on se bat indirectement, en Irak, au Liban où les populations civiles en payent plus ou moins le prix.

Mais je ne peux croire qu’on ne puisse pas arriver à une situation gagnante pour tous et cela sans effusion de sang.

Jouons carte sur table, et cela s’adresse à tous les partis ici, que cela soit l’Iran ou la communauté internationale, garantissons à l’Iran un nucléaire civil sur contre l’abandon de tout programme militaire. C’est à ce prix là, avec l’établissement d’une confiance mutuelle qui reste à instaurer qu’on ne pourra qu’éviter le pire, et laisser le Liban en paix.

Mais c’est sur qu’avec des si … on pourrait mettre Paris en bouteille.

L’internationale fondamentaliste islamique

On connaissait Beyrouth, une des capitales de l’espionnage international avec notamment le séjour du très célèbre agent double des années 50, Kim Philby comme correspondant de The Economist après avoir été grillé en Angleterre et avant son long séjour en Union Soviétique, on connaissait Beyrouth comme centre de pouvoir, la capitale où se préparait les coups d’états dans le monde arabe avec notamment le séjour de Hafez el Assad après son coup d’état raté des années 60 (ce n’était que partie remise), le séjour de la jet-terroriste Carlos, Brigades Rouges, FPLP, FDLP toujours présents, voila que Beyrouth est toujours dans le vent justement de la jet-set indésirable partout ailleurs avec le fondamentalisme islamique international et ses variantes Wahhabites, Salafistes, Al Qaidiste, jusqu’au boutiste, leur émules venant se faire sauter à Nahr Bared à défaut de sauter des filles, encore que… peut-être des puceaux impuissants pensant aux 70 vierges promises au Paradis .

De même, au Liban, des barbus blonds, danois, australiens, des barbus plus foncés comme les saoudiens voir des barbus noirs comme les somaliens, l’internationale fondamentaliste est de toutes les couleurs et présente. Ils entrent au Liban, via la passoire syrienne pour certains mais également avec un visa de tourisme-terroriste accordé par les autorités libanaise à l’aéroport de Beyrouth, leur permettant d’accéder au Disney Land de la scène du terrorisme international irakien. A coté de cela, les senteurs des épices d’Ispahan du Hezbollah paraissent bien ternes.

Les informations faisaient déjà état de la présence de saoudiens, bengalais, éthiopiens, somaliens dans les rangs du Fatah Islam. Il semblerait qu’on découvre désormais l’étendu de l’internationale islamique avec d’autres informations faisant état cette fois ci d’arrestation de danois, d’australiens.

Quel genre humain accepterait, au nom de la religion, de Dieu qui devrait faire aimer son prochain, le meurtre.

L’internationale islamique … Oui, le drapeau de cet international est rouge, rouge du sang des martyrs qu’ils nous ont tué, rouge du sang des militaires libanais ayant sacrifiés leur vie, rouge du sang des civils, rouge désormais également du sang des casques bleus tués.

Ils chantent, ces meurtriers, l’internationale mais sur un air de Kalachnikov bien funeste avec en lieu et place des timbales, des voitures piégées.

C’est la lutte finale, pensent-ils, ils croient leur lutte au nom de la religion juste, mais en fait, ils corrompent leur salut par ces meurtres. Morceaux choisis et remastérisé de cet international là :

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes :

Dieu, Califat, vizir,

Face à l’armée, sauvons-nous nous-mêmes !

Décrétons la détonation commune

(…)

Barbus, Salafistes, nous sommes

Le grand parti d’Al Qaida;

Le Liban n’appartient qu’à la croisade,

Le Libanais ira loger ailleurs.

Combien de nos chairs se repaissent !

Mais si les corbeaux, les vautours,

Un de ces matins apparaissent,

Le soleil ne brillera plus ! »

Plus sérieusement, une des théories de l’ouverture d’un front avec l’Irak en 2003 était que l’Irak se devait être un aspirateur à islamique de tout poil, attirant les djihadistes de la planète et en premier lieu, agissant comme valve pour faire décroître la pression de ceux la même sur les régimes alliés du Golfe et l’Arabie Saoudite. Souvenons-nous qu’à l’époque, la plupart des experts et notamment ceux de l’IFRIT ne posaient pas la question d’une possible révolution mais se posaient la question du timing de cette révolution. Au lieu de cela, on pourrait dire que le sac de cet aspirateur est plein et que désormais, elle déborde sur les pays alentours et le premier maillon est le Liban en raison de sa faible homogénéité structurelle.

Ne nous trompons pas cependant, tout le monde est menacé par cette vague.

Souvenons nous des attentats à Amman, il y a 2 ans dans un hôtel, souvenons nous de Zarkaoui souhaitant étendre la lutte à la Syrie et au Liban pour élargir « son front sacré », souvenons-nous des menaces du numéro 2 d’Al Qaida, Zawahiri menaçant la FINUL renforcée fin 2006. Un combat contre l’hydre du terrorisme ne fait que commencer et tout le monde est concerné.

La lutte contre cette hydre n’est pas locale :

Ainsi des 172 personnes arrêtés en Arabie Saoudite, plusieurs libanais dont le frère d’un triste sieur mort dans l’explosion d’un obus à Ein Helwé, il essayait juste d’en extraire les substances explosives. Les terroristes du Fatah Islam, beaucoup avaient fait leurs armes en Irak, via la Syrie avec pour base arrière le Liban, d’où la grande difficulté de l’armée libanaise à venir à about de personnes ayant l’expérience du combat de rue à Bagdad. Les australiens arrêtés rappellent que, lors des attentats contre Rafic Hariri, des Libano australiens avaient également été soupçonnés parce que fuyant via l’aéroport quelques minutes après son assassinat, simple coïncidence sûrement mais on parlaient déjà d’islamistes au sujet de ces personnes à l’époque.

La lutte contre d’un tel hydre n’est pas local, elle doit être générale, on ne peut couper une tête sans que celle-ci repousse, faute de tuer la bête. Et pour tuer la bête justement, nous devons coordonner nos actions avec tout le monde, y compris avec nos pires ennemis, qui sont, en fin de compte dans la même barque que nous.

SANA pas marché!

Le 14 Mars lit SANA :

Nouvelle du jour, selon l’agence gouvernementale de propagande syrienne, SANA pour les intimes, le général Michel Aoun en tournée en Allemagne aurait déclaré que la Syrie aurait aidé le Liban dans le passé et l’aidera à l’avenir.

Cette dépêche a immédiatement été reprise par nos journaux bien libanais, notamment Naharnet et l’Orient le jour, ceux-là même qui accusent la Syrie d’avoir assassiné Rafic Hariri, tournant au ridicule les articles pondus précédemment par SANA, alors que cette dernière, contrairement aux médias libanais qui sont présents sur place, n’a pas eu de journalistes suivant ces rencontres. Si une dose de vérité existait, ce serait un média libanais comme le Naharnet trop content de le faire directement qui aurait rapporté l’affaire.

Sauf que là, SANA plus marché :

De nombreuses rumeurs avaient déjà été faites au sujet de cet homme, notamment au sujet de fonds dont certains avaient été fourni par de nos amis personnels et qu’il aurait perçu durant son mandat de premier ministre, accusation dont il a été rapidement blanchi à son retour au Liban, accusation de propagande syrienne à l’époque où il fallait détruire la réputation de la lutte anti-syrienne qu’il était le seul à mener. Ces accusations avaient d’ailleurs été reprises par ses ennemis politiques nouvellement anti-syriens après avoir été pro-syriens.

Comment se fait-il aujourd’hui que les partisans de la majorité puissent prendre au sérieux une telle dépêche en provenance d’un organisme qui avait annoncé par exemple le suicide de notre bien-haï directeur affaires syriennes au Liban Ghazy Kanaan par trois balles damascènes et qui dément toute implication syrienne dans l’assassinat de leur idole de Koraytem ? Mais puisqu’il s’agit d’un article contre le général Aoun, comme au bon vieux temps de la propagande omnipotente, il faut bien le croire.

Après la question de la censure qui fait son retour au Liban comme le soulignait le billet précédent « le travail du père », les médias libanais reprennent-ils leurs bonnes vieilles habitudes de consulter la propagande syrienne pour pondre leurs articles ?

C’est bon les mecs, vous pouvez y aller

C’est bon les mecs, vous pouvez faire votre p’tite guéguerre, ma réserve de thé de chez Mariages et Frères est arrivée, au menu thé thaïlandais, perse et hindou, ma réserve de café qu’il soit brésilien, éthiopien, guatémaltèque est au beau fixe, le niveau de rouge, de blanc et de rosé est bon, ma réserve de cigare reste au plus bas mais c’est bon, j’ai arrêté de fumer le cigare cubain.

Vous aurez compris, il ne s’agit que de pays en guerre, qui ont connu la guerre ou la dictature et pourtant, malgré la monstruosité de ces situations, de bonnes choses pour des plaisirs bien en chair en sont sortis : cigares, thé, café… Tout ce qui manque au Liban pour apprécier un bon p’tit coup d’Kalach.

J’oubliais que nos illuminés-politiciens sont fins connaisseurs en hashich bien libanais et autre substance hallucinogène pour ne pas voir dans quel gouffre le Liban se dirige. Celui de la bêtise humaine et non de la condition, celui de l’inexcusable.

Le Liban lui, peut-on dire que du pire en sort le meilleur ? A-t-on un plaisir de la vie tel qu’un bon cigare, un bon thé, un bon café, un produit du terroir ? On ne fait que recevoir en général de l’étranger, des ordres, des combattants et islamiques barbus de tout poil, et argent peut-être sale. On pourrait les exporter, MADE IN LEBANON, en gros marqué, tatoué, guerre, tensions, meurtres, spécialisation dans le pire. Destination Irak, Syrie, Arabie Saoudite… Si seulement on pouvait offrir en discount un Saad irakien, un fou de dieu (get one for free – fou de la montagne) aux Etats-Unis, un barbu tendance iranienne pour Téhéran, j’imagine déjà bien les douanes de ces pays et les portiques de sécurité s’affoler au passage de ces gros colis, pensant aux catastrophes futures (jeu de mot gratuit avec le parti du même nom) qui s’annoncent.

Ils volent si haut, pensant détenir la vérité, HAKIKA, comme ils disent, mais des vérités, il n’y en a qu’une, celle d’un Liban, à feu, à sang, qui n’en peut plus des saignées qu’un pouvoir inexpérimenté et illégitime en commençant par son parlement, la présidence, et le gouvernement et d’une opposition irresponsable dans sa conduite parce que même si certaines de ses demandes sont légitimes, il est irresponsable de conduire un pays à l’abîme.

Oui, vous pouvez commencer votre p’tite guéguerre pour qui sera au pouvoir, celui qui aura le plus gros strapontin présidentiel, gouvernemental ou parlementaire, on dirait une court de maternelle où chacun veut montrer qu’il a la plus grosse.

J’en ai rien à foutre, je profite des plaisirs de la vie, que vous voulez me refuser par votre politique irresponsable. Je m’enivrerais d’un thé des samouraïs au goût vanillé, je polémiquerais à propos de vos conneries sur un thé des Rois, et je continuerais à disserter sur votre imbécillité sur les touches épicées d’un bon thé des Maharadja et pour terminer sur une note bleutée d’un thé de lune, je m’endormirais, je réverais en bonne companie des jours meilleurs qui ne pourront que se faire sans vous.

Le travail du père

“Le travail du père”, c’est ainsi que se définit notre censeur en chef au Liban dans un article publié par la Libre Belgique et repris par Le Courrier International, qui se venge ainsi de la censure qu’il a lui même subit au Liban.

Bannières noires sur tout article ayant trait à Israël, pardon, pour ne pas être ici également censuré, il faut prendre donc les mesures adéquates, la Palestine Occupée, soit disant faisant ainsi l’apologie de la Palestine Occupée, un article du point à l’appui, c’est un coup de poing justement à la liberté libanaise qu’on pensait retrouvé.

Quant est il de la vague d’ouverture qui avait à ce sujet commencée sous le mandat cependant malheureux d’Emile Lahoud, cela avait été l’une des seules avancées d’ailleurs, retrouver Playboy ou Penthouse sous une couverture nylon noire dans nos librairies libanaises à l’image des hijab d’Afghanistan, après une absence fort longue durant les années du triumvirat Hraoui, Hariri et Berry. Justement, le sexe se trouve être également censuré alors que nos chers politiciens locaux continuent à s’invectiver sur le sexe des anges, pardon de la constitution libanaise et que se prépare l’orgie d’asphalte et des services rendus et des promesses vites oubliées des élections parlementaires. Après tout,  ce seraient eux qu’il faudrait à la fin plutôt censurer…

“Notre mission consiste à protéger la société libanaise”, déclare encore ce mauvais plaisantin, dont les uniques instruments sont le surligneur noir à passer sur les exemplaires des magazines, ôtant ces sexe qu’il ne laisse voir à personne d’autre et ne laissant que les seins pour se rincer la figure pour les personnes frustrées, autant aller à Mamelle-Tein, ou encore la fameuse paire de ciseaux très vite usée à force d’être usitée.

Le ridicule de cette mesure, la visse qu’on resserre alors qu’on l’avait quelque peu desserrée, seule avancée réelle de la marionnette Lahoud, va encore donner du grain à moudre aux moulins de l’islamisation du Liban, comme cela est déjà le cas d’ailleurs dans la plupart des autres pays arabes. On peut se demander qui à demandé à resserrer par vice justement cette visse.

Parce que le Liban est ni arabe, ni occidental, parce que le Liban doit être libéré, parce que le Liban se doit d’être ouvert, parce que le Liban doit simplement être l’espace de liberté dans cette partie du Monde, n’ayons donc pas peur des ciseaux, des surligneurs noirs, ayons ce courage, brandissons à nouveau nos drapeaux de la liberté et disons non à la censure, quelle qu’elle soit.

Mais ont-ils réellement quitté le Liban?

Le retour des syriens au Liban, pouvait on lire sur certains sites libanais, mais ont-ils réellement quitté le Liban?

Ainsi, une ONG américaine aurait parcouru les 2/3 des frontières syro-libanaises pour faire l’inventaire des violations de la frontière syro-libanaise, frontière justement jamais délimité depuis la fondation du Liban moderne, celui de 1943.

Comme le rappelait il y a peu de temps le blog des chroniques beyrouthines, Masnaa se trouve à 7 km à l’intérieur du territoire libanais, un no man land de 7 km le séparant du prochain poste du coté de Damas.

La frontière libano syrienne est comme l’arlésienne, on ne l’a jamais vu, on attend toujours donc à ce qu’elle figure clairement avec des bornes par exemple.

Que dire donc du refus du régime d’Assad à ce que soit déployé des troupes internationales? Il parait presque normal dans ces circonstances qu’il y ait eu ce refus, le déploiement d’une force viendra à de facto délimiter cette frontière, cela n’irait donc pas dans l’intérêt bien compris d’avoir quelques caillasses en plus. Le grignotage pourrait ainsi petit à petit se poursuivre.

Mais que dire également de la responsabilité du gouvernement libanais?

Ce même rapport souligne l’existence de camps du FPLP-CG à cette même frontière dont le gouvernement s’obstine à demander le démantèlement sans toutefois se joindre aux actes et à demander à l’armée libanaise de procéder par la force si nécessaire à se démantèlement.

Cette présence contrevient à de nombreuses résolutions onusiennes, 1559, qui demande le retrait des troupes syriennes mais également à la résolution 1701 qui demande le démantèlement de toute présence armée étrangère à celle du gouvernement libanais. Si on commençait déjà par celles de ces fameux camps palestiniens ou des points de passages illégaux, ce qui incombe à la fin au gouvernement libanais, cela serait alors le meilleur début à l’affirmation de la souveraineté libanaise.

Youpi et captain fracas

L’opération militaire s’est achevée, du moins officiellement d’après notre ministre de la défense après 34 de combats au cours desquels 74 militaires libanais ont trouvé la mort. Hommage à ces martyrs plus méritants dans leur morts que beaucoup de nos politiciens dont le seul mérite est de sièger pour se remplir les poches.

Quelques remarques à faire:
L’armée a respecté les accords du Caire, elle a contrôlé la partie nord mais n’est pas allé dans le vieux camp délimité par l’ONU donc l’abcès sécuritaire existe toujours au Nord Liban, on respecte toujours les accords du Caire, on laisse les terroristes reprendre des forces ainsi et le jeu caché existe toujours, on permet qu’un deuxième round plus meurtrier puisse se dérouler à l’avenir.

La deuxième remarque concerne Elias Murr qui a annoncé 3 choses qui après analyse sont paradoxales
1- il réfute les accusations selon lesquels certains membres de la majorité auraient soutenu des groupuscules comme Osbat el Islam qui pourtant est l’organisation assassin des 4 juges en 1999. Le fait que ces assassins courent toujours démontre une nouvelle fois le sens profond de la justice de nos politiciens (mode ironique). Qu’ils jouent un rôle de force tampon entre l’armée et Jund el Cham démontre la confiance qui s’est instaurée (mode ironique aussi)
2- il dit qu’il soutiendra le choix de son père pour les élections du Metn prévus le 5 août
3- il estime que le commandant de l’armée a une carrure présidentielle, ce que j’estime être le cas également vu son attitude en 2005 où il a eu la sagesse de permettre à la révolution des cèdres de se dérouler sans effusion de sang et plus que jamais après par son attitude neutre au damn des Geagea et des Joumblatt demandant à l’armée de choisir son camp lors des différentes manifestations de 2006 et de 2007. Le rôle de l’armée libanaise est de défendre les citoyens libanais quel que soit leur opinion, la libre opinion étant un droit démocratique, face à un ennemi externe et non de s’ingérer dans des luttes politiques inter-libanaises.

L’article du média gouvernemental Naharnet dont voici le lien (ce soir down) démontre quant à lui plusieurs choses:
1- il y a des tensions internes dans le gouvernement au travers de la critique du rôle de l’armée, que certaines soient fondées, je ne le dénies pas, il faut que l’armée en termine avec les terroristes.
Cependant, la critique de la position du Ministre s’effectue en raison de plusieurs autres points en particulier en raison de son soutien à un candidat au grand dépit des candidats du 14 mars toujours aux abonnés absents et dont on ne connait aucun programme. Cette critique est également dûe justement à son soutien à son père.
Les gens du 14 mars ont oublié qu’Elias Murr est un homme réaliste, qu’il a su être sage dans ses positions dernièrement, sagesse peut-être durement apprise suite à l’attentat dont il a été la victime.
Il a d’ailleurs été l’un des premiers à conseiller à son ex beau père, Lahoud, de quitter la présidence de la république, alors que cette même majorité en manque de vision à court désormais, moyen et long terme, elle l’a relégitimisée à ce poste.

Un autre point important de divergence concerne la sécurité même de Nahr Bared, Elias Murr s’est prononcé pour la présence des autorités sécuritaires libanaises au travers de commissariats qui devront être présentes dans Nahr Bared en dépit des accords du Caire, alors que le gouvernement met en cause le système sécuritaire palestinien des camps mais négocie en sous-main la composition d’une force mixte inter palestinienne, véritable second meurtre des martyrs déjà tombés de l’armée libanaise.
Elias Murr par sa fonction s’érige en défense de la souveraineté nationale à l’intérieur des camps, pendant qu’en sous-main, nos politiciens-gouvernementaux eux cherchent toujours à la monnayer.

En fin de compte, les 2 dernières crises sécuritaires libanaises, la guerre de juillet en 2006 et les combats de Nahr Bared, sont tous les 2 dûs aux accords du Caire signé en 1969 et pourtant abrogés en 1987 par le parlement:

Les abcès d’insécurités du Sud Liban et les zones de non-droit des camps ou l’extérieur des camps ont provoqué l’apparition de présences armées sous couvert de protéger les habitants ou du Sud ou de ces mêmes camps. La sécurité ne s’instaurera au Liban que quand des hommes de courage auront la volonté à mettre fin à ces zones de non-droit, par la force nécessaire ou de manière pacifique par la construction d’un état fort. Elias Murr comme ministre de la défense, Michel Sleimane comme commandant de l’armée, en supervisant l’envoi de l’armée au Sud, en conduisant l’opération contre le Fatah Islam au nord, ont démontré qu’ils ont cette trempe.

Et encore une fois, hommage à nos martyrs, à notre armée et aux libanais eux martyrisés par une classe politique incapable.

A mon grand-père que j’aime

Ce poème a été écrit un 20 juillet à minuit. Au cours de cette même soirée, j’avais appris la mort de mon grand-père paternel que j’aime beaucoup. Il est mort le jour de la fête de St Elie, le saint patron de mon père qui porte ce nom. Un hommage à quelqu’un qui veille sur moi de là-haut…

Comme un épi de blé dans un grand champ de ronces

En la belle saison qu’un bourgeon blanc annonce

Comme un cèdre majestueux, l’allure fière

Dans les forêts du Barouk parmi tous ses frères

Fidèle représentant de sa terre natale

Dans le béton et le bruit de la capitale

Tel fut cet homme, noble de cœur et d’esprit

Ce bonhomme que la camarde nous a pris

Chaque jour des gens naissent, d’autres trépassent

Des corps s’éteignent, des âmes laissent des traces

Cet homme fait partie de ceux qui ont quitté

Gravant en nous une image de qualité
Le front haut devant les pierres de Beiteddine

Courbé devant Notre Dame de la colline

Adoptant le silence d’or de Saint Joseph

Parcourant sa vie comme on traverse une nef

Arrivant au bout du chemin devant l’autel

Livrant son âme entre les mains de l’Eternel

Tel fut ce fils, cet époux, ce père et ce grand-père

Nanti de sagesse et de bonté exemplaire

En souvenir de cet homme qui a marqué

Tous les esprits qui dans sa vie ont débarqué

A celui qui a bâtit son toit sur le roc

A ce vieil homme sur sa canne à la voix rauque

A son cœur, sa probité, sa simplicité

A son âme qui repose en tranquillité

A ce juste, ce pieux, je dédie ce poème

D’une petite fille à son grand-père qu’elle aime …

(Poème tiré du chapitre “Poussière d’Etoiles” de mon recueil “Paroles Eprises”.

Photo de Gaëtan Vergne. Tous droits réservés.)

Une mesure pour rien

Hier G.W. Bush a publié un décret interdisant d’entrée certaines personnalités libanaises et syriennes. Déjà, doutant que ces mesures ne servent à grand-chose, il faut également y voir une réponse au rapport Baker-Hamilton et à la visite de Nancy Pellosi qui respectivement prônaient une reprise du dialogue avec Damas et qui s’y étaient rendus.

Il s’agit donc plus d’une mesure politique qu’effective :

Je doute que ces personnes aient déjà souhaité de se rendre aux USA en raison des évènements récents, de même que leurs fonds ont déjà été gelés sur place.

Sur les noms inscrits, quelques remarques rapides :

  • Kandil ne s’exprime plus depuis qu’il a été soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat de Rafic Hariri. On ne sait s’il ne s’agit pas d’un boycott volontaire des médias qui voyaient leur audimat baissée à chacune de ses apparitions dans la petite lucarne.
  • Il manque à cette liste les personnes ayant géré le dossier libanais durant des années, Khaddam et compagnie par exemple, tombés en disgrâce et qui se présentent comme une alternative qu’on ne peut que regretter au régime de Bashar Assad.
  • La nouvelle garde syrienne, opposée à l’ancienne garde du père Assad se trouve sur cette liste, donc cela peut être de politique étrangère de soutien à l’ancienne garde contre la nouvelle… entre la peste et le choléra…
  • Autre nom qui a capté mon attention, Mrad, ancien ministre libanais et potentiellement futur premier ministre d’un deuxième gouvernement, qui pourrait être nommé par Lahoud.

D’autres mesures similaires avaient dans le temps été adoptées pour être rapidement levées.

On peut se souvenir de Joumblatt qui regrettait que les roquettes aient raté leur cibles lors de la visite de Wolfowitz à Bagdad en 2003 me semble-t-il. On peut se souvenir de certaines personnalités libanaises dont l’actuel premier ministre Fouad Saniora, interdit de visites aux USA, toujours en 2003 en raison d’une Zakat donnée à une organisation caritative saoudienne figurant sur la liste des organisations soupçonnées de financer Al Qaida. Cette interdiction avait été levée sans faire trop de bruit par la suite.

Ce genre de mesure est d’habitude donc politique et n’a aucun impact sur le terrain, ce ne sont ni des armes et au contraire, ces mesures pourraient même être néfastes aux alliés américains au Liban qui seront les cibles politiques de ceux qui dénonceront une ingérence américaine.

Cette mesure est donc un coup d’épée dans l’eau dans laquelle il faut mieux y voir une pique de la politique interne américaine agrémentée d’une pointe de politique étrangère. Bush veut réaffirmer qu’il est bien le patron de celle-ci et qu’il ne compte en rien céder ni dans son propre camp, ni à ses adversaires politiques au sujet de la politique justement qu’il mène. Le Liban est pour lui le dernier rempart non pas de la démocratie mais de la politique étrangère qu’il a mené durant ses 2 mandats, avec l’échec du processus de paix entre Israël et le monde arabe, son échec aujourd’hui en Irak, son échec à mettre fin au terrorisme d’Al Qaida, organisation sur l’agenda de laquelle désormais se trouve être inscrit le Pays Des Cèdres pour combattre justement ce qu’elle décrit comme l’hégémonie américaine au MO.