Balade à Beyrouth
Jul 30, 2007 in Citoyen
Une balade à Beyrouth m’a donné l’occasion de renouer quelques amitiés avec des personnes que je n’ai pas eu l’occasion de voir depuis le conflit de juillet dernier.
Inévitablement cependant, nous avons bien entendu parlé politique … et quel n’a pas été ma surprise de constater le changement d’attitude des grandes familles beyrouthines sunnites.
Ainsi, la politique suivie par Saad Hariri commence à provoquer parmi ces personnes un malaise, une série d’interrogation.
On s’interroge ainsi sur les capacités et les compétences réelles d’un Hariri, accusé de suivre bêtement les conseils de Joumblatt et de Geagea, on parle bien sur des dernières élections et notamment des 20 millions de dollars versés à Amine Gemayel pour les élections du Metn, estimant que tout le monde profite de sa personne sans pour autant qu’il n’ait un impact sérieux, faute de quoi, la situation aurait réellement changé.
Les sunnites beyrouthins s’estiment également économiquement lésé. A ma grande surprise, Hamra était vide, je m’y étais habitué à un Hamra plein de vie, ce n’était guère le cas. Mes amis autrefois fans du Futur ont alors répondu que la politique économique suivie était catastrophique et que parmi les élites locales, on n’hésitait même plus à s’expatrier pour l’Arabie Saoudite ou pour Dubaï, nouveau exemple de manque de confiance en un mouvement du Futur dont la politique ne promet un avenir guère brillant.
Cette migration est aussi expliquée par les craintes réelles et relancées hier par Bernard Kouchner d’une nouvelle guerre civile. Les grandes familles beyrouthines sunnites ont peur d’une nouvelle guerre civile et l’estiment de plus en plus probable. Ils critiquent ainsi également la politique suivie par une majorité, politique ne faisant qu’extrémiser les masses.
Abordant le sujet de Najib Mitaki qui a effectué dernièrement une interview sur la chaîne Al Arabia, on m’a confirmé que celui-ci serait considéré de plus en plus comme un recours par rapport à un Fouad Saniora grillé par la politique sans aucune logique menée par Saad Hariri. Najib Mitaki, profitant de ses amitiés syriennes et américaines pourrait ainsi restabiliser le Liban selon ces personnes.
Ce fut donc des amis désabusés par l’atmosphère locale, rejetant toute la classe politique ayant mis le pays à terre que j’ai rencontré.
Cependant, note d’espoir, le dialogue a continué, malgré quelques divergences politiques, pour arriver à désamorcer une crise qui semble être cependant inéluctable, nous avons plus que jamais besoin de rencontres au niveau individuels, expliquant la vision de chacun à l’autre.
Nous avons donc convenu que trop de temps s’est passé et qu’à notre échelle individuelle, il faut le dialogue continue et nous nous rencontrerons à nouveau prochainement.