Les risques de partition se précisent au Liban
juin 17, 2007 in Actualité
Comme je l’avais déjà signalé dans mon précédent article,
les risques de partition de l’administration publique existent bel et bien. Ce
n’est plus un tabou.
J’ai pu ainsi lire un article dans un média libanais que
l’ambassadeur américain aurait clairement demandé au cours d’une visite auprès
du commandement de l’armée et du général Michel Sleimane, quelle serait
l’attitude de notre institution militaire dans le cas de la nomination d’un
deuxième gouvernement.
Le commandant de l’armée libanais aurait alors rétorqué que
l’armée restera à égale distance entre les 2 gouvernements pour éviter le parti
pris et qu’elle agira en fonction de l’intérêt supérieur du pays.
Dans ce même article, l’ambassadeur américain aurait
également évoqué cette question auprès du gouvernement de la Banque Centrale,
Riad Salamé qui, malgré ses penchants politiques, a répondu la même chose.
Si l’ambassadeur américain se dérange à poser de telles questions, cela n’est pas sans rappeler le fameux "Daher ou le chaos" des années 80 et ce qui a suivit c’est à dire la partition du pays en 2 gouvernements, et cela alors que la France tentait de mettre fin à la crise et s’est heurtée au sabotage de Washington comme je l’avais déjà signalé ici. Ce ne sera pas la première fois que Washington a recourt à la doctrine du "chaos constructif" au Liban mais notre expérience a déjà été amère et donc nos politiciens suiveurs d’une politique atlantiste ne devraient que méditer sur leur passé et ce qui en a suivi. Je m’adresse ici en particulier à Geagea qui avait suivit les conseils des Etats-Unis en 88 contre Aoun en s’alliant avec les Syriens pour ensuite être dans une geôle bien humide. Ce même Geagea avait, à la suite d’une visite de Feltman sorti sans commentaire à faire, tenté de torpiller l’initiative française avec des conditions préalables à son accord au dialogue. Il en est revenu selon les dernières nouvelles.
La responsabilité du fiasco de la révolution des cèdres
vient de ceux qui ont mis de coté l’aspiration de la jeunesse et qui se sont
accrochés au pouvoir, ils l’étaient déjà du temps de l’occupation syrienne et
n’ont fait que retourner leur veste, non pas comme dans la chanson de Jacques
DuTronc mais dans une cacophonie assourdissante de bêtise humaine.
Les institutions politiques échapperont donc aux ordres
politiques désunis, les risques de partitions, selon qu’on soit partisans des
uns ou des autres se précisent et dans tout cela, le Liban lui coule.
